Elles sont parfois si mignonnes arrêtons de les emmerder…
Posté par jacques LAUPIES le 5 décembre 2025
Les femmes musulmanes voilées, premières victimes de la recrudescence des discriminations religieuses
Le dernier rapport de la Défenseure dJe m’abonnees droits souligne une augmentation des discours et actes stigmatisants envers certaines communautés. Il s’inquiète d’un climat politique favorisant une vision restrictive de la laïcité.

© Riccardo Milani / Hans Lucas via AF
La méchante tendance se poursuit. En France, les discriminations fondées sur la religion sont en augmentation, particulièrement pour les musulmans. C’est ce que constate la Défenseure des droits, Claire Hédon, dans un rapport rendu public jeudi 4 décembre.
Il met en évidence une hausse « inquiétante » des situations discriminatoires dans un contexte politique particulièrement tendu. Ces discriminations sont « trop souvent invisibilisées, voire banalisées, sous l’effet de discours stigmatisants visant certaines communautés religieuses », note l’enquête.
Les femmes musulmanes, premières victimes des discriminations religieuses
Réalisée auprès de plus de 5 000 personnes, elle souligne que 7 % des sondés déclarent avoir subi une discrimination religieuse au cours des cinq dernières années, contre 5 % lors d’une précédente étude, en 2016. Un taux qui monte à 34 % chez les personnes musulmanes ou perçues comme telles (27 % en 2016), contre 4 % pour celles de religion chrétienne (2 % en 2016).
Par ailleurs, 31 % des personnes interrogées ont été témoins de ces discriminations, contre 21 % six ans plus tôt. Des chiffres qui s’inscrivent dans une tendance également observée par l’Insee en 2020 et au ministère de l’Intérieur en 2023.
Depuis 2017, les signalements de discriminations religieuses reçus via le numéro dédié 3928 ont été multipliés par dix, atteignant près de 200 appels en 2024. Ces discriminations sont majoritairement liées au port de signes visibles d’appartenance religieuse.
La laïcité souvent mal comprise et mal utilisée
Ainsi, les femmes musulmanes arborant le voile restent les premières concernées. Elles sont 38 % à affirmer en avoir été victimes ces cinq dernières années. Toutes religions confondues, les personnes portant un signe religieux sont globalement plus touchées (15 %) que celles n’en portant pas (6 %). Le rapport fait également ressortir un « effet générationnel marqué » : 10,7 % des 18-34 ans disent avoir subi une discrimination liée à la religion, contre 2,7 % des 55-79 ans.
À ces discriminations « s’ajoutent des atteintes aux droits », ce qui, selon Claire Hédon, provoque des « effets dévastateurs sur les victimes » : anxiété, sentiment de rejet, isolement, fragilité économique… « Les règles ou pratiques censées lutter contre le séparatisme ou le communautarisme peuvent, en réalité, contribuer à l’alimenter », estime la Défenseure des droits.
Le rapport relève aussi une « imbrication » entre les motifs « religion » et « origine » dans les discriminations. « Les personnes qui peuvent être perçues comme arabes déclarent bien plus souvent que les autres avoir été discriminées en raison de leur religion » réelle ou supposée, à 41 % au total. La Défenseure des droits met aussi l’accent sur une « interprétation erronée de la laïcité », que 24 % des sondés comprennent comme « une interdiction des signes religieux dans l’espace public ».
Claire Hédon appelle à des « mesures ambitieuses » de sensibilisation et de formation, particulièrement à l’école. Selon elle, « un enseignement dédié à la laïcité dès le niveau élémentaire permettrait, dès le plus jeune âge, une meilleure compréhension » du principe et donc « des droits de chacun et de leurs limites ». Elle le rappelle avec force : la lutte contre les discriminations fondées sur la religion « n’est pas seulement une exigence juridique. Elle conditionne la préservation de la cohésion sociale ».


