Fabien Roussel, secrétaire national du PCF : « nous demandons une revalorisation immédiate de 5 % pour les salaires et pensions inférieurs à 2 500 euros net »
Posté par jacques LAUPIES le 27 mai 2026
Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, dénonce la faiblesse des mesures annoncées par le premier ministre sur le pouvoir d’achat. Il invite à se mobiliser devant les préfectures et le siège de Total, dont il réclame la nationalisation. Il s’exprime également sur les enjeux du 40e congrès du Parti communiste.

© Julien Jaulin/hanslucas
Le PCF tiendra son congrès les 3, 4 et 5 juillet à Lille. Il sera précédé de débats dans les sections et départements. Fabien Roussel, son secrétaire national, invite à avoir un parti « uni et fort » et se dit prêt à consacrer toute son « énergie » à la bataille des élections présidentielles si les militants communistes le désignent candidat par un vote en septembre.
Comment jugez-vous les annonces du gouvernement, jeudi 21 mai, pour faire face à la crise du pouvoir d’achat ?
Les annonces du gouvernement appellent à une mobilisation de nos concitoyens pour obtenir des mesures fortes. La crise est profonde et va s’installer dans la durée. Les mesures prises par le gouvernement sont totalement déconnectées de la réalité vécue par nos concitoyens et de nos entreprises qui ont besoin d’être protégées. Sans mesures fortes pour le pouvoir d’achat, les salaires, les emplois et les entreprises, le risque est grand d’une récession d’ici la fin de l’année. La hausse des prix de l’essence, du gaz et des matières premières affecte toute notre économie. Malheureusement, le gouvernement ne souhaite pas changer de politique et reste très dogmatique.
Bloquer les prix de l’essence, pour les ramener à 1,50 euro, est possible immédiatement. De même, nous demandons au gouvernement de baisser tout de suite le prix de l’électricité de 30 %. C’est possible en sortant du marché spéculatif européen.
L’inflation a été de 20 % en cinq ans. Le Smic a augmenté, mais pas les salaires justes au-dessus. Cela pénalise l’économie et nous enfonce dans une crise majeure. Nous demandons que l’ensemble des salaires soient revalorisés, et qu’ils le soient immédiatement de 5 % pour les salaires et pensions inférieurs à 2 500 euros net. Nous exigeons l’indexation des salaires sur l’inflation.
Le PCF prendra-t-il des initiatives de mobilisation ?
Nous organisons un rassemblement devant le siège de Total à La Défense le 29 mai, jour où les actionnaires se rassembleront, pour appeler l’entreprise à baisser ses prix et inviter le gouvernement à nationaliser ce groupe, profiteur de crise et profiteur de guerre.
Entre le 28 mai et le 4 juin, nous appelons les Français à se rassembler devant les préfectures ou tout autre lieu qu’ils jugeraient utile, à l’initiative des communistes, pour interpeller l’État. Celui-ci doit intervenir dans chaque région, contre la vie chère, pour l’emploi.
Dans toutes les régions, doivent être convoquées une conférence économique et des cellules de crise dans les départements pour lister les menaces de licenciements et les entreprises en risque de faillite, mobiliser les services de l’État pour protéger l’industrie et les emplois. Notre mobilisations sert à dire que les annonces gouvernementales ne sont pas à la hauteur.
Pourquoi mettez-vous en avant la nationalisation de TotalEnergies ?
C’est une réponse à un groupe et un PDG tout-puissants et profiteurs de crise. Monsieur Patrick Pouyanné ose faire du chantage au gouvernement. Il menace de mettre fin au plafonnement des prix si ses profits sont taxés. Il gagne 10 millions d’euros par an.
Chaque fois que les Français vont à la pompe, ils paient et son salaire et les bénéfices : 6 milliards d’euros au premier trimestre. Beaucoup de pays ont fait le choix d’une entreprise d’État.
C’est une question de souveraineté pour leur économie. Une nationalisation doit mettre fin à des politiques d’exploitation de peuples et de salariés. Une entreprise publique nationale permet de nouer des coopérations avec les pays disposant de réserves pétrolières.
Quels sont les enjeux du congrès du PCF, qui se tiendra à Lille les 3, 4 et 5 juillet ?
Ce 40e congrès doit être celui d’une grande ambition pour notre parti, marquant le temps long des quinze-vingt prochaines années tout en répondant aux enjeux plus immédiats des différentes crises auxquelles l’humanité est confrontée.
Nous ferons bien sûr un bilan de l’activité sur les trois dernières années et définirons les orientations pour les trois années à venir.
Nous remettrons au cœur de notre projet pour la France la paix comme condition de l’émancipation des peuples, le travail libéré de la domination du capital, et la République pour l’égalité réelle. Ce sera également le moment d’aborder les échéances électorales, à huit mois de l’élection présidentielle et des législatives.
Quatre textes seront départagés par les militants lors d’un vote les 6 et 7 juin, contre deux lors du dernier congrès. Quel est votre regard sur ces textes ?
Nous sommes un parti démocratique, avec un appétit et une culture du débat. Il y a des critiques. Et c’est tant mieux. Tout cela n’existe pas dans d’autres forces politiques qui aiment nous critiquer. Dans les différents textes, on trouve des propositions, des remarques et des reproches. J’entends tout cela. Il est sain de pouvoir l’écrire, en débattre et corriger ce qui doit l’être.
J’alerte les communistes : il y a, par ailleurs, une offensive forte de la France insoumise, de ses dirigeants, qui appelle à voter contre la base commune du conseil national, contre la direction du PCF, pour faire éclater notre parti et obtenir un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Ne cédons pas aux tentatives de division. Nous avons besoin d’un parti uni et fort.
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