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Une situation populaire préoccupante qui appelle l’engagement et l’action politique

Posté par jacques LAUPIES le 31 octobre 2019

La cinquième république crée à l’aune des besoins de la bourgeoisie et mise à la mesure d’un homme comme le général De Gaulle a donné longtemps un exemple de stabilité politique par l’institution d’une fausse démocratie. Non sans heurts depuis 1958 elle a été acceptée par les Français par conviction pour certains, par souci d’accommodement par d’autres, par obligation pour les opposants les plus résolus. Globalement le peuple français s’y conforme mais de moins en moins ! En témoigne les abstentions aux votes  ou les désillusions qu’ils peuvent générer. La question se pose sérieusement de savoir où cela va conduire le pays !

Nos gouvernants actuels ne se rendent pas compte des risques d’éclatement, ou ne veulent pas se rendre compte, et jouent au poker avec différentes catégories de mécontents, en préconisant des réformes qui vont aggraver les contradictions économiques, sociales et politiques. Fondamentalement ils servent une classe dominante qui non seulement ne cède  pas ses privilèges mais les accroît.

L’opposition de droite (une autre droite) ne fait que les encourager. L’opposition de gauche peine à résister avec ses réformistes mis en échec pour leurs choix plein d’incertitudes tant sur les contenus que sur les stratégies pour les réaliser. Le Parti Communiste affaibli électoralement et victime d’un isolement médiatique doit reconquérir une assise de masse tant sur le plan électoral que sur le plan militant. La droite extrême tire les marrons du feu social alors qu’elle s’apprête à l’accentuer. 

Un espoir cependant : la classe ouvrière et les salariés en général donne des signes de forte résistance aux atteintes qu’elle subit dans ses droits  sociaux et rémunérations.

Mais cela ne peut suffire il faut que les forces républicaines et leur composante de gauche se renforcent et conduisent la lutte politique pour accompagner les luttes à caractère économique !

J’en suis convaincu, cela passe par de nombreuses adhésions et soutiens au PCF.

 

Le 28 octobre, émotion devant la mos quée de Bayonne. Claude Sinké a grièvement blessé deux septuagénaires. Strap/AP/Sipa<br /><br /><br /><br />

Le 28 octobre, émotion devant la mos quée de Bayonne. Claude Sinké a grièvement blessé deux septuagénaires. Strap/AP/Sipa
 

ISLAMOPHOBIE. LA RESPONSABILITÉ DES POUSSE-AU-CRIME DANS L’ATTENTAT DE BAYONNE

Mercredi, 30 Octobre, 2019

Si le parquet antiterroriste n’a toujours pas été saisi, le profil du tireur laisse peu de doutes sur ses motivations politiques : fan de Zemmour, ex du Front national, il affirme avoir voulu « venger l’incendie de Notre-Dame ». Un geste criminel qui intervient dans un climat politique suffocant.

 

Des paroles aux actes. Il est environ 15 h 20, lundi, lorsque des coups de feu éclatent devant la mosquée de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), blessant grièvement deux septuagénaires. Claude Sinké, 84 ans, candidat Front national aux élections départementales de 2015, vient de tenter d’incendier la porte de l’édifice religieux. Surpris par les deux hommes, il leur tire dessus. Interpellé rapidement par la police, il reconnait les faits, d’autant que son profil, celui d’un individu aux propos haineux envers les étrangers et les musulmans, comme le rapportent de nombreux témoins, laisse peu de doutes sur ses motivations. « J’ai voulu venger l’incendie de Notre-Dame », a-t-il expliqué hier aux enquêteurs, faisant siennes les théories complotistes d’extrême droite selon lesquelles le terrorisme islamiste en serait à l’origine. « Cette année, deux des grandes églises de Paris ont été l’objet d’incendies dont je pense très sérieusement qu’ils étaient criminels », avait par exemple affirmé Jean-Marie Le Pen. « Ces feux doivent être pour nous un avertissement. (…) Depuis des années, nous dénonçons le transfert de population qui se fait des pays extra-européens vers l’Europe, en particulier vers la France », avait également lâché l’ex-président du FN. C’est dire si le parti de Marine Le Pen est apparu bien embarrassé face à cet attentat islamophobe commis par l’un des siens, démenti cinglant des tentatives de « dédiabolisation ». Chacun y est allé de sa version. Pour Nicolas Bay, c’est Claude Sinké qui a quitté lui-même le FN, tandis que Jordan Bardella avance que l’homme aurait été exclu par des responsables locaux. De son côté, Sébastien Chenu affirme que le tireur avait une maladie, qu’il tenait des propos « incohérents » et « délirants » « éloignés d’une réflexion politique ». Ce qui n’avait pourtant pas empêché les cadres du FN de le désigner comme candidat en 2015 dans le canton de Seignanx, où il avait obtenu 17,45 % des voix.

Alors, geste fou d’un retraité déséquilibré ou passage à l’acte terroriste ? « L’ensemble de son audition interroge sur son état de santé psychique », a indiqué hier le procureur Marc Mariée, précisant être en contact « permanent » avec le parquet antiterroriste, « qui attend les éléments » pour se saisir ou non de l’enquête. Lors de leur perquisition à son domicile, les enquêteurs ont trouvé trois armes déclarées, ainsi que des grenades d’exercice. Une bouteille de gaz a également été retrouvée dans son véhicule. Grand fan d’Éric Zemmour, Claude Sinké, retraité, ex-cheminot et « artiste » à ses heures, avait adressé un message de soutien au polémiste d’extrême droite, lui donnant ce conseil : « Bien cher Éric, chez Ruquier, vous auriez été plus cinglant, en disant simplement que nous étions en guerre contre les islamistes. »

« Coups de feu », « fusillades », une façon de minorer le drame

Pourtant, nombre de responsables politiques, exécutif en tête, s’ils condamnent unanimement l’acte, évoquent uniquement des « coups de feu » ou une « fusillade », au risque de classer l’affaire plutôt dans la rubrique fait divers. Alors qu’Emmanuel Macron condamnait lundi soir « avec fermeté l’attaque odieuse perpétrée devant la mosquée de Bayonne », le ministre de l’Intérieur s’indignait des « faits commis à la mosquée ». De l’importance des mots. Pas de terrorisme, donc. S’agit-il d’un excès de prudence ou une manière de minorer le drame, après que la majorité a sciemment empoisonné le débat public depuis la rentrée ? Les macronistes se montrent moins précautionneux quand ils fulminent contre les « preneurs d’otages » que seraient les grévistes qui se mobilisent pour l’intérêt général…

« Le climat dans lequel nous vivons depuis des semaines portait les germes de cette attaque, dénonce le député communiste Pierre Dharréville. La manière dont les débats ont été activés avec un soufflet de forge a été déclencheuse de ce passage à l’acte. » Une analyse largement partagée dans les rangs de la gauche (voir page 7). « On est passé d’un débat sur l’immigration aux liens très rapidement faits avec la religion, elle-même confondue avec la radicalisation, le terrorisme, alors que ce sont des sujets qu’il faut traiter avec raison », rappelle également le député FI Adrien Quatennens. En septembre, alors que le climat social s’annonce inflammable, l’exécutif choisit d’imposer un « débat » sur l’immigration. La mèche est allumée. LR et RN ne manqueront pas de souffler sur les braises. D’autant que, avec la « convention des droites », le discours d’Éric Zemmour, pourtant condamné pour provocation à la haine raciale et religieuse, est retransmis en direct. Pis, la chaîne CNews choisit de promouvoir les appels au meurtre de l’affreux personnage en lui confiant une émission (voir encadré). Le 3 octobre, les réactions de l’exécutif à l’attentat perpétré à la préfecture de police de Paris achèveront de pourrir le climat. Emmanuel Macron appelle à une « société de vigilance » quand Castaner cible des « signes de radicalisation », lesquels pourraient s’appliquer à quasiment n’importe quel musulman pratiquant. Le 11 octobre, Julien Odoul, président du groupe RN au conseil régional de Franche-Comté, humilie en pleine séance une accompagnatrice d’une sortie scolaire portant un foulard, sous les yeux, humides, de son jeune fils. Le 14 octobre, la direction de l’université de Cergy appelle son personnel à détecter des « signaux faibles » de radicalisation chez des étudiants ou collègues.

« La parole politique peut favoriser la violence »

Enfin, hier, en dépit de l’attentat, la droite sénatoriale (voir page 7) n’a pas renoncé à l’examen de sa proposition de loi visant à interdire le port de signes religieux aux parents accompagnant des sorties scolaires. Cette surenchère mortifère « crée une psychose dans la société française », regrette Tareq Oubrou, grand imam de Bordeaux. « La parole politique peut favoriser la violence. La confusion sémantique conduit à la confusion mentale, surtout pour un citoyen à l’esprit instable », regrette-t-il. Cet attentat créera-t-il un sursaut dans l’opinion ? C’est ce que souhaitent les formations de gauche, réunies hier au Sénat. « Maintenant, les syndicats, les journaux, les forces de gauche qui ne supportent pas ce climat ont la responsabilité d’agir, d’être à l’offensive et de prendre des initiatives communes », a encouragé la députée FI Clémentine Autain.

Maud Vergnol

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Et s’ils légiféraient pour prévenir et non seulement pour guérir en matière de laïcité…

Posté par jacques LAUPIES le 30 octobre 2019

 

Personnellement je ne vois pas d’utilité à s’enfermer dans un débat sur les formes que doit prendre la laïcité dans notre pays. D’autant qu’à droite et parfois à gauche chacun y va d’une analyse qui place les religions et particulièrement l’islam au centre de ce débat. Comme si seule cette religion présentait un danger pour la la laïcité.  comme si également si la question religieuse se résumait à la tolérance ou non d’un certain prosélytisme.

Sur cette question de l’instrumentalisation des religions qui peut effectivement provoquer, dans certaines circonstances: conflits sociaux, défense de la démocratie, conflits militaires, etc. accentuer les obscurantismes, il faut faire oeuvre de prévention.

La meilleure prévention ne serait-elle pas d’inscrire dans les programmes scolaires : l’étude des sciences, de la philosophie, de l’histoire des religions et d’apprendre ainsi aux jeunes à se déterminer par delà les éducations restrictives et primaires données dans les familles, les balivernes diffusées par des groupes cultivant l’occultisme. Cela aurait le mérite de « déformater » les individus et de les préparer au juste combat pour l’égalité,  les libertés.

Ainsi seraient réduites, atténuées et probablement éradiquées toutes ces fantasmagories, religieuses ou autre qui détraquent les esprits et détruisent la fraternité dont elles ont le culot de se réclamer.

Députés, sénateurs, élus de tout poil, hommes et femmes politiques au boulot…Sans omettre les médias qui auraient plus à gagner à instruire qu’à abrutir !

 

 

 

faire usage de présventionLe 19 octobre, lors du rassemblement fraternel contre l’islamophobie, place de la République, à Paris. Alain Guilhot/Divergence

Le 19 octobre, lors du rassemblement fraternel contre l’islamophobie, place de la République, à Paris. Alain Guilhot/Divergence
 

LES PARLEMENTAIRES DE GAUCHE FONT FRONT COMMUN ET APPELLENT AU SURSAUT

Mercredi, 30 Octobre, 2019

Les élus de Génération.s, du PCF, de la FI, du PS et d’EELV se sont retrouvés au Sénat pour dénoncer un texte de loi qui instrumentalise le voile, stigmatise les musulmans et détourne l’opinion des enjeux sociaux.

 

La gauche sénatoriale a voulu faire front commun, hier, avant d’affronter le texte visant à interdire le port du voile aux accompagnatrices scolaires (lire ci-contre). « Cette proposition de loi de la majorité LR prend un relief très particulier après l’attentat contre la mosquée de Bayonne qui a eu lieu lundi. Face aux discours de haine contre les musulmans depuis des semaines dans le pays, face à l’instrumentalisation de la laïcité, il est très important de provoquer des moments unitaires », démarre la sénatrice Sophie Taillé-Polian, de Génération.s. Dans la salle, des parlementaires PCF, PS, FI et EELV ont répondu à son invitation. « C’est très grave dans ce climat de tension et de stigmatisation d’ajouter de la haine à la haine. La dignité aurait été de retirer ce texte, de travailler à la concorde et à l’apaisement plutôt que de tripatouiller la loi à des fins idéologiques », tance à son tour l’élue PS Sylvie Robert.

Une reprise des parallèles douteux de Sarkozy

Tous annoncent qu’ils repousseront la loi proposée par les élus LR. « Il est vraiment temps de retrouver l’esprit de la loi de 1905 sur la laïcité, sans la changer, et de sonner la charge face aux discours intolérables d’Éric Zemmour et d’autres », invite Ronan Dantec. Le sénateur EELV, membre du groupe radical, fustige « l’invention d’un communautarisme musulman qui n’existe pas et n’a rien à voir avec l’intégrisme islamiste qu’il faut distinguer et combattre ». Le jeu dangereux du président de la République, qui reprend les parallèles douteux de Nicolas Sarkozy et Manuel Valls en leur temps, est torpillé d’une même voix. « Il y a une instrumentalisation de l’islam et du voile au moment où les Français sont en souffrance économique et sociale », mesure gravement Laurence Cohen. Et la sénatrice PCF d’accuser : « Cela arrange Macron », car cela lui permet de faire diversion, en plus « de faire monter le FN dont il se prétend ensuite le meilleur rempart, ce qui est extrêmement grave et dangereux pour la société et la démocratie ».

« Cela fait trente ans que dure ce délire »

Le sondage publié dans le dernier numéro du Journal du dimanche, selon lequel la première préoccupation des Français reste l’accès à la santé, est cité. « Mais sa une est faite sur la laïcité ! C’est délirant », s’alarme Clémentine Autain. « Cela fait trente ans que dure ce délire sur le voile, qui ne produit que l’inverse de ce qui est recherché. La crispation n’invite pas les femmes à enlever le voile, au contraire. On est en train de rejeter une partie des musulmans qui ne demandent qu’à vivre en paix et qui sont nos alliés face à l’intégrisme », prévient la députée FI. Esther Benbassa, sénatrice EELV, membre du groupe CRCE, abonde : « La stigmatisation est une béquille donnée aux islamistes qui recrutent grâce à elle. » Les élus présents tancent également une droite et l’extrême droite « qui ne mènent jamais aucune bataille sur les droits des femmes » sauf lorsque il s’agit « d’instrumentaliser le voile ».

Le texte finalement voté par les sénateurs LR « refuse à un certain nombre de personnes l’appartenance à la République et creuse un fossé », reprend même Laurence Cohen. Il n’arrangera rien à la souffrance des enseignants et aux besoins de moyens pour l’éducation nationale, argumentent les parlementaires présents. « Maintenant les forces de gauche, les syndicats, les journaux qui ne supportent pas ce climat ont la responsabilité d’agir, d’être à l’offensive et de prendre des initiatives communes », insiste Clémentine Autain. Une première date se dessine pour un rendez-vous le 10 novembre.

Aurélien Soucheyre​

 

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SINTERTECH SAUVÉE PAR SES SALARIÉS

Posté par jacques LAUPIES le 29 octobre 2019

 

 

Rassemblement devant le tribunal de commerce de Grenoble, le 27 mars. Photo PQR/Le Dauphiné/MaxPPP<br />

Rassemblement devant le tribunal de commerce de Grenoble, le 27 mars. Photo PQR/Le Dauphiné/MaxPPP

SINTERTECH SAUVÉE PAR SES SALARIÉS

Mardi, 29 Octobre, 2019

Industrie. Le fabricant de pièces métalliques a repris la production grâce à la volonté de la CGT et un accord signé avec Renault. L’enjeu : sauvegarder un savoir-faire unique en France.

 

«On reprend la production, les conditions sont réunies. » Nous sommes fin octobre et, face à leurs collègues, les représentants CGT de Sintertech annoncent la reprise de l’activité d’une entreprise pourtant mise à l’arrêt, liquidée par la justice quelques jours auparavant. C’est le dernier chapitre d’une affaire à rebondissements, dont l’histoire continue de s’écrire grâce à la pugnacité d’un syndicat qui a toujours refusé de voir disparaître un savoir-faire unique en France.

Un quart de siècle d’activité, de rachats en cessions

Spécialisée dans la technologie de la métallurgie des poudres, Sintertech usine des pièces métalliques – à 80 % destinées à l’industrie automobile – au moyen d’un processus qu’elle est la seule à maîtriser et sur trois sites de production, à Pont-de-Claix et Veurey en Isère, et à Oloron-Sainte-Marie dans les Pyrénées-Atlantiques. « On utilise la compression de poudres métalliques pour fabriquer des pièces, comme des pignons de boîtes de vitesses », détaille Jean-Bernard Etchemendy. Le procédé permet de sortir des composants moteurs légers mais solides et « sans aucune perte de matière lors de la production », précise le délégué syndical CGT. Pourtant indispensable à l’industrie automobile, le sous-traitant a été mis en liquidation judiciaire le 16 octobre, au terme d’un an de tractations infructueuses pour trouver un repreneur et après plus d’un quart de siècle d’activité, passée de main en main, de rachats en cessions.

Née en 1940, celle qui ne s’appellera Sintertech qu’en 1991, à la suite de la fusion des activités industrielles de métallurgie des poudres de Pechiney et Usinor – qui se partageaient alors le marché hexagonal –, entre en eaux troubles au mitan des années 1990. Reprise en 1995 par l’équipementier britannique T&N, Sintertech subit, deux ans plus tard, l’OPA du groupe américain Federal-Mogul sur sa maison mère anglo-saxonne. Lâchée en 2013 par Federal-Mogul, l’entreprise est rachetée par Thierry Morin, à la tête de TM France. L’ancien PDG de Valeo affiche alors « une ambition de réinventer un groupe industriel de pointe », se souvient Jean-Bernard Etchemendy. « Mais la stratégie pensée pour sortir Sintertech de ses difficultés chroniques et validée par la CGT n’a jamais été effective », note le responsable syndical, qui accuse « les mauvais choix opérationnels de la direction, appliqués contre l’avis des salariés ». Dans la foulée, la restructuration de 2015 se solde par la destruction d’une soixantaine de postes qui s’ajoute à l’érosion des effectifs (départ en retraite non remplacés, licenciements…), passés de 430 salariés en 2013 à seulement 280 aujourd’hui. « Federal-Mogul d’abord et Thierry Morin ensuite n’ont jamais compris tout le potentiel de développement du frittage dans la filière industrielle », estime Jean-Bernard Etchemendy.

Le donneur d’ordres passe à la caisse

Pas question dès lors pour la CGT d’assister passivement à la faillite. « On allait dans le mur et on a décidé de réagir, d’élaborer un plan solide de relance industrielle, bâti avec les ingénieurs de l’entreprise et épaulé par des experts du cabinet Secafi », note le syndicaliste. Diversification de l’activité, innovation, moyens en recherche et développement, maintien d’une taille critique pour sauvegarder les compétences… le syndicat est allé porter les grandes lignes de ce travail collectif « bien au-delà des murs de Sintertech, en sollicitant les politiques, des régions au ministère ». En vain. Las, la CGT dépose dès 2015 un droit d’alerte économique et accuse la gestion de l’actionnaire Morin, « qui est allé jusqu’à hypothéquer le patrimoine immobilier, pour s’achever par un retour devant le tribunal de commerce avec une procédure de redressement judiciaire », rappelle le syndicat.

Fin de partie. Six mois après l’ouverture de la procédure et « malgré plusieurs dizaines d’industriels, de fonds d’investissement contactés et une seule offre de reprise déposée, puis retirée », Sintertech est liquidée.

Pour Renault, l’un des principaux donneurs d’ordres, c’est l’électrochoc. Le constructeur comprend très vite que, sans son fournisseur, ce sont ses propres chaînes de montage qui risquent l’arrêt total. Au lendemain de la mise en liquidation, la marque au losange se manifeste auprès du tribunal de commerce. « De notre côté, on a organisé une réunion avec tous les salariés. On a fixé nos conditions. On a écrit à Renault et à nos autres clients, comme si nous avions les clefs de la boîte », raconte, un brin amusé, Jean-Bernard Etchemendy. « On leur a dit qu’on avait rallumé les fours, que les températures étaient en train de remonter, qu’on pouvait fournir dès lundi. » De la négociation avec Renault, la CGT ressort la tête haute : 5 000 euros brut mensuels pour tous les salariés, entrée aux comptes d’exploitation de l’entreprise et financement du plan de relance, le donneur d’ordres passe à la caisse. Le 23 octobre, la justice valide l’accord. « Pour nous, la démonstration est faite, se félicite le syndicaliste, le sérieux et le travail des salariés a payé. » Le rapport de forces aussi. Et « chez nous, le rapport de forces, c’est 300 salariés et 100 adhérents de la CGT », sourit Jean-Bernard Etchemendy.

Reste à écrire la suite de l’histoire. Certes, l’activité est préservée jusqu’au 31 décembre. Et après ? « Il va falloir monter très fort ce débat. Nos savoir-faire sont indispensables, on en est la preuve et Renault doit désormais nous filialiser ou, au minimum, nous aider à trouver un repreneur », martèle Jean-Bernard Etchemendy. Celui qui ne s’est jamais résolu à voir son usine baisser le rideau est catégorique : « Même si les chances sont minces, nous mettrons tout en œuvre pour maintenir l’activité. Ça vaut pour toute l’industrie. Il faut repolitiser l’économie, raisonner en filières, c’est la seule solution. »

Marion d’Allard

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Broken Flowers – un film que j’ai découvert en même temps que son auteur et l’acteur Bill Murray – sur Arte hier soir

Posté par jacques LAUPIES le 28 octobre 2019

 

https://alarencontreduseptiemeart.com/broken-flowers/

Une oeuvre qui pose en arrière plan le problème de la paternité.

Enfin dire « en arrière plan » n’est pas tout à fait juste. Mais le film n’est pas que cela. Il est aussi une critique très forte de la société américaine ou plus exactement de nos sociétés en général car il dépeint au travers de la balade dans le passé du personnage incarné excellemment, par cet acteur – Bill Murray – que je découvre (mieux vaut tard que jamais) les dérives de nos vies, les « sacrifices » des uns et des autres sous l’autel d’un système ravageur. Au fond le « héros » de cette histoire,mine de rien s’en est pas trop mal tiré et le coup du fils retrouvé est plein de signification et interpelle sur l’utilité de la paternité autant pour le père que pour le fils.

L’auteur  ne s’est pas fourvoyé dans le happy end et la dernière scène en dit plus long sur la recherche du fils introuvable ou plus exactement du fils effrayé par ce prétendant tardif à paternité. Avec cependant un dialogue final qui pouvait laisser supposer un rapprochement… Mais voilà c’aurait été compter sans ce monde d’une limpide complication, que nous décrit avec beaucoup d’humour et de simplicité un grand cinéaste !

 

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KEN LOACH : « PLUS BESOIN D’UN PATRON POUR EXPLOITER LES GENS, LA TECHNOLOGIE S’EN CHARGE »

Posté par jacques LAUPIES le 27 octobre 2019

 

Très difficile de sortir de l’engrenage de l’autoentrepreunariat car « les gens s’endettent. Et si vous avez un problème de santé, vous êtes comme Ricky, emprisonné dans votre van. » PHOTO JOSS BARRATT.

Très difficile de sortir de l’engrenage de l’autoentrepreunariat car « les gens s’endettent. Et si vous avez un problème de santé, vous êtes comme Ricky, emprisonné dans votre van. » PHOTO JOSS BARRATT.

KEN LOACH : « PLUS BESOIN D’UN PATRON POUR EXPLOITER LES GENS, LA TECHNOLOGIE S’EN CHARGE »

Jeudi, 24 Octobre, 2019

Le nouveau film de Ken Loach, « Sorry We Missed You », aborde les ravages de l’ubérisation et de la soustraitance. L’occasion de rencontrer un cinéaste au regard toujours aussi acéré.

 

Entre une émission de télévision et la présentation d’une avant-première de son nouveau film, « Sorry We Missed You », avec des livreurs de Deliveroo, Ken Loach nous a, comme c’est devenu une habitude, accordé de son temps. Même lorsque, retardé par une manifestation, il se confond en excuses, le cinéaste britannique dégage une étonnante quiétude. Pourtant, à 83 ans, le double lauréat de la palme d’or n’a rien perdu de son regard acéré sur le combat quotidien de la classe ouvrière pour garder la tête hors de l’eau. Rencontre avec un cinéaste humble et généreux.

À la lueur de votre film, que vous inspire le slogan popularisé par Nicolas Sarkozy « Travailler plus pour gagner plus » ?

C’est la propagande classique des patrons et des représentants politiques des grandes entreprises pour persuader les travailleurs de se laisser exploiter. Ils s’en servent pour convaincre les gens que le mouvement d’un travail sécurisé, avec une journée de 8 heures et 35 ou 40 heures par semaine, vers les emplois précaires est un progrès. Ils utilisent donc un langage. Ils affirment que le droit du travail n’est pas indispensable, qu’être son soi-disant patron est bien, avec des expressions comme « être maître de son destin ». C’est absurde.

Mais ils essaient de faire progresser cette culture entrepreneuriale. Il faut être un vainqueur et pas un perdant. Leur discours est une escroquerie parce qu’ils savent que, pour qu’ils soient compétitifs, le travail doit être moins cher. Les autoentrepreneurs sont en concurrence avec les grosses entreprises pour fabriquer des biens ou offrir des services. Pour y parvenir, on doit exploiter davantage les travailleurs, les faire travailler plus en les payant moins. C’est inhérent au système. Ces gens mentent. Ils ne peuvent pas être assez stupides pour ne pas se rendre compte de leurs mensonges.

Uber a 10 ans. Comment toutes les compagnies de ce type parviennent-elles à profiter des travailleurs ?

Elles utilisent juste les nouvelles technologies. Les grandes entreprises s’en sont emparées pour encourager l’exploitation. Ils contrôlent les chauffeurs livreurs, comme Ricky (le héros de « Sorry We Missed You » – NDLR), avec un appareil électronique qui indique où ils sont, ce qu’ils font, s’ils ont livré en temps et en heure chaque personne. Ils n’ont pas besoin d’un patron de la vieille école pour leur dire de travailler dur. L’appareil – son pouvoir de contrôle – fait le boulot à sa place. Ces nouvelles technologies devraient profiter à tout le monde. Mais elles ne sont pas utilisées dans ce but.

Abby, la femme de Ricky, est aide-soignante et travaille pour une agence sous-traitante. Dans quelle mesure cette précarisation du travail s’est-elle imposée dans le quotidien des Britanniques ?

Il est habituel pour le personnel de santé, majoritairement employé par des agences. Les agences gagnent les contrats de sous-traitance parce qu’elles ne sont pas chères. Le gouvernement a réduit de 40 % à 50 % les fonds destinés aux municipalités dans ce domaine depuis 10 ans. Pour maintenir les services à la personne, celles-ci doivent trouver des agences vraiment peu onéreuses. Avant cela, ces travailleurs étaient directement employés par les municipalités avec un contrat de 8 heures par jour, cinq ou six jours par semaine et payés régulièrement. Aujourd’hui, les agences ne paient que lorsque les travailleurs sont dans les maisons des patients. Mais la plupart de ces femmes se déplacent avec les transports en commun. Elles passent une heure pour aller chez leur patient. Et elles ne sont payées que pour les 20 minutes qui leur sont allouées pour s’en occuper. Cela coûte moins cher aux municipalités. Mais le personnel de santé en pâtit.

Ces coupes gouvernementales ont des conséquences sur tout le secteur de la santé. Il n’est pas soutenu par le gouvernement, qui veut pousser les gens vers un modèle américain d’assurance privée. Depuis 10 ans, deux tiers des nouveaux emplois de ce secteur sont devenus précaires.

Que signifie la séquence où l’une des vieilles patientes d’Abby, une ancienne militante syndicale, lui montre des photos de ses années de luttes ?

C’est à propos de la mémoire d’une période où les gens étaient forts. Ils avaient de bons boulots, les syndicats étaient puissants. C’est une manière de dire au public : « Vous avez eu cette force une fois, il faut la retrouver, redécouvrir cette puissance que vous aviez par le passé pour faire des changements. »

Oui, mais cette femme est incontinente, abandonnée par sa famille comme si cette frange de la gauche avait perdu la bataille des idées…

Elle a perdu la bataille des idées ! Ce n’est pas surprenant. La droite contrôle les médias et les entreprises de communication. Le défi implicite est de retrouver ces idées, de se rappeler comme elles étaient fortes, les conquêtes qu’elles ont permises : le droit du travail, la journée de 8 heures, la semaine de 40 heures, les congés payés, les congés maladie. L’idée du capitalisme est très forte. Mais les structures du capitalisme sont très fragiles. Chaque semaine, une entreprise s’effondre, comme cette grande compagnie de voyages (Thomas Cook – NDLR). Le capitalisme impose son modèle très destructeur aux classes populaires, mais cette situation n’est pas figée.

Pourquoi alors est-ce si difficile de sortir de ce système ?

Les dettes. Les gens s’endettent. C’est comme parier. Quand vous gagnez de l’argent, vous restez. Mais si vous avez un accident, et que vous vous endettez, vous devez continuer à travailler deux fois plus dur pour rembourser. Si vous avez un problème de santé, vous êtes comme Ricky emprisonné dans votre van. Quelqu’un nous a raconté une histoire très triste à ce propos. Celle de Don Lane, un cinquantenaire diabétique qui faisait des petits boulots. Il a pris sa journée pour aller à un rendez-vous à l’hôpital. Même s’il était soi-disant à son compte, la compagnie l’a sanctionné. À cause de ses difficultés financières, il n’est pas allé au rendez-vous suivant. Il s’est effondré au travail, victime d’une crise cardiaque à 53 ans. Sa femme, une charmante dame, se bat pour essayer d’obtenir des compensations de la compagnie.

La conscience et la fierté d’appartenir à la classe ouvrière semblent avoir disparu de ce film…

Abby et la vieille dame ont cette fierté.

Mais les enfants semblent moins les avoir…

Le système travaille contre cela, essaie de détruire ce sentiment d’appartenance. La propagande pour la culture entrepreneuriale est partout avec ces programmes télévisés creux, comme « The Apprentice » (une émission de téléréalité où un patron offre au vainqueur de l’argent pour monter sa propre entreprise, et dont Trump a présenté la version américaine – NDLR). La gauche doit se réaffirmer en réclamant des logements et des emplois sûrs et durables. C’est en commençant par ces demandes qu’on retrouvera de la fierté.

Que vous inspire le Brexit ?

C’est un bazar sans nom provoqué par la droite, qui n’arrive pas à trouver d’issue. Il est né d’un conflit entre deux pans de la droite. Les entreprises veulent rester dans l’Union européenne pour le marché. L’extrême droite veut une économie dérégulée hors de l’Union européenne avec des bas salaires, peu de taxes, des investissements facilités, source d’immenses profits. Une bonne partie des gens ont voté en faveur du Brexit parce qu’ils étaient mécontents de la manière dont les choses se passaient. Ils ont rejeté la faute sur l’Europe.

C’est le chaos et j’ignore ce qu’il va se passer. Mais le grand problème de notre pays est d’abord le travail précaire, le démantèlement des services de santé, le problème du logement, l’état dramatique des transports publics, le manque d’investissements dans des régions comme le Nord-Est où nous avons tourné. Ces problèmes sont bien plus importants que le Brexit. Ils existent alors que nous sommes dans l’Union et existeront une fois que nous l’aurons quittée.

Entretien réalisé par Michaël Melinard

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