Le cabinet du cardiologue pour savoir à quand la coronarographie que je dois subir : « rappelez la semaine prochaine ! » L’hôpital privé qui doit opérer ne répond pas au téléphone et le cardiologue chargé de l’opération non plus ! Décidément après un mois et demi d’attente c’est le brouillard ! Vous me direz après tout il y a le 15 en cas d’urgence ! S’il répond lui ? En attendant sans masque et sans test ? En France on est de mieux en mieux soigné ! Merci Chirac, merci Sarkozy, merci Hollande, merci au petit nouveau…

Posté par jacques LAUPIES le 29 avril 2020

 

Hier, à l’Assemblée nationale, le premier ministre a confirmé une stratégie différenciée selon les départements. David Niviere/Abacapress.com

Hier, à l’Assemblée nationale, le premier ministre a confirmé une stratégie différenciée selon les départements. David Niviere/Abacapress.com
Mercredi, 29 Avril, 2020

DÉCONFINEMENT. L’EXÉCUTIF DÉVOILE SON PLAN SANS LEVER LES DOUTES

Le premier ministre a fait de nombreuses annonces concernant le 11 mai, devant les députés de l’Assemblée nationale, mais a aussi renvoyé beaucoup de modalités à une concertation à venir. Sa déclaration a fait l’objet d’un vote, qui reste consultatif (368 pour, 100 contre).
 
Avant même qu’Édouard Philippe ne se présente au Palais Bourbon ce mardi, un nouveau sondage confirmait que 62 % des personnes interrogées, selon Odoxa, ne font pas confiance au gouvernement pour réussir le déconfinement à partir du 11 mai. Le premier ministre, en conclusion de son discours, leur a renvoyé la balle : « Le succès ne reposera pas sur la seule autorité de l’État mais sur le civisme des Français », a-t-il déclaré devant un hémicycle où seuls 75 députés étaient réunis, et après avoir confirmé une « stratégie » différenciée selon les départements. En un peu plus d’une heure, l’hôte de Matignon a brossé à grands traits les orientations définies par un exécutif auquel les parlementaires reprochent de faire cavalier seul. « Rien dans la Constitution n’imposait au gouvernement de présenter à l’Assemblée nationale la stratégie que je viens d’exposer  ! » leur a asséné édouard Philippe en retour. Le tout en jouant la carte du « dialogue social » et de la concertation à venir. Un air de déjà-vu en Macronie. Et une façon aussi de renvoyer les zones de flou qui demeurent – sur l’accueil des scolaires, la « distanciation physique » dans les transports ou encore la fourniture des masques – à des arbitrages locaux et ultérieurs. Le premier ministre n’a cependant pas eu d’autre choix devant la levée de boucliers que de changer un peu de pied, excluant du vote du jour la question du traçage numérique. Reste que le scrutin, dans la foulée des annonces, est demeuré en travers de la gorge de l’opposition, qui, à gauche comme à droite, avait demandé un délai minimal de 24 heures, ne serait-ce que pour pouvoir se réunir. « Civisme des Français, élus locaux, associations : la responsabilité du déconfinement repose sur les mêmes, sans moyens supplémentaires », a réagi le secrétaire national du PCF et député du Nord, Fabien Roussel, qui, avec ses collègues, ne devait pas voter le plan. Tout comme LR ou encore les insoumis. Le gouvernement sera amené à se représenter devant l’Assemblée puisque certaines mesures – comme la limitation des déplacements entre départements hors confinement – doivent faire l’objet d’un projet de loi. Présenté en Conseil des ministres dès ce samedi, celui-ci comprendra aussi la prorogation de l’état d’urgence sanitaire « peut-être » jusqu’au 23 juillet. Il sera examiné au Parlement dès la semaine prochaine. Un nouveau rendez-vous est en outre fixé à la fin du mois de mai, pour évaluer la situation et prendre des décisions quant à une nouvelle phase éventuelle de déconfinement à partir du 2 juin. 1. L’école rouvre le 11 mai dans le flou et sans les lycées Édouard Philippe a maintenu, mardi, l’objectif d’une reprise le 11 mai, mais avec quelques modifications par rapport aux annonces précédentes. Exit les lycées : la possibilité de rouvrir ces établissements début juin sera examinée fin mai. À l’inverse, ce ne sont plus seulement les grandes sections et les CP qui reprendraient le 11 mai, mais l’ensemble des classes de maternelle et élémentaire, et sur tout le territoire – avec un effectif maximal de 15 élèves par classe. Même limitation pour les collèges, dont les classes de 6e et 5e reprendraient en premier. Mais seuls ceux des départements « verts », selon la classification quotidienne de circulation du virus qui sera publiée chaque jour à partir du 30 avril, pourront rouvrir. Primaire ou collège, c’est bien sur la base du « volontariat » des familles que les élèves retourneront à l’école. Masque obligatoire pour les collégiens et les adultes, mais pas pour les élèves de primaire. Quant à ceux qui ne pourront être accueillis en classe, le premier ministre les envoie soit en étude, soit dans des accueils périscolaires « pour les collectivités locales qui le souhaitent », soit en école à distance. Reste à savoir qui assurera cette dernière si les enseignants retournent en classe…  « On nous prend pour des cobayes ! » réagit Frédérique Rolet, du Snes-FSU (secondaire), qui ne trouve pas trace du protocole sanitaire que son syndicat exige. Pour Marie-Hélène Plard, du Snuipp-FSU de Seine-Saint-Denis (primaire), le processus envisagé est « déraisonnable ». Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE (parents d’élèves), dénonce, lui, l’hypocrisie des objectifs affichés : « Il reviendra aux acteurs locaux de décider de l’ouverture ou pas. On organise les inégalités ! » 2. Des tests et des masques promis en masse « Il y aura assez de masques dans le pays pour faire face aux besoins à partir du 11 mai », a promis Édouard Philippe, affirmant qu’il était « préférable » d’en porter un dans « de nombreuses circonstances », et qu’il sera obligatoire dans « certaines situations ». Le revirement du gouvernement sur le sujet a été vite expédié, tout comme la pénurie de masques et ses causes. Les Français pourront en acheter dans les commerces sans qu’on sache si leur prix sera encadré. L’État prendra en charge « 50 % du coût des masques » grand public achetés par les collectivités locales. Le premier ministre a promis « au moins 700 000 tests virologiques par semaine ». L’isolement sera obligatoire pour les personnes infectées, qui devront choisir de rester à domicile ou « dans un lieu mis à disposition, notamment des hôtels réquisitionnés ». 3. Les entreprises ont carte blanche pour la reprise Pour l’activité économique, le monde d’après-confinement ressemble farouchement au monde d’avant. Fidèle aux ordonnances Macron de 2017 qui ont affaibli les protections collectives contenues dans le droit du travail pour déléguer un maximum d’enjeux à la négociation de branche et d’entreprise, Édouard Philippe s’en est tenu à des prescriptions générales minimales, voire minimalistes, pour renvoyer tout le reste au « dialogue social ». Le gouvernement assure donc une sorte de service minimum avec ses 33 et bientôt 60 « fiches conseils métiers » qui contiennent les gestes simples de prévention, ainsi qu’avec une énième consultation des « partenaires sociaux », jeudi. Quant au télétravail, le premier ministre espère qu’il sera « maintenu partout où il est possible au moins pour les trois prochaines semaines ». La seule annonce tangible concerne le chômage partiel, réservé après le 31 mai aux seuls secteurs interdits de réouverture comme la restauration. C’est donc une incitation à hâter la reprise assortie d’une carte blanche pour la mettre en pratique que le gouvernement confère au patronat. « Édouard Philippe poursuit ce qui se passe déjà dans l’industrie, où les directions profitent du confinement et de l’absence de représentants syndicaux dans les petites PME pour forcer le retour de l’activité, décrypte Frédéric Sanchez, de la CGT métallurgie. Et le fossé va se creuser entre ceux en télétravail, qui pourront garder leurs enfants, et ceux qui devront aller travailler en usine et seront en première ligne en cas de deuxième vague épidémique. Mais nous serons là pour créer des rapports de forces. » 4. Le nœud des transports, un nid à Covid-19 Faire en sorte que les transports en commun ne soient pas le point de départ d’une deuxième vague de l’épidémie. Le plan du gouvernement s’appuie sur deux axes : augmenter l’offre de transports urbains (jusqu’à 70 % de l’offre de la RATP dès le 11 mai) et faire baisser la demande. Pour éviter l’engorgement et éparpiller les flux de voyageurs, Édouard Philippe a annoncé que le télétravail devra rester la norme et que les entreprises devront mettre en place un étalement horaire pour leurs salariés. « Les transports aux heures de pointe doivent être réservés à ceux qui travaillent », prévient le premier ministre. A contrario, l’offre de trains sera réduite pour limiter les déplacements entre les départements « aux seuls motifs professionnels ou familiaux impérieux ». Comme demandé par les syndicats et plusieurs patrons de grandes entreprises de transport, « le port du masque sera rendu obligatoire ». Mais cette mesure ne permettra pas de s’affranchir complètement de la distanciation sociale, car les opérateurs devront organiser le respect des gestes barrières. « Cela veut dire que la capacité du métro parisien sera réduite, qu’il faudra condamner un siège sur deux, favoriser par des marquages au sol la bonne répartition sur les quais », a précisé Édouard Philippe. 5. Retour – très partiel – à la vie culturelle et sportive Si les bibliothèques, médiathèques, les « petits » musées en province pourront rouvrir leurs portes dès le 11 mai, il n’en est pas de même pour les cinémas, les théâtres et les salles de concert. Les centaines de milliers de personnes qui fréquentent quotidiennement le Louvre, Orsay, Beaubourg ou encore toutes ces grandes institutions muséales ou patrimoniales (château de Versailles, etc.) trouveront porte close. Les grandes manifestations culturelles, festivals, salons de plus de 5 000 participants ne pourront se dérouler avant septembre. Les « salles des fêtes, les salles polyvalentes resteront également fermées jusqu’au 1er  juin ». En revanche, à la suite de toutes ces annulations et restrictions, le premier ministre n’a pas abordé les conditions d’existence des artistes et techniciens qui font vivre ces manifestations pendant l’été et toute l’année. Or le compte à rebours concernant leurs droits au chômage a déjà commencé et nombre d’entre eux risquent de basculer d’une très grande précarité à une vraie détresse. Et ce ne sont pas la mise en ligne sur le Net de spectacles, concerts, etc. qui les fera vivre. Concernant le sport, le Tour de France a été reporté du 29 août au 20 septembre. Les championnats, notamment de football, ne pourront pas non plus reprendre, a précisé Édouard Philippe. 6. Le traçage numérique repoussé sine die Le premier ministre Édouard Philippe a repoussé le débat sur l’application StopCovid de traçage numérique des malades. L’application « ne peut s’envisager que de façon complémentaire » aux enquêtes sanitaires menées par les « brigades » constituées dans les départements. StopCovid permettrait, selon lui, de remédier à leurs limites, notamment dans les centres urbains,  « sans, bien entendu, avoir aucune information sur l’identité de la personne concernée ». Mais le gouvernement s’est heurté aux critiques de l’opposition, notamment en termes de libertés publiques. Édouard Philippe a donc invoqué un argument politique pour justifier son retournement. « Un grand nombre de responsables politiques, sur tous les bancs, le président de l’Assemblée nationale lui-même m’ont fait part de leur interrogation sur ce type d’instrument, sur les questions que son utilisation ne manquerait pas de poser en termes de libertés publiques et individuelles. Ces questions me paraissent fondées, elles doivent être débattues. J’ai même le sentiment qu’elles doivent f aire l’objet d’un vote », a ajouté Édouard Philippe. Pour l’heure, « le débat est un peu prématuré. Mais je confirme mon engagement. Lorsque l’application fonctionnera et avant sa mise en œuvre, nous organiserons un débat spécifique, suivi d’un vote spécifique ».
Julia Hamlaoui
Le cabinet du cardiologue pour savoir à quand la coronarographie que je dois subir :
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Le monde réel se dévoile aux clairvoyants mais aussi aux aveugles. Eh oui !

Posté par jacques LAUPIES le 27 avril 2020

 

 

L'économiste Jean-Marie Harribey, à Paris, en février 2018 (Photo : Julien Jaulin/Hans Lucas)

L’économiste Jean-Marie Harribey, à Paris, en février 2018 (Photo : Julien Jaulin/Hans Lucas)
Vendredi, 24 Avril, 2020

JEAN-MARIE HARRIBEY, ÉCONOMISTE ATTERRÉ : «L’ÉPIDÉMIE DU COVID-19 A MIS SUR LA TABLE CE QU’ON CROYAIT IMPOSSIBLE : DISTINGUER LES BESOINS ESSENTIELS DES FUTILES OU NOCIFS»

Dans le Trou noir du capitalisme, l’économiste se réclamant de Marx, Polanyi et Keynes dresse un tableau critique du capitalisme contemporain et de l’impasse où il se trouve. Il propose aussi trois voies de bifurcation possibles dans lesquelles l’humanité se trouve dans l’obligation de s’engager d’urgence face à la crise sociale, économique, environnementale actuelle.

 

Que signifie la qualification de « trou noir » pour analyser le capitalisme mondial aujourd’hui ?

Jean-Marie Harribey. Je procède à une analogie avec les trous noirs découverts par les astrophysiciens. Un trou noir est un corps astrophysique dont le noyau absorbe toute matière et tout rayonnement lumineux à cause de sa force gravitationnelle. On le dit noir parce qu’aucune lumière provenant de lui ne peut nous parvenir. En ce début de XXI e siècle, le capitalisme mondialisé a porté sa logique d’extension jusqu’à vouloir tout engloutir, de la moindre activité humaine jusqu’aux éléments naturels et tout le vivant, en passant par les connaissances. Engloutir, c’est-à-dire tout soumettre à la loi de la rentabilité, du profit et de l’accumulation du capital. Tout est promis à la marchandisation. Et pour cela, des droits de propriété doivent être instaurés sur toutes matières, naturelles ou produites, ou, sinon, sur leur usage, comme celui de l’air pour y envoyer sans retenue des gaz à effet de serre modifiant le climat.

Pourquoi insistez-vous sur le fait que « c’est bien le capitalisme qui est en crise » et non pas le « productivisme », en général, ou le « néolibéralisme » en particulier ?

Jean-Marie Harribey. Dans la première partie de mon livre, que j’annonce comme résolument marxienne parce que, utilisant les outils théoriques critiques de Marx, je montre que ce qui fait la spécificité de la crise mondiale actuelle, c’est la conjonction inédite dans l’histoire humaine (et donc du capitalisme) de contradictions sociales et écologiques qui minent la rentabilité du capital et donc la dynamique même de l’accumulation. D’un côté, malgré l’essor de nouvelles techniques, de l’informatique, de la robotique, le capital ne réussit pas à faire croître significativement la productivité du travail. Pire, cette productivité connaît une progression qui diminue d’année en année partout dans le monde. En moyenne, elle ne dépasse guère plus, dans les pays développés, 1 % par an. Or, au final, c’est toujours la productivité du travail qui commande la rentabilité du capital dans un contexte donné du rapport de forces. D’un autre côté, le gigantisme du productivisme et du consumérisme saccage la planète, épuise ou pollue les ressources et modifie le climat. Le capitalisme se heurte donc à des limites infranchissables. Pour ne prendre qu’un exemple, le taux de retour énergétique (énergie produite par rapport à l’énergie utilisée pour la produire) décline pour toutes les énergies fossiles. Alors, la conjonction de l’impossibilité de pousser l’exploitation de la force de travail jusqu’au point où les marchandises ne peuvent plus trouver suffisamment de demandeurs avec l’impossibilité de pousser l’exploitation de la nature au-delà des limites de la Terre explique le caractère systémique de la crise du capitalisme.

« Le coronavirus a mis le feu, mais la poudre a été répandue par un demi-siècle d’un capitalisme de plus en plus dément, c’est-à-dire conforme à son « idéal type » ».

Il ne reste plus à celui-ci que la fuite en avant de la financiarisation, surfant sur le grossissement d’un capital fictif qui est, tôt ou tard, frappé de nullité. La dynamique même du capitalisme est contradictoire avec une responsabilité sociale et écologique parce qu’elle ne peut durer qu’en exploitant les humains et la nature. C’est dans ce contexte-là que survient la pandémie du Covid-19, qu’il faut prendre comme un déclencheur de catastrophe mais non comme la cause profonde de celle-ci. Le virus a mis le feu à la poudre, mais la poudre avait été répandue par un demi-siècle d’un capitalisme de plus en plus dément, c’est-à-dire conforme à son « idéal type ». Nous sommes davantage dans la période du capitalocène que dans celle de l’anthropocène qui dédouane la logique du système et qui place abusivement tous les humains à égalité de responsabilité dans la dégradation écologique.

Vous référant à la fois à Marx, Polanyi et Keynes, vous mettez en avant la nécessité d’engager diverses « bifurcations possibles » pour sortir de l’impasse historique actuelle. Quelles sont-elles ?

Jean-Marie Harribey. La première partie de mon livre appliquait les concepts de Marx pour comprendre cette réalité. La seconde tire parti de l’avertissement prémonitoire de l’anthropologue Karl Polanyi au milieu du XX e siècle : si le travail, la terre et la monnaie étaient marchandisés, ce serait la mort de la société. Alors, j’esquisse trois voies pour sortir de la nasse et amorcer une grande bifurcation : réhabiliter le travail, instituer les communs et socialiser la monnaie. Réhabiliter le travail, c’est dire que, parce que le travail est « vivant », il est central dans la vie des individus, pour leur intégration dans la société et par son rôle de médiateur de relations sociales. Il est central aussi, bien sûr, dans la production de valeur économique, et la répartition de celle-ci est un indicateur-clé de l’état du rapport de forces avec le capital. Or, le capitalisme dans sa phase néolibérale, parce que les ressorts de sa rentabilité étaient grippés, n’a eu de cesse que de dévaloriser le travail, amoindrir ses droits et exiger des travailleurs qu’ils adhèrent aux objectifs de l’entreprise pour servir des dividendes aux actionnaires. Il s’ensuit que réhabiliter le travail reposerait sur trois moyens principaux. Le premier est que les salaires et les prestations sociales ne progresseraient jamais moins vite que la productivité du travail, une fois que le chômage est drastiquement abaissé par la réduction du temps de travail. Le deuxième moyen est la restauration d’un droit du travail protecteur. Le troisième est l’instauration de la démocratie dans les entreprises, par la création de conseils économiques et sociaux, de telle sorte que le pouvoir de décision du type de production, des investissements, des conditions d’emploi et de travail soit dissocié de la propriété du capital. Les finalités du travail seraient redéfinies pour cerner quels sont les besoins essentiels à satisfaire et les activités vraiment utiles.

« Le capitalisme dans sa phase néolibérale, parce que les ressorts de sa rentabilité étaient grippés, n’a eu de cesse que de dévaloriser le travail. »

On rejoint alors le deuxième volet des bifurcations. Celui-ci concerne l’institution des « communs » de façon à mettre en cohérence les objectifs sociaux et les objectifs écologiques de transformation de la société. La notion de commun(s), utilisée au singulier et au pluriel, vise, d’une part, à renouveler de fond en comble la conception traditionnelle des biens publics et des services collectifs. Il s’agit de transformer le mode de gestion de ce qui est aujourd’hui réalisé sous l’égide de l’État et des collectivités territoriales pour en faire une chose commune autogouvernée et autogérée par les populations concernées au plus près possible de leur existence. Ce n’est pas une mise en cause de la propriété publique mais c’est la transformer pour qu’elle devienne véritablement sociale. D’autre part, il s’agit de donner le statut de biens communs à tous les éléments essentiels à la vie, qui doivent être soustraits à la marchandisation. Cela concerne les ressources naturelles comme l’eau, l’air, le vivant, tout ce que Polanyi désignait par « la terre », ainsi que les connaissances, les institutions sociales donnant accès à l’éducation, à la protection sociale. L’objectif est donc double : instituer une gestion commune de biens érigés au rang de communs.

Pouvez-vous préciser ce que vous appelez la « socialisation de la monnaie » et nous indiquer ce que seraient ses mécanismes ?

Jean-Marie Harribey. Oui, c’est le troisième volet du triptyque de la grande bifurcation. Le capitalisme néolibéral a procédé à une sorte de privatisation de la monnaie, qui est pourtant une institution sociale à part entière. Dans le cadre de la liberté qui a été accordée aux capitaux de circuler dans le monde et du développement sans entrave des marchés financiers, le rôle dévolu aux banques centrales a été, depuis quarante ans, de veiller à la stabilité de la rente financière. C’est particulièrement vrai pour la Banque centrale européenne (BCE), rendue totalement indépendante du reste de la société et du pouvoir politique. Ce dogme est en train heureusement de voler en éclats. Aujourd’hui, on peut et on doit resocialiser la monnaie, c’est-à-dire retrouver la maîtrise du crédit et donc de la création monétaire pour financer les énormes investissements de transition écologique. La crise du coronavirus montre à quel point on a besoin d’un pôle bancaire public, d’un contrôle social sur celui-ci et d’une banque centrale qui soit celle de l’ensemble de la société.

« Aujourd’hui, on peut et on doit resocialiser la monnaie, c’est-à-dire retrouver la maîtrise du crédit et donc de la création monétaire pour financer les énormes investissements de transition écologique. »

Au lieu d’obliger les États à emprunter sur les marchés financiers soit directement, soit indirectement via le Mécanisme européen de stabilité, la BCE devrait financer directement les dépenses publiques. C’est-à-dire étendre ce que la Banque d’Angleterre vient de décider pour financer les seules dépenses liées au redémarrage de l’économie paralysée par la pandémie. Ainsi, on utilise l’énorme avantage d’une banque centrale qui, seule, a la possibilité de créer à volonté de la monnaie s’il faut effectuer des dépenses et des investissements publics essentiels. Le risque d’inflation est nul lorsque des forces de travail et des équipements productifs sont inemployés et donc disponibles.

Un autre des points sur lesquels vous insistez est le caractère nécessairement démocratique et pluriel que doivent prendre les chemins de l’alternative que vous appelez de vos vœux. Pourquoi ?

Jean-Marie Harribey. Parce que les chemins de la révolution aboutissent à des impasses quand elle n’est pas pensée comme un processus démocratique. C’est toute la leçon du XXe siècle. C’est en ce sens que la planification de la transition écologique et sociale peut servir de boussole de transformation. Loin d’une étatisation de l’économie et d’une centralisation des décisions, la planification peut prouver son efficacité si elle s’insère dans le processus de socialisation, c’est-à-dire de remise dans les mains de collectifs de travailleurs et de citoyens des décisions d’orientation de la vie collective.

« Les chemins de la révolution aboutissent à des impasses quand elle n’est pas pensée comme un processus démocratique. C’est toute la leçon du XXe siècle. »

L’épidémie du Covid-19 a mis sur la table ce qu’on croyait impossible : distinguer les besoins essentiels des futiles ou nocifs, et donc désigner quelles sont les activités les plus utiles à la société : produire du soin par des soignants ou de la publicité par des agences de com, produire de l’éducation par des enseignants ou de l’e.commerce sur des plateformes, mener de la recherche scientifique ou de la spéculation par des traders ? En bref, le confinement vient de prouver que la vraie richesse, ce n’est pas la marchandise et sa valeur d’échange, mais la valeur d’usage des biens et services essentiels.

La crise sanitaire mondiale actuelle ne met-elle pas également en évidence la nécessité d’une réponse universelle concrète, en opposition à la dérive mortifère du capitalisme ?

Jean-Marie Harribey. La mondialisation capitaliste est en cause. Elle a abouti à un désastre social, écologique, économique et aujourd’hui sanitaire. Et elle nous menace de déflagrations géopolitiques, voire guerrières. Tout ce qu’elle a construit doit être démantelé : circulation effrénée des capitaux, marchés dérégulés, droits fondamentaux de la personne humaine bafoués, notamment ceux des migrants. L’heure est à la construction de solidarités et de coopérations aux échelons régionaux, à la restauration d’une régulation internationale sous l’égide de l’ONU, dont les décisions doivent être respectées. Les scientifiques donnent l’exemple d’une coopération pour le « bien commun » : c’est le cas des climatologues du Giec, c’est celui de tous les virologues qui échangent en ce moment leur savoir librement, hors de toute contrainte de brevets lucratifs.

Entretien réalisé par Jérôme Skalski
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Il est dans la file ou chacun se positionne…

Posté par jacques LAUPIES le 26 avril 2020

Il est dans la file ou chacun se positionne à un metre de celui qui le précède avant d’atteindre la caissière dans cette surface commerciale réputée pour pratiquer des prix intéressants. Comme il n’a que deux deux canettes de bières en main je m’excuse de ne pas lui avoir cédé mon tour car j’ai le caddy rempli pour la semaine et je vais le faire attendre. La conversation s’engage. Il me dit avoir tout son temps vu les circonstances. Je demande « vous êtes au chômage  technique ? » 

- oui, je suis soudeur !

- Ben ça doit vous permettre de vous reposer un peu ?

- Oui mais je préfère travailler.

- Pourtant vous avez un métier difficile, notamment avec le risque d’atteintes aux poumons ?

- Maintenant on est bien protégés !

- Vous perdez de l’argent avec le chômage partiel ?

- Oui mais j’aime mieux travailler.de toutes façons !

Sans commentaire ! Pourtant cela en mériterait un !

 

coronavirus covid-19

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Vendredi, 24 Avril, 2020

DÉBAT. CLASSES POPULAIRES : VERS UNE RECONNAISSANCE DE CELLES ET CEUX QUI FONT RÉELLEMENT TOURNER LE PAYS ?

L’épidémie de Covid-19 a mis à terre l’économie. Caissières, ouvriers, routiers et autres livreurs à vélo tiennent le pays à bout de bras, démontrant, s’il était nécessaire, leur rôle incontournable dans notre société. Cette crise peut-elle signer le retour des classes populaires ?

Pour en débattre : Yasmine Siblot, chercheuse au laboratoire Institutions et dynamiques historiques de l’économie (IDHE)  Gérard Mauger, Directeur de recherche émérite CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne et Sarah Abdelnour, sociologue, maîtresse de conférences à l’université Paris-Dauphine

 

 

Pourquoi les travailleurs les plus précaires sont également les plus exposés à ce virus ?

 

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Yasmine Siblot

Les inégalités sociales explosent depuis le début de cette crise sanitaire, économique et sociale : les inégalités de classe, mais aussi de genre, les inégalités liées à la nationalité ou à l’origine, territoriales, d’âge, de situation familiale, etc. Les membres des classes populaires sont particulièrement touchés par le Covid-19 et les problèmes de santé plus largement, mais aussi par toutes les conséquences de la crise, en termes professionnels, financiers, de logement, scolaires, de prise en charge des personnes fragiles. Ils sont touchés en tant que travailleurs et travailleuses, en tant qu’élèves et parents d’élèves, habitants de logements surpeuplés ou délabrés, personnes âgées isolées, résidents de foyers, étrangers, habitants de zones urbaines où les services publics sont sous-dotés, de zones rurales ou périurbaines où les structures médicales font défaut, etc. Pour toutes les familles et personnes qui ont de faibles revenus, qu’ils soient issus du salariat, de prestations sociales ou du travail informel, la situation est très difficile, car les ressources baissent mais les dépenses augmentent. C’est en particulier le cas en Seine-Saint-Denis, et cela touche également les étudiants : une distribution de colis de nourriture a été organisée par des syndicats, le Secours populaire et des militants et bénévoles pour les étudiants de Paris-VIII, mon université ; il y a eu plus de 700 demandes en quelques jours.
 

Gérard Mauger On peut voir dans la situation « extra-ordinaire » créée par cette pandémie l’équivalent d’une expérience de laboratoire. Elle rend visibles des faits essentiels qui échappent à la vision commune du monde social. Ainsi découvre-t-on la hiérarchie de l’utilité sociale des métiers. Elle s’avère à peu près inverse de celle des salaires et du prestige qu’on leur accorde usuellement (leur valeur symbolique). D’abord, bien sûr, les métiers de la santé – y compris les « petits métiers », les plus nombreux, qui n’en sont pas moins indispensables – et leur périphérie, comme les aides à domicile ou celles et ceux qui viennent en aide aux plus démunis. Mais chacun découvre aussi le caractère « vital » des métiers de l’alimentation et de la distribution : des chauffeurs aux livreurs en passant par les caissières de grande surface, sans oublier les femmes de ménage et les éboueurs… Au fond, la pandémie rappelle à ceux qui pensaient pouvoir les oublier les caractéristiques universelles de l’existence corporelle et les nécessités qu’elles impliquent. Parce que ces métiers sont indispensables et incompatibles avec le télétravail, ceux (celles) qui les exercent ne sont pas confiné(e)s et ils (elles) sont donc aussi les plus exposé(e)s au virus. A contrario, la pandémie révèle, s’il en était besoin, l’inutilité de ce que Veblen appelait la « classe de loisir », « classe oisive » absente de tout travail productif (traders, banquiers, managers, consultants et conseillers de toutes sortes, communicants ou éditocrates, etc.) et la vanité de ses consommations « ostentatoires » (irresponsables, obscènes et, pour tout dire, stupides).

 

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Sarah Abdelnour

Les travailleuses et travailleurs précaires sont bien souvent dans des métiers vitaux mais sont paradoxalement mal protégés pour les exercer. Dans cette période de crise, les premiers de cordée sont précisément celles et ceux qui ont été dénigrés, voire réprimés par le gouvernement : soignants, caissières, dockers, postiers, etc., la liste est longue. Et parmi eux, des travailleurs aux missions essentielles. Et pourtant, ces métiers figurent souvent en bas de l’échelle des rémunérations et de la reconnaissance. Si les médecins font exception, le manque d’écoute politique dont ils ont souffert ces derniers temps est néanmoins patent. Pour les autres, leur position subalterne est le résultat paradoxal d’une société de la qualification et du diplôme. Ce qui est essentiel est insuffisamment reconnu. C’est un résultat bien connu pour le travail des femmes, et notamment ce travail du « care » qui consiste à prendre soin des autres, jeunes, malades, personnes dépendantes… Une mission pourtant cruciale, mais bien souvent rabattue sur une prétendue essence féminine, et donc privée d’une véritable reconnaissance sociale. Ce qui apparaît tout aussi brutalement, c’est l’écart indécent des rémunérations. Rappelons ici que les 10 % des salariés du privé les mieux rémunérés gagnent 21 fois plus que les 10 % les moins bien payés. Ainsi, les travailleurs subalternes sont les plus mobilisés au travail, mais ce sont aussi les moins bien protégés. Car ils et elles sont peu rémunérés, vivent plus loin de leur travail et dans des logements à plus forte densité, prennent les transports en commun, ont moins accès aux soins médicaux. Et, pour une partie d’entre eux, car ils sont précaires et mal protégés contre les risques comme la maladie. C’est le cas notamment des autoentrepreneurs, chauffeurs et livreurs, qui ne bénéficient d’aucune couverture chômage, d’aucune compensation financière, et sont donc obligés de travailler, en s’exposant au risque, et cela sans indemnités s’ils tombent malades pour les plus récemment inscrits.
 

Le gouvernement semble découvrir leur rôle essentiel dans notre société. Peuvent-ils alors espérer une plus grande reconnaissance sociale ?

 

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Gérard Mauger

Cette fraction des classes populaires, majoritairement féminine et souvent issue de l’immigration, très présente dans les rangs des gilets jaunes, a eu droit à la reconnaissance télévisée du chef de l’État et à celle des éditorialistes, célébrant leur « engagement », leur « dévouement », leur « sacrifice ». S’il fallait croire Emmanuel Macron qui, dans la péroraison de son allocution télévisée du 13 avril, reprenait à son compte l’article 1er de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen – « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune » – et semblait se faire un devoir de « donner toute sa force à ce principe », demain, les derniers seraient les premiers, les « sales boulots » dont parlait Everett Hughes seraient symboliquement et financièrement revalorisés, ceux qui ne sont « rien » (comme le leur disait récemment Emmanuel Macron) seraient « tout ». Peut-on le croire quand il se dit prêt, lui « le premier », à « se réinventer » ? On ne change pas de convictions, de croyances, d’intérêts, de prédilections et d’aversions, bref de manières d’être, comme on change de chemise et le voudrait-il que l’univers dans lequel il est pris – ce que Bourdieu appelait « le champ du pouvoir » – se chargerait de le rappeler à l’ordre.
 

Sarah Abdelnour La crise actuelle fait émerger un débat certainement salutaire sur ce qui fonde la légitimité des rémunérations et sur les liens entre utilité sociale et salaire. Ce débat met en lumière la sous-rémunération de métiers essentiels à la survie et à la vie d’une société. Il pourrait aussi amener à questionner le bien-fondé des plus hauts revenus, et à interroger leur sous-contribution au financement des biens collectifs. Comme il pourrait mettre au jour les dangers qu’engendre la privatisation des services publics, et l’exemple américain est en ce sens effrayant. Mais pour que sortie de crise rime avec progrès social, les travailleurs (mais aussi étudiants, chômeurs, retraités) risquent d’avoir à batailler pour défendre un autre projet de société. Pour l’heure, le gouvernement s’entête à prévoir des plans de « rationalisation » dans les hôpitaux, synonyme en novlangue d’austérité et de fermeture de lits. Cet acharnement est absurde quand on sait combien cette gestion par le flux tendu et la pression s’est révélée catastrophique. La gestion néolibérale, qu’on nous présente comme innovante et raisonnable, quand la dépense publique ne le serait pas, est finalement incapable de prendre en charge l’incertitude et de protéger la population des risques, et se révèle donc clairement irresponsable.

Yasmine Siblot Cette crise rappelle à quel point ces inégalités sont présentes dans notre société, et que les rapports de classes sont à la fois des rapports d’exploitation et des rapports de pouvoir : celles et ceux qui sont les plus exposés aux risques de contamination y sont contraints par des nécessités matérielles et par des relations de subordination, dans un contexte où une partie des employeurs, soutenus par la politique gouvernementale, ne veut pas renoncer à faire travailler une main-d’œuvre qui n’a pas la possibilité de refuser, y compris pour des activités qui ne sont pas nécessaires. Dans les secteurs indispensables ce sont les moins qualifiés qui sont souvent les moins bien protégés : caissières, aides-soignantes, éboueurs, agents de nettoyage, agents de tri à La Poste, aides à domicile, livreurs… Il n’est pas facile de mener des enquêtes sociologiques en ce moment, et ce type d’enquête prend beaucoup de temps, mais de nombreux reportages menés par des journalistes et de nombreux témoignages circulent pour rendre compte de ces situations. Pour ma part, je mène depuis l’an dernier une recherche auprès de migrantes portugaises venues en France lors de la crise de 2008, et qui occupent divers emplois dans le ménage et l’entretien ; j’ai recontacté les personnes que j’ai rencontrées : les plus stables d’entre elles, celles qui sont devenues agents de service dans des institutions publiques, ou qui travaillent chez des particuliers avec de l’ancienneté, peuvent rester chez elles, mais certaines perdent des revenus ; les plus précaires, celles qui travaillent pour des grosses entreprises du nettoyage comme Atalian, et celles qui sont seules en charge de leurs enfants (et parfois de leurs parents), sont contraintes à travailler dans des conditions très mauvaises ou se retrouvent dans une grande précarité.

Que faire pour que cela se traduise par des actes concrets ?

Sarah Abdelnour Si les travailleurs veulent une revalorisation des bas salaires, une meilleure reconnaissance des métiers essentiels, des statuts d’emploi protecteurs et un financement pérenne des services publics, il va falloir s’organiser pour défendre cet autre projet. Ce moment de crise doit faire l’objet d’analyses politiques, et fournir l’occasion d’une remise à plat et d’un questionnement sur les enjeux écologiques et sociaux. Pour cela, former des collectifs de débat, de résistance est indispensable. Les tenants du retour à la normale seront nombreux. Il faut montrer qu’une autre voie est possible, et il va sans doute falloir élever la voix pour se faire entendre.

Gérard Mauger Peu importe, à vrai dire, la sincérité ou l’hypocrisie des déclarations philanthropiques et des « bonnes résolutions » du président de la République. Parce qu’elles sont opposables à celui qui les prononce, parce que ce qu’il dit est opposable à ce qu’il fait ou ce qu’il se propose de faire, elles sont une ressource stratégique pour la mobilisation politique et/ou syndicale. Aujourd’hui, la moindre des choses est de donner les moyens de se protéger à celles et ceux qui s’exposent. Demain, il faudra revaloriser les salaires de celles et ceux dont on proclame la « valeur » et qu’on se contente de payer de mots ou, à la rigueur, de primes. Plus généralement, en faisant basculer l’« ordre des grandeurs » communément admis, l’expérience de laboratoire provoquée par la pandémie (et demain par le réchauffement climatique) donne à voir un capitalisme néolibéral mondialisé à bout de souffle… Reste que tout sera fait pour le réanimer : il faut donc tout faire pour que le Covid-19 en vienne à bout…

Yasmine Siblot Le gouvernement n’a pas pris les mesures nécessaires pour protéger les salariés en réduisant le plus possible les activités à celles qui sont indispensables, en s’assurant que les salariés contraints de travailler disposent de protection, y compris dans le domaine de la santé. On peut douter qu’il en aille différemment à l’avenir. Mais on peut espérer qu’il y ait une reconnaissance au sein de la population. Les soignants sont applaudis tous les soirs, mais des caissières et des éboueurs sont également remerciés. Il y a de nombreuses formes de solidarité, et les syndicats jouent un rôle important. Il faut faire en sorte que ça dure !

Entretiens croisés réalisés par Sylvestre Rome
Il est dans la file ou chacun se positionne... dans POLITIQUE

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L’arlésienne du corona : la distribution des masques !

Posté par jacques LAUPIES le 24 avril 2020

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PENDANT LA PANDÉMIE DE CORONAVIRUS, LA SAIGNÉE SE POURSUIT DANS LES HÔPITAUX

Posté par jacques LAUPIES le 24 avril 2020

 

PENDANT LA PANDÉMIE DE CORONAVIRUS, LA SAIGNÉE SE POURSUIT DANS LES HÔPITAUX dans POLITIQUE

 
Vendredi, 24 Avril, 2020

PENDANT LA PANDÉMIE DE CORONAVIRUS, LA SAIGNÉE SE POURSUIT DANS LES HÔPITAUX

En pleine crise sanitaire, les personnels craignent que les fermetures temporaires de services pour mutualiser les postes ne deviennent pérennes. Loin de la pause dans les plans de restructuration promise par le gouvernement. Quatre exemples. 

 

Une phrase a marqué les esprits. Le 5 avril, Olivier Véran annonçait la suspension des plans de restructuration dans les hôpitaux. Deux jours plus tôt, le directeur de l’Agence régionale de santé Grand-Est avait suscité un tollé en déclarant qu’il n’y avait pas lieu de remettre en cause les suppressions de postes et de lits au CHRU de Nancy pourtant accablé par la pandémie. Pour jouer l’apaisement, le ministre de la Santé a déclaré qu’il fallait «  réinterroger en profondeur nos réflexes et nos manières de penser en matière de gestion hospitalière, pour préparer un grand plan d’investissement de notre système de santé », dans la lignée de ce qu’avait annoncé Emmanuel Macron fin mars. Mais la réalité du terrain contredit cette fable.

Les économies budgétaires n’ont été annulées nulle part : « Tant qu’il n’y a pas de projet de loi de finances de la Sécurité Social (PLFSS) rectificatif, la politique de santé du gouvernement continue comme avant ! avance Michèle Leflon, présidente de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité. Sans compter qu’Agnès Buzyn avait promis qu’un tiers de la dette des hôpitaux serait effacée en fonction des efforts consentis en termes de lits et de personnels… » Certains craignent que les fermetures provisoires de services, souvent compréhensibles pour mutualiser les forces en période de crise, ne servent de ballons d’essai pour restructurer dans un contexte de déficit record de la Sécurité sociale (41 milliards d’euros). Tour d’horizon des inquiétudes. 

Le Collectif inter-hopitaux (CIH) de la ville du Nord n’en revient toujours pas. Alors que la pandémie connaît une relative accalmie, ils ont découvert que la direction du centre hospitalier de Douai était plus que jamais en contact avec le cabinet de stratégie Adopale, pour lui fournir des rapports d’activité afin de poursuivre l’élaboration du futur contrat de retour à l’équilibre financier (Cref). Pour les équipes sur le pont 24 heures sur 24, la poursuite de la cure d’austérité est un choc. « Il y a de quoi être surpris, observe un membre du collectif, c’est à l’opposé de ce qu’a déclaré Emmanuel Macron, qui a dit que l’aspect financier n’était pas la préoccupation du moment. Alors qu’on vante l’esprit de solidarité à l’hôpital, ça nous paraît déplacé. »

Dans sa version la plus noire, le premier rapport d’Adopale préconisait jusqu’à 100 suppressions de lits pour cette structure qui compte 12 millions de dettes cumulées. Aujourd’hui, c’est la piste des suppressions de postes qui semble privilégiée… Alors que cette histoire fait écho au zèle du directeur de l’agence régionale de santé Grand-Est dans le maintien des restructurations à l’hôpital de Nancy, la secrétaire de la CGT du CH de Douai, Karine Classe, prévient : « S’ils continuent sur cette lancée, ça va être très chaud, sachant qu’ils n’ont jamais reparlé de cela dans les instances représentatives du personnel et qu’en plus, la direction essaie de nous supprimer des congés et de nous imposer de ne prendre que huit jours de vacances cet été. »

De son côté, le député PCF du Nord, Alain Bruneel, a tiré la sonnette d’alarme en adressant un courrier à l’agence régionale de santé et interpellé le ministre de la Santé, pour l’heure sans réponse. L’élu communiste n’y va pas par quatre chemins : « C’est un état d’esprit scandaleux. Nous exigeons l’annulation de ce plan et l’embauche de personnels pour aider ceux qui ont suspendu leur mouvement de grève, entamé il y a un an, pour affronter cette crise sanitaire. Ils se donnent à fond, de la femme de ménage au chirurgien, et on veut leur imposer la même austérité qu’avant ! Il faut aussi rouvrir des lits, c’est tout ce qui manque dans cette période. Nous demandons un projet de loi de financement de la Sécurité sociale rectificatif et l’abrogation de la loi “ Ma santé 2022” . Il faut que le “​​​​​​​jour d’après”  prôné par le gouvernement soit imprégné du vécu d’aujourd’hui. »

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