À la rencontre des guetteurs et dealers : « Ce n’est pas pour rien ni par hasard qu’on entre dans le trafic », pointe la sociologue Khadidja Sahraoui-Chapuis

Posté par jacques LAUPIES le 4 août 2026

 

Sans préjugés et loin des clichés, la sociologue et professionnelle de la prévention et du soin à Marseille est allée à la rencontre des jeunes des cités, guetteurs et dealers, pour comprendre ce qui les a amenés « au charbon » et comment ils s’en sortent.

Société

 

11min

Publié le 31 juillet 2026

0:00/12:05
 

 
 dans POLITIQUE
« On entre dans les trafics parce qu’on est porteur d’une histoire jalonnée par des humiliations et aussi parce qu’on a l’impression d’être avec des pairs, de baigner dans quelque chose de familier », explique la sociologue Khadidja Sahraoui-Chapuis.
© Patrick Gherdoussi / Divergence-images.com

Native de Marseille, fille d’ouvrier, Khadidja Sahraoui-Chapuis a grandi dans une cité des quartiers nord. Sociologue, elle dirige depuis vingt ans Réseaux 13, une association de prévention et de soin dans les conduites à risques. Elle a mené, dans cinq cités de trois arrondissements de Marseille, une enquête de terrain au long cours, au plus près des « petites mains » du trafic de drogue. Elle a interrogé 295 personnes, acteurs du réseau, familles, travailleurs sociaux.

Son ouvrage paru en mai dernier, « les Prolétaires du bizness. Dans l’ordinaire des trafics de drogue », restitue la part humaine de parcours cabossés, ceux des travailleurs précaires d’une « économie de la débrouille ». Elle décrypte un écosystème inhérent au capitalisme « inégalitaire et violent », en plaidant pour une refonte des politiques publiques en matière de drogues.

Qu’est-ce qui vous a incitée à reprendre vos études et à entreprendre ce travail sur le trafic de drogue ?

Khadidja Sahraoui-Chapuis

Sociologue et professionnelle de la prévention et du soin à Marseille

Je suis une fille des quartiers et je travaille dans la santé. L’usage et le trafic de drogue sont une problématique assez familière, je pense, pour toutes les personnes qui ont grandi dans des cités, parce que la drogue est là. L’idée de travailler avec les jeunes du trafic de drogue s’est imposée à moi. Il fallait que j’aille vers eux, pas seulement pour traiter des questions de santé et des addictions.

Dans mon cheminement professionnel, j’ai ressenti le besoin de m’outiller. J’ai donc repris mes études. Après un master en sciences de l’éducation, j’ai enchaîné avec un doctorat en sociologie et comme sujet de thèse les trajectoires des acteurs des réseaux de revente. J’ai tenté de saisir leur part d’humanité malgré leur violence.

 

Comment avez-vous procédé pour vous immerger dans ce « bizness » ? À quelles difficultés avez-vous été confrontée ?

J’ai une approche ethnographique. Je privilégie le temps et l’histoire, à savoir le vécu et le récit des humains qui animent ces trafics. Mais aussi l’histoire de leur famille, de l’endroit où ils ont grandi, celle de l’organisation et de la réorganisation des réseaux. La seule difficulté, dans un premier temps, a été de déconstruire chez moi des évidences pour accueillir la parole des autres sans jugement. Tout le monde a un avis sur les drogues, sur les trafics, alors que le sujet est très complexe.

Vous dites « ce n’est pas pour rien ni par hasard qu’on entre dans le trafic ». Pouvez-vous développer ?

M’intéresser à la trajectoire me permet justement d’identifier les moments de bascule dans l’histoire de la personne. On ne peut pas y entrer et y rester sans avoir soi-même subi de la violence. Ce que j’ai constaté sur un panel de 295 personnes, c’est que le trafic de drogue s’immisce dans les interstices des humiliations, des inégalités, de la souffrance, du racisme. Tout cela va jalonner à un moment donné l’entrée dans les trafics. On ne tombe pas dans le trafic.

Sur le même thème

Amine Kessaci : « S’attaquer au narcotrafic, c’est défier le capitalisme »

C’est le trafic qui rencontre l’individu à un moment donné, lorsque celui-ci estime en avoir besoin. D’abord parce que cela va concrètement lui permettre de percevoir un revenu et de trouver une « place ». C’est la raison pour laquelle j’ai intitulé l’ouvrage « les Prolétaires du bizness ». Ils sont en situation d’emploi. Un emploi, cela n’apporte pas uniquement de l’argent, ça permet aussi d’avoir confiance en soi, de se sentir utile, cela revient à faire quelque chose de sa journée.

Vous avez été frappée par leur lucidité et par leur fatalisme. Comment l’expliquez-vous ?

Je trouve cette lucidité précoce et désespérante. Ils grandissent avec la question des dettes à la maison, les retards de loyer, les humiliations vécues par les parents. Ils vont donc essayer de réparer, de combler ces manques. On sait que la mort est présente dans le trafic. Mais la maladie et la mort font aussi partie du paysage des cités. On y meurt en moyenne quinze ans plus tôt que la population générale. Quand je parle de lucidité, c’est qu’un enfant ne devrait pas avoir à se préoccuper du frigo qui est vide.

Est-on en présence d’une économie « souterraine » ou « informelle » qui fait vivre les familles ?

Il faut déconstruire l’idée que les subalternes font vivre leur famille avec l’argent du trafic. Ils n’ont pas assez d’argent pour ça. Entre le patron et la petite main, cela n’a rien à voir. Majoritairement, les familles considèrent cet argent illégal, illicite et religieusement immoral. Le petit dealer va se payer son repas, sa dose de cannabis et s’acheter des vêtements. Il ne reste plus grand-chose pour nourrir la famille, qui de toute façon n’en veut pas.

De quelle façon le trafic impacte-t-il le territoire et la vie des cités ?

Le trafic n’est pas une parenthèse. Il est ancré dans un territoire avec un écosystème autour. Par exemple, les familles vont devoir s’organiser concrètement pour que l’enfant ne passe pas devant, ne reste pas à proximité, qu’il joue au foot plus loin ou qu’il ne sorte pas. L’impact est policier, aussi. Lors d’interventions, les CRS vont procéder à des contrôles routiers et sanctionner celui qui n’a pas d’assurance à jour, pas de carte grise, etc. Bref, pour des manquements mineurs, ils seront impactés indirectement par le trafic.

En quoi ce trafic fonctionne-t-il selon les règles du capitalisme et crée-t-il un écosystème selon le modèle ultralibéral ?

Par son organisation très hiérarchisée, sa division du travail, sa gestion des ressources humaines, son marketing, ses promos. Les subalternes sont ceux qui produisent la richesse et ceux qui perçoivent le moins. Les autres, les patrons, sont ceux qui accumulent et maximisent leurs profits. Les plus interchangeables, les plus flexibles sont les plus exploités et ceux qui prennent le plus de risques. La perversité est que ces modèles de domination sont acceptés parce que jugés légitimes. Un jeune m’a dit : « Moi, au moins, j’ai une raison de me lever le matin. On est tout sauf feignants », insistait-il. C’est le raisonnement de l’ouvrier, du prolétaire.

Sur le même thème

« Pour eux, les jeunes sont des mouchoirs jetables » : les mineurs, premières victimes des narcotrafiquants

Et là, il s’agit parfois de mineurs qui n’ont pas de protections sociales. Le fait qu’il s’agisse de travailleurs pauvres est occulté par leur implication dans une activité criminelle. S’ajoutent à cela des règlements coercitifs mis en place par le gérant, comme la punition sur le salaire. S’il est en retard, a raté une alerte ou que sa sacoche a été volée, le guetteur devra revenir travailler gratuitement pour rembourser. Bref, on est en présence d’un système capitaliste inégalitaire et violent.

Vous expliquez pourquoi être issu de l’immigration postcoloniale a une influence sur la trajectoire. Mais, par-dessus tout, selon vous, il s’agit d’abord d’un problème de classe sociale. Pourquoi ?

Je parle effectivement de classe sociale parce qu’il s’agit d’une économie de la débrouille et de nouvelles formes contemporaines du travail. Aujourd’hui, comme il y a vingt ans, les jeunes disent qu’ils entrent dans le trafic pour s’acheter leur paire de Nike. Cette idée de posséder quelque chose, de n’être rien si on ne possède rien, cette idée d’avoir besoin d’argent pour exister et pour se sentir à sa place, c’est précisément une question de classe. Ils n’ont pas une appétence pour la violence ou pour la drogue. Ils ont besoin d’exister. Et c’est en ça que je différencie la question de classe et celle de race, même si les deux se nourrissent.

Il y a d’autres issues que les quatre murs de la prison ou les quatre planches du cercueil ? Comment s’en sortent-ils ?

On entre dans les trafics parce qu’on est porteur d’une histoire jalonnée par des humiliations et aussi parce qu’on a l’impression d’être avec des pairs, de baigner dans quelque chose de familier. Sauf que, comme dans toute économie capitaliste, il y a son lot d’inégalités et de brimades.

À 17-18 ans, on n’a pas la même façon de penser qu’à 14-15 ans. On accepte moins les insultes et les corrections du gérant parce qu’on n’a pas la même physiologie, ni la même psychologie. On a grandi. À 14 ans, on ne se rend pas compte des sommes d’argent qui sont brassées. Mais, au fur et à mesure, on entend les collègues discuter de la recette du jour, on va prendre conscience de la valeur de l’argent, de la place qu’on a dans cette économie, et surtout du fait que ceux qui prennent le plus de risques sont les moins bien payés. Alors même que beaucoup d’argent est brassé.

Et puis on se heurte au plafond de verre, on comprend qu’on ne deviendra jamais chef de réseau. Cela va allumer une petite lumière de contestation. On se rend compte aussi qu’en prison il n’y a pas de solidarité. Le réseau ne prend pas en charge les frais d’avocat d’un guetteur ou d’un revendeur.

Il y a aussi ce qui arrive dans la vie de n’importe quel individu…

Tomber amoureux, avoir envie de fonder une famille, de développer une spiritualité, etc. La sortie se fait rarement d’un seul coup. D’abord une, deux, trois semaines, puis un mois, deux mois, puis on va y retourner et ainsi de suite jusqu’à la sortie définitive. L’enfant, le jeune grandit, prend de l’âge, ne réfléchit plus de la même façon. On ne verra jamais, à quelques exceptions près, un guetteur de 24 ou 25 ans.

Vous parlez beaucoup des familles. Comment font-elles face ?

Une écrasante majorité des familles refuse l’argent et ne vit pas de ça. Elles mettent en place plusieurs stratégies, dès lors qu’il commence à y avoir des signes, comme des décrochages scolaires. C’est un indicateur important. Même chez celles qui n’ont pas la maîtrise de la langue. C’est un point d’alerte afin de tout faire pour empêcher l’enfant d’entrer dans le trafic, ou l’en sortir. Il faut protéger aussi le reste de la fratrie. Elle éloignera l’enfant de la cité, chez une tante ou un oncle ou une sœur, dans une autre ville, un autre pays, etc. Il y en a même qui déménagent. Une trajectoire délinquante, c’est compliqué à vivre pour les familles,

Pourquoi les mères ont-elles une charge et un rôle particuliers ?

Les mères sont accusées à tort d’être trop laxistes. Leur charge mentale est phénoménale. Mêlée à de la culpabilité et à un sentiment d’échec, d’impuissance. Les entretiens que j’ai eus révèlent une grande détresse. Toutes les mères rencontrées m’ont fait part d’une situation intenable.

Que proposez-vous lorsque vous plaidez « pour une refonte des politiques publiques en matière de drogues » ?

Il faut s’intéresser à la racine du problème : les inégalités, la précarité économique, les violences symboliques et institutionnelles. Il faut mettre en œuvre une prévention d’entrée dans le trafic et un accompagnement dans la sortie, ne pas lâcher le lien. Agir sur l’école, l’emploi, la précarité des classes populaires ou des personnes issues de l’immigration postcoloniale, c’est aussi travailler sur la prévention des entrées dans le trafic de drogue dans les cités.

La sécurité seule ne suffira jamais. Il faut s’interroger sur le fait que de jeunes français mineurs se retrouvent dans des activités criminelles, essayer de comprendre ce qui a fait la bascule et arrêter de les essentialiser seulement comme « trafiquants de drogue » et rétablir leur destin dans leur humanité.

« Les Prolétaires du bizness. Dans l’ordinaire des trafics de drogue », par Khadidja Sahraoui-Chapuis, éditions la Découverte, 270 pages, 22 euros.

Publié dans POLITIQUE | Pas de Commentaire »

Fibre Excellence : l’État doit empêcher la liquidation de Tarascon et sauver les deux usines !

Posté par jacques LAUPIES le 28 juillet 2026

Fibre Excellence : l’État doit empêcher la liquidation de Tarascon et sauver les deux usines ! dans POLITIQUE

Publié le 27 juillet 2026

Le rejet ce lundi 27 juillet par le tribunal de commerce de Toulouse de l’offre de reprise globale de Fibre Excellence constitue une alerte industrielle majeure pour notre pays.

L’offre portée par Combat Holding prévoyait de maintenir les 670 emplois et l’activité des deux sites de Saint-Gaudens et Tarascon. Elle a été déclarée irrecevable parce que les conditions suspensives nécessaires à sa mise en œuvre n’ont pas été levées. Elles concernaient notamment le prix de l’énergie, l’approvisionnement en bois par l’ONF et les quotas carbone. 

Cette situation n’était pas inéluctable.

Depuis des semaines, les salariés et leurs organisations syndicales se mobilisent de manière exemplaire et alertent. Les collectivités territoriales se sont engagées. Un projet de reprise a été construit. Le cabinet Secafi, mandaté par les représentants des salariés, l’avait considéré comme crédible. Dès le 10 juin à l’Assemblée nationale, le député communiste Édouard Bénard avait solennellement averti le gouvernement : sans levée des conditions relevant de la puissance publique, aucune reprise ne pourrait aboutir. 

Aujourd’hui, ce risque est devenu réalité.

À Saint-Gaudens, l’apparition à la dernière minute d’un nouvel industriel doit maintenant être mis à profit pour garantir durablement l’avenir du site et de tous ses salariés. Mais à Tarascon, où près de 270 emplois sont directement menacés, la liquidation a été requise. Le PCF refuse qu’une usine et ses salariés soient sacrifiés pour en sauver une autre. 

La France ne peut pas prétendre reconquérir sa souveraineté industrielle et laisser disparaître ses deux dernières grandes usines de pâte à papier marchande. Derrière Fibre Excellence, c’est toute une chaîne qui est menacée : travailleurs du bois et de la forêt, transporteurs, sous-traitants, papetiers et projet de renaissance de Chapelle-Darblay. Plus de 10 000 emplois sont concernés. 

Le Parti communiste français demande au gouvernement d’agir immédiatement avec l’ensemble des parties prenantes – salariés et syndicats, administrateurs judiciaires, régions, investisseurs et acteurs industriels – avec un objectif : maintenir les deux sites et tous les emplois.

Aucune liquidation ni aucun démantèlement de l’outil industriel de Tarascon ne doivent intervenir. Le gouvernement doit agir ! L’État doit mobiliser tous les moyens financiers et industriels dont il dispose. Si aucune solution privée immédiate ne permet de sauvegarder Tarascon, une prise de participation publique, pouvant aller jusqu’à une maîtrise publique du site, doit être mise sur la table afin de préserver les emplois, les compétences et les machines et de construire une solution industrielle.

Il faut également sécuriser durablement l’avenir de la filière, notamment par un prix de l’énergie compatible avec la production industrielle française.

La souveraineté industrielle n’est pas un slogan. Elle impose de sauver les usines quand elles sont menacées.

Le PCF apporte son soutien total aux salariés de Tarascon et de Saint-Gaudens, qui occupent leurs usines pour défendre leur travail et leur outil de production.

Pas une usine ne doit fermer. Pas un emploi ne doit disparaître. Fibre Excellence doit vivre.

Paris, le 27 juillet 2026

Parti communiste français

Publié dans POLITIQUE | Pas de Commentaire »

Reçu de l’Humanité

Posté par jacques LAUPIES le 27 juillet 2026

Sous nos yeux se dessine brutalement, en cet été 2026, une préfiguration effrayante de notre avenir. Le changement climatique est passé des concepts des rapports du Giec à la réalité du quotidien.

L’air au souffle infernal les jours interminables de canicule, l’interruption du vol familier des insectes et des oiseaux, la sécheresse qui rend arides les paysages et les inondations qui lui succèdent au gré de pluies et grêles diluviennes. Et, désormais, les feux sans cesse plus monstrueux, dévastateurs, grands comme dix fois Paris cette année, et dont la fumée s’est répandue ce week-end du Var, des Landes et de la Gironde à plus de 500 kilomètres, jusqu’en Auvergne et dans le Val de Loire.

Lueur d’espoir au milieu du désastre, le dévouement sans limite des pompiers et des gendarmes a permis l’évacuation de plus de 200 000 personnes en dépit des conditions dantesques. Ce mouvement de population, jamais vu en France depuis la défaite de 1940, porte un nom : il s’agit d’un exode climatique, le premier du genre dans cette ampleur, avec ses colonnes de réfugiés sur les routes abandonnant tout derrière eux.

Tout cela serait déjà grave et inquiétant si notre pays était prêt à affronter ces nouveaux périls. C’est peu de dire qu’il ne l’est pas. À part les masques FFP2, héritage de la dernière crise sanitaire, la France manque de tout, à commencer par les avions bombardiers d’eau et les effectifs de soldats du feu professionnels.

Au-delà, où que les yeux se tournent, l’inadaptation est globale, conséquence d’un sous-investissement endémique. On ferme des lits d’hôpitaux ; les passoires thermiques restent le lot commun des logements, des écoles comme des Ehpad ; la climatisation des lieux publics est l’exception ; les villes étouffent, faute de moyens pour revoir l’urbanisme ; le réseau ferré est hors d’âge ; l’électrification du parc automobile est repoussée.

Si gouverner c’est prévoir, la faute des gouvernants est inexcusable. N’importe quel travailleur reconnu coupable d’une telle négligence serait renvoyé sur-le-champ. En 2027, le chantier sera titanesque et le besoin de changement immense. La gauche a neuf mois pour convaincre qu’elle est à la hauteur.

 

Sébastien Crépel
Co-directeur de la rédaction de l’Humanité
­

Publié dans POLITIQUE | Pas de Commentaire »

Le Parti Communiste Français et sa Section de Tarascon apporte son soutien total aux salariés en lutte

Posté par jacques LAUPIES le 24 juillet 2026

TARASCON Fibre Excellence : les salariés occupent l’usine et réclament « une réponse concrète de l’État pour sauver l’emploi »

Le Parti Communiste Français et sa Section de Tarascon apporte son soutien total aux salariés en lutte dans POLITIQUE image

Les salariés de l’usine Fibre Excellence de Tarascon sont au chômage partiel depuis le mois de mai.- S.Ma

Depuis mardi à Saint-Gaudens et, désormais, à Tarascon, les salariés de Fibre Excellence occupent leurs usines pour une durée indéterminée.

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Fibre Excellence : un rapport étaye les conditions de la reprise (article de La Marseillaise)

Posté par jacques LAUPIES le 24 juillet 2026

 

Les syndicats ont reçu l’analyse d’un cabinet d’expertise qui conforte les demandes des repreneurs. Dans ce rapport confidentiel, l’offre de reprise est jugée crédible, mais seulement si l’État lève plusieurs freins qui mettraient en péril la rentabilité du projet.

21/07/2026 | 07h16
 
Le rapport conforte les demandes des repreneurs et des syndicats autour du prix de l’électricité, de l’accès au bois ainsi que la réintégration des quotas carbone. Photos M.S.
Le rapport conforte les demandes des repreneurs et des syndicats autour du prix de l’électricité, de l’accès au bois ainsi que la réintégration des quotas carbone. Photos M.S.
Fibre Excellence : un rapport étaye les conditions de la reprise
 
 

« Il appartient désormais à la puissance publique de prendre les décisions permettant que ce risque repose sur l’économie du projet, et non sur les déséquilibres qu’elle peut elle-même corriger », estime un cabinet d’expertise indépendant, dont le nom n’a pas été communiqué, dans la conclusion d’un rapport commandé par les organisations représentatives des salariés de Fibre Excellence à propos de l’offre de reprise formulée par Combat Holding, dirigée par le milliardaire Matthieu Pigasse. Pour rappel, le lundi 27 juillet, elle sera examinée par le tribunal de commerce de Toulouse.

Des données qui confirment donc les demandes formulées par les repreneurs et les représentants syndicaux, ces dernières semaines. « Tout est dans les mains de l’État », confiaient-ils lors de la dernière assemblée générale, le mardi 7 juillet dernier, sur le site de Tarascon. Leurs revendications portent sur une revalorisation du prix de l’électricité, un meilleur accès au bois utilisé pour fabriquer la pâte à papier, ainsi que sur la réintégration des quotas carbone.

Dans les dernières pages du document, que La Marseillaise a pu en partie consulter, ce besoin est même chiffré. L’Ebitda, indicateur financier qui mesure la rentabilité du cycle d’exploitation d’une entreprise, serait déficitaire de 45,8 millions d’euros, avec le modèle actuel, sur une période de 2026 à 2030, sans projet de reprise. Le seul apport du projet industriel, avec « des produits à plus haute valeur ajoutée » pour 9,5 millions d’euros, « l’amélioration du bilan énergétique » pour 1,8 million d’euros, ainsi que la « réduction des coûts de maintenance et de fonctionnement » pour 9 millions d’euros, permet d’apporter 20,3 millions d’euros. Pas suffisant donc.

« Conditions essentielles »

Restent donc les « conditions essentielles à la réussite de l’offre de reprise », comme elles sont évoquées dans le rapport. La « réintégration et proratisation aux quotas CO2 » permettraient de dégager 30,2 millions d’euros. Pour la valorisation de l’électricité, le bénéfice estimé est de 25,5 millions d’euros. Mais surtout, le cabinet estime que « le différentiel lié au coût du bois constitue désormais le principal facteur de fragilité du projet de reprise ». Une aide temporaire sur cette question, une mise en œuvre de recherches « afin de rétablir la hiérarchie des usages du bois et de limiter la concurrence entre bois industrie et bois-énergie », ainsi que l’augmentation progressive des volumes de bois issus de forêts publiques permettraient, à elles seules, de dégager pas moins de 56,3 millions d’euros. Si toutes les conditions sont réunies, l’Ebitda final serait ainsi positif de 86,5 millions d’euros.

« Les décisions restant à prendre ne visent pas à créer artificiellement de la rentabilité, mais à restaurer un environnement concurrentiel compatible avec la réalité économique de la filière », pointe le rapport, qui rappelle que « à défaut, le juge prononcera la liquidation judiciaire ».

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

12345...1087
 

Gabon, Environnement, Touri... |
Site des Jeunes Tassilunois |
Histoire d'Europe |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | RETROVISEUR SANSALVATORIEN
| larurale
| Droit Administratif des Bie...