A Gaza, au Liban, en Syrie, l’impérialisme fauteur de guerres au moyen-orient Déclarations des PC syrien, turc, iranien, grec, irakien, libanais, israélien
Posté par jacques LAUPIES le 17 décembre 2024
A Gaza, au Liban, en Syrie, l’impérialisme fauteur de guerres au moyen-orient Déclarations des PC syrien, turc, iranien, grec, irakien, libanais, israélien
Comme disait Lénine, « Il y a des décennies où rien ne se passe ; et il y a des semaines où des décennies se produisent. » . Tout s’accélère et il est difficile parfois de comprendre et même tout simplement de savoir ce qui se passe, tant la guerre idéologique dans la crise du capitalisme mondialisé pèse sur nos médias. Après les mensonges de Timisoara, des armes de destruction massive en Irak, des révolutions de couleur, ou des Ouighours, difficile d’en rester à ce que les médias nous disent de la chute du régime baasiste en Syrie.
Le premier réflexe des communistes doit être d’écouter ce que les communistes les plus proches en disent, et de le replacer dans ce que nous savons de la situation globale du monde, marqué par la crise de l’impérialisme occidental sous domination US, faisant face à un monde qui s’organise sans lui. Trump est le symbole de ce repli nationaliste que les chinois dénoncent comme une « démondialisation ». La « guerre pour le (re)partage du monde » que décrit Lénine dans l’impérialisme, se déroule dans un contexte aujourd’hui radicalement différent. Le « siècle soviétique » a permis une décolonisation presque complète du monde, une géopolitique mondiale reposant sur près de 200 pays indépendants, capables de voter contre les USA à quelques occasions comme la dénonciation du blocus de Cuba. Il a aussi permis l’émergence de puissances économiques non occidentales, dont le « socialisme de marché » chinois, capable de prendre la tête de développements scientifiques et techniques, et qui peut de plus en plus se sortir de sa dépendance occidentale initiale.
Cela ne veut pas dire que l’impérialisme et les USA vont laisser le monde tranquille, au contraire. Partout où ils le peuvent, en Ukraine, au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie, ils tentent de semer des guerres pour freiner le développement du Sud et prolonger leurs rapines sur les ressources planétaires.
C’est le cadre général des évènements de Syrie, la chute du dernier régime arabe laïc du moyen-orient, après la Libye et l’Irak, la sortie du partage régional entre France et Angleterre issu de la première guerre mondiale, (confirmant d’ailleurs la perte d’influence et de souveraineté de la France, qui avait construit ce régime laïc à dominante chiite en Syrie, tout en imposant le partage confessionnel du Liban). Et toujours, les interventions US sous toutes les formes possibles pour allumer les feux et préempter tout ce qui peut l’être…
Les conséquences peuvent être terribles pour le peuple syrien qui paie depuis plus d’une décennie, la guerre occidentale contre le régime, la France de Fabius applaudissant les djihadistes qui « font du bon travail », ceux-là même qui sont à Damas aujourd’hui, les USA utilisant les kurdes pour exploiter le pétrole de Deir el Zor, la Turquie recyclant les islamistes de tous pays [1], pour repousser les kurdes et dominer le nord de la Syrie, pendant que les réfugiés syriens en Europe sont pourchassés dans des conditions indignes, et tout le monde organisant le blocus de la Syrie interdisant sa reconstruction. Au passage, si les réfugiés ukrainiens, avaient eu la chance, blancs et chrétiens, d’un accueil digne et de droits, il semble que la fête soit pour eux terminés… Il faudra comprendre pourquoi les BRICS n’ont pas permis le développement de la Syrie, la part qui relève du géopolitique mondiale, des choix du régime Assad, des contradictions entre Russie, Turquie, Iran…
Les conséquences sont terribles pour le peuple palestinien, avec un « front nord » plus fragile que jamais avec l’encerclement du Liban par l’armée israélienne entrée en Syrie, et donc l’enfermement du Hezbollah coupé de ses routes avec l’Iran.
Dans un tel fatras, les contradictions entre des forces qui auraient intérêt à s’unir face à l’impérialisme sont nombreuses. On peut se dire que la Turquie a les moyens de jouer sur tous les tableaux, mais que dire du Hamas applaudissant la chute du régime syrien, pourtant premier défenseur en pratique de la cause palestinienne par son soutien au Hezbollah ? Que dire des kurdes qui continuent à jouer la carte US alors même qu’ils paient lourdement la domination turque que les USA acceptent. C’est une leçon bien connue des luttes pour l’indépendance, les seules forces capables de construire l’unité face à l’impérialisme, ce sont partout les communistes…
On ne peut prendre position sur la base de ce qu’en disent nos médias, et évidemment pas de ce qu’en disent notre diplomatie sous direction macroniste. Ecoutons donc ce qu’en disent les communistes de la région.
– le PC Syrien : « Face à la propagation du chaos, il faut parvenir à la stabilité du pays et au retour d’un État civil garantissant la sûreté, la sécurité et la dignité de tous »
– le PC Iran (Tudeh) : « Avec la chute du régime au pouvoir en Syrie et la poursuite des attaques sanglantes d’Israël contre Gaza et le Liban, la région du Moyen-Orient s’est enfoncée plus profondément dans une crise profonde aux multiples facettes. »
– le PC du Liban : « le projet américain dans la région, y compris en Syrie, continue d’œuvrer activement à la sédition, à la fragmentation et à la division par le biais de divers outils. Les États-Unis Turc qui, quelques semaines avant le début de l’offensive djihadiste disat : « des préparatifs sont en cours pour attaquer la Syrie sous prétexte d’une « menace à la sécurité », et prévient que cela entraînerait la région dans de nouvelles guerres sanglantes sans fin. Une fois de plus, il s’avère que le gouvernement du Parti de la Justice et du Développement ne se lasse pas de travailler en coordination avec Israël. »
– le PC Grec : « La situation qui se dessine actuellement en Syrie non seulement ne mettra pas fin aux souffrances des peuples de la région, mais pose également le risque de nouvelles guerres impérialistes et de possibles changements des frontières, avec de nouveaux conflits sanglants et de nouvelles vagues de réfugiés. »
– le PC d’Irak : « Toutes les forces et tous les pays doivent également respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance de la Syrie. Les parties régionales et internationales ainsi que les Nations unies doivent œuvrer en ce sens et contraindre l’entité sioniste à respecter l’accord de cessez-le-feu de 1974 et à cesser ses attaques répétées contre la Syrie et ses villes. »
– le PC israélien : « Les communistes israéliens ont déclaré qu’il existe désormais un réel danger que les États-Unis jouent un rôle central dans la gestion de l’État syrien après la chute d’Assad ».
https://lepcf.fr/spip.php?page=article&id_article=5543

