• Admin.du Site

  • Archives

Les vrais radicalisés, c’est eux !

Posté par jacques LAUPIES le 27 mai 2018

 

Samedi, 26 Mai, 2018
Humanité Dimanche
PHOTO CHARLES PLATIAU/REUTERS

PHOTO CHARLES PLATIAU/REUTERS
Âges : entre 32 et 70 ans. Professions : ministres et président de la République. Dangerosité : très importante. Depuis maintenant un peu plus d’un an, une bande de radicalisés a pris le contrôle du pays. Santé, transports, éducation, logement, travail, institutions… ils sont là pour tout exploser. Et ne se cachent pas pour exprimer le mépris qu’ils ont pour toute opposition. Tour d’horizon des vrais radicalisés.
 
L’article a fait l’effet d’une bombe : ajouté en catimini au texte de loi sur la réforme des institutions, il prévoit tout simplement d’amputer de deux ans le mandat de la moitié du Sénat, et ainsi de renouveler totalement la Chambre haute en 2021, histoire de disposer d’un Sénat un peu plus macroniste… La manœuvre, totalement inconstitutionnelle (sauf cas exceptionnel, tout mandat est irrévocable), a choqué l’ensemble de la classe politique, y compris les propres soutiens de Macron : le groupe LREM au Sénat n’avait même pas été prévenu.
 
Le chef du groupe, le sénateur ex-PS François Patriat, cité par « le Canard enchaîné », est « tombé du lustre ». D’autant que c’est avec la Constitution que Macron joue : sa volonté de mettre au pas le Parlement est maintenant une évidence, jusque dans les rangs de la droite. Même François de Rugy, président LREM de l’Assemblée nationale, a tonné qu’il refuserait une « réduction des pouvoirs du Parlement ». On ne peut rien lui cacher : le projet prévoit une remise en cause du droit d’amendement.
 
Ce court-circuitage de la représentation parlementaire est le versant institutionnel du danger que représentent Macron et son gouvernement. Il s’ajoute à la volonté de contrôler la presse, avec la loi sur le secret des affaires ou bien celle sur les « fake news » – sans aucune définition de ce qu’est une « fausse nouvelle ». Car précisément, le gouvernement est expert en la matière : la campagne de désinformation pour marteler que la CGT a « rejoint la France insoumise » pour la manifestation du 26 mai en est un exemple frappant.
 
Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, en a profité pour dénigrer le syndicat, qui « détruit la confiance dans les organisations syndicales ». Alors même que son président, Emmanuel Macron, lors des manifestations contre les ordonnances travail, avait qualifié les militants syndicaux de « fainéants, cyniques et extrêmes », et que le gouvernement méprise les syndicats, au point d’exaspérer y compris ceux dits « réformistes ». Un pouvoir qui traite par l’arrogance toute revendication, fût-elle militaire ! On se souvient de Christophe Castaner, alors porte-parole du gouvernement, traitant le général Pierre de Villiers de « poète revendicatif », lui qui avait le toupet de demander les moyens nécessaires aux missions assignées.
 
Le vrai mot du radicalisé, le voici : « J’assume. » Prendre aux pauvres, aux retraités, donner aux riches, partir en guerre, casser la SNCF, mépriser le Parlement, réprimer les réfugiés : « J’assume. » Parmi les ministres, Gérard Collomb est clairement celui qui présente le plus de signes de radicalisation. À Calais, il avait enjoint aux associations humanitaires « d’aller exercer leur talent ailleurs » et, après la manifestation du 1er mai, il s’était surpassé : « Celles et ceux qui appellent à l’insurrection doivent être poursuivis et ils le seront. » Un vrai radicalisé, ce Gérard Collomb, qui dénie ainsi toute liberté d’expression.
 
Côté président, accuser des employés en lutte pour leur emploi – en l’occurrence ceux de GM & S – de « foutre le bordel » est révélateur d’une véritable haine. Et les discours de criminalisation de toute opposition, qu’elle soit syndicale ou politique, sont inquiétants. Le macronisme apparaît d’abord comme une radicalisation du libéralisme, qui montre son vrai visage : autoritaire. Ce n’est pas un hasard si 73 % des Français jugent ainsi Emmanuel Macron.

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Intervention du senateur communiste

Posté par jacques LAUPIES le 26 mai 2018

Image de prévisualisation YouTubeu sénat

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Marée populaire le 26 mai. L’addition

Posté par jacques LAUPIES le 25 mai 2018

Vendredi, 25 Mai, 2018
Humanite.fr
Marée populaire le 26 mai. L'addition dans POLITIQUE
Salariés, étudiants, syndicalistes, cheminots… manifestent à l’appel de plus de 60 organisations, dans 80 villes, contre la politique de Macron.
Samedi, des rassemblements festifs et des manifestations auront lieu dans toute la France.
 
Cela commencera dès 10 heures à Bayonne, place de la Mairie ; à Perpignan, devant la gare, et à Orléans, devant la préfecture, comme à la bourse du travail de Narbonne. À 10h30, le cortège d’Avignon partira de la gare centrale et celui de Montpellier se rassemblera place du Peyrou. À Lyon, les organisateurs de la Marée populaire ont choisi d’inviter à un grand rassemblement festif et revendicatif à partir de 11 heures sur les berges du Rhône, au niveau du pont de la Guillotière, dans le souci de ne pas faire concurrence à la manifestation antifasciste, prévue de longue date, qui partira à 14 h 30 de la place des Terreaux.
 
De nombreux rassemblements auront lieu également en début d’après-midi. Les Marseillais se retrouveront à partir de 14 heures à l’angle du Vieux-Port et de la Canebière. Même heure à Toulouse, place Jeanne- d’Arc ; à Rennes, devant la poste au 66, mail François-Mitterrand ; à Strasbourg, place Kléber ; à Nancy, place Dombasle, ou encore à Bordeaux, place Pey-Berland. À Paris, le cortège partira de gare de l’Est à 14 h 30, passera par République et ira jusqu’à Bastille. Les rassemblements à Nice et à Metz auront lieu devant à la gare et, à Lille, sur la place de Paris, à 14 h 30 également. Plus sur mareepopulaire.fr/

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Ne pas se tromper la prochaine fois !

Posté par jacques LAUPIES le 25 mai 2018

Que dire sur ce qui se passe en Italie ?

Si ce n’est que dans ce pays comme dans de nombreux autres en Europe les politiques libérales conduites par la droite « réformiste »  et les socio démocrates sont en échec et provoquent des poussées populistes que récupèrent évidemment la droite et l’extrême droite.

Sont bien naïfs ceux qui croient qu’il en va autrement dans notre France. Les forces du grand capital savent s’adapter et tromper le peuple et ont, depuis plus de soixante ans, doté notre pays d’une constitution qui leur permet toutes les manœuvres pour se maintenir au pouvoir par délégation, à des commis savamment fabriqués ou manipulés.

La dernière « invention » macronienne »  en témoigne. Quelle forme prendra la nouvelle après qu’ait été épuisées toutes les autres depuis les gaullismes orthodoxes des années soixante, les centrismes droitiers des années soixante dix, le social démocratisme des années quatre vingt et quatre vingt dix avec l’installation d’un social libéralisme renaissant dans les années deux mille après un retour des courants « bonapartistes » lors de la première décade.

Chacune de ces périodes a mis en avant des Présidents qui les  ont incarnées ; De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron le petit dernier !

A chaque fois s’y sont ralliés des forces politiques adéquates et diverses, parfois ultra réactionnaires, parfois réputées « révolutionnaires » avec ce phénomène particulier :  leurs échecs donnant naissance à des voies de garages massives comme celui que constituent  le courant au discours nationaliste et l’abstentionnisme.

Mais à chaque fois les forces du capital y trouvent leur compte en fonction des circonstances et du rapport des forces sociales et politiques.

Les concessions à la demande populaire sont très rares et le plus souvent sont remplacées par la destruction des grandes victoires sociales de la libération ou de 1968 !

Certes la société change, de grandes luttes sociales permettent de protéger certains acquis, des avancées sociétales importantes permettent de vivre mieux les différences. Mais les grandes questions que pose le développement des inégalités sociales, le maintien des équilibres écologiques, la paix ici et dans le monde deviennent préoccupantes.

Pour les résoudre le monde a besoin (car la dimension du malaise est planétaire) d’un sérieux renversement des pratiques politiques certes mais des politiques tout court, c’est à dire passer de cette accaparation gigantesque des richesses produites par une poignée à leur distribution au plus grand nombre.

Il y a suffisamment de forces imprégnées de cette idée dans ce pays pour y parvenir encore faut-il qu’elles échappent à celles, plus obscures mais bien réelles qui font dans la manipulation.

C’est pour cela qu’il faut que le peuple dispose d’organisations puissantes imperméables à ce risque, ce qui est la meilleure garantie pour le rassemblement majoritaire. Cela n’ôte en rien le respect et l’écoute des autres.

 

En Italie, Giuseppe Conte chargé de former un gouvernement de démagogues et xénophobes

Mercredi, 23 Mai, 2018
Humanite.fr
Giuseppe Conte sera avant tout l’exécuteur d’un programme négocié entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles. Photo : Vincenzo Pinto/AFP

Giuseppe Conte sera avant tout l’exécuteur d’un programme négocié entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles. Photo : Vincenzo Pinto/AFP
Sergio Mattarella, le président de la République italienne, a fini ce mercredi par accéder à la demande de la future coalition gouvernementale. Il a convoqué Giuseppe Conte pour le charger de former un exécutif. Ce dernier est une figure de compromis entre forces qui ont remporté les élections du 4 mars. Matteo Salvini, leader de la Ligue, refusait que ce poste échoie à celui arrivé en tête des élections, Luigi Di Maio, dont le Mouvement 5 étoiles (M5S) avait rassemblé 37 % des voix.
Giuseppe Conte est un professeur de droit, avocat, inconnu du grand public et novice en politique. Le M5S avait annoncé, en campagne, vouloir en faire le ministre de l’Administration publique. Ce dernier devrait chercher à obtenir un vote de confiance des députés et sénateurs dès mardi ou mercredi.
 
Se campant en « avocat des Italiens », il a promis hier de les « défendre (…) dans toutes les instances européennes et internationales, en dialoguant avec les institutions européennes et avec les représentants de tous les pays ».
 
Il va maintenant s’attacher à composer son équipe, en contact avec le M5S et la Ligue, et sous l’œil vigilant du président de la République. Même si la coalition au pouvoir n’envisage pas de sortir de la monnaie unique, la Ligue insiste pour placer Paolo Savona, adversaire de l’euro, au poste de président du Conseil, ce que semblait refuser, ces derniers jours, Sergio Mattarella.
 
Les marges de manœuvre du futur chef de gouvernement seront étroites. Giuseppe Conte sera avant tout l’exécuteur d’un programme négocié entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles, dont il n’est pas sûr qu’il puisse être appliqué dans sa totalité. En effet, ses deux mesures phares s’avéreront onéreuses pour les dépenses publiques : l’impôt sur le revenu à taux unique devrait coûter 50 milliards d’euros, au bénéfice des plus riches ; quant à l’allocation-chômage de 780 euros, elle devrait revenir à 17 milliards d’euros. Giuseppe Conte pèsera peu face à un Matteo Salvini, leader de la Ligue, qui devrait devenir ministre de l’Intérieur pour appliquer son programme xénophobe, et qui pourra faire valoir sa progression dans les sondages. Si la Ligue pesait 17 % des voix il y a deux mois, les enquêtes d’opinion lui accordent aujourd’hui plus de 20 %.
Ne pas se tromper la prochaine fois ! dans POLITIQUE
journaliste

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Le mouvement de 2018 avec les cheminots va-t-il être fédérateur ?

Posté par jacques LAUPIES le 24 mai 2018

 

Marée populaire du 26 mai
Jeudi, 24 Mai, 2018
L’Humanité
Photo : Jean-Pierre Clatot/AFP

Photo : Jean-Pierre Clatot/AFP
 

La journée de mobilisation à l’appel de plus d’une cinquantaine d’organisations pose la question de la portée d’un mouvement inédit. Avec Sophie Béroud, politologue, université Lyon-II; Guillaume Roubaud-Quashie, historien, directeur de la revue Cause commune; Emmanuel Renault, philosophe, université Paris-X Nanterre; Denis Durand, économiste, codirecteur d’ Économie et politique.

  • Repenser, à nouveaux frais, le rapport entre syndicalisme et politique ? par Sophie Béroud, politologue, université Lyon-II

Sophie BeroudCrédit : D.R.(photo libre de droits fournie par Sophie beroud)Deux lectures peuvent être proposées du caractère inédit, par rapport aux deux dernières décennies, de la manifestation du 26 mai 2018, avec le rassemblement de forces associatives, syndicales et politiques : l’une renvoie plutôt à des choix tactiques pour élever le rapport de forces ; l’autre pose la question de la (re)construction, dans un contexte historique profondément modifié, des rapports entre syndicalisme et politique.

Une première lecture consiste, en effet, à analyser les difficultés à étendre les mobilisations sociales, en particulier dans le secteur privé, et à faire la jonction entre des luttes sectorielles. Dans la configuration actuelle, des mobilisations fortes se déploient, on le sait, à la SNCF, dans le groupe Air France, dans les universités. Les agents des finances publiques sont également mobilisés, ainsi que, depuis plusieurs mois et de façon ponctuelle, les salariés des Ehpad. Les mécontentements sont forts dans la fonction publique d’État, avec la journée de grève unitaire du 22 mai, mais également dans la fonction publique hospitalière. Comment faire cependant la jonction entre ces différents combats, sans occulter la spécificité de chacun et en mettant en avant ce qui est commun ? Cette difficulté à construire des revendications transversales constitue l’un des défis récurrents posés aux syndicats. Il était bien présent en 2016 lors du mouvement contre la loi travail, avec une plus faible mobilisation des agents des fonctions publiques, indirectement concernés par les dispositions de celle-ci. La situation actuelle présente d’une certaine façon les paramètres inverses, puisque les syndicats se heurtent à une moindre implication des salariés du secteur privé. Dans les deux cas, le recours à la grève est devenu plus compliqué, en raison à la fois de la multiplication des statuts précaires et de l’affaiblissement des collectifs de travail. Dans ce contexte, la construction d’une grande manifestation qui dénonce le projet politique néolibéral qu’incarne la présidence Macron prend dès lors tout son sens, car elle permet justement de rassembler de façon large.

Une deuxième lecture consiste à porter l’analyse sur la reconfiguration possible des rapports entre syndicalisme et politique. Des commentaires produits depuis la décision du comité confédéral national (CCN) de la CGT de participer à la « marée populaire » du 26 mai insistent sur une « rupture », un changement de ligne par rapport au processus d’autonomisation du politique qui a marqué l’histoire de la confédération depuis la décennie 1990. Il convient de nuancer cette lecture et de réfléchir plutôt à la façon dont, au sein des organisations syndicales engagées depuis 1995 contre les différentes contre-réformes visant à déconstruire le droit du travail, la protection sociale et les services publics – la CGT, la FSU, Solidaires – se pose avec force la question du rapport de forces nécessaire pour faire reculer des gouvernements. Les enjeux tactiques soulignés plus haut éclairent ainsi ce choix de participer à un appel plus large. Nombre de militants dans ces trois organisations défendent l’idée que, dans un contexte historique modifié, après des années de réflexion collective en interne sur les dangers d’une subordination au politique, il est désormais possible de penser des coopérations sur un pied d’égalité qui ont du sens dans la mesure où elles permettent de faire entendre plus largement, au sein de la population, les critiques et les revendications que portent les syndicats.

  • Le cap de l’objectif majoritaire par Guillaume Roubaud-Quashie, historien, directeur de la revue Cause commune

roubaud_quashie_guillaume libre de droitLes ministères sont pleins de murmures. Les plans thatchériens qu’on avait sortis des tiroirs vont-ils devoir y être remisés ? Chacun le sent bien, privatisations et contre-réformes suivent les pulsations du mouvement social. Et, de ce point de vue, les cheminots, dans leur large et puissante unité, leur mènent la vie dure. Au-delà, et malgré le martèlement médiatique, ce sont bien les grandes contre-réformes du gouvernement qui sont rejetées, massivement : ordonnances travail, ISF, CSG, APL… Quand le « nouveau monde » quitte la com enchantée pour entrer dans la vie, les réveils sont brutaux.

Les communistes, naturellement, sont de toutes ces luttes, pleinement mobilisés pour que ces majorités trouvent des chemins de victoire. C’est un objectif de tout premier plan qui appelle, partout, notre investissement inventif car, si rien n’est gagné, on voit bien que, à ce stade, ces luttes ne sont pas condamnées à l’échec. Cela n’appelle pas moins le respect de chacune de ces mobilisations, dans ses spécificités irréductibles. Cela exige tout autant la mise en avant d’alternatives sérieuses, propres à chacun des secteurs concernés.

Mais on est aussi en droit de regarder ces mesures pour ce qu’elles sont : filles d’une même conception du monde au service d’une même poignée de privilégiés, abaissant la France et dégradant la vie du plus grand nombre. Dès lors, n’est-ce pas pour nous un devoir de travailler au rassemblement et à la mise en mouvement de ces majorités qui se cherchent ?

Toutes les modalités de mobilisation gardant le cap de cet objectif majoritaire sont les bienvenues. Le Parti communiste a mis sur la table la proposition de chaînes humaines à la suite de l’initiative du député Alain Bruneel autour de l’hôpital de Douai. Nous avons également proposé de construire, pour la SNCF, de grandes votations citoyennes, à l’image de ce qui avait été entrepris pour La Poste. Précisons un point au passage : Emmanuel Macron et quelques autres veulent jouer la carte du « peuple » contre les « organisations intermédiaires », présentées en symboles faillis de « l’ancien monde ». Mais ce n’est pas nous qui avons peur de l’expression populaire ! La magistrale leçon d’Air France devrait être tirée par tous : il n’y a pas le bon peuple en phase avec son guide d’un côté et, de l’autre, un « ancien monde » déconnecté qui ferait écran ; il y a des travailleuses et travailleurs à qui on veut imposer des régressions et celles et ceux, parmi eux, qui, en s’organisant, trouvent la force et les moyens de porter en première ligne l’intérêt de classe.

Aussi, dans cet esprit, la journée du 26 mai est une initiative précieuse dont, avec des dizaines d’organisations, nous sommes partie prenante depuis le départ. Il faut donner de la confiance, de la force, de la visibilité à cette France que Macron écrase et méprise. Bien sûr, l’alignement typographique de logos ne fait pas une mobilisation, mais les voies de l’unité populaire ne se rétrécissent pas quand celles et ceux qui luttent séparément se mettent à lutter ensemble. Dans le temps jadis, le 14 juillet 1935 fut une date marquante : manifestaient alors des centaines de milliers de personnes. Beaucoup étaient inorganisées, pour sûr, mais il y avait là des dizaines d’organisations, du PCF aux Auberges de jeunesse en passant par les deux CGT (celle de Frachon et la future FO de Jouhaux), la SFIO, les radicaux ou la Ligue des droits de l’homme. Le Front populaire s’ébranlait ; le peuple de France n’eut pas à s’en repentir…

  • L’expérience de l’injustice se généralise par Emmanuel Renault, philosophe, université Paris-X Nanterre

EMMANUEL RENAULTTout le monde observe aujourd’hui ces injustices criantes consistant à avantager les plus privilégiés (par exemple : suppression de l’impôt sur la fortune non immobilière et de l’exit tax), en même temps que les services publics voient leur financement réduit alors qu’ils bénéficient surtout aux moins favorisés. Mais rares sont ceux qui éprouvent directement les effets de la suppression de l’impôt sur la fortune et de l’exit tax. Pour la plupart d’entre nous, ces effets se feront sentir progressivement et très indirectement. Le caractère non directement perceptible de ces effets est d’ailleurs ce qui permet au discours gouvernemental de soutenir qu’ils seront bénéfiques à tous. En tant qu’injustices seulement observées, ces mesures favorisant les plus privilégiés produisent de l’indignation, certes, mais principalement de l’indignation passagère, et tant que l’injustice est seulement observée, il est possible de s’y habituer. Les injustices directement subies, quant à elles, agissent plus durablement. Faire l’expérience de l’injustice est autre chose que seulement l’observer, et cette expérience est un ressort plus puissant, plus difficile à banaliser.

Il pourrait sembler que, sous la présidence Macron, l’expérience de l’injustice elle aussi se généralise, notamment comme expérience de la dégradation des services publics. Mais une telle dégradation ne se traduit pas toujours en expériences largement partagées. Les dégradations de l’hôpital et de l’université sont perceptibles principalement pour les personnels : les usagers fréquentent ces services publics de manière trop épisodique (hôpital) ou pendant une période trop limitée (université) pour faire l’expérience d’une dégradation qui s’éprouve dans la durée. L’un des obstacles rencontrés aujourd’hui contre la loi ORE et le dispositif Parcoursup est de cette nature : ni les lycéens ni les étudiants ne peuvent déjà en éprouver les effets. Il en va différemment des services publics de transport. Tout le monde, d’une manière ou d’une autre, peut faire l’expérience, dans la durée, de la dégradation du service, ou bien par les problèmes constants rencontrés dans les lignes des banlieues, ou bien par la fermeture ou les menaces pesant sur les petites lignes dans le reste du territoire. Tout le monde peut également faire un lien entre les effets possibles d’une privatisation du service public ferroviaire et les effets déjà ressentis, dans la durée, de la privation du service public des postes. Enfin, tout le monde peut établir un lien entre ces expériences de la dégradation et la réduction du financement public, c’est-à-dire un lien avec les cadeaux fiscaux dont bénéficient les plus fortunés. En d’autres termes, tout le monde peut faire l’expérience de ces dégradations comme des injustices. C’est précisément parce que les projets gouvernementaux concernant la SNCF sont perçus à travers des expériences de l’injustice largement partagées que les grèves de cheminots peuvent bénéficier du soutien non négligeable dont témoigne notamment la cagnotte qui les soutient.

Il faut des expériences de l’injustice partagées pour qu’un sentiment d’injustice diffus, fondé sur l’observation d’injustices criantes, se cristallise en mouvement social. Et c’est toujours à partir d’une figure particulière de l’injustice que des dynamiques politiques en viennent à s’enclencher, qui luttent contre les différentes figures de l’injustice sociale propres à une époque. Tout cela pourrait se jouer maintenant.

  • Libérer les services publics du poids des marchés financiers par Denis Durand, économiste, codirecteur d’Économie et politique

Denis Durandresponsable eco PCFredacteur ECO-PO libre de droit

« Tout sauf Sarkozy » ! C’est sur ce sentiment que François Hollande a construit sa victoire électorale de 2012… et le désastre de son quinquennat. Ne l’imitons pas en 2018. Ce n’est pas l’espoir d’une alternance à l’Élysée qui a scellé l’unité des syndicats de fonctionnaires, réuni une majorité de salariés d’Air France pour infliger par leur vote un humiliant désaveu à leur PDG, suscité la convergence des grévistes de la SNCF avec les cadres supérieurs de l’entreprise.

Ce qui donne aux cheminots la force de tenir tête à un gouvernement décidé depuis le début à leur briser les reins en même temps que leur service public, c’est qu’ils ne se sont pas contentés de protester, ni de défendre un statu quo qui ne répond ni à leurs attentes, ni à celles des usagers. Ils ont eu l’audace d’intervenir dans la gestion de leur entreprise, contre la rentabilité capitaliste qui inspire sa gestion actuelle et les projets du gouvernement. Ils proposent un projet raisonné, argumenté, convaincant pour le service public des transports ferroviaires, sans éluder la question de son financement. Le potentiel de rassemblement qui en résulte se mesure dans la diversité des soutiens à l’appel « Dette de la SNCF et développement des services publics : l’argent des banques et de la Banque centrale européenne (BCE) pour les services publics, pas pour la finance ! », qui réunit syndicalistes de la SNCF et d’autres professions, économistes, chercheurs, défenseurs de l’environnement, personnalités représentatives de la diversité de ceux qui tiennent au service public ferroviaire.

Ils se retrouvent autour de l’idée qu’il est possible de libérer les services publics du poids écrasant des marchés financiers, en s’attaquant au cœur de la construction européenne : la BCE et l’usage qu’elle fait de son pouvoir de création monétaire. C’est la démonstration pratique de ce que l’unité ne se construit pas sur la négation des différences mais sur la confiance du mouvement dans sa capacité à imposer une alternative crédible à la politique du pouvoir, à la domination du capital, à la violence des marchés financiers et à son institutionnalisation dans la construction européenne actuelle.

Loin de faire obstacle à la « convergence des luttes », on favorise donc au contraire le rassemblement en désignant les pouvoirs à conquérir concrètement pour mobiliser les moyens financiers afin d’atteindre les objectifs sociaux et écologiques que s’assignent les mouvements sociaux.

Il faut saluer l’effet positif des efforts déployés par la CGT pour sortir les manifestations du 26 mai des ornières d’un « dégagisme » politicien. Mais où sont les forces politiques capables, pour ce qui relève de leur responsabilité propre, de mener une action constante pour que l’exigence de transformations à la fois concrètes et radicales fasse monter une « marée populaire » à la hauteur de la crise du capitalisme financiarisé et des dangers qui l’accompagnent ? Ce rôle revient au Parti communiste. Puisse-t-il ne pas manquer son rendez-vous avec l’histoire.

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

12345...7
 

Gabon, Environnement, Touri... |
Site des Jeunes Tassilunois |
Histoire d'Europe |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | RETROVISEUR SANSALVATORIEN
| larurale
| Droit Administratif des Bie...