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Où as-tu la tête ô ville envahie aux yeux vides (Aragon printemps 1943)

Posté par jacques LAUPIES le 14 octobre 2013

Je publie l’article ci dessous (après le communiqué du candidat PCF de Brignoles) d’un dirigeant du Parti de Gauche, non pas par suite d’un quelconque masochisme politique qui m’habiterait, mais simplement parce qu’il exprime le fond de la stratégie de ce parti que suivent très mécaniquement les responsables locaux. Une stratégie que je ne partage pas dans l’état actuel du rapport des forces politiques et des possibilités de le modifier à court terme.

J’entends bien effectivement qu’il faut donner aux français des perspectives claires face à la politique conduite par le gouvernement socialiste. J’entends bien que se réclamer des déclarations d’Harlem Désir, s’allier au PS dans une élection locale comme à Brignoles est prendre le risque d’être victime du discrédit  de ce dernier. Alors s’appliquant à des élections cantonales et à fortiori municipales on peut effectivement en déduire que cela va nous poser également un problème ?

Bien sûr et qui peut le nier !

On peut et on doit analyser ce qui se passe dans une élection pour en tirer des conclusions utiles, encore faut-t-il bien prendre en compte tous les éléments contextuels, locaux, nationaux !

Sur le plan national, pas de doute la politique suivie par le PS déçoit une grande partie de ceux qui on voté Hollande et pour certains le mot gauche signifie renoncement, incapacité de répondre à nos attentes, promesses non tenues. que l’on soit au NPA, au Front de Gauche, socialiste « de gauche », socialiste « libéral, socialiste de ce que vous voudrez, c’est toute la gauche qui est discréditée, ou tout de même encore tolérée à défaut d’être abandonnée.

Sur le plan local, pas de doute que selon les lieux, les traditions politiques, les traditions religieuses même, la sociologie de la population et son degré de sociabilité, les effets économiques et sociaux de la crise (on devrait dire d’un système en crise permanente) peuvent accentuer les effets politiques d’origine nationale.  Les personnalités intervenant dans les affrontements, leurs origines, leur statut social et leur profession, leurs responsabilités politiques, leur notoriété, pèsent également mais ne constituent probablement qu’un plus alimentant une tendance née d’un contexte général.

Et puis il y a, à l’appui de tout cela, la lutte des idées, un combat inégal dont on ne mesure pas les effets bénéfiques pour ceux qui sont le mieux armés usant d’une presse asservie à l’argent, de chaînes de télévision et radios entre les mains des dominants, au mieux pratiquant l’autocensure et la recherche du scoop, soumise à l’audimat , mais aussi victimes de la médiocrité intellectuelle.

C’est probablement ces derniers aspects qui font le plus de ravages, non seulement parmi ceux qui écoutent et entendent le message rangés du côté des majoritaires ou minoritaires et en état de révolte, mais également de ceux qui écoutent peu, sans esprit critique ou qui n’écoutent pas plongés dans leur quotidien, confrontés aux effets et conséquences désastreux de l’appropriation au sommet des richesses produites, des marchés financiers et autres instruments, par l’impérialisme économique, et qui sont écrasés, mutilés intellectuellement et moralement.

Alors que faire face à cela ? Comment réagir ?

Du point de vue sémantique (sens des mots et du langage) nous sommes battus d’avance parce que nous n’avons pas la parole et lorsqu’on nous la donne elle est rapidement déformée, voire incomprise !

Si l’on en réfère aux leaders politiques qui incarnent nos pensées, sont conduits à communiquer en notre nom, il en va de même (encensés sous la surprise parfois préméditée) : Besancenot, Mélenchon, ou ignorés comme hier Marie Georges Buffet et à présent Pierre Laurent (régime de « faveur » accordé généralement aux communistes jugés probablement trop dangereux pour jouer avec eux devant les micros) nous constatons le ridicule de nos espoirs de communication par ce biais.

Alors que nous reste-t-il : le réel, le terrain, le contact physique quotidien ? Mais pour mener ce combat, seul véritable antidote au poison il faut une organisation puissante, capable à la fois de transmettre rapidement une orientation nationale dans la discipline et d’analyser , d’élaborer des stratégies locales parfois contradictoires avec une pensée globale admise mais souvent correctrice intelligente !

Nous ne l’avons plus (je n’épiloguerai pas sur la liste de ceux qui s’en réjouissent à gauche et à droite) et tout ce qui arrive de négatif dans l’évolution de notre peuple est en partie du à cela. Alors le peuple est-il con, comme me disait un compagnon de travail tous les jours que je le voyais il y a cinquante ans de cela ? Invariablement je lui répondais : non il  faut expliquer, et chaque jour nous expliquions et nous en avions les moyens : dans le quartier ou le village, dans l’entreprise, dans le syndicat ou l’association ou nous étions présents. Qu’en est-il aujourd’hui ?

A la veille du premier tour de la présidentielle le raz de marée du Front de Gauche prévu par les sondages a été stoppé et la moindre possibilité visant mettre en difficulté son candidat a été exploitée. Hier à Villeneuve sur Lot, aujourd’hui à Brignoles c’est le FN que les télés invitent généreusement. Dans ces élections le fait national prévaut sur le fait local.

L’adversaire de classe dispose actuellement des médias et d’un FN pour dérouter. Il les utilise très bien et à moins d’être aveugle on voit bien que ça fonctionne. Mais cela évidemment ne fait que conforter ceux qui se désespèrent de ne pas voir surgir une politique qui changent leur vie en l’améliorant.

Au point que même des anciens communistes ou militants de la CGT le rejoignent comme celui que j’ai rencontré ce matin ! Que m’a-t-il dit pour se justifier : « J’en ai marre de la gauche et je n’ai pas confiance à Mélenchon, un ancien socialiste » ! Voilà qui est édifiant sur l’espoir de rassembler sous la seule bannière du FDG. Un hirondelle ne fait pas le printemps. Mais hélas elles sont de plus en plus nombreuses. 

Spéculer sur Brignoles pour vanter les mérites des combats autonomes peut toujours se faire au vu des résultats désastreux (je viens de prendre connaissance des résultats du deuxième tour) mais l’incapacité de la gauche à se rassembler n’a fait que confirmer et accélérer les conséquences de son discrédit national, l’attitude des verts, et le changement de candidature sont probablement aussi pour quelque chose dans cette déroute qui a tout de même ses responsables à gauche !

Alors rassembler toute la gauche aux municipales et donner à des alliances locales un contenu audacieux, y compris en rappelant que les communes n’ont aucun intérêt à suivre les réformes des collectivités locales en cours, en exerçant une pression à la base, n’est ce finalement pas la meilleure solution et, là ou le PS entend faire cavalier seul ou s’allier avec la droite, ne devons nous pas porter le drapeau de l’union indispensable et incontournable.

Brignoles : Plus que jamais le combat contre l’extrême-droite continue (Pascal Savoldelli – PCF)

 L’élection d’un conseiller général d’extrême droite à Brignoles ce dimanche est un jour sombre pour les valeurs de la République, Liberté, Egalité, Fraternité.

Le fait, qu’en mars 2011, le FN ait déjà remporté ce canton de cinq voix avant d’être invalidé, n’enlève rien à la gravité de ce qui s’est passé ce soir.

Copé a commenté ce résultat en manifestant de l’anticommunisme et de l’anti gauche pour dédouaner la droite de ses responsabilités. Les grands médias mais aussi le PS et EELV portent une lourde responsabilité dans le désastre de ce soir.

Cette élection montre la porosité entre l’électorat de droite et celui d’extrême droite. Par ses campagnes perverses sur l’identité nationale, sur le « travailler plus, gagner plus » la droite a banalisé le vote FN, extrême droite. Les grands médias, en laissant avec complaisance et sans aucune contradiction, les Le Pen et leurs lieutenants s’exprimer sur tous les sujets d’actualité, portent aussi une part de responsabilité accablante dans la sortie du FN du néant électoral dans lequel il était encore plongé en 2009. La majorité gouvernemental PS et EELV en refusant de rompre avec la politique d’austérité initiée par la droite qui désespère les classes populaires, a aussi sa part de responsabilité.

Le PCF ne regrette en rien d’avoir appelé, dès le soir du 1er tour et sans ambiguïté à faire barrage au FN. La force du FN est l’un des obstacles majeurs qui s’oppose à un véritable changement dans notre pays. Le combat contre l’extrême droite a été et est constitutif de l’identité des communistes. Malgré la défaite de ce soir, le PCF va redoubler d’efforts pour défendre et promouvoir les valeurs de l’Humain d’abord. C’est seulement par un rassemblement populaire et majoritaire autour de ces valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité et de fraternité humaine que nous pourrons ouvrir une alternative à l’austérité.

La torgnole de Brignoles

Lundi  7 Octobre 2013

François Delapierre, Secrétaire national du Parti de Gauche

 

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Que faut-il de plus ? La déroute de Brignoles démontre en grandeur nature l’impasse de la stratégie du rassemblement sans contenu face au FN. Dans ce canton, le candidat PCF arborait aussi le poing et la rose. Il le faisait convaincu de la puissance bénéfique du talisman qui allait bientôt le frapper. On vit ainsi les militants communistes brignolais user leurs semelles à distribuer dans toutes les boîtes l’appel mortifère d’Harlem Désir à voter pour leur candidat. Quel contresens ! Dans toutes les dernières partielles, locales par nature, chemine une recherche qui est, elle, nationale. La colère, la déception, le désarroi qui n’ont cessé à juste titre de monter contre ce gouvernement cherchent leur chemin. A tâtons, comme ils le peuvent, là où surgit une ligne de force ou un interstice assez large pour être perçu et exploité. C’est l’explosion de l’abstention, que l’on aurait tort de prendre pour un silence politique car elle exprime pour une large part le rejet profond du système. C’est le vote pour l’extrême-droite. Comment serait-ce le vote pour le Front de Gauche si celui-ci oublie sa raison d’être ? S’il fait mine de croire au « rassemblement de la gauche » avec les représentants d’un pouvoir qui habille de ce nom la soumission au MEDEF et le mépris des attentes populaires ?

Cette conviction en la nécessité impérieuse d’une voix autonome face aux solfériniens est massivement partagée au sein du Front de Gauche. Si le PG la porte unanimement, elle est en réalité le cœur de nos textes communs. Et je ne changerais pas une ligne à la réaction de Marie-George Buffet au soir du désastre dimanche dernier. « Voilà aussi l’urgence d’une alternative claire à gauche. Face au danger, l’heure est moins à l’appel au front républicain sans contenu qu’à une mobilisation sans précédent sur les contenus d’une politique de gauche redonnant sens et efficacité à la politique dans la vie quotidienne de nos compatriotes. Voilà, pour moi, c’était cela la raison d’être du Front de gauche, qu’est-il devenu ? »

Un hasard cruel fit que les Brignolais votaient au moment où le conseil national du PCF discutait des municipales. Pierre Laurent y déclara que « le maître mot ce n’est pas autonomie, c’est rassemblement. » Mais quel rassemblement peut-on construire sans autonomie sinon la confusion destructrice de Brignoles ? Quel est le sens d’une union qui interdirait de proposer au peuple une alternative européenne, nationale et locale à l’austérité qui le frappe et que manient à tous ces niveaux les faces de pierre avec lesquelles il faudrait se rassembler ? C’est le mouvement qui permet le rassemblement. C’est la clarté qui produit la discussion. C’est l’intransigeance qui crée la confiance. Le Front de Gauche n’est pas une juxtaposition électorale. C’est une stratégie de politisation du peuple. Nous n’avons jamais placé nos espoirs dans une diplomatie interne à « la gauche », car nous avons rompu avec l’illusion que le PS pourrait évoluer favorablement par l’effet de nos arguments, aussi puissants soient-ils. Nous avons créé depuis le premier jour le Front de Gauche pour demander aux citoyens de trancher les immenses controverses qui nous opposent au PS. S’ils nous trouvent excessifs et sont prêts à accompagner la politique de Hollande, eh bien qu’ils votent pour ses représentants. Mais s’ils veulent une autre politique, une autre culture, une stratégie de résistance, le bulletin Front de Gauche se présente à eux rempli de confiance et éblouissant de clarté. Ce n’était pas le cas à Brignoles. Cela doit l’être aux municipales.

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Tout le monde n’est pas Salomon !

Posté par jacques LAUPIES le 12 octobre 2013

J’offre à Monsieur A. avec ses commentaires une tribune sur mon blog qu’il ne trouve peut-être pas ailleurs.

Je ne vois aucun inconvénient à la  maintenir mais je me permettrai de lui rappeler que renvoyer dos à dos PCF et PG, à Tarascon, n’est pas très intellectuellement correct alors qu’il connait parfaitement les positions des uns et des autres :

- soit une union large de toute la gauche et des républicains englobant le PS pour ce qui concerne le PCF

- soit une liste autonome du FDG, dont on sait bien qu’elle contribuera à diviser une gauche qui sur le plan local risque d’être éliminée tout autant que celle du PS du deuxième tour. C’est la position défendue par le Parti de Gauche et un énergumène qui voyage d’un parti à l’autre et se trouve instrumentalisé à souhait par ceux la même qu’il villipende.

Alors d’évidence celui qui met ces deux stratégies en parallèle et à égalité :

- ou bien n’a rien compris à la politique d’Union préconisée par le PCF.

- ou poursuit un mauvais procès contre les forces de toute la gauche qui peuvent avoir des divergences mais constituent un réel danger pour toute la droite à Tarascon (y compris le FN) qui ne manque pas de tirer profit d’une telle analyse.

Comme apparemment Monsieur A. prétend soutenir la gauche, un peu de responsabilité de sa part nécessiterait  de juger les faits tels qu’ils sont au lieu de semer le trouble dans une eau claire qu’il connait fort bien.

En conclusion la droite dite « libérale »(incarnée ici par le Maire et le conseiller Général), se ferait un plaisir, comme à Brignoles de guerroyer contre un FN que, par sa politique anti sociale,  elle a placé condition de forte progression sous le règne Sarkosy. Un FN qu’actuellement elle encense par médias interposés et à qui les politiques d’austérité donne des ailes. Tarascon se trouvant a « l’honneur » des antennes nationales à qui je me permettrai de rappeler que le PCF existe à Tarascon et qu’il a aussi des choses à dire !

Notre objectif de rassemblement local du potentiel que représente un électorat de gauche pouvant jouer un rôle déterminant, va bien entendu se heurter à cet obstacle majeur que constitue la politique gouvernementale actuelle marquée par des insuffisances sur le plan économique et social et qui génère l’abstention.

 Mais nous entendons élaborer un projet local audacieux susceptible de mobiliser tous ceux, y compris lorsqu’ils auraient souhaité une stratégie différente, qui veulent gagner et en finir avec l’illusion d’un changement que prétend porter la droite dans son ensemble.

Qu’en d’autres lieux, des stratégies de liste autonome du Front de Gauche prévalent n’a rien d’étonnant. Non seulement elles présentent des inconvénients mais elles résultent souvent de situations particulières ou le rassemblement de toute la gauche n’est pas possible du fait de l’attitude du PS local, voire des oppositions qui le traversent.

Nous n’avons pas ici à juger de leur opportunité et les communistes ont fait une choix tout à fait respectable (à Marseille notamment) Il sera parfois différent ailleurs (Arles par exemple) Cela traduit certaines difficultés que les électeurs (nos électeurs et ceux de la gauche en général) devront comprendre et assimiler.

Pour ce qui nous concerne nous ne cesseront d’en appeler à la responsabilité des électeurs de gauche qui ne doivent pas laisser passer une possibilité de porter un coup à une droite majoritaire actuellement mais très divisée.

Ce sont bien entendu les propositions que nous ferons, le « travail » de conviction que nous entreprendrons, qui seront déterminants !

Note : Salomon se veut juste et équitable en renvoyant dos à dos les deux parties opposées. On dit qu’il est généralement sage, Vous aurez compris qu’ici la sagesse n’est pas de mise !

 

INFO SUR LA STRATEGIE DU PCF A MARSEILLE

Tout le monde n'est pas Salomon ! dans POLITIQUE coppola_0

 

Politique -           humanite dans POLITIQUE le 11 Octobre 2013

Municipales

Le PCF marseillais choisit la « co-construction »

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Marseille, correspondant régional. Les militants ont approuvé une stratégie qui conduit le Front de gauche à prendre l’initiative d’une liste de « large rassemblement populaire », distincte de celle du PS.

Le choix des communistes marseillais a été franc et massif. Appelés à se prononcer sur leur stratégie en vue de l’élection municipale, 92,5 % des votants (pour 68 % de participation) ont voté « pour ». Pour une liste autonome du Front de gauche ? Non, car ce n’est pas en ces termes que la question était posée. Le bulletin de vote explicitait une démarche consistant à « ouvrir le chantier d’un large rassemblement populaire à tous ceux et celles qui aspirent à un vrai changement », à « lancer un appel aux Marseillaises et Marseillais » à « présenter un projet alternatif à la hauteur des besoins sociaux, des attentes démocratiques et des nécessités écologiques pour Marseille » et à « lancer la réflexion sur les critères qui permettront de travailler aux candidatures pour des listes qui refléteront cette démarche ».

Jean-Marc Coppola, chef de file des communistes, a explicité, hier, le sens de cette démarche : « Nous ne cherchons pas le rassemblement autour du Front de gauche, nous cherchons un rassemblement autour de projets. » Il a plaidé pour un « travail de co-construction » avec des collectifs citoyens, associations, syndicalistes. « Nous avons d’ailleurs engagé des rencontres pour examiner les convergences sur le projet ainsi que sur la constitution de listes », a-t-il ajouté. Aux assises du Front de gauche, le 28 septembre, des militants du Sursaut démocratique (rassemblant des « déçus » des Verts et du PS ainsi que des « alter » et des membres du Mouvement du 1er juin contre les violences dans les quartiers) avaient dit leur volonté de construire ensemble. Appel entendu, puisqu’il y aura bien à gauche une liste distincte de celle présentée par le PS.

Christophe Deroubaix

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Voir plus loin : s’unir sans tarder !

Posté par jacques LAUPIES le 11 octobre 2013

Chacun voit midi à sa porte ! On pourrait-être tenté, de l’extérieur, de juger ainsi les positions respectives du PCF et de PG.

On peut en effet interpréter la position des communistes en vue des élections municipales comme étant motivée par le souci de préserver ses élus  dans les villes qu’il dirige avec le PS et parfois d’autres sensibilités de gauche comme les Verts.

On peut également considérer que le PG n’ayant rien à perdre dans la constitution de listes autonomes si ce n’est la possibilité d’accéder plus aisément à des responsabilités premières dans les communes.

Sans doute ces calculs sont présents dans la tête de ceux qui s’en tiennent à cette vision de la politique que ne manquent d’ailleurs pas de juger sévèrement les électeurs de gauche. On le constate aux élections partielles qui aboutissent à presque 70 % d’abstentions, quelle que soit la stratégie suivie par les partis de gauche, unis ou pas dès le premier tour !

Le résultat on le connait. Dans toutes les partielles c’est la déroute pour le PS, au mieux la stagnation des autres composantes de la gauche. C’est l’envolée pour le FN. La division à gauche aggravant la situation de ces composantes en les éliminant de toute présence au deuxième tour.

La raison est pourtant simple : l’électorat de gauche est déçu par la politique gouvernementale dont nous avions dit ce qu’elle serait si nous ne recevions pas au Front de Gauche l’appui nécessaire pour amener l’ensemble de la gauche à  une politique de réel changement. : c’est à dire conforter la situation des actifs qui travaillent, des retraites et donner une perspective à une population marginalisée ou semi marginalisée, avec des mesures sociales fortes (consolider et améliorer la part des profits consacrée au travail, réduire celle qui retourne au capital).

Au lieu de cela nous assistons à des mesurettes qui aboutissent à des pertes de pouvoir d’achat, à des droits sociaux amputés (sécurités sociale en général)

Le drame est que cela permet à la droite encore décridibilisée de reprendre du poil de la bête sur des thèmes encore plus réactionnaires dévalorisant l’utilité de l’impôt, accentuant le débat sécuritaire repris par une partie de la gauche (Valls), enfumant les forces populaires en canalisant avec le FN tous les mécontents (du petit commerçant au chômeur en passant par l’agriculteur ou l’ouvrier mal payé) lesquels, quelle que soit leur origine tentent de s’en sortir parfois même en s’exploitant les uns les autres, en s’auto-exploitant ou en allant à la limite du légal : petits trafics, utilisation de mains d’oeuvre non déclarée, etc.

Il y a de quoi être inquiet car les tenants principaux du capital exploitent cette situation. ils vont tenter de tourner à leur avantage la poussée du FN, recomposer la droite avec lui et balayer une gauche qui ne répond pas aux attentes, même si certains croient encore eux : « il faut du temps », « notre politique portera ses fruits, soyons patients », « il faut aider les entreprises pour la relance de l’économie », etc. etc.

Une foi installés sous le drapeau  d’un nouveau regroupement politique et dès les premiers signes de mécontentements, la démocratie déja bafouées avec une constitution qui montre ses limites, ce sont les libertés, les exclusions politiques, syndicales, associatives qui prévaudront pour les nouveaux droitiers.

Voila ce qui doit déterminer ceux qui aujourd’hui A LA BASE, rechignent à s’unir dans un combat qui s’annonce difficile.

Car s’unir, déjà au niveau des forces politiques de gauche, des forces républicaines, au plus près des citoyens, c’est empécher le pire qui nous guette !

 

 

Voir plus loin : s'unir sans tarder ! dans POLITIQUE pierre_laurent2_0

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Politique -           humanitefr dans POLITIQUE le 10 Octobre 2013

 

Pierre Laurent: « Nous avons besoin du Front de gauche pour aujourd’hui et pour l’avenir »

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Le secrétaire national du PCF assure ce jeudi qu’il « (se) battra de toutes (ses) forces contre l’idée qu’une différence d’appréciation sur les municipales ouvre une crise au Front de gauche », alors que le vote de la direction du PCF de Paris pour une liste commune avec le PS dès le premier tour dans la capitale a provoqué l’incompréhension du Parti de gauche.

Dans une interview au Parisien-Aujourd’hui en France, jeudi, Pierre Laurent explique le choix de sa direction départementale parisienne qui est soumis au vote des militants communistes les 17, 18 et 19 octobre prochain. « D’abord parce que nous ne voulons pas du retour de la droite, explique-t-il. Ensuite, parce que les priorités que nous avions fixées sur le logement social ou le développement de l’emploi public ont été retenues. Autant au niveau du gouvernement, nous ne trouvons aucune écoute, autant à Paris nous sommes entendus et respectés depuis deux mandats dans la majorité municipale. »

« Arrêtons de caricaturer »

Le sénateur parisien rejette l’hypothèse d’une explosion du Front de gauche. « Je me battrai de toutes mes forces contre l’idée qu’une différence d’appréciation sur les municipales ouvre une crise au Front de gauche. Nous avons besoin du Front de gauche pour aujourd’hui et pour l’avenir. Alors arrêtons de polémiquer, arrêtons de dramatiser, arrêtons de caricaturer les positions des uns et des autres. Et consacrons-nous à porter le plus loin possible nos positions pour les municipales et les européennes dans lesquelles le FG peut faire un excellent résultat. »

« Avenir en cause »

Dans un communiqué publié ce jeudi matin, la section parisienne du Parti de gauche « regrette » ce vote de la direction PCF de Paris, qu’elle juge « une régression politique ». Le PG 75 estime que les élections municipales à Paris ont une portée natinale. « Rendre le Front de gauche invisible à Paris est une volte-face incompréhensible », affirme le PG 75 qui espère que les militants communistes choisiront in fine la candidature Front de gauche. « La signification de leur vote ne se limitera pas au niveau local. Les femmes et les hommes du parti de Gauche ne sont pas des partenaires qu’on prend ou qu’on rejette au gré de besoins tactiques. Solennellement nous prévenons: l’avenir du Front de gauche est en cause. »

  • A lire aussi:

Municipales: la direction du PCF à Paris pour une candidature avec le PS

Logement: Anne Hidalgo joue l’intermédiaire

S.G

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Des moins d’un côté, des plus de l’autre, et le FN fait son lit

Posté par jacques LAUPIES le 10 octobre 2013

http://www.dailymotion.com/video/x15q71w

 

Que demain un gouvernement de gauche, prononce une augmentation substancielle du SMIC, encourage la négociation pour une augmentation des salaires dans le privé et décrète une augmentation dans la fonction publique, qu’il rétablisse les remboursements de la sécurité sociale, et le départ à 60 ans pour une retraite pleine et entière, et les millions d’abstentionnistes reprendront le chemins des urnes.

Que parallèlement soit renégociée la dette, qu’elle soit réduite et pourquoi pas annulée, tout simplement parce qu’elle s’est fondée sur la spéculation des banques et des grandes firmes, sur la financiarisation de l’économie et sur la fraude fiscale, destructrices de cette économie, donc qu’elle procède de la spoliation des états

Mais pour cela il faut une volonté politique que la droite et maintenant le gouvernement actuel n’ont pas, placés qu’ils sont sous la pression patronale, sous la pression des marchés financiers mais également de couches sociales trompées ou corrompues par le système capitaliste dans son ensemble. Un système qui se donne les moyens de combattre la solidarité et fait que dominent les exclusions, les divisions.

Solutions simplistes, peu réalistes  ! C’est ce que pensent dans leur bulle pseudo douillette et confortable bon nombre de ceux qui ont le culôt de dire que nous sommes des rêveurs, ou encore ceux-là qui souffrent, eux même ou leurs proches, de cette société, de plus en plus égoîste, pris quand ils en ont les moyens dans le circuit des consommations parfois inutiles auxquelles les condamne la loi du profit ? Révoltés mais pas révolutionnaires ce qui les range du côté des conservateurs !

Cette foule qui se rend encore dans les bureaux de vote pour y défendre la petite soupe que leur promettent la droite et l’extrême droite : moins d’impôts, moins d’immigrés, moins de voyous, moins de paresseux, moins de retraite, moins de soins, moins de chômeurs,moins d’Europe, etc. En pis aller ils votent pour les autres qui leur disent a peu près la même chose mais promettent qu’il y aura quelques petit plus.

Des plus qui ne coûtent pas cher et qui séduisent peu. Des plus qui sont cependant nécessaires : mariage pour tous, peines de prisons  allégées, recherche d’une école plus efficace. Mais me direz-vous c’est mieux que rien. Bien sûr et je fais la différence même si l’essentiel des « plus » nécessaires n’est pas là : une fiscalité plus juste, plus services publics, plus d’investissements productifs, plus de pouvoir d’achat, plus d’Europe (sociale évidemment).

Si l’on compte les abstentionnistes  nous sommes même pas un sur dix à dire les moins, à défendre et vouloir les plus. Difficile donc de remonter la pente.

Faudra – t – il attendre une catastophe pour qu’enfin nous soyons 5 sur dix ?

Ou simplement faut-il poursuivre un travail de conviction ?

Un petit exemple : hier sur France 2, après l’émission de « Mots Croisés »  à laquelle, comme à l’habitude, les communistes ne sont que très très rarement invités, la chaine a diffusé dans le cadre de l’émission’expression directe une vidéo sous forme de dessin animé mettant en évidence le coût du capital en opposition avec celui du travail dont on nous rabat les oreilles.

Est-ce un hasard ? Mais dans le journal télévisé du lendemain, un journaliste a osé dire, o sacrilège, presque en s’excusant, que l’on parlait trop du cout du travail et pas assez des dividendes distribués.

Une hirondelle ne fait pas le printemps ! Une idée peut le préparer…

 

 

Elections

« La recomposition à droite s’accélère au profit du rassemblement Bleu Marine »

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Alain Hayot « Ce n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein »

 

Après la cantonale de Brignoles où le candidat FN est arrivé en première position, un sondage Ifop pour le Nouvel Obs publié ce mercredi crédite le parti d’extrême-droite de 24% des intentions de vote pour les Européennes 2014. Pour Alain Hayot, conseiller régional PCF de Provence-Alpes-Côte d’Azur, cela révèle la « bataille réussie des idées du FN sur l’UMP ».

Chaque parti se renvoie 
la balle des responsabilités. Quels enseignements 
tirez-vous des résultats 
de cette élection cantonale 
à Brignoles ?

Alain Hayot. Tout cela relève 
de l’anecdote. Brignoles nous parle d’autre 
chose. Car ce qui vient de se passer est 
un vrai coup de semonce mais pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. C’est 
la troisième fois, sinon plus, après l’Oise 
et Villeneuve-sur-Lot, que l’on constate 
des phénomènes sensiblement équivalents. Les électeurs de gauche ont voté avec leurs pieds, c’est-à-dire qu’ils ne se sont pas rendus aux urnes. Il n’y a aucune ambiguïté : l’électorat qui a porté le FN ne provient pas de la gauche. Son recul est dû, pour l’essentiel, au gonflement extraordinaire 
de l’abstention, dans un canton pourtant détenu par elle. Cela nous interpelle. 
On sent que l’on a affaire à un électorat qui est complètement déboussolé par un gouvernement, pour lequel il a voté, qui préfère apparemment plier devant la violence des riches que de répondre à la souffrance des pauvres. Il existe une question fondamentale à laquelle il faut absolument répondre : l’électorat de gauche a manifestement perdu espoir. On ne lui ouvre aucune autre perspective que celle d’un Manuel Valls qui vient leur dire, qu’au fond, le FN a raison 
de faire la chasse aux Roms et de désigner 
les étrangers comme des boucs émissaires.

 

Qu’est-ce qui profite au FN dans un tel contexte ?

Alain Hayot. On assiste à l’accélération 
de la recomposition politique à droite au profit et sous la pression du rassemblement Bleu Marine, dont le vote et l’expression relèvent d’une véritable hégémonie politique sur l’électorat de droite. Politique mais aussi idéologique, puisque derrière se cache une bataille réussie des idées du FN sur l’UMP. Cela se passe dans une région où la droite 
ne cesse de légitimer le discours du FN 
en croyant le combattre mais, en réalité, elle lui sert la soupe. On peut citer Christian Estrosi, député maire de Nice, qui fait 
la chasse aux Roms, ou Éric Ciotti, député et président du conseil général des Alpes-Maritimes, qui parle d’alliance avec le parti de Marine Le Pen. Enfin, il y a le maintien, voire la progression si l’on ajoute les voix 
du candidat dissident, du FN. Contrairement à ce qui s’est passé durant des années, 
par rapport au manque d’implantation local du parti, les résultats de Brignoles démontrent que le FN est en capacité 
de remporter un scrutin majoritaire.

 

À partir de là, qu’est-ce qui serait efficace pour le contrecarrer ?

Alain Hayot. C’est très dur dans ce contexte, pour le Front de gauche, d’affirmer clairement qu’il combat, qu’il n’accepte pas cette situation et qu’il refuse la résignation. Le Front de gauche ne doit pas se contenter de dire qu’il n’est pas d’accord avec 
la politique gouvernementale. Il doit être porteur d’une nouvelle espérance. Le seul moyen de faire reculer l’extrême droite et 
la droite extrême, l’UMP-FN, car c’est à cela que nous sommes confrontés aujourd’hui, c’est de rouvrir l’espoir d’une alternative aux politiques libérales et autoritaires. Il faut mener un combat de terrain, non seulement en combattant la division, mais surtout en créant les conditions d’une solidarité de tous les dominés contre les politiques menées. Dans ce contexte, nous devons lutter contre les idées extrémistes sur les causes de la crise et les réponses à y apporter. Il faut être porteur d’un projet alternatif.

Le FN devant l’UMP et le PS. Selon un sondage Ifop pour le Nouvel Observateur concernant les intentions de vote en vue des élections européennes de 2014, le Front national est crédité de 24%, devant l’UMP (22%) et le PS (19%). Suivent le Modem-UDI (11%), le Front de gauche (10%), EELV (6%), Debout la République et le NPA (2%)

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Entretien réalisé par  Audrey Loussouarn

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Et si on allait au cinéma…

Posté par jacques LAUPIES le 9 octobre 2013

Voila un film qui a tellement reçu d’éloges que j’ai sacrifié mes rengaines politiques pour vous présenter la critique qu’a publié l’Humanité.

Beaucoup trop de gens restent encore en dehors du cinéma d’art et d’essai. Je ne sais si c’est ainsi que l’on doit classer ce film que je vais m’empresser d’aller voir car comment ignorer une histoire d’amour qui semble déborder l’ordinaire de nos vies.

Je n’en dirai pas plus ne l’ayant pas vu mais seulement frappé par les éloges que l’on en fait. Habituellemnt on ne parle pas de ce que l’on a pas vu.

Alors allons le voir et on en reparlera !

 

Et si on allait au cinéma... dans POLITIQUE vie_dadele

 

Culture -           humanitefr dans POLITIQUE le 8 Octobre 2013

 

La Vie d’Adèle: une œuvre magistrale

Mots clés : cinéma,                           abdellatif kechiche,                           léa seydoux,                           adèle exarchopoulos,

 

 

Après l’Esquive, la Graine et le Mulet ou Vénus noire, Abdellatif Kechiche présente, La Vie d’Adèle, une œuvre magistrale et offre la découverte d’une jeune actrice extraordinaire, Adèle Exarchopoulos. Le cinéaste est parvenu au sommet de l’épanouissement,  il a été justement distingué par la Palme D’or. Lui, Abdellatif Kechiche, et ses deux  actrices fétiches, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos.

La Vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche. France, 2 h 55. Dans la Vie de Marianne,  Marivaux écrit, à la première personne et d’une plume intensément  libre, l’histoire de son héroïne, d’une femme dans son époque. On  connaît la prédilection d’Abdellatif Kechiche pour les grands textes qui  parlent au monde, sa volonté artistique réitérée d’en insuffler la  puissance à des personnages qui, par une réappropriation commune, la  porteront au présent de la société. Ici, Adèle (Adèle Exarchopoulos),  lycéenne qui festoie de littérature, dévore livres et bolognaises des  repas familiaux avec un égal plaisir des sens.

À l’âge où les mouvements du cœur et du corps débordent, Adèle  cherche à s’orienter au plus intime entre réfractions du regard des  autres, carrefour des possibles et voies de traverse. Kechiche installe  sa classe de bacheliers en y circulant à l’envi, scrute à fleur de peau  les frémissements dont le mystère peut tout soudain s’éclairer de  fulgurances comme de sensibles flammèches sur les pas d’Antigone,  s’évader dans le recoin obtus d’un silence. Comme eux, ses plans  basculent en un instant  de la haute tragédie aux conversations de  filles sur le dernier qui passe. C’est cru, drôle, source de  jubilatoires  remémorations. Adèle est d’emblée nimbée d’une grâce  cinématographique que le cinéaste va tenir près de trois heures d’écran,  au fil du récit d’une passion d’amour et de désamour sublimement  charnelle. Invitée par les enseignants à méditer sur le coup de foudre  et ses représentations littéraires, Adèle en sera frappée au coin de la  rue.

vie2 Déconcertée par la spirale de ses désirs

Au bleu sourd de la chevelure d’Emma (Léa Seydoux) répondent en  frottement d’étincelles les fleurettes de l’écharpe d’Adèle. Abdellatif  Kechiche s’est inspiré d’une bande dessinée de Julie Maroh, Le bleu est une couleur chaude.   De la couleur et du récit, il restituera l’essence, s’en emparant à sa  manière singulière. Il excelle encore dans les scènes de groupe, bars  de femmes où Adèle et Emma lieront leurs approches, réunions d’amis et  repas de famille dont il sait inventer les effets de langages et de  visages comme s’il s’agissait d’un répertoire qu’il se contenterait  d’enregistrer.

Premiers pas fragiles d’Adèle, déconcertée par la spirale de ses désirs.  Elle tombe en amour en  même temps qu’elle semble surgir à la lumière  depuis un abîme de cruelles incertitudes. Premier baiser solaire dans un  parc que tout enchante avant la fournaise de l’étreinte. Kechiche et  deux comédiennes abandonnées à leur art la représentent comme jamais,  passions de femmes dans la durée du filmage et la violence de l’élan,  chorégraphie de corps qui s’affirment et s’abolissent dans l’autre,  sauvagerie magnifique de la jouissance. À cette scène de sexe plein  cadre, deux autres feront écho, amoindrissant subtilement leur  intensité. Les présentations aux familles respectives des deux jeunes  femmes donneront lieu à deux dîners où tout sera dit en mets et gestes  de leurs différences sociales. Chez Emma, son homosexualité pas plus que  son cursus aux beaux-arts ne soulève de préoccupation. Les parents  d’Adèle, bien plus modestes, ne conçoivent ni l’un ni l’autre. De là  viendra la chute, frayant peu à peu sa percée dans une histoire de  couple et de désunion telle qu’elle peut résonner en chaque spectateur.  L’intime, en plans très serrés sur la palette infinie de ses  expressions, se conjugue ainsi à l’universel que sculptent les choix  plastiques, membres rompus de plaisir rejoignant presque l’abstraction à  l’instar d’une toile de Francis Bacon. Emma peint. Adèle suit sa  vocation d’institutrice et de nombreux retours de séquences caressantes  substitueront aux amours mortes l’attendrissement des tout petits. Adèle  écrit son histoire à la première personne,  libre et franche. Elle ne  s’aliène qu’à la toute-puissance amoureuse  et se fie à sa seule  boussole.

Critique écrite au festival de Cannes 2013

Dominique Widemann

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