La France n’est pas le Chili, toutefois la situation politique dans ce pays n’est pas sans ressembler, sous certains aspect, aux rapports de forces électoraux que nous connaissons ! Cela ne peut qu’alimenter notre réflexion à propos des élections présidentielles.

Posté par jacques LAUPIES le 10 novembre 2020

 

Daniel Jadue, un président communiste pour le Chili ?

Dimanche 8 novembre 2020, par  auteurs à lire, popularité : 65%

 

 

Au fil des mois, dans les sondages pour la présidentielle, Daniel Jadue, le très populaire maire communiste de Recoleta, est passé progressivement de 6 à 24% des voix. Ces chiffres dépassent largement l’influence traditionnelle du PC du Chili qui se situe à environ 5% des voix. Ses meilleurs scores, le PC les a obtenus dans les années 70, durant l’Unité Populaire. Il recueillait 16% des voix. Les données très favorables à Daniel Jadue traduisent pour une part l’augmentation de l’influence du PC à partir de l’explosion sociale du 18 octobre. Elle reflète aussi l’aura personnelle dont bénéficie Daniel Jadue comme maire de Recoleta, une des communes de Santiago. Dans sa commune, Daniel Jadue a été à l’initiative de très nombreuses expérimentations sociales. En particulier, Daniel Jadue a créé à Recoleta la première pharmacie municipale populaire qui pratique des prix de médicaments entre 30 et 50% inférieurs à ceux de la concurrence du privé. Daniel Jadue est un homme ouvert, il aide même des municipalités de droite qui souhaitent monter des pharmacies populaires. Il a aussi lancé un plan de production électrique par panneaux solaires pour que sa commune soit autonome en matière d’énergie et ne dépende plus de l’offre privé.

Sa candidature à la présidentielle semble aujourd’hui obligatoire et incontournable. Est-ce si certain ?

Depuis les années 30, le PC du Chili n’a présenté qu’une seule fois une candidate à une élection présidentielle. C’était en 1999. Gladys Marin a été candidate et a recueilli 3,2 % des voix. C’était un peu contraint et forcé que le PC avait présenté une candidate. Il l’avait fait parce que les partis de la Concertation, (groupement de centre gauche composée de la Démocratie-Chrétienne, du PPD et du PS) voulaient marginaliser totalement le PC. Même avec un petit résultat, le PC a montré à la Concertation qu’elle ne pouvait pas se passer du parti communiste : le candidat de la Concertation a raté l’élection au premier tour, il ne l’a emporté au second que grâce à l’apport communiste.

Il y aussi eu la candidature de Pablo Neruda en 1970. Le Parti Socialiste voulait présenter un candidat dont le PC ne voulait absolument pas. Le PC a clairement dit au PS : ou vous présentez Salvador Allende comme candidat et nous le soutiendrons, ou nous présentons Pablo Neruda comme candidat. Les socialistes ont cédé. Pablo Neruda s’est retiré et a fait campagne main dans la main avec Salvador Allende jusqu’au triomphe de l’Unité Populaire.

En dehors de ces deux situations, il n’est pas dans la tradition du PC du Chili de présenter des candidats à la présidentielle. En effet jusqu’en 1970, dernière élection avant le coup d’état, le système électoral faisait que le candidat arrivé en tête était élu. Il n’y avait qu’un seul tour de vote populaire. Le second tour se passait au Congrès. Si aucun candidat n’avait eu la majorité absolue au premier tour, ce sont les députés et sénateurs qui élisaient le président. Dans la pratique ils ont toujours désigné le candidat arrivé en tête. Salvador Allende compris.

Depuis la fin de la dictature, le système électoral a changé, il est identique à notre mode d’élection présidentielle. Election à deux tours, si personne n’a la majorité au premier tour, peuvent se présenter au second les deux candidats arrivés en tête du premier tour.

Le PC participe aux élections présidentielles pour gagner. Pas pour présenter une candidature de témoignage. C’est pourquoi il a jusqu’à présent favorisé les alliances de gauche. Cette année, où en est-on ? Les éventuelles primaires pour la présidentielle auront lieu le 4 juillet et l’élection présidentielle le 21 novembre 2021. Avant il se passera beaucoup de choses. La première, la plus importante, est le référendum du 25 octobre pour une nouvelle Constitution. Si le résultat semble acquit, restent inconnus l’ampleur de la majorité et la participation au vote. Une fois ce scrutin passé, en avril auront lieu trois élections : celle des délégués à la Convention constituante, les municipales et, pour la première fois celle des gouverneurs des 16 régions qui composent le Chili.

Daniel Jadue a bien précisé que pour le moment il n’était pas candidat. La première tâche aujourd’hui est de gagner le référendum de la manière la plus large. La plus indiscutable. Ensuite pour lui, comme maire d’une commune, l’objectif est d’être réélu. Plus largement, lors des élections d’avril, on verra si des alliances concrètes pour les maires ou les gouverneurs ont pu se nouer avec d’autres forces. Les résultats de ces élections seront scrutés à la loupe.

A partir de là, commencera à se poser sérieusement la question de la présidentielle. L’objectif premier du PC sera d’avoir un ou une nouvelle présidente du Chili dont les options soient en concordance avec le mouvement social du 18 octobre. Peu importe que ce candidat soit communiste ou non. L’élection de la Convention constituante aura eu lieu et ses délégués seront au travail. Ceci donnera beaucoup d’indications sur les rapports de force entre partis et les possibilités concrètes d’unité avec d’autres formations. Le PC fait partie d’une alliance de gauche, Unidad por el Cambio. Cette alliance s’élargira-t-elle au Frente Amplio ? Au sein de cette coalition de gauche, y aura-t-il d’autres candidats ? Cette coalition, avec l’expérience de la Constituante, pourra-t-elle passer des accords avec d’autres forces, le PS et le PPD en priorité ? Est-ce que les partis passeront par la case primaire ou négocieront-ils directement une candidature ? Quelles décisions prendra le 26eme Congrès du PC qui se tiendra fin novembre ? Il y a beaucoup de questions et peu de réponses à ce jour. Les réponses viendront avec le développement du mouvement social et des luttes quotidiennes dans un pays traversé par la pire crise économique depuis les années 30.

Les 24% que donnent les sondages à Daniel Jadue font bien évidemment très plaisir et font rêver, mais rien n’est décidé, rien n’est joué, pas même la candidature de Daniel Jadue.

 

https://webmail1d.orange.fr/webmail/fr_FR/read.html?FOLDER=SF_INBOX&IDMSG=12596&check=&SORTBY=1

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Pas question de faire campagne autrement que sur les propositions de notre Parti…Il faut enfin faire la différence d’avec les autres.

Posté par jacques LAUPIES le 9 novembre 2020

 

 

Jean-Luc Mélenchon a effectué sur le plateau de TF1 l'annonce de sa candidature à la présidentielle de 2022.

Jean-Luc Mélenchon a effectué sur le plateau de TF1 l’annonce de sa candidature à la présidentielle de 2022.
 

Présidentielle 2022 : Jean-Luc Mélenchon officialise sa candidature

Dimanche 8 Novembre 2020

Le fondateur de la France Insoumise se lance pour la troisième fois dans la course à l’Élysée. Il conditionne tout de même une candidature « définitive » à l’obtention de 150 000 parrainages citoyens, et se présente en « pôle de stabilité » pour la gauche.

 

Jean-Luc Mélenchon a officiellement « proposé » sa candidature à l’élection présidentielle de 2022, ce dimanche 8 novembre sur TF1. Le leader de la France Insoumise, déjà candidat en 2012 et en 2017, a cependant assorti sa candidature définitive d’une condition : obtenir 150 000 parrainages de citoyens, une «  investiture populaire », depuis une plateforme internet qui vient d’être mise en ligne nousommespour.fr. Sur le plateau du 20 heures de TF1, le député de Marseille a d’abord critiqué le gouvernement pour sa gestion de la pandémie de Covid. Ils n’ont «  tiré aucune leçon du confinement précédent », a-t-il dénoncé, fustigeant «  la pagaille » et regrettant que cela engendre «  beaucoup de souffrances » pour les Français. «  Il faut qu’on commence à réfléchir à des alternatives au confinement. Il faut toujours prévoir, planifier, arrêter croire que les choses vont se faire toutes seules ».

Icon Quote Il faut qu’on commence à réfléchir à des alternatives au confinement. Il faut toujours prévoir, planifier, arrêter croire que les choses vont se faire toutes seules.

 

Interrogé sur sa candidature à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon l’a justifiée ainsi : «  Quand tout va mal, et que ça semble être nuit noire pour beaucoup de gens qui ne trouvent leur compte dans la brutalité de cette société, il faut allumer une lumière pour qu’on se dise « il y a un bout au tunnel, on peut faire autrement » ». Concédant qu’il n’était pas «  sympathique » pour tout le monde, il a néanmoins affirmé l’être «  pour des millions de braves gens. Donc oui, je propose ma candidature ». Le président du groupe des députés insoumis souhaite également mettre en avant «  l’harmonie des êtres humains et de la nature », que représente selon lui le programme l ’Avenir en commun qu’il avait déjà porté lors de l’élection présidentielle de 2017, «  au lieu de passer notre temps à discuter de religion ».

Icon QuoteJe commence à populariser et entretenir cette idée que les citoyens puissent investir un candidat.

Il a également justifié sa volonté d’obtenir 150 000 parrainages. «  Je mets la barre là où j’ai l’intention de la mettre dans une loi. Je commence à populariser et entretenir cette idée que les citoyens puissent investir un candidat ». La France Insoumise compte en effet déposer un projet de loi instaurant ce parrainage citoyen en plus des 500 parrainages d’élus déjà en vigueur pour valider toute candidature à l’élection présidentielle.

«Des mois de pagaille»

Interrogé sur les velléités de candidature parmi les insoumis, il a assuré que la FI ne comptait pas d’autre volontaire mais a jugé que son mouvement comptait «  beaucoup de talents. S’ils en avaient fini avec moi, il y en aura d’autres ». «  Bienvenue à tous ceux qui veulent participer à cet engagement », a-t-il ajouté.

Jean-Luc Mélenchon a également souligné que «  la société est dans une impasse. 2022 c’est une occasion d’innover, de faire différemment, d’abolir la monarchie présidentielle ».

Quant à ses relations avec la gauche, le député de Marseille a estimé que «  toutes les organisations ont décidé d’avoir un candidat », précisant que selon lui, «  les mois qui vont venir seront des mois de pagaille ». Hors de question d’attendre donc le concernant : «  il y en a marre d’aller aux élections pour élire le moins pire. Il est temps d’avancer. Je suis un pôle de stabilité. Pire que tout serait la confusion ».

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Les Sénateurs communiste dénoncent les privilèges fiscaux d’Amazon

Posté par jacques LAUPIES le 7 novembre 2020

 

Nous proposons de taxer les bénéfices énormes d’Amazon

Crise sanitaire -

 Par / 4 novembre 2020

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Nous proposons de taxer les bénéfices énormes d’Amazon

À l’évidence, mesdames, messieurs les ministres, la pandémie du covid-19 n’a pas les mêmes conséquences économiques pour les multinationales du numérique et les petits commerces de proximité, comme le montre le cas du géant Amazon. (Exclamations.)

De fait, jamais l’écart entre les petits commerces et ces géants technologiques n’aura été aussi grand.

Permettez-moi d’ajouter quelques chiffres à ceux qui ont été déjà cités : les records de valorisation s’enchaînent à Wall Street, qui connaît des hausses de 10, 20 et 50 milliards de dollars ; à la Bourse, depuis le 1er janvier 2020, la valeur d’Amazon a crû de 73,6 %, pour atteindre le chiffre astronomique de 1 650 milliards de dollars, l’équivalent du produit intérieur brut de la Russie – excusez du peu !

La fermeture imposée aux commerces de proximité va encore aggraver une situation de concurrence déloyale. Mais l’autre scandale réside dans les pratiques fiscales d’Amazon, qui ont été décrites comme les plus agressives des entreprises du numérique.

Grâce à des montages savants illégaux, accordés par nos amis du Luxembourg, près des trois quarts des bénéfices d’Amazon ne subissent aucune imposition. Cette situation est tout à fait inacceptable, plus encore au moment où les États manquent de moyens financiers pour faire face aux conséquences dramatiques de la pandémie.

Il est urgent de mener une bataille au plan international pour, enfin, taxer de manière effective les GAFA.

Au premier trimestre de cette année, les rentes d’Amazon ont augmenté de 26 %. Nous proposons qu’une disposition soit adoptée, dès le budget pour 2021 – texte actuellement en discussion au Parlement –, visant à instituer une taxe exceptionnelle sur les bénéfices d’Amazon. Les fonds ainsi récoltés viendraient alimenter un plan d’aide d’urgence aux commerces touchés, notamment aux librairies indépendantes.

Je conclurai mon propos avec cette citation de Victor Hugo : « La lumière est dans le livre. Ouvrez le livre tout grand. Laissez-le rayonner, laissez-le faire. » (Applaudissements sur les travées des groupes CRCE et SER.)
M. le président. La parole est à M. le secrétaire d’État chargé de la transition numérique et des communications électroniques.

M. Cédric O, secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie, des finances et de la relance et de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, chargé de la transition numérique et des communications électroniques. Nous nous rejoignons absolument sur un point, monsieur le sénateur Bocquet : la nécessité d’une juste taxation des entreprises du numérique.

C’est pourquoi, vous le savez, la France s’est trouvée à l’origine des discussions sur le sujet au niveau de l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’OCDE. Elle est leader sur la question de la taxation des entreprises du numérique à l’échelle européenne et a, par ailleurs, introduit elle-même sa propre taxe sur les services numériques. Le recouvrement de cette taxe avait été décalé, pour donner une chance aux négociations internationales ; celles-ci n’ayant pas abouti, je vous confirme que le recouvrement pour 2020 aura bien lieu.

Néanmoins, nous devons continuer à pousser ce sujet au niveau européen, parce que c’est le bon niveau.

À ce propos, mesdames, messieurs les sénateurs, je veux me réjouir avec vous de l’annonce faite par l’Union européenne, voilà quelques semaines : face à l’échec des négociations au niveau de l’OCDE, elle a annoncé vouloir reprendre cette question de la taxation du numérique à son niveau, afin que ces entreprises paient une juste taxation et contribuent ainsi à la solidarité nationale.

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Pour y voir clair en politique, une vision scientifique de l’évolution de l’économie mondiale est indispensable ? Le texte qui suit me semble y contribuer. J’en publierai des extraits en m’efforçant de dire ce que cela m’apporte.

Posté par jacques LAUPIES le 5 novembre 2020

 

http://lepcf.fr/Le-marxisme-est-la-science-sociale-de-notre-temps

 

Pour y voir clair en politique, une vision scientifique de l'évolution de l'économie mondiale est indispensable ? Le texte qui suit me semble y contribuer. J'en publierai des extraits en m'efforçant de dire ce que cela m'apporte. dans POLITIQUE

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Le gouvernement continue de supprimer des lits d’hôpitaux Par Rachel Knaebel

Posté par jacques LAUPIES le 4 novembre 2020

 

Mercredi 4 novembre 2020, par  auteurs à lire, popularité : 54%

Gouvernement et autorités sanitaires continuent de fermer des centaines de lits dans les hôpitaux, malgré la pandémie. Voici la carte des suppressions de lits à venir que nous publions en exclusivité.

On aurait pu penser qu’avec la première vague du Covid qui a déferlé au printemps, les autorités sanitaires, les Agences régionales de santé (ARS), les directions des hôpitaux auraient remis en question la politique de suppression de lits d’hôpitaux qui prime depuis des années. Il n’en est rien. Au moins treize hôpitaux vont continuer de perdre des places d’hospitalisation.

En septembre 2020, la direction du CHU de Besançon a annoncé la suppression d’un service entier de soins de suite et de réadaptation, soit 28 places d’hospitalisation en moins [1]. À l’hôpital psychiatrique du Rouvray, près de Rouen, il a été annoncé début octobre qu’au moins 80 lits seraient supprimés d’ici à 2022 « soit 20 % de la capacité d’hospitalisation », relève l’Union syndicale de la psychiatrie. C’est là, au Rouvray, que des soignants avaient fait une grève de la faim de deux semaines en 2018 pour demander des moyens afin de prendre en charge les patients. Ils avaient obtenu la promesse de créations de postes et de deux nouvelles unités. Ces engagements n’ont pas été tenus.

À l’hôpital psychiatrique du Vinatier, à Lyon, 75 places d’hospitalisation auront fermé en 2020 d’ici fin décembre, nous indique la CGT de l’hôpital. Pendant la première vague du Covid, trois unités d’hospitalisation pour adulte avaient été fermées, officiellement pour libérer du personnel, certains services en manquaient à cause de l’épidémie. Cela devait à l’origine être provisoire. Mais il est déjà clair que l’une de ces unités ne rouvrira jamais. Une autre doit rouvrir en décembre, la troisième est en suspens. En plus du Covid, le Vinatier fait les frais d’un plan d’économies décidé en 2018. Celui-ci prévoit la fermeture des unités d’hospitalisation de longue durée. 75 fermetures de lits sont planifiées dans ce cadre, dont 25 dès décembre. Les patients qui vivaient dans cette unité doivent partir dans des foyers médico-sociaux ou en Ehpad, si des places sont disponibles.

Au CHU de Clermont-Ferrand aussi, les fermetures de lits opérées pour répondre à la première vague du Covid font craindre aux soignants des suppressions à plus long terme. Au printemps, « des chambres du service de cardiologie ont été transformées en chambres pour les malades du Covid, des chambres de deux lits sont devenues alors des chambres d’un seul lit. Nous ne sommes pas encore repassés à deux lits. Nous avons aussi perdu des lits dans le service d’endocrinologie, 28 lits d’hospitalisation complète ont été transformés en hospitalisation de jour », témoigne un aide-soignant du CHU et délégué CGT.

Au CHU de Nancy, le Covid n’a pas non plus remis en cause le plan de suppression de 174 lits d’ici à 2024. Au CHU de Nantes, ce sont environ 100 lits qui ont été fermés depuis le début de la crise sanitaire, a comptabilisé Mediapart. En mai, des parlementaires alsaciens alertaient aussi sur un projet de leur agence régionale de santé de supprimer 20 lits de réanimation, surtout à Strasbourg, alors même que la région Grand Est sortait d’une phase très dure de Covid [2]… Partout, depuis des années, les hôpitaux français suppriment des places d’hospitalisations. Cette tendance se poursuit depuis mars 2020 comme en atteste la carte que nous publions ci-dessous.

Le gouvernement continue de supprimer des lits d’hôpitaux Par Rachel Knaebel dans POLITIQUECette carte réalisée par l’auteur n’est pas exhaustive et demande à être complétée.

Ce comité interministériel qui décide des suppressions de lits

3.400 lits avaient déjà été supprimés en 2019, 4.000 en 2018. Entre 2003 et 2017, plus de 69.000 places d’hospitalisation à temps complet ont disparu [3]. Ces dernières années, ces suppressions de lits passent par des décisions du Copermo, le « Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins », une instance interministérielle créée en 2012 [4]. C’est le Copermo qui a décidé de supprimer 174 lits et des centaines de postes au CHU de Nancy. C’est aussi le Copermo qui veut transformer le CHU de Reims, en y supprimant des lits : 184 lits en moins d’ici à 2027, selon les chiffres annoncés par le maire (LR) de Reims, 210 lits selon la CGT de l’hôpital. Le résultat en tout cas est clair : la capacité d’accueil des patients sera réduite [5]. Au CHU de Tours, le plan Copermo en cours avant la crise du Covid prévoyait de fermer 350 lits [6].

Des considérations strictement financières

À Caen, c’est le projet de reconstruction de l’hôpital qui aboutira à supprimer 200 lits à l’horizon 2026 [7]. À Limoges, un projet de transformation du CHU adopté en 2018 devrait avoir pour conséquence la fermeture d’une centaine de lits [8]. À Nice, un « contrat de retour à l’équilibre financier » proposé par la direction du CHU en 2017 prévoit la disparition d’environ 200 lits [9].

Même chose à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille où le projet de 2019 qui vise à fermer 230 lits est basé sur des considérations strictement financières : il s’agit de sortir les comptes du rouge [10]. Début octobre, en pleine deuxième vague du Covid, la chambre régionale des comptes d’Occitanie a publié un rapport préconisant, là encore, des suppressions de lits au CHU de Toulouse [11].

Il faut « sortir du dogme de la fermeture des lits » affirmait le ministre de la Santé en mai 2020

En région parisienne, les regroupements en cours de sites hospitaliers auront aussi pour conséquence de réduire les capacités d’hospitalisation. Les hôpitaux de Longjumeau, Juvisy et Orsay doivent par exemple fermer pour en ouvrir un nouveau à Saclay (notre reportage). Résultat : des centaines de lits en moins [12]. À Paris, ce sont les hôpitaux Bichat et Beaujon qui doivent disparaître au profit d’un nouvel hôpital à Saint-Ouen. Le nouveau site devrait abriter un quart de lits d’hospitalisation en moins que ceux qu’il est censé remplacer [13]. À Poitiers, la fusion prévue pour 2021 du CHU avec un groupement hospitalier « Nord Vienne » fait également craindre une diminution des places d’hospitalisation [14].

En mai, le ministre de la Santé Olivier Véran affirmait qu’il fallait « sortir du dogme de la fermeture des lits ». Cela fait cinq mois et rien n’a été fait en ce sens. La deuxième vague changera-t-elle la donne ? Les ARS, le gouvernement, les directions d’hôpitaux, écouteront-elles enfin ce que disent les soignants depuis plusieurs années : il faut arrêter de s’attaquer aux hôpitaux, on en a besoin pour soigner.

Rachel Knaebel

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