LES PARLEMENTAIRES COMMUNISTES METTENT LE PAQUET POUR LA RENOVATION DU TRIAGE SNCF DE MIRAMAS

Posté par jacques LAUPIES le 15 novembre 2020

 

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Le député P Dharreville et le sénateur J Bacchi mettent tout en œuvre pour que dans le cadre du débat public sur la nouvelle liaison routière Fos Salon, la question du report modal soit intégrée, en particulier envers le ferroviaire.

 La question du devenir et de la rénovation du triage SNCF de Miramas est essentielle sur le plan économique, social et environnemental.

  • Suite à une rencontre avec le coordinateur régional de la SNCF, vous trouverez ci-joint les courriers adressés par P Dharreville :

- À Jean Pierre Farandou PDG du Groupe SNCF ; à Frederic Delorme Président de Fret SNCF ; à Luc Lallemand PDG de SNCF Réseau

 Pierre Dharreville a aussi mis en place des RDV avec la Ministre de l’écologie et le secrétaire d’état aux transports

  • De son côté J Bacchi a visité ce vendredi le triage de Miramas à l’invitation du syndicat des Cheminots CGT de Miramas (voir l’article du journal La Marseillaise de samedi 14 novembre) et va interpeller le Préfet afin que la table ronde que nous réclamons depuis maintenant 2 ans se tienne rapidement.

 Les Cheminots Communistes avec leurs élus mettent le paquet pour sauver le triage SNCF à la gravité de Miramas et plus largement pour défendre et développer le service public ferroviaire.

 Nous ne manquerons pas de vous faire un retour de leurs réponses respectives.

 Mobilisons-nous, rassemblons-nous, donnons-nous les moyens d’avancer et de gagner !

 Pour les Cheminots Communistes

H Bascunana et Marcel Almero

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Il y a propriété et propriétés…

Posté par jacques LAUPIES le 15 novembre 2020

 

Le philosophe Pierre Crétois. © Editions Amsterdam

Le philosophe Pierre Crétois. © Editions Amsterdam
 

Pierre Crétois, philosophe : « Il faut donner priorité à l’accès universel aux biens d’accomplissement »

Samedi 14 Novembre 2020

Avec « la Part commune », le philosophe Pierre Crétois déconstruit le concept de propriété privée, dont il montre les dangers à la fois sociaux et écologiques. Il invite à repenser la propriété comme un juste accès aux biens communs. ENTRETIEN

 
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Pour sauver la société des inégalités qui ne cessent de se creuser davantage, pour sauver la nature des outrances humaines, il est urgent de repenser le concept de propriété. Le philosophe Pierre Crétois nous y invite dans un essai riche et stimulant, « la Part commune. Critique de la propriété privée ». Contre l’appropriation et l’accumulation sans limites, il y développe un concept de propriété partagée, dont l’institution seule est susceptible de nous faire retrouver notre part commune. Les choses naturelles et humaines ne peuvent être accaparées sans mesure ni conscience politique : elles sont des lieux de rencontre et de partage, dont l’accès doit être garanti à tous.

Quelles sont les ambiguïtés de l’idéologie propriétaire que votre essai entend « débusquer » ?

PIERRE CRÉTOIS J’appelle « idéologie propriétaire » non ce que dit le droit au sujet de la propriété, mais plutôt un ensemble de représentations qui orientent nos comportements et nos attentes de façon souterraine. Pour cette idéologie, la propriété est un droit naturel de la personne qui s’acquiert par le seul travail individuel, qui sanctionne un mérite et sur quoi personne n’a le droit d’interférer, pas même l’État. Cette idéologie est problématique, parce qu’elle est travaillée par des contradictions multiples. La propriété privée est censée être absolue. Or, pour permettre à des propriétaires de cohabiter pacifiquement, il faut nécessairement limiter les droits de propriété. En outre, la propriété, censément acquise par le travail, permet le non-travail par la rente une fois transformée en capital lucratif.

En quoi le droit de propriété est-il venu à constituer le principe des autres droits ? À quelle école de pensée depuis John Locke cette tendance peut-elle être rattachée ?

PIERRE CRÉTOIS John Locke est un penseur du droit naturel qui fait l’hypothèse d’un état de nature antérieur à l’existence des sociétés politiques. Pour lui, l’être humain dispose de véritables droits pleins et entiers avant l’instauration de l’État. C’est un des premiers à avoir centré la question du droit naturel en général sur celle des droits naturels de l’être humain. Il pose une liste des droits fondamentaux : l’existence, la liberté et les biens. Ces droits naturels sont des propriétés de l’individu (properties). Il s’agit d’une interprétation libérale des droits naturels, qui les considère comme des choses que l’on a plutôt que comme des conditions générales de l’accomplissement de l’être humain. C’est ce que Marx attaque dans son ouvrage « la Question juive ».

« Le démon de la propriété privée infecte tout ce qu’il touche », écrit Rousseau, que vous citez. Pour Marx aussi, la propriété privée infecte et dénature notre rapport au monde. Quels sont selon vous les effets les plus pervers de l’absolutisme propriétaire ?

PIERRE CRÉTOIS Depuis les origines de l’idéologie propriétaire, avec le phénomène des enclosures (terme anglais pour désigner la mise en clôture des champs), l’absolutisme propriétaire a pour symbole la clôture. La propriété est interprétée comme un droit de se séparer du reste de la société et de tout l’écosystème. La propriété est alors une zone sur laquelle chacun peut exercer un contrôle absolu sans avoir de comptes à rendre. Or, les droits de propriété devraient plutôt être vus comme des éléments juridiques qui structurent nos relations avec les autres et avec la nature que comme des droits de faire sécession.

Icon QuoteLes droits de propriété devraient plutôt être vus comme des éléments juridiques qui structurent nos relations avec les autres et avec la nature que comme des droits de faire sécession.

Vous démontez les arguments fondés sur le mérite et le travail par lesquels sont le plus souvent justifiées les inégalités de propriété et de richesse…

PIERRE CRÉTOIS Il y a un point de convergence curieux entre Locke et Marx, c’est la centralité qu’occupe le travail dans leurs conceptions respectives de l’acquisition. Marx tire toutes les conséquences de l’idée lockéenne d’une acquisition fondée sur le travail. Il faut exproprier les expropriateurs et rendre le capital aux travailleurs. Ce faisant, il admet un lien puissant entre propriété et travail. Ce lien travail-propriété n’a pourtant rien d’une évidence. Bien des causes de ce que je produis sont indépendantes de mon travail. La récolte de l’agriculteur dépend de bien d’autres facteurs que de son seul et unique travail : le terrain, les semences, le climat, la chance… Que son travail produise quelque chose et soit même nécessaire est sans doute vrai, mais que tout ce qu’il produit provienne de son seul et unique travail est absolument contestable.

Il faut donc reconnaître qu’il y a dans ce que nous récoltons une large part qui n’est pas imputable à notre travail. Se débarrasser de la mythologie du travail et du mérite permet de faire place à des questionnements essentiels portant sur la façon dont les ressources doivent être équitablement réparties au sein de la société. En effet, s’il est vrai que nul ne mérite ce qu’il a, il n’y a alors plus aucun obstacle moral pour soumettre la distribution générale des ressources à des principes de justice.

 

Les concepts de propriété sociale d’Alfred Fouillée, ainsi que de dette sociale de Léon Bourgeois signifient-ils que personne ne possède rien sans les autres ?

PIERRE CRÉTOIS En effet, les penseurs et hommes politiques solidaristes comme Fouillée ou Bourgeois sont des jalons importants dans l’histoire sociale de la IIIe République. Léon Bourgeois, penseur et homme politique solidariste, fut un des premiers défenseurs de l’impôt sur le revenu. Il a publié un livre important, « Solidarité » (1896). Selon lui, nous ne devons pas ce que nous avons qu’à nous-mêmes. Nul, en effet, ne peut se prétendre self-made-man, car personne ne se fait seul et sans l’aide de l’armée invisible de ses semblables. En ce sens, mieux on est loti, plus nous sommes redevables à la société. L’impôt sur le revenu est alors une façon de reconnaître qu’une part de ce que nous gagnons ne nous revient pas.

Rousseau met en scène « le moment charnière de la révolte des pauvres démunis contre les riches qui les privent du nécessaire ». Ne sommes-nous pas allés au bout de cette menace et d’un tel moment charnière ?

PIERRE CRÉTOIS Oui, c’est certain. Les inégalités mondiales explosent. Nous sommes sans doute tout proches de la situation évoquée par Rousseau, situation qui impose la refondation du contrat social. La propriété n’est légitime qu’à partir du moment où, pour les plus modestes, la respecter n’est pas un contrat de dupes. En outre, l’époque actuelle ajoute un point que Rousseau n’avait pu anticiper : la crise écologique montre que l’usage que nous faisons de ce qui nous appartient peut nuire aux autres, notamment par la pollution qu’il produit. On ne peut donc séparer la propriété de tout l’écosystème dont elle fait partie.

Icon QuotePlutôt que de chercher qui du capitalisme, de l’Etat ou du collectif des travailleurs est légitime propriétaire des moyens de production, j’ai préféré reprendre le problème à la racine.

Redéfinir un concept de propriété comme norme sociale attentive à la communauté et à l’environnement n’impose-t-il pas de redéfinir les échelles de valeur entre les biens, ainsi que des limites aux rémunérations ?

PIERRE CRÉTOIS Défendre l’inappropriabilité des choses ou leur copossession fondamentale ce qui, sous ma plume, signifie sensiblement la même chose, implique de faire droit à ce qu’il y a de commun dans le propre. Qu’il y ait une part commune dans toutes les ressources, y compris appropriées, impose que leur gestion et leur distribution soient compatibles avec l’exigence d’équité. Il s’agit d’assurer la compatibilité de l’usage ou de l’exploitation des biens (y compris privés) avec les droits que la communauté peut faire valoir sur ces mêmes biens. Cela suppose de donner la priorité aux exigences de justice sur les considérations purement économiques.

Pour cela, il faut certes relativiser ou subordonner la propriété, mais il n’est pas nécessaire de défendre une économie dirigée ou entièrement pilotée par l’État. Il faut et il suffit de soumettre l’économie à des cadres généraux assurant l’équité globale du système. Parmi ces cadres régulateurs qui déterminent l’espace dans lequel il est légitime de disposer de ce qui nous appartient, on peut imaginer, outre un salaire minimum, un salaire maximum, un Code du travail protecteur ou même un revenu de base inconditionnel. Au contraire de ce que l’on laisse souvent croire, il n’existe, a priori, aucun argument moral (fondé, par exemple, sur le caractère confiscatoire de l’impôt ou sur la défense de la propriété privée) valable pour faire obstacle au financement de ces dispositifs.

Les choses seraient donc inappropriables dans l’absolu. Les biens premiers et communs seraient selon vous des droits d’accès à l’alimentation, au logement, à la santé, à l’éducation, à la culture… Comment étendre ces droits d’accès de façon juste, dégagée des impasses de la propriété privée ?

PIERRE CRÉTOIS Ce qui compte n’est pas la propriété privée des choses mais l’accès à ce qui, à travers elles, nous permet de mener la vie qui nous convient. On sait que le partage et la propriété socialisée (les services publics) permettent, souvent bien mieux que la propriété privée, d’offrir à tous un accès à un ensemble de ressources essentielles (éducation, sport, culture, santé, justice…). La prise de conscience du fait qu’il faut donner priorité à l’accès universel aux biens d’accomplissement, plutôt que de favoriser systématiquement l’accession à la propriété privée, m’apparaît comme une intuition essentielle pour surmonter la croyance selon laquelle la propriété et les marchés sont la meilleure manière de conduire au progrès social.

Vous traitez relativement peu des expériences collectivistes….

PIERRE CRÉTOIS Bien qu’elle me soit très sympathique, j’ai volontairement pris le parti de ne pas partir de l’hypothèse communiste. Cela s’explique simplement. Il y a une ambiguïté dans ce que l’on entend par collectivisme : soit c’est la propriété étatisée, soit c’est la propriété coopérative. Ces deux versions de ce que l’on entend par collectivisme ou abolition de la propriété privée appartiennent à deux traditions politiques divergentes : le communisme étatique ou le communisme libertaire. Je n’avais pas l’intention d’entrer dans la question à ce niveau. Plutôt que de chercher qui du capitaliste, de l’État ou du collectif des travailleurs est légitime propriétaire des moyens de production, j’ai préféré reprendre le problème de la propriété à la racine pour voir comment peuvent s’articuler équitablement les diverses revendications portant sur les ressources. Nous sommes en train de vivre une transition, il faut renouveler radicalement notre appareil conceptuel.

Le défi politique actuel n’est-il pas de concilier la conception sociale de la propriété avec le respect et le contrôle mutuel des désirs et projets de chacun ?

PIERRE CRÉTOIS C’est exactement cet équilibre ténu entre la conception sociale de la propriété et la garantie de la liberté individuelle qu’il s’agit de trouver. D’ailleurs, il n’est pas certain que l’une aille sans l’autre.

En savoir plus
« La Part commune. Critique de la propriété privée »
de Pierre Crétois. Éditions Amsterdam, 220 pages, 16 euros.
Les suggestions de l’auteur
« L’Invention de la propriété privée »
de Rafe Blaufarb. Éditions Champ Vallon, 2016.
« La Théorie politique de l’individualisme possessif »
de Hobbes à Locke », de Crawford Brough Macpherson. Éditions Gallimard, 2004.
« La Juste Part »
de David Robichaud et Patrick Turmel. Éditions les Liens qui libèrent, 2016.

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Maître de conférences en philosophie politique à l’université Bordeaux-Montaigne, Pierre Crétois, depuis la parution de sa thèse, « le Renversement de l’individualisme possessif, de Hobbes à l’État social » (Classiques Garnier, 2014), poursuit ses recherches sur les limites du concept moderne de propriété. Il est également auteur de nombreux articles.

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Un coup les vieux, un coup les jeunes, un coup les commerçants, bref les coupables sont, selon les médias, partout dans le développement de la pandémie…La pauvreté s’installe ça c’est sur : c’est la généralisation de la mendicité pendant que s’installe une répression sournoise ! Résistez, respirez, ne vous laisser pas endormir par le grand bourgeois, le moyen et le petit, par le prolétaire moutonnier. Soyez grand !

Posté par jacques LAUPIES le 14 novembre 2020

 

Supporter des amphis ultrabondés en début d'année, puis s'adapter à des cours en semi-présentiel, puis passer au distanciel... suivre un cursus universitaire s'apparente à un parcours du combattant. © Lilian Cazabet/Hans Lucas

Supporter des amphis ultrabondés en début d’année, puis s’adapter à des cours en semi-présentiel, puis passer au distanciel… suivre un cursus universitaire s’apparente à un parcours du combattant. © Lilian Cazabet/Hans Lucas
 

Ils témoignent : Génération Covid, une jeunesse sacrifiée ?

Samedi 14 Novembre 2020

Ils ont 20 ans, l’âge auquel on construit sa vie étudiante, professionnelle, amicale, amoureuse, parfois – souvent – tout cela à la fois. Leur présent et leur avenir, déjà obscurcis par la crise sociale et écologique, se dessinent, depuis le premier confinement, plus noirs encore. Et comme si cela ne suffisait pas, ils ont été accusés de diffuser le Covid. « Il est difficile aujourd’hui d’avoir 20 ans », reconnaissait Macron. Dont acte ? TÉMOIGNAGES.

 

Il devait fêter ça comme il se doit. Vingt ans, ce n’est pas rien, hein ? Et puis le Covid est passé par là. Avec lui, son lot de mesures sanitaires chaque fois plus restrictives. Les masques, la distanciation physique ? On s’adaptera. Le couvre-feu ? Pas grave, la fête aura lieu plus tôt. Le nouveau confinement ? L’affaire devenait décidément de plus en plus compliquée. Finalement, c’est à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), dans un cercle familial des plus restreints, que Martin Jamet devait passer le cap d’une autre décennie, ce mercredi 4 novembre. « Je crois que je vais regarder l’élection présidentielle américaine à la télé », dit-il, le ton un poil désabusé. « Vingt ans, c’est symbolique ! Ça devrait être festif. Mais loin de mes amis, ça devient morne, une vraie déchirure… »

 

Surtout, le jeune homme redoute de devoir passer ses belles années entre vagues épidémiques, confinements à répétition, masques et distanciation. Un comble, pour l’étudiant en licence 3 de cinéma à Paris-Dauphine. Car sa vraie vie, à 20 ans, il la voyait en train de discuter ferme avec ses camarades du Michel-Ange, le dernier film de Konchalovsky. Ou en usant les vieux fauteuils du ciné-club de son université. Avant la crise, celui qui aspire au métier de scénariste savait déjà qu’il s’engageait dans un secteur précaire, difficile. Mais là, ce sont les stages, les festivals qui se ferment à lui. Autant d’opportunités envolées, pourtant incontournables afin de se forger un précieux réseau. « J’avoue ne plus avoir de perspectives. La visibilité est hyperréduite. Personne aujourd’hui ne peut se projeter au-delà de ne serait-ce que quinze jours, alors dans un an ! » soupire-t-il.

« Se serrer les coudes »

Si le Covid bouleverse le monde entier, il secoue plus particulièrement la jeune génération. Cette crise sanitaire, vite devenue une crise économique et sociale, est en bonne voie pour brouiller durablement la vie des jeunes. Emmanuel Macron l’a dit le 14 octobre dernier : « C’est dur d’avoir 20 ans en 2020. » Mais le constat présidentiel reste bien pauvre d’actions. Car, comme le souligne la sociologue Anne Lambert, « ce dont ont besoin les jeunes, c’est de se projeter dans un horizon collectif qui leur fait une place sur le marché du travail ».

 

Avant le Covid déjà, le taux de chômage des jeunes actifs (25 %) était de deux et demi à trois fois plus élevé que celui du reste de la population. Au début des années 1980, environ 12 % de ces jeunes actifs étaient en emploi précaire. Ils sont 35 % aujourd’hui. Et l’âge moyen d’accès du premier CDI est proche de 29 ans. « Je suis sceptique pour l’avenir mais, dans le fond, on est tous dans la même merde. On va se serrer les coudes entre jeunes et trouver de nouvelles solutions pour l’emploi. Enfin je l’espère. » Antoine Meulenyser, 21 ans, est en première année d’un BTS commerce en alternance. Or, trouver une entreprise qui accepte un apprenti relève aujourd’hui du miracle. Problème : un contrat avec une entreprise, c’est la condition indispensable pour la poursuite des études. « Immobilier, concession automobile, banque… J’ai frappé aux portes de toutes les entreprises de mon département, dans les Yvelines. Un bon tiers de ma classe est dans le même cas que moi, sans entreprise. Nous avons jusqu’à janvier pour en trouver une. Mais avec le confinement, les boîtes ne prennent même pas la peine de répondre aux mails. C’est mort… »

« Quelque chose qui cloche »

Théo Legendarme, 21 ans, pensait avoir eu plus de chance. Son alternance, après une recherche acharnée, il l’avait enfin décrochée. Pourtant, rien n’était joué. En deuxième et dernière année d’une école parisienne d’audiovisuel, il devait chercher dans un secteur très affecté par la crise du Covid. « Finalement, une entreprise de production audiovisuelle m’a pris à l’essai. Au début, tout allait bien, se souvient-il. En juillet, l’État avait proposé de payer la totalité de la formation. Le problème, c’est que l’entreprise n’a pas pu bénéficier de cette aide. J’étais payé 980 euros. Je leur coûtais trop cher. » Théo avait 45 jours de mise à l’essai. Au 44e jour, on l’informe qu’il ne continuera pas. « Ils m’ont fait passer pour quelqu’un de pas sérieux auprès de mon école. Ils ont signé ensemble une rupture de contrat dans mon dos », tempête-t-il. Quand il se présente à son école, on lui signifie que, sans alternance, il ne peut plus suivre les cours. « Aujourd’hui, j’ai du mal à me projeter dans un an, deux ans, avec le Covid, et vivre toujours comme ça. S’il n’y a pas d’alternative, je rentrerai dans la police ou la gendarmerie. Au moins, là, il y a du boulot. »

 

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Cassandre Sagan peut voir l’avenir plus sereinement. Un privilège en ces temps de vache maigre. La jeune femme de 21 ans, qui vit chez ses parents dans la périphérie de Poitiers, en est consciente : « Beaucoup d’apprentis ont perdu leur alternance. » En BTS opticien-lunetier, elle a trouvé un opticien à Neuville-de-Poitou qui entendait bien former un jeune pour l’embaucher plus tard. Aujourd’hui, la jeune femme, malade du Covid, récupère chez elle. De quoi cogiter. Car cette crise, dit-elle, l’a poussée à réfléchir davantage. « Je me sentais protégée contre pas mal de maladies, avec un système de santé que je pensais performant. Et puis l’engorgement des hôpitaux a remis beaucoup de choses en question. Au départ, je voulais être infirmière ou sage-femme. Mais les études sont extrêmement élitistes. Je n’ai pas été admise en deuxième année. Pourtant, j’aurais été capable de le faire, j’en suis convaincue. Et le besoin en personnels soignants est énorme. Alors je me dis qu’il y a quelque chose qui cloche. Que ce n’est pas normal. »

Les voyages form(ai)ent la jeunesse

Pour Crescent Duplessy, à 22 ans, l’école est finie. Fort de son diplôme de l’école parisienne du Conservatoire libre du cinéma français, il imaginait avoir son autonomie, trouver un travail et vivre, pourquoi pas, avec sa copine. Tout ça, c’était avant. Avant que le Covid ne frappe de plein fouet le monde de la culture. Toutes ses candidatures en tant que monteur sont restées lettres mortes. « C’est un secteur qui va avoir du mal à se renouveler. Il aura du mal à recruter des gens comme moi », craint-il. Crescent rêvait de courts métrages. Ses projets sont à l’arrêt.

 

« Je vis un épisode très particulier de ma vie, comme tous ceux de ma génération. La crise sanitaire nous coupe tout espoir. Je me suis inscrite à Pôle emploi… » L’espoir de Natacha Scandella, étudiante en 4e année aux beaux-arts de Besançon, c’était un séjour Erasmus, quasi obligatoire pour valider l’année. Naples, en Italie, avait donné son feu vert. Mais, très vite, c’est le flou total. Plus question avec la montée du Covid de partir le premier semestre. Le second semestre ? Peut-être. Mais rien de sûr. « J’avoue que je ne sais plus rien. Je suis déroutée. Mes plans sur le long terme ont été chamboulés du jour au lendemain », se désole la jeune femme de 22 ans. Elle trouve un stage dans un collectif d’artistes à Bruxelles. Mais, là aussi, les frontières se ferment. « J’ai reçu un mail la semaine dernière qui m’annonçait l’annulation du projet. » Confinée en colocation à Besançon, elle se dit désorientée, avec un rythme complètement perturbé et sa promotion divisée. « Je vais commencer un mémoire sans méthodologie, sans repère. Je suis perdue. » Pourtant, Natacha assure ne pas être au fond du trou. Et se trouve même privilégiée, avec des parents qui lui assurent une sécurité financière. « Car là, les jobs étudiants, c’est mort. »

Dans le quartier du Franc-Moisin, à Saint-Denis, véritable ville dans la ville avec ses 8000 habitants, 47 % des moins de 25 ans sont au chômage.

Logements précaires, jeunes obligés de retourner chez leurs parents, jobs étudiants en berne, enseignement à distance et décrochage… depuis mars, le Covid a décuplé les inégalités parmi les jeunes, alors que les classes dites populaires forment à elles seules, selon l’Insee, la moitié de la population active. Ces jeunes vivent aussi bien dans les cités qu’à la campagne ou dans des zones périurbaines. Ils se retrouvent moins bien armés que les autres face à la saturation du marché de l’emploi.

 

Dans le quartier du Franc-Moisin, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), véritable ville dans la ville avec ses 8 000 habitants, 47 % des moins de 25 ans sont au chômage. Djibril Fahim, 22 ans, est sorti de la fac avec une licence de comptabilité. Depuis presque un an, il cherche un emploi. « Je connais quelqu’un qui a été pris à un des postes auxquels je postulais. Il a moins d’expérience que moi. Mais lui, il habite dans les Hauts-de-Seine et il ne s’appelle pas Djibril », dit-il l’air fataliste. Le Covid lui a soufflé le peu d’espoir qu’il lui restait de trouver un emploi qui correspondrait à ses diplômes. Et même un emploi tout court. Pour ajouter à la morosité ambiante, les rencontres avec les potes deviennent quasi impossibles depuis le nouveau confinement, dans cette cité où les patrouilles de police représentent le lot quotidien.

Drôle d’endroit pour une rencontre

Dans le pavillon familial des Yvelines, Antoine est branché sur les réseaux sociaux. Une bien maigre compensation. « C’est mieux que rien, souffle-t-il. Et c’est là où l’on s’aperçoit de la valeur des relations sociales. » Pour une éventuelle relation amoureuse, il faudra attendre encore, sourit-il. Théo n’a pas eu cette patience. Il s’inscrit sur Tinder, un site de rencontres. « J’ai rencontré quelqu’un mais on ne peut pas se voir. Elle habite à Paris et moi dans le Val-d’Oise. C’est frustrant. Et j’imagine notre première rencontre avec des masques sur le visage. C’est bizarre, non ? »

Natacha explique que le Covid l’a fait sortir brutalement de l’insouciance. Et avoue qu’être confinée dans un tout petit appartement avec un colocataire peut devenir pesant. Mais cette situation hors normes lui a aussi permis de se retrouver elle-même. « Lorsque tu revois les gens, tu te sens plus authentique et tu ne t’encombres plus avec une posture sociale. »

Un coup les vieux, un coup les jeunes, un coup les commerçants, bref les coupables sont, selon les médias, partout dans le développement de la pandémie...La pauvreté s'installe ça c'est sur : c'est la généralisation de la mendicité pendant que s'installe une répression sournoise ! Résistez, respirez, ne vous laisser pas endormir par le grand bourgeois, le moyen et le petit, par le prolétaire moutonnier. Soyez grand ! dans POLITIQUE
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11 NOVEMBRE A TARASCON EN PROVENCE

Posté par jacques LAUPIES le 12 novembre 2020

N’oubliez pas : certains ont cru servir la patrie mais ils ont servi les puissances industrielles et financières et cela s’est répété 20 ans plus tard avec en prime la nécessité d’abattre le fascisme…Alors jeunes d’aujourd’hui soyez vigilants ! Car si l’histoire peut ne pas se répéter, la lutte des classes est toujours présente dans les camps qui s’affrontent et les possédants dominent toujours dans chacun d’eux…Les pleurnicheries de l’extrême droite, de la droite et hélas, parfois de  nombre de socio démocrates voudraient faire oublier cette réalité ! Regrettable que des courants religieux soient, parfois, eux aussi, instrumentalisés et caution de ces pleurnicheries !

   personnalités3    Porte Drapeaux personnalités 1

policiers et militaires représentés  personnalités 2  anciens combattants

Drapeaux à contre jour   solidaires malgré tout

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Fabien Roussel s’adresse au Premier Ministre

Posté par jacques LAUPIES le 10 novembre 2020

 

 Fabien<br />
                        Roussel

 

 

 

Crise sanitaire/confinement 

Fabien Roussel interpelle le Premier ministre

86 852 nouveaux cas positifs à la Covid-19 pour la seule journée du 7 novembre : jour après jour, les sombres records de contaminations ne cessent d’être battus. Il en est malheureusement de même pour le nombre de patients hospitalisés et celui, plus tragique encore, des décès.

La seconde vague prend ainsi la forme d’un véritable tsunami qui déferle sur nos hôpitaux.
Médecins, infirmiers, aides-soignants, toutes les professions de santé rapportent que la situation sanitaire se dégrade à un rythme extrêmement préoccupant. Cette situation est d’autant plus alarmante que les capacités de soin, notamment en réanimation, demeurent beaucoup trop restreintes.

Dans les Hauts-de-France, le nombre de patients en réanimation a dépassé aujourd’hui le pic atteint lors de la première vague. Huit mois après, la situation est donc plus grave !

Dans l’arrondissement de Valenciennes (Nord), des premiers patients ont été évacués vers des hôpitaux allemands. Si notre voisin d’outre-Rhin dispose de 28 678 lits de soins intensifs et de réanimation, soit près de 5 fois plus que nos propres capacités, l’Allemagne, elle-même confrontée à une deuxième vague importante, indique déjà qu’elle ne pourra pas accueillir autant de malades français qu’au printemps dernier.

Personne ne pourra admettre que des médecins, submergés par le nombre de patients, soient amenés à faire des choix insupportables au plan éthique et à prioriser certains patients au détriment des plus fragiles. 

Dès lors, vous ne pouvez pas tout faire reposer sur les Français, les salariés, celles et ceux obligés d’aller travailler aujourd’hui. Votre ministre de la Santé a ainsi déclaré, jeudi dernier lors de sa conférence de presse : « Si les Français ne respectent pas le confinement, dans 8 jours la situation sera désespérée dans nos hôpitaux ! ». Ce serait donc de notre faute ! C’est une culpabilisation insupportable de nos concitoyens.

Comment peut-il dire aux lycéens, aux collégiens et aux personnels des établissements scolaires que ce sera de leur faute s’ils attrapent ce virus quand ils sont obligés de s’entasser dans des couloirs, à la cantine, ou quand la moitié des personnels d’entretien sont malades et non remplacés ?

Comment peut-il faire porter la responsabilité aux ouvriers, tels ceux de Toyota que j’ai rencontrés et qui sont 3 500 à travailler à Onnaing, à se croiser dans les vestiaires, à la cantine, avec leur pause de 20 minutes pour manger ? Un tiers des clusters se situe dans les entreprises.

Comment peut-il faire porter la responsabilité à toutes celles et ceux obligés d’aller travailler et de prendre le métro, le RER ou le TER et à s’entasser dans ces transports collectifs, comme si le virus n’y circulait pas ?

Lors de la première vague, le confinement strict de l’économie durant le mois de mars avait permis de faire baisser le taux de contamination de 77 % en 4 semaines ! Je crains fort que ce confinement allégé ne parvienne à ce résultat.

Pour que les Français respectent les règles, il faut des consignes claires, cohérentes, les mêmes pour tous, et à la hauteur de la menace qui pèse sur notre pays. Surtout, nos concitoyens ont besoin de règles admises et décidées ensemble, en y associant autant le Parlement que les représentants du monde du travail. La démocratie n’est pas un problème, c’est même une grande partie de la solution pour prendre les meilleures décisions, même quand elles sont difficiles.

L’heure n’est plus aux demi-mesures. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, le confinement que vous avez mis en place n’enraye pas la courbe des contaminations et des patients en réanimation. De plus, il suscite de la colère car il oppose ceux qui peuvent poursuivre leur activité et ceux qui ne le peuvent pas.

La santé des Français doit primer sur toute autre considération, y compris économique. Et pour faire face aux conséquences d’un nouvel arrêt de notre économie, il serait temps de faire jouer la solidarité, quitte à ce que les pouvoirs publics l’imposent quand les plus fortunés, les banques et les assurances, les Gafa refusent de mettre la main à la poche. Ce n’est quand même pas à l’État, et donc aux contribuables, de tout prendre en charge quand certains s’enrichissent pendant cette crise ! 

Face à la gravité de la situation, je vous appelle solennellement à prendre ces mesures fortes indispensables pour notre pays, pour nos concitoyens.

Je reste à votre disposition pour en parler de vive voix.
Je vous prie de croire, Monsieur le Premier ministre, en l’expression de ma haute considération.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord

Fabien Roussel s'adresse au Premier Ministre dans POLITIQUE

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