« Je veux une gauche qui fait briller les yeux, qui fait rêver »

Posté par jacques LAUPIES le 18 juillet 2021

 

« Je veux une gauche qui fait briller les yeux, qui fait rêver »

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« Il faut une volonté politique pour réindustrialiser la France », lance Fabien Roussel. Cette « réindustrialisation » est un des axes forts de sa campagne. PHOTO M.E.H.

ENTRETIEN

Fabien Roussel, le candidat du PCF à la présidentielle veut remobiliser l’électorat populaire. Sa campagne débute au lendemain d’élections régionales et départementales marquées par un taux d’abstention record. « Aller à la rencontre », « donner envie », c’est tout l’enjeu.

La Marseillaise : Comment fait-on pour se lancer dans une campagne de la présidentielle, avec, aux dernières échéances électorales, un taux d’abstention de 65 % ?

Fabien Roussel : On a confiance dans les idées que l’on défend. On s’appuie sur une force militante et d’élus locaux importante. Car ces élus locaux notamment, font la démonstration dans leur commune, dans leur département, leur région, de notre utilité. Et c’est fort de cette confiance-là que l’on se lance dans cette grande bataille, en se disant qu’il n’y a pas de fatalité, le pire serait d’abandonner, de dire « c’est trop compliqué ». Non, il faut ouvrir un espoir, on voudrait pouvoir incarner cet espoir à gauche, il y a besoin de retrouver une gauche qui fait briller les yeux, qui fait rêver, et qui dirait aux Français : « Si demain nous étions au pouvoir, ça changerait fortement pour vous, pour votre pouvoir d’achat, votre salaire, pour vos conditions de travail… » C’est ça l’enjeu. Et on pense à ça et rien d’autre.

 

Justement, on a l’impression à vous voir, à vous écouter, que pour être « candidat » il faut être très chevronné…

F.R. : Ce n’est pas un métier, c’est un engagement ! Je suis moi-même député, depuis quatre ans maintenant, militant depuis de nombreuses années. On a fait le choix d’un engagement et de se mettre au service des autres. J’ai pas l’impression de faire des sacrifices, j’ai l’impression d’exercer ma passion pour mon pays jusqu’au bout ! De la même manière qu’un président d’association ou d’un maire d’une commune, il y consacre ses semaines, ses week-ends, ses nuits parfois. C’est une affaire de cœur, en fait. Il suffit d’y aller avec son cœur !

 

A priori, cette campagne va être complexe, au prorata des candidatures que l’on voit émerger notamment au sein de la gauche.

F.R. : Quand j’ai vu la Une de Libé (1), je me suis dit qu’il faudrait sortir la Une du Figaro, avec les candidats de droite. Cette diversité, à gauche comme à droite, elle fait partie du débat politique, chacun à des idées différentes et les Français doivent pouvoir choisir, justement. Entre une politique libérale, poussée à l’extrême, une gauche réformiste, ou une gauche qui retrouve ses fondamentaux et remet en cause le capitaliste. Cette diversité permet un débat le plus riche possible. Le problème ce n’est pas qu’il y ait plusieurs candidats à gauche ou à droite, le problème, c’est d’intéresser les Français à ça.

 

Pour revenir aux fondamentaux : la réindustrialisation. Comment voulez-vous procéder ? On incite ou on oblige à ?

F.R. : D’abord, si notre pays a été désindustrialisé c’est qu’il y a eu des décisions politiques qui ont ouvert complètement notre marché à l’extérieur et qui ont fait le choix de la concurrence entre les peuples et les pays. Et bien nous disons le contraire. Qu’il y a besoin d’une autre volonté politique, qui fait le choix de la relocalisation de l’activité : pour l’emploi et offrir des perspectives aux jeunes ; pour le climat, c’est le développement des circuits courts à l’échelle d’un pays ; et pour le budget de l’État, pour avoir des recettes fiscales supplémentaires. Cette volonté c’est de dire : « Nous allons mettre de l’argent public au service de cette relocalisation. » Aujourd’hui, l’État, les collectivités, dépensent 140 milliards d’euros d’argent public – c’est le dernier rapport présenté à la commission des finances – sans aucune contrepartie, sans aucun engagement. Prenons l’exemple de l’entreprise MBF de Saint-Claude (2), en tant qu’État je suis actionnaire de Peugeot et de Renault, je décide de verser de l’argent public à ces grands groupes, en échange de faire travailler les entreprises françaises, dont les fonderies de Saint-Claude, de l’Aveyron, de Bretagne et donc de maintenir une activité industrielle ici, et les 254 emplois de Saint-Claude.

 

Nous avons connu, lors de cette crise sanitaire, un fiasco français : absence de masques, de gel, de matériel médical… Et nous n’avons toujours pas de vaccin « made in France », comment analysez-vous cette situation ?

F.R. : En fait, cette crise s’est abattue sur le pays en même temps que les blouses blanches manifestaient pour plus de reconnaissance et plus de moyens… On a bien vu que notre pays n’était pas suffisamment armé pour faire face à une telle pandémie. Et nous n’avions pas les outils industriels et sanitaires pour produire nous-même ce dont nous avions besoin, même pas à l’échelle de l’Europe ! Ces questions doivent se travailler à l’échelle de l’Union européenne. Cela montre que la Santé, qui est une priorité pour nos concitoyens et qui n’a pas de prix, doit être un bien public. Nous devons avoir un pôle public du médicament, avoir la maîtrise des vaccins et d’autres médicaments, le paracétamol, par exemple. On a besoin de ça, sinon nous allons rester un pays dépendant des autres. Nous avons besoin de retrouver une forme de souveraineté sanitaire, qui n’existe plus.

Entretien réalisé par Sylvain Fournier

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Je ne vois pas la nécessité (dans ma situation : 85 ans et sous traitement cardio-vasculaire) de me faire vacciner…

Posté par jacques LAUPIES le 17 juillet 2021

 

Stephane Mahe/ Reuters

Stephane Mahe/ Reuters
 

Covid-19. « Sans les annonces, je ne serai pas venu me faire vacciner »

Samedi 17 Juillet 2021

L’instauration du pass sanitaire pour tous a poussé un certain nombre de personnes, jusque-là réticentes à toute injection, à sauter le pas. Reportage dans le centre de vaccination de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine.

 

« On n’a plus le choix. On ne nous laisse plus le choix », lâche Malek, 55 ans, d’un ton résigné. Un sentiment partagé par la plupart des personnes qui se rendent, ce vendredi 16 juillet, au centre de vaccination du Gymnase Paul Langevin de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Pour le docteur Guirec Loyer, directeur des services de santé et de prévention de la ville, la vaccination est entrée dans une troisième phase, celle « des gens contraints, des “puisqu’il faut le faire” » depuis le début de semaine dernière Plus précisément depuis lundi 12 juillet, quand le Président de la République a annoncé l’obligation vaccinale pour « les personnels soignants et non soignants des hôpitaux, cliniques, maisons de retraite, établissements pour personnes en situation de handicap et pour les professionnels et bénévoles travaillant au contact des personnes fragiles, y compris à domicile » et l’instauration rapide du passe sanitaire pour tous les lieux accueillant du public.

C’est à cause de ces annonces que Malek s’est résolu à se faire vacciner. « Sinon, je ne l’aurais pas fait », assure-t-il. À quelques chaises de là, Morgan et Sabrina, un couple d’une trentaine d’années, ont anticipé l’obligation vaccinale. Ils viennent pour leur seconde injection, en compagnie de leur fille. Elle fait partie du personnel soignant et lui travaille dans la restauration. Depuis les annonces présidentielles, l’un comme l’autre sont contraints de se faire vacciner pour exercer leur métier. « Et pour vivre et voyager », ajoute Morgan. Tout comme David, régisseur, demeurant à Asnières-sur-Seine. « Dans mon métier, cela fait déjà un an que l’on ne peut plus bosser et on sait qu’à la rentrée, on refusera de nous employer si on n’est pas vacciné », raconte-t-il.

De la réticence à la pression familiale

Tous ont sensiblement les mêmes appréhensions envers la vaccination. « Dans un premier temps, j’ai eu un réflexe de réticence envers ces vaccins récents. Je m’interrogeais sur le recul vis-à-vis des effets secondaires », concède Marion, chargée de mission dans le milieu associatif, trentenaire, qui a vécu, lorsqu’elle était au collège, l’affaire du vaccin contre l’hépatite B en 1994, soupçonné alors d’être à l’origine de maladies auto-immunes telles que la sclérose en plaques. « On craint les conséquences du vaccin à long terme », résume Sabrina, qui a l’impression d’être « un mouton ».

Au-delà de l’obligation légale, la pression familiale semble aussi jouer un rôle dans la décision de se faire vacciner. « Mes parents m’ont eux aussi poussé à le faire, reconnaît Morgan. Ils ont peur pour eux. » « J’ai incité mes parents à se faire vacciner donc je le fais aussi. Il faut être cohérent », confie de son côté David. Pour Marion, il s’agit plus d’une responsabilité envers la société. « On a l’impression que c’est le seul outil contre la propagation du virus et les variants. Et si ça peut éviter de reconfiner tout le monde à la rentrée… »

Pas d’effets d’annonces

Lundi soir, après les annonces du chef de l’État annonçant l’obligation du passe sanitaire, les rendez-vous de vaccination sont repartis à la hausse d’un coup. Depuis, certains centres sont pris d’assaut. Ce n’est pas tout à fait le cas à Gennevilliers. « On n’a aucun mal à remplir sur Doctolib, mais c’était déjà le cas avant les annonces présidentielles. En revanche, on voit à nouveau des gens venir en fin de journée, sans rendez-vous, pour savoir s’il y a des doses en plus. Ce n’était plus le cas depuis un mois, un mois et demi », décrit Guirec Loyer. Avec seulement 33 % des habitants ayant reçu une première dose et 21 % de totalement vaccinés, Gennevilliers est la deuxième ville la moins vaccinée des Hauts-de-Seine. Certaines communes du département frôlent en effet les 50 %. « On a une population similaire à celles de villes comme Villeneuve-la-Garenne, Saint-Denis ou Aubervilliers avec des taux de vaccination semblables, commente le responsable du centre. C’est une population précaire, éloignée des soins de santé et encore plus de la prévention, faiblement vaccinée de manière générale. » Chaque jour plus de 300 personnes sont vaccinées à Gennevilliers. Un chiffre qui n’a pas vraiment évolué depuis les annonces du chef de l’État, en raison d’un nombre de doses dépendant des dotations de l’ARS d’Ile-de-France, qui n’ont pour l’instant pas augmenté. Une réunion à ce propos devait avoir lieu vendredi 16 juillet.

D’ici le 16 août, le centre de vaccination passera en horaires restreints pour permettre à l’équipe de prendre des congés et en prévision d’une probable baisse de la fréquentation. « En adaptant les horaires, le centre peut rester ouvert tout l’été lorsque ailleurs, les centres ferment pendant une ou deux semaines. », précise Guirec Loyer. Avec l’objectif, d’ici-là, de passer à 200 personnes vaccinées par demi-journée contre 150 actuellement.

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Appréhender la lecture par le plaisir

Posté par jacques LAUPIES le 16 juillet 2021

 

 
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Hormis le mercredi, la bibliothèque vagabonde s’installe deux fois par jour dans le Panier. PHOTO N.K.

Un petit livre imagé dans la main, Djuliann déchiffre les lettres du mot « Maman » une par une. Âgé de 6 ans, il entrera en classe de CP à la rentrée et commencera l’apprentissage de la lecture. « On essaie déjà de lui apprendre un peu, mais ça ne sert à rien de se presser », explique Laetitia, sa mère. Approbateur, Fred Berry lui répond : « L’important c’est qu’il s’habitue à avoir un livre entre les mains, à prendre du plaisir au contact de livres. »

Chaque jour de la semaine, il installe une « bibliothèque vagabonde », composée de tapis, de coussins et de plusieurs dizaines de livres pour enfants, dans des espaces publics du panier.

L’objectif : « accoutumer les gamins aux livres, faire en sorte que ce ne soit pas quelque chose qu’ils rejettent », affirme Fred Berry. « Notre vocation n’est pas de leur apprendre à lire, c’est simplement qu’ils trouvent du plaisir avec les livres », poursuit-il. Membre du Théâtre de la Mer, il a conçu et organisé ces « bibliothèques vagabondes » dès le mois d’avril, dans le cadre du projet plus large « les Aires de lectures ».

Depuis septembre, une comédienne du Théâtre de la Mer se rend une fois par semaine dans deux écoles du Panier pour faire la lecture aux plus petits. Les livres, choisis avec les enseignants, servent de point de départ pédagogique pour les professeurs. « Nous, on offre le côté ludique et l’école le côté apprentissage », observe Fred Berry en ajoutant que « les deux sont complémentaires ». Une approche qui semble porter ses fruits, explique l’intermittent du Théâtre de la Mer : « Les professeurs avec lesquels on travaille affirment remarquer la différence, les gamins à qui on vient faire la lecture développent des capacités supplémentaires, ils apprennent plus facilement. »

 

Éducation populaire

Ce jeudi, hormis le petit Djuliann, en vacances dans le Sud avec sa famille, très peu de monde est venu sur la place Des Moulins pour profiter de la bibliothèque vagabonde. « Quand on organise cela spontanément, c’est en général assez calme. Mais on travaille aussi en partenariat avec des associations. Eux nous amènent directement des groupes d’enfants », raconte Fred Berry.

Avant les vacances scolaires, la bibliothèque vagabonde était installée devant des écoles, à la sortie des cours. Les disparités socio-économiques et la répartition inégale des différents capitaux étaient palpables entre les écoles. À l’école Hozier, située dans le quartier populaire de la Joliette, Fred Berry constate un succès plus nuancé de la bibliothèque vagabonde. Il explique que si dans les quartiers favorisés, les enfants ont l’habitude d’aller dans les bibliothèques, de voir des livres à la maison, ce n’est pas le cas partout. « C’est d’ailleurs là que l’on peut être le plus utile, c’est du travail de longue haleine », commente-t-il. « Même si les gens ne viennent pas forcément, ils sont contents qu’on soit là. La frontière pour inviter les enfants à la lecture est toute fine. C’est à nous de la franchir en leur lisant des histoires. Ensuite, la seconde étape, c’est d’attirer les parents », affirme l’intermittent du spectacle.

En effet, si les organisateurs de la bibliothèque vagabonde lisent pour les enfants, l’idée originale est que ce soient les parents qui fassent la lecture à leur progéniture. Le but étant de créer une continuité entre une « lecture plaisir » dans le cadre du projet et l’espace intérieur, celui de la maison, où les enfants pourraient continuer à nourrir leur goût pour les livres.

En somme, c’est une mission d’éducation populaire que porte la « bibliothèque vagabonde ». « On veut faire en sorte que la lecture devienne facile d’accès aux gamins, qu’ils ne considèrent pas que ce soit réservé à l’élite. Qu’ils se disent moi aussi je peux et j’ai le droit », affirme l’intermittent du spectacle.

Niel Kadereit

« Faire en sorte que les gamins ne considèrent pas la lecture comme réservée à l’élite »

Fred Berry

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Attention à la pensée unique en matière de santé !

Posté par jacques LAUPIES le 15 juillet 2021

Un député libéral (LR) s’inquiète des dispositions prises par le gouvernement pour éviter la propagation du virus. Je l’ai entendu sur BFMTV, interwievé par un journaliste de cette chaîne qui , comme la plupart de ses collègues de la presse, s’emploie à faire avaler la pillule du vaccin à tout prix… Et à n’importe quel prix.

Bien que n’étant pas du même bord que ce député philosophe, je partage son point de vue : qui consiste à dire qu’il n’appartient pas aux patrons de bistrot de contrôler la situation sanitaire de ses clients, pas plusque bien d’autres tenanciers de quelque chose en ce bas monde de plus en plus bas. Certains indiquent que le cas échéant c’est l’affaire de la police.

Il est beaucoup de personnes qui considèrent qu’elles n’ont pas de garanties suffisantes pour subir un vaccin soit parce qu’elles estiment ce dernier insuffisamment éprouvé ou que leur état de santé particulier n’offre pas, lui non plus, toutes les garanties pour tenter une opération qui, si elle indéniablement un effet pour éliminer les mefaits de la pandémie et sa disparition,  peut les mettre en danger.

Certains, prenant appui sur des accidents, survenus dans leur entourage, marqués par des issues fatales pour des personnes en « pleine forme » qui sont décédées peu après avoir été vaccinées. On sait bien que dans les milieux les plus en difficultés on n’a pas toujours le réflexe de s’interroger sur tel ou tel accident cardio vasculaire ou autre atteinte inattendue, sur l’origine véritable du décès, si personne d’autre ne s’en préoccupe !

Doit on rester passifs devant le silence qui s’installe et ne pas exiger que des démentis fondés s’expriment ne serait ce qu’en élaborant des statistiques précisant lla nature et la catégorie des décès recensés ?

Ne laissons pas s’installer une pensée unique en matière de santé !

 

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Entre l’attitude péremptoire de nos gouvernants concernant le recours au vaccin et celle des pseudos complotistes qui le condamnent bien difficile d’y voir clair et d’être confiant vis à vis des propos des multiples perroquets que nous imposent les médias. Alors que nous reste-t-il pour nous déterminer ?

Posté par jacques LAUPIES le 15 juillet 2021

 A ce propos j’ai ma méthode, faite de pragmatisme mais toutefois incertaine et que je me garderai bien  de vouloir conseiller aux autres et, bien que n’en ayant pas le pouvoir, de tenter de l’imposer.

Soignant rhumes et grippes des les premiers symptômes avec des tisanes, du sommeil et de l’homéopathie, quelque cachet pour combattre les maux de gorge, j’ai tres rarement recours aux antibiotiques dont certains médecins et autres soignants  considèrent que mieux vaut ne pas en abuser.

Comme ces thérapies suffisent généralement à me remettre sur « pattes » (que l’âge  affaiblit inéluctablement) je laisse de côté consultations inutiles sauf pour renouveler une ordonnance  prescrivant un traitement  suite à l’embouchonnement d’une coronaire. Profitant de l’occasion pour demander de l’aide pour soigner les petits maux que, le temps s’écoulant, apparaissent régulièrement.

Ma dernière consultation chez ma cardiologue en mars 2020 suite à un état de fatigue évident et quelques jours de maux de gorge, caractérisé notamment par une légère perte de gout aboutit à la  prescription d’une coronarographie  d’urgence. Me voila donc inscrit dans une clinique privée car mon prescripteur m’a indiqué qu’il ne s’occupait des démarches que si j’allais dans ledit établissement. Manque de pot ou peut-être coup de chance, je suis accueilli le jour de l’admission par une brigade de jeunes employées qui me flanquent une thermomêtre en forme de pistolet sur le front et me signifient que je ne serais pas admis car l’état a réquisitionné pour le covid.

Me voila donc conduit à attendre, sauf que je ne me précipite pas vers de nouvelles consultations, freiné par le premier confinement me contentantd’appliquer mon traitement, de demander à mon traitant de nouvelles analyses de sang et une prescription de test PCR que le laboratoire refuse d’exécuter en me demandant de me déplacer dans un hopital, ce que je ne ferai pas car il faut le déplacer dans une ville voisine pour cela !

Oubliée la coronarographie car pas trop envie d’aller trainer mes savates dans un hôpital, oublié le test que personne ne me propose, je m’en tiens au traitement habituel et du mieux que je peux à une certaine hygiène de vie dont bien entendu je ne ferais pas état ici ! 

Le vaccin ? Personne dite à risque vaut peut-être mieux que je l’évite : la science a ses vérités absolues mais tellement de relatives…

L’article ci dessous  est intéressant de ce point de vue.

 

© Jeanne Mercier/Hans Lucas/AFP

© Jeanne Mercier/Hans Lucas/AFP
 

« Il est fort probable que la crise du Covid ait brouillé le lien entre science et pouvoir », explique Françoise Salvadori, experte en virologie

Mercredi 14 Juillet 2021

Françoise Salvadori, maître de conférences en immunologie à l’université de Bourgogne (*), analyse la méfiance d’une partie de la population française vis-à-vis des vaccins anti-Covid, à ARN messager, et revient sur les raisons historiques et politiques de la crise de confiance entre citoyens, scientifiques et institutions au pays de Pasteur. Entretien.

 

Depuis le début de l’apparition des vaccins contre le Covid-19, les réseaux sociaux et les sondages font apparaître une hésitation de la population face à la vaccination, notamment des craintes concernant les vaccins à ARN messager. Comment analysez-vous ce phénomène ?

FRANÇOISE SALVADORI Face à ce virus qui met la planète à genoux depuis dix-huit mois, les comportements sont souvent loin de la rationalité. On n’a pas cru à la gravité de la maladie, ni à l’efficacité des masques, même en haut lieu… Quand sont apparus les premiers vaccins, en un temps record (cinq ans pour un vaccin Ebola, dix ans pour d’autres maladies, par exemple), il était légitime de se poser des questions. L’industrie pharmaceutique ne dispose pas d’un gros capital de confiance, égratignée par des scandales bien véridiques et condamnée pour ses bénéfices réels, très mal perçus par le public. Du soupçon au complot, il n’y a qu’un pas, d’autant plus facile à franchir que les fantasmes sont légion autour de vaccins utilisant des techniques nouvelles pour le public (mais pas pour les chercheurs du domaine). Quand on parle d’ADN, d’ARN messager, on touche à l’identité, l’individualité : la symbolique est forte autour de ce qui semble nous constituer très intimement et qui serait mis en péril, « manipulé » peut-être par les vaccins. C’est compréhensible, mais accessible à la pédagogie si on est de bonne foi et qu’on fait confiance au scientifique, qui donne des explications. C’est beaucoup moins excusable, voire criminel, quand des spécialistes véhiculent eux-mêmes des assertions totalement erronées sur cet ARN qui modifierait notre patrimoine génétique. L’ARN ne pénètre pas dans le noyau abritant l’information génétique et a une très courte durée de vie dans nos cellules… Et nos cellules sont régulièrement envahies par l’ARN des virus qui nous infectent, SARS-CoV2 et beaucoup d’autres, sans que personne ne s’en inquiète ou n’imagine en être profondément transformé !

Comment interprétez-vous le fait que la France, pays de Pasteur, soit si méfiante envers les vaccins ?

FRANÇOISE SALVADORI Cette méfiance vis-à-vis des vaccins n’est pas neuve, elle existe depuis les premières pratiques d’inoculation préventive contre la variole, au XVIII e siècle, et n’est pas propre à la France. La France ne s’est pas illustrée parmi les pays les plus méfiants dès les origines : les premiers mouvements organisés d’opposition aux vaccins sont nés en Angleterre, à la suite des lois d’obligation vaccinale promulguées dès le milieu du XIX e siècle. La France n’a rendu la vaccination obligatoire qu’au début du XX e siècle, et c’est surtout après la Seconde Guerre mondiale que la politique vaccinale est devenue plus volontariste. La loi d’obligation du BCG, vaccin antituberculeux, en 1951, a été suivie, en 1954, par la création de la première Ligue anti-vaccins/anti-obligation. L’époque pasteurienne avait été auparavant marquée par des oppositions assez vives, critiques ad hominem contre la personnalité du savant ; on lui reprochait d’être réactionnaire ou bonapartiste, catholique, orgueilleux ou cupide. La méfiance française contemporaine s’est affirmée dans une période plus récente ; elle fait en partie suite à des scandales sanitaires divers qui ne concernent pas les vaccins (sang contaminé par le VIH, affaires de l’amiante, du Mediator…) et à des communications maladroites ou erronées touchant cette fois les vaccins (revirements des ministres de la Santé à propos de la vaccination contre l’hépatite B dans les années 1990, commande jugée trop massive de vaccins contre la grippe A/H21N1 en 2008-2009, discours ambigus sur les adjuvants). Les messages contradictoires sur les masques, ainsi que l’excès de prudence qui a accompagné le début de la campagne vaccinale n’ont pas été de nature à améliorer les choses.

Le lien de confiance entre la population française et la science et ses institutions est-il affaibli en ce moment ? Y a-t-il eu un point de rupture ?

FRANÇOISE SALVADORI La rupture du lien de confiance des Français vis-à-vis des autorités de santé n’est pas très nouvelle (on pourrait la dater des années 1980) ; leur méfiance vis-à-vis des scientifiques et de la science serait encore plus récente. La Fondation Jean-Jaurès fait un parallèle, dans une enquête de février dernier, entre le rejet des vaccins et celui de la technologie 5G, selon l’opinion des interrogés sur la science et ses apports à l’humanité : chez ceux qui jugent la science surtout bénéfique, 53 % seraient favorables à la 5G et 71 % à la vaccination, alors que pour les sondés mettant en avant les méfaits de la science, 39 % sont favorables à la 5G et 40 % seulement à la vaccination. Ces positions ne sont pas indépendantes de la défiance envers les institutions ; il y a une proportion non négligeable de citoyens rétifs envers ces deux technologies (pourtant très différentes dans leurs buts…) dont les engagements politiques diffèrent. Il est fort probable que cette crise sanitaire ait brouillé le lien entre science et pouvoir : le conseil scientifique est apparu parfois proche du pouvoir (trop proche, voire « vendu »), quand celui-ci s’appuyait sur ses avis pour les décisions sanitaires, et parfois inutile quand le pouvoir préférait ne pas suivre ses avis, dépréciant ainsi le rôle de la science… Les débats sur certains plateaux télévisés donnant la parole avec la même légitimité apparente à des scientifiques s’appuyant sur des données validées et à des outsiders cherchant surtout à se positionner comme « antisystème » ont sans doute aussi brouillé les messages : le temps et la forme de l’information en continu ne sont pas ceux de la recherche scientifique, la science n’est pas une opinion comme une autre.

Les mouvements antivax sont-ils un symptôme d’une crise plus large de la médecine et de la science en général, en France ?

FRANÇOISE SALVADORI Il y a sans doute un affaiblissement de la confiance en la science facteur de progrès, dans la mesure où un certain nombre de problèmes contemporains, du réchauffement climatique aux pollutions diverses et leur impact sur la santé et la biodiversité, sont autant de faits qui peuvent assombrir la promesse d’un avenir radieux. Il s’agit là d’une crise mondiale, une crise de pays riches au moins, qui fait rêver un peu partout d’un monde plus « naturel ». En France, en particulier, on a vu le rejet des compteurs Linky, de la 5G, et on observe aussi une préférence marquée pour les médecines douces, alternatives, dont on apprécie à la fois l’apparente « naturalité » et la prise en compte revendiquée du « terrain », donc de l’individu dans son intégralité, mais aussi son individualité. L’homéopathie, dont les Français sont les plus adeptes au monde malgré l’absence d’une efficacité prouvée, est par exemple l’exact contraire de la vaccination de ce double point de vue ; des campagnes de masse par un produit très ciblé et hautement technologique semblent peu compatibles avec le principe d’un traitement individualisé et « naturel » visant à rétablir un équilibre de terrain. Cette propension à penser que la nature est bonne mère fait partie des motifs immuables de méfiance face aux vaccins depuis les origines ; elle se décline de façon ordinaire par ce choix de l’homéopathie, un choix souvent d’ailleurs non exclusif, mais aussi sous des formes plus extrêmes, à travers des affirmations sur l’origine forcément non naturelle du virus du Covid, ou le recours à des gourous proposant des régimes crudivores ou autres recettes bien-être qui emplissent les rayons santé des librairies.

Vis-à-vis de la médecine, les Français ont des comportements assez paradoxaux : gros consommateurs de médicaments, en particulier d’antibiotiques et d’anxiolytiques, ils figurent régulièrement dans la liste des plus méfiants vis-à-vis de la vaccination. Ces médicaments qu’ils réclament à leur médecin ne sont pourtant pas sans effets secondaires, plus fréquents et graves que ceux des vaccins proposés actuellement et, dans le cas des antibiotiques, leur surconsommation nuit gravement à leur efficacité collective. Mais ces médicaments apportent un bénéfice immédiat, personnel et tangible, au contraire des vaccins pour lesquels on ne perçoit jamais individuellement l’efficacité, mais seulement les effets secondaires ! Il est naturel sans doute de penser que le Covid, c’est plutôt chez les autres, ou qu’on n’a pas de facteurs de risques, et plus difficile de réfléchir en termes de couverture vaccinale et de bénéfice collectif.

(*) Coauteure avec Laurent-Henri Vignaud de Antivax. La résistance aux vaccins du XVIII e siècle à nos jours,  éditions Vendémiaire, prix Villemot de l’Académie des sciences.

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