Dans l’Huma de ce vendredi : Spécial Engels, les deux cents ans. Friedrich Engels, penseur et passeur révolutionnaire pour aujourd’hui

Posté par jacques LAUPIES le 27 novembre 2020

Friedrich Engels (1820-1895). © MP/Leemage

Spécial Engels, les deux cents ans. Friedrich Engels, penseur et passeur révolutionnaire pour aujourd’hui

Vendredi 27 Novembre 2020

À l’occasion du bicentenaire de la naissance du militant et théoricien du communisme, né le 28 novembre 1820 à Barmen, en Rhénanie prussienne, retour sur quelques pistes fécondes de l’œuvre et de la pensée de l’inspirateur de la fondation de l’Internationale ouvrière.

 

Sur un des plus célèbres chapiteaux de la cathédrale de Vézelay, Moïse verse du grain, symbole de la Loi ancienne, dans les meules d’un moulin que récolte Paul de Tarse dans un sac de toile sous la forme d’une farine figurant la Loi nouvelle. Disposés l’un et l’autre d’un côté et de l’autre d’un arbre les surplombant, l’un est dans l’ombre et l’autre en pleine lumière.

Au cours d’une conférence consacrée à la question de l’État et de son dépérissement comme perspective de la révolution d’Octobre, donnée en juillet 1919 devant les étudiants de l’université moscovite Sverdlov, Lénine exhorte ses auditeurs et ses auditrices : « J’espère que (…) vous lirez l’ouvrage d’Engels l’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État. » « C’est, précise-t-il, une des œuvres maîtresses du socialisme moderne. »

De l’autre côté de la Volga, dont les plaines sont alors ravagées par les affrontements de la guerre civile et l’intervention des troupes étrangères, c’est au nom de la même figure d’autorité intellectuelle que Karl Kautsky publie Terrorisme et communisme, ouvrage dans lequel celui qui fut le « pape » du marxisme après la mort d’Engels en 1895, engagé dans une virulente polémique qui l’oppose à Lénine et à Trotski, expose une critique acerbe du bolchevisme. Dans son apologie de la « stratégie parlementaire » comme seule perspective pertinente de l’action de la social-démocratie, il fait également référence à Engels et notamment à la préface – falsifiée, comme l’explique ci-après le philosophe Jean Quétier – qu’Engels rédigea pour l’édition de 1895 des Luttes de classes en France, de Marx. Son « testament politique ».

Objet d’un consensus de référence pour les deux courants « frères ennemis » du marxisme de l’après-Révolution russe de 1905 et de 1917, l’un « réformiste », l’autre « révolutionnaire », l’œuvre d’Engels, malgré des différences d’interprétations majeures, était alors incontournable, débordant le strict cercle du mouvement ouvrier, communiste et socialiste. Assassinés le 15 janvier de la même année 1919 par les Corps francs, sous les ordres du ministre du gouvernement du social-démocrate de Friedrich Ebert, Gustav Noske, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, victimes de la répression de la Révolution spartakiste, s’en réclamaient, non sans esprit critique cependant, avec autant de chaleur.

À l’ombre de celle de Karl Marx, l’œuvre de Friedrich Engels est aujourd’hui parfois considérée comme étant à l’origine des différentes versions du marxisme scolastique qui ont fleuri après la mort de l’auteur du Capital et, sous une forme plus ou moins sclérosée, voire policière, de la prise de pouvoir de Staline en URSS, dans les années 1930. En France, c’est, par exemple, l’idée directrice de Maximilien Rubel, chargé de l’édition des œuvres de Marx à la « Bibliothèque de la Pléiade », qui, à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance d’Engels, identifie ce dernier comme étant le principal responsable de l’invention du « marxisme en tant que culte ».

Après un passage au purgatoire de la pensée, son retour actuel, dans le sillage de celui de Marx, est l’occasion de redécouvrir un auteur plus complexe que celui qui fut la « proie » posthume, plus ou moins heureuse, de ceux qui s’en réclamaient, penseurs originaux ou épigones. Loin de tout « moulin mystique », de tout catéchisme « diamat » ou encore de toute fosse à la Spinoza pour « chien crevé », un auteur dont la pensée constitue un itinéraire essentiel dans l’histoire de l’émancipation humaine, itinéraire de penseur et de passeur révolutionnaire illustré ici en suivant quelques-unes de ses pistes. Un homme d’exception aussi, dont les engagements personnels et politiques forcent le respect.

« Maximilien Rubel a fait d’Engels le coupable de toutes les déviations et de toutes les tendances dogmatiques du marxisme, ce qui est complètement abusif », explique le philosophe Étienne Balibar, collaborateur de Louis Althusser à l’époque de Lire le Capital (1965) et de Pour Marx (1965). « La tradition dogmatique dans le marxisme, et en particulier celle qui vient de la IIIInternationale et, derrière, de la IIInternationale, s’est énormément servie d’Engels parce que celui-ci avait fourni des formulations simples et claires là où Marx avait laissé un chantier », précise-t-il : « C’est lui qui a “porté le chapeau” auprès de tous les gens qui s’étaient fixé comme objectif de “libérer” le marxisme de ce qu’ils considéraient comme ses tendances dogmatiques, ce qui n’est pas du tout vrai. » « Ce qui est certain, c’est qu’Engels a dit cette phrase fameuse : “Marx était un génie ; nous autres, tout au plus, des talents” », précise encore le théoricien de l’« égaliberté » : « Il s’est mis en second, derrière Marx. » Mais si l’ « on peut dire, en effet, que Marx a apporté des choses plus fondamentales à la pensée qu’Engels, la première question qui s’impose, c’est de savoir si Marx aurait pu le faire sans Engels, or, cela n’est pas évident du tout. »

De la période où Marx et Engels nouent leur amitié dans les milieux politiques des immigrés allemands de Paris et de Bruxelles, au milieu des années 1840, à celle de la publication du premier livre du Capital dans les années 1860 et de leur engagement commun dans la Ire Internationale et, jusqu’à la mort de Marx en 1883, dans leurs interventions théoriques des années qui suivent la Commune de Paris de 1871, c’est de fait une pensée en commun qui se livre au regard rétro­spectif. Une pensée mêlée et engagée « dans la mêlée » sur les deux plans de la théorie et de la pratique politique dont les linéaments peuvent se suivre dans leur abondante correspondance, dans les manuscrits et les livres qu’ils signent ensemble tels ceux de l’Idéologie allemande (1845), du Manifeste du Parti communiste (1848), mais aussi dans les ouvrages qu’ils publient en leur nom propre, sans parler de leurs nombreux articles. Une pensée en dialogue permanent où, quelquefois, chacun à tour de rôle prend celui d’un sparring partner sans concession, offrant peu d’exemples équivalents dans l’histoire intellectuelle, Marx, in fine, gardant en main les guanti bui sur le ring de l’histoire.

Le premier « coup droit » est cependant donné par Engels, qui fait part de son enquête sur la Situation des classes laborieuses en Angleterre en 1844 (1845) à son nouvel ami, exilé à Paris puis à Bruxelles, poursuivi par la police prussienne pour ses idées démocratiques. Son travail de terrain dans le slum de Manchester, où Engels, à moins de 25 ans, fils d’un riche bourgeois industriel, est conduit par la main par Mary Burns, jeune ouvrière irlandaise avec qui il franchit le mur de classe et de qui il demeurera épris jusqu’à la fin de sa vie – voir l’Humanité du 10 août 2020 –, est en effet l’occasion d’une série de coups de force théoriques et d’un « changement de terrain » dont lui et son ami ne quitteront dès lors plus jamais les sentiers.

« La Situation des classes laborieuses en Angleterre, une étude qu’Engels fait à Manchester, la ville où il travaille dans l’usine de son père, a une incidence sur Marx au sens où, avec lui, on quitte la pure philosophie et la discussion avec l’idéalisme allemand pour aller vers une analyse presque ethnographique de la classe ouvrière », explique Florian Gulli, coauteur avec Jean Quétier de Découvrir Engels (2020). « Au-delà de son contenu, ce n’est pas seulement un livre à relire ou à plaquer sur le réel d’aujourd’hui, mais un geste qui mérite d’être réitéré dans une perspective politique », renchérit-il. « Dans cette enquête, Engels a vraiment été pionnier pour toutes les sciences humaines et sociales avec une pratique et des textes méthodologiquement fondateurs », explique pour sa part Rachel Renault : « Même si, dans le contenu scientifique, cela a évolué ici et là, sur la démarche, ce sont des intuitions qui vont être fécondes sur le long terme. » Autre aspect à souligner chez Engels, selon l’historienne autrice d’une étude sur la Guerre des paysans en Allemagne (1850) du philosophe, l’esprit de révision et de précision scientifique qui lui fait remettre sans cesse sur le chantier ses travaux historiques. Un point commun avec Marx trop souvent manqué par leurs critiques ou certains de leurs épigones plus fidèles à la lettre qu’à la méthode et à l’esprit de leurs travaux. Au centre de sa démarche, dans cet écrit « à chaud » mais remis donc sans cesse sur le métier, l’effort pour produire le dévoilement des logiques internes du processus historique, au-delà des apparences, de l’idéologie et des luttes politiques.

Cette révolution théorique qui combinera bientôt l’idée d’une analyse des infrastructures techniques, sociales et économiques, déterminantes « en dernière instance », en tant que socle d’activités, des processus de l’action historique, celle du caractère antagonique des sociétés modernes fondée sur la lutte des classes, celle d’un caractère historique et dialectique de leur devenir, ainsi que du caractère semi-volontaire ou semi-conscient de l’action historique elle-même, est simultanée à celle de Marx, qui l’étend plus spécifiquement au domaine de l’économie politique.

Caricaturée, peu comprise ou déformée ultérieurement, Engels s’emploiera à la défendre contre un certain réductionnisme après la mort de son ami en intervenant directement et en republiant ses œuvres. Il s’emploiera également à lui donner l’expression théorique d’une conception du monde – Weltauffassung, une conception, plutôt que Weltanschauung, une vision, comme le souligne Étienne Balibar – dans des écrits tels que l’Anti-Dühring (1878) ou son Ludwig Feuerbach et la fin (sortie) de la philosophie classique allemande (1888), Marx ayant toujours remis à plus tard l’effort pour l’exposer lui-même de manière explicite, appliqué qu’il était à ce que Lénine appellera plus tard « l’analyse concrète des situations concrètes », dans les interstices d’un temps libre qui, s’il s’était accru pour Marx au lendemain de la publication du premier livre du Capital, était essentiellement consacré à l’action politique dans le cadre du mouvement ouvrier de son époque.

Un « péché originel » que ne lui pardonneront peut-être jamais ceux qui n’ont pas le courage de monter sur un ring analogue à celui qu’ils fréquentèrent, ni à rentrer dans l’arrière-salle où, dans la solitude, Engels, maître d’œuvre de la fondation de la IIe Internationale à Paris, le 14 juillet 1889, s’emploiera à faire revivre le Maure dans un dialogue où celui-ci ne lui répondait plus. Mais c’est peut-être dans l’audace même de certaines de ses corrections, de ses interventions, de ses hésitations, de ses erreurs d’interprétation et de ses écarts, tels ceux qui surgissent par exemple entre lui et Marx, comme le montre Saliha Boussedra sur la question de l’émancipation féminine – voir page 25 – que s’ouvre pour nous ce dialogue interrompu mais vivant car toujours ouvert, accueilli par la petite porte privée de l’appartement londonien du « général » Engels, celui-là même qui ne s’ouvrait qu’aux amis et aux militants ouvriers. Pour trinquer aussi, une stout à la main pour son anniversaire, avec Mary et Lizzie Burns, un pied de nez par la fenêtre donnant à l’étage sur la rue passante des bourgeois en marche, tête nue, les cheveux gominés avec une mèche « à la Napoléon » tombant sur une calvitie naissante ou savamment ébouriffés, avec ou sans houppette, au pas de l’oie, en melon ou haut-de-forme avec ou sans canne à bout ferré, à l’union internationale de la classe laborieuse et, gants de cuir en pognes, au renversement révolutionnaire du capitalisme.

Pour en savoir plus

Découvrir Engels, de Florian Gulli et Jean Quétier, Éditions sociales, 2020. - Engels. Le gentleman révolutionnaire, de Tristram Hunt, Flammarion, 2009. - Le Rôle de la violence dans l’Histoire, de Friedrich Engels, le Temps des cerises, 2020. L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, de Friedrich Engels, le Temps des cerises, 2012. - Les Principes du communisme, de Friedrich Engels, Éditions sociales, 2020. Correspondance, tome 13 (1875-1880), Marx/Engels, Éditions sociales, 2020. - Annales franco-allemandes, Marx/Engels, Éditions sociales, 2020. La Sainte Famille, Marx/Engels, Éditions sociales, 2020.

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A l’intention de mes concitoyens tarasconnais de toutes religions et de ceux qui n’en ont pas…(extraits d’un article paru dans le blog « faire vivre le PCF »)

Posté par jacques LAUPIES le 24 novembre 2020

 

Le terrorisme islamiste est d’abord un mouvement politique, de type fasciste

Tout le monde le sait, les premières victimes du terrorisme islamiste sont des musulmans, dans tous les pays arabes où se multiplient attentats, guerre civile et guerres. Il y a des centaines de milliers de victimes musulmanes du terrorisme islamiste. L’Algérie a payé un très lourd tribu pendant les années noires avec 200 000 morts civils et 30 000 soldats, presqu’autant que pendant la guerre d’indépendance [1]

S’il y a des terroristes en Libye, au Mali, c’est parce que la France a fait tomber le régime Libyen pour des raisons inavouables d’intérêts géostratégiques et économiques. S’il y a des terroristes de toute la planète en Syrie, tchétchènes, ouïgours ou… français, c’est que les puissances occidentales ont voulu faire tomber le régime syrien et tout le monde sait que ce n’est pas pour la « démocratie », dont on se contrefout quand il faut vendre des armes aux saoudiens ! Nous avons mis le feu dans ce pays, qui a eu des centaines de milliers de morts dont beaucoup victimes des mêmes réseaux terroristes que nous dénonçons chez nous ! Mais quand il y a un attentat dramatique à Moscou, on demande des comptes à Poutine sur le respect des droits de l’homme dans sa guerre contre les terroristes tchétchènes, alors que personne ou presque n’exprime d’émotion devant les milliers de morts civils des bombardements occidentaux à Mossoul contre Daech.

Le terrorisme est bien une question de politique internationale. C’est un outil au service de puissances qui le financent et que nous ne condamnons pas ! Ce n’est pas la religion que les terroristes défendent, mais un projet politique de domination, un projet de prise de pouvoir qui ressemble plus au fascisme [2] qu’à un projet religieux.

Non, ce n’est pas l’islam le problème, mais ce qu’il faut nommer le fascisme islamiste

En affirmant qu’ils parlent au nom de l’islam, les terroristes mentent totalement, mais comme tout mensonge, il laisse des traces, et pousse certains à la confusion, tombant dans le piège d’accuser l’islam d’en être à l’origine. Malheureusement certains le font en toute connaissance de cause, profitant des attaques terroristes pour eux aussi diviser les peuples, faire croire à une guerre des civilisations, alors même que le terrorisme islamiste combat d’abord la civilisation islamique !

Car l’islam, comme le judaïsme et le christianisme, a eu ses heures de lumière et ses heures sombres. La civilisation islamique a été pendant des siècles l’avant-garde intellectuelle du moyen-âge ! C’est connu en mathématique ; le mot « algorithme » très actuel a pour origine un mathématicien arabe qui en est un pionnier. C’est vrai aussi en biologie avec les premiers penseurs de l’évolution, bien avant Darwin ! Quand le christianisme brulait des scientifiques, l’islam affirmait que personne ne devait contredire un fait observé, ouvrant la voie à l’autonomie de la science. Le grand philosophe musulman Averroès défendait l’égalité des femmes et leur droit de travailler, au 12ème siècle !

L’islamisme du 20ème siècle symbolisé par le salafisme d’Arabie Saoudite est pour l’islam ce que l’inquisition a été pour les chrétiens. C’est d’abord un enjeu de domination politique, une lutte d’influence entre l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie, avec le Maroc en arrière-plan.

Il faut donc refuser le piège que nous tend le terrorisme en acceptant d’en faire une question religieuse. Nous n’avons pas besoin d’aller vérifier dans le livre ce que dit ou ne dit pas l’islam, de même qu’il est inutile de tenter de comparer les écrits des différentes religions pour espérer trouver des arguments sur un sujet qui n’est pas religieux mais politique ! Au mieux, on va seulement s’apercevoir que les religieux ont écrit tout et son contraire, et que toutes les religions ont été utilisés dans les guerres, les massacres, les répressions.

Ce n’est donc pas aux seuls musulmans de combattre le terrorisme, mais à tous les citoyens quelque soit leur conscience, leur foi ou leur origine. On ne peut le faire qu’en considérant le terrorisme islamiste comme un mouvement politique international, un mouvement qu’il faut classer à l’extrême-droite. On ne peut le faire qu’en prenant conscience de son utilisation géopolitique pour déstabiliser des pays arabes, mais aussi le sud de la Russie, le nord-ouest de la Chine. Ces guerres dans lesquelles interviennent Al Qaida ou Daech sont toutes au service des tentatives de l’impérialisme US d’empêcher une alliance des pays du Sud avec la Chine et la Russie. Ce sont les routes de la soie que les crimes terroristes veulent interdire dans tout le grand Moyen-Orient.

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Le Directeur de l’Humanité Patrick Le Hyaric prévient des risques de la loi de Darmarin

Posté par jacques LAUPIES le 23 novembre 2020

 

Alerte : où va la liberté d’informer en France ?
 
A peine la fameuse loi dite de « sécurité globale » est-elle mise en débat au Parlement qu’elle produit déjà de redoutables effets, que ce soit dans l’action au cœur de Paris ou dans les paroles du sinistre ministre de l’Intérieur. A l’occasion de la manifestation qui, le 17 novembre dernier, visait précisément à contester notamment l’article 24 de ce texte (qui interdit de filmer des policiers en action lors de manifestations), des journalistes ont été intimidés par ceux-ci. L’un d’entre eux a été placé en garde à vue.
 
Dans la foulée, le ministre de l’Intérieur a proclamé que désormais les journalistes devront demander une autorisation préfectorale pour couvrir des manifestations. Oui, cela se passe en France, quand un gouvernement et un président – pour se faire réélire – croient bon de devenir le parti de l’ordre dans une folle course avec l’extrême droite.
 
Bref, pour résoudre un lourd problème de viol de la conception républicaine du maintien de l’ordre, après les affaires Benalla, les violences contre les Gilets jaunes, contre de jeunes lycéens ou des activistes pour le climat, le pouvoir a décidé soi-disant de protéger les policiers en rendant leurs actions non transparentes. Voici donc un nouveau tour de vis après l’inutile loi contre les « fausses nouvelles », les menaces de poursuites contre les journalistes qui ne donnent pas leurs sources, des gardes à vue pour certains d’entre eux, les pressions sur les « lanceurs d’alerte ».
 
La liberté d’informer est menacée. Il n’y a pas de qualité de l’information si on restreint les droits de celles et ceux qui en sont chargés en une période de défiance généralisée envers toutes les institutions, les paroles publiques. Veut-on créer une situation ou les rumeurs, les complots divers puissent se répandre pour garder la main ? Veut-on créer en toute chose des divisions accentuées dans la société entre les corps constitués pour tenir le pays d’une main de fer ? Y aurait-il bientôt une définition officielle de LA VERITE ? Il faut retirer ce texte qui n’aidera même pas les policiers puisque leur sécurité ne peut être garantie que par la transparence.
 

Le Directeur de l'Humanité Patrick Le Hyaric prévient des risques de la loi de Darmarin  dans POLITIQUE
Tribune : Nous n’accréditerons pas nos journalistes pour couvrir les manifestations
 
Responsables de rédaction, nous nous inquiétons de la volonté du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, de porter atteinte à la liberté de la presse dans le cadre des manifestations.
 
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Et un de plus…A demain pour le commentaire de cet article paru dans l’Humanité !

Posté par jacques LAUPIES le 22 novembre 2020

Sandra Regol regrette que la France, face au Covid-19, ne se soit pas davantage inspirée de la Corée du Sud ou de l’Allemagne. Julien Jaulin/Hans Lucas

 

Sandra Regol : « Il y aura bien un candidat écologiste en 2022 »

Lundi 23 Novembre 2020

Pour la secrétaire nationale adjointe d’EELV, Sandra Regol, les crises sanitaire, sociale et sécuritaire, ainsi que leur gestion par le gouvernement confortent l’idée que l’écologie politique devra être représentée à l’élection présidentielle. Entretien.

 

EELV et Génération écologie ont saisi le Conseil d’État pour demander un aménagement du confinement au nom de « l’égal accès à la nature ». Est-ce vraiment une priorité ?

SANDRA REGOL Quand vous ne pouvez pas emmener vos enfants dans un espace vert proche ou qui n’est pas surpeuplé, aller courir ou marcher dans une zone sans voitures ou pollution, oui, c’en est une ! C’est un droit de respirer un air qui ne soit pas pollué et il devrait être respecté. C’est une question de santé publique, et même de santé mentale, pas assez prise en compte alors que les spécialistes alertent avec le confinement.

Quel regard portez-vous sur la gestion de la seconde vague ?

SANDRA REGOL Depuis le départ, la maladie a été sous-estimée. Certes, c’est une pandémie historique : on ne peut pas totalement jeter la pierre au gouvernement. Mais, de fait, il y a eu des flous sur les masques, les tests ou les respirateurs qui ont provoqué des suspicions dans la population. Cela se traduit aujourd’hui notamment par la montée d’un phénomène complotiste. Le deuxième problème est de ne pas s’être inspirés plus tôt des pays qui ont été touchés avant nous, comme la Corée du Sud. On peut aussi s’interroger sur les premières mesures de couvre-feu alors que la population française était favorable aux trois quarts à un confinement dont on était sûrs des effets.

En quoi les écologistes auraient-ils mieux fait ?

SANDRA REGOL Je ne sais pas si on aurait fait mieux mais on aurait fait différemment, en s’inspirant de ce qui se fait ailleurs. Je pense par exemple à l’Allemagne qui, sans être une référence absolue, a pris des décisions courageuses en aidant plus de 600 PME à basculer de leur production habituelle à la production de biens nécessaires à une réponse à la crise sanitaire : ils n’ont pas fait de choix entre santé et économie. Aussi, à aucun moment un gouvernement écologiste n’aurait laissé tomber le principe de précaution qui consiste à toujours avoir des stocks de masques. Notre logiciel de pensée est très différent de ceux des autres partis car les questions de santé sont au cœur de nos préoccupations : développement d’une industrie verte, relocalisations ou égal accès à la nature… tout touche à la santé.

Plus d’un million de personnes vont entrer dans les dispositifs de pauvreté d’ici à la fin 2020. Que pensez-vous de la réponse du gouvernement ? Et que proposez-vous ?

SANDRA REGOL Il n’y a pas de réponse à la crise : le gouvernement dit que ce que propose Emmanuel Macron dans son programme fonctionne. Mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, si on continue comme avant, on va droit dans le mur. Beaucoup d’argent a effectivement été débloqué pour compenser les pertes liées au confinement, mais aucune aide n’est conditionnée d’un point de vue social ou environnemental. L’Espagne a par exemple interdit les licenciements en cas d’aides pendant la pandémie. Il y a une nécessité de court, moyen et long termes de repenser ces aides pour favoriser la transition écologique de l’économie. Il faut changer de modèle.

À ces crises sanitaire et sociale, une vague d’attentats est venue ajouter une crise sécuritaire, et le gouvernement n’a pas hésité à faire dans la surenchère. Que lui opposez-vous sur les questions de terrorisme ?

SANDRA REGOL On constate que les solutions proposées depuis vingt ans ne sont pas une réussite. On nous dit que plus on retire de libertés ou qu’on abîme la loi de 1905, mieux ça serait. Or, ce n’est pas le cas. Il y a plus de communication que d’actions effectives dans ces lois faites en réaction à l’actualité. Il faudrait réorienter les moyens. En 2017, l’état d’urgence permanent a été institutionnalisé et cela mobilise une partie des forces de police pour surveiller son application. Elles ont donc moins de temps pour l’investigation, le suivi des filières terroristes, etc. Un exemple : le ministre de l’Intérieur dissout des associations en disant qu’elles sont tenantes d’un islam fanatique. C’est très bien : s’il y a des acteurs qui favorisent le développement du terrorisme en France, il faut les en empêcher. Mais ces associations existent depuis longtemps. Donc soit elles posaient déjà problème et rien n’a été fait. Soit elles ne posent pas tant de problèmes que ça et pourquoi alors les supprimer ? Soit les services de renseignements n’avaient pas les moyens de savoir si elles étaient les relais de la fanatisation. Dans les trois cas, il y a un problème. Les moyens ont été mis sur l’affichage, lois de réponse, et non sur le travail de fond, l’application de la loi. Comme dans la santé, le système survit grâce à des agents dévoués qui, dans leur immense majorité, font bien leur travail dans des conditions difficiles, malgré une politique du chiffre infructueuse et des moyens réduits. La sécurité de la population mérite mieux.

Les élections régionales et départementales seront, a priori, décalées en juin, et vous ne vous y opposez pas. Dans quelle mesure ce report bouleverse-t-il le calendrier de désignation d’EELV pour la présidentielle ?

SANDRA REGOL Ça ne le bouscule pas. On peut encore décider du cadre de travail et des candidatures entre juin et septembre. Le calendrier potentiel a été fixé ce dimanche par le conseil fédéral de EELV (la désignation du candidat devra avoir lieu avant le 30 septembre 2021 – NDLR). Face au réchauffement, il est urgent de faire gagner l’écologie et pour se mettre en capacité de gagner, on favorise le travail à la rapidité.

Malgré la déclaration de candidature de Jean-Luc Mélenchon, EELV compte-t-il toujours bâtir un programme avec les autres partis de la gauche ?

SANDRA REGOL Ça fait des années qu’on tend la main. Mais les partis traditionnels de la gauche ont une sérieuse tendance à avoir de grands discours sur l’union : ils sont croyants, pas pratiquants. La gauche française a des difficultés historiques à s’unir mais est raccord sur un truc : c’est de la faute des écolos. Nos valeurs sont issues de la gauche, mais nous ne sommes pas responsables du fait qu’une partie de la gauche n’a pas été respectueuse de ses valeurs. Comme le grand écart entre le discours du Bourget de François Hollande et son virage libéral, sans parler des errements sur la déchéance de nationalité. Faire ensemble, c’est d’abord bâtir un programme commun. Le fait que Jean-Luc Mélenchon parte aussi tôt tout en laissant peu de marge de manœuvre, ce n’est pas un bon signal. Enfin si… C’est un bon signal pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen, qui préparent déjà leur second tour. Aucun parti politique français dans l’histoire de la Ve République n’a eu le courage de faire ce qu’on a fait en 2017, en nous retirant (au profit de Benoît Hamon – NDLR) pour tenter de faire gagner la gauche et l’écologie. Nos paroles et nos actes sont au diapason.

Y aura-t-il un candidat EELV en 2022 ?

SANDRA REGOL Il y aura une candidature écologiste : face au réchauffement climatique, nous n’avons plus le temps d’attendre. La gauche pratique le rapport de forces comme seule réflexion politique de l’union. À notre corps défendant, ça nous oblige à faire pareil. Mais nous prenons nos responsabilités : si la classe politique française n’est pas en mesure de comprendre l’urgence d’agir, nous sommes prêts, avec la société civile et le pôle écolo. Mais la gauche assumera le risque de perdre collectivement à la fin.

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Il est des vaccins incontournables (variole, tuberculose, tétanos, etc.) d’autres dont on doit se méfier…

Posté par jacques LAUPIES le 22 novembre 2020

 

Les études démontrent que les Français feront confiance au médecin traitant qui recommande un vaccin. © AFP

Les études démontrent que les Français feront confiance au médecin traitant qui recommande un vaccin. © AFP
 

Covid-19. Vaccination obligatoire, trop tôt pour en débattre ?

Vendredi 20 Novembre 2020

Alors que des personnalités s’expriment sur un futur vaccin, obligatoire ou non, les scientifiques alertent sur un débat faussé et prématuré, tant il y a d’inconnu encore à ce stade. ARGUMENTS.

 

Ne lui dites surtout pas qu’il fait partie de ces antivax particulièrement en vogue sur les réseaux sociaux. Du haut de ses 21 ans, il a bien conscience que, « sans les vaccins, on mourrait pour un rien ». D’ailleurs, Vincent ne verrait aucun inconvénient à se faire vacciner contre la grippe. Concernant le Covid, c’est une autre histoire. « Je préfère attendre, dit-il. Les futurs vaccins n’ont pas été testés sur suffisamment de personnes. Comment savoir s’il n’y aura pas d’effets secondaires ? Ou même s’ils vont marcher vraiment ? Il ne faut jamais avoir de confiance aveugle ! »

 

Cette défiance, une majorité de Français la partage. Selon une récente enquête menée par Antoine Bristielle, professeur agrégé en sciences sociales, pour la Fondation Jean-Jaurès, un Français interrogé sur deux affirme qu’il ne se ferait pas vacciner contre le Covid. La majorité d’entre eux – 63 % – font part de leurs doutes, comme Vincent, concernant l’efficacité d’un vaccin pour lequel nous n’aurions pas assez de recul. Et plus on est jeune, moins on est volontaire, les moins enclins se situant dans la tranche d’âge des 25-34 ans.

Vacciner tout le monde n’est pas à l’ordre du jour

Pourtant, à peine annonce-t-on l’arrivée proche d’un vaccin, avec des résultats intermédiaires très positifs chez Pfizer et BioNTech ou encore Moderna, que le débat se polarise autour de son caractère obligatoire ou non. Ça devra l’être, a immédiatement tranché l’écologiste Yannick Jadot sur France Info. Plusieurs politiques lui ont emboîté le pas. Et puis, les Verts se sont rétractés quelques jours plus tard, finalement non, ça ne devrait pas être imposé. Le premier ministre ne plaide pas, lui non plus, en faveur d’une vaccination obligatoire, pour le moment. Mais Jean Castex avouait dans le Monde sa crainte que « les Français ne se fassent pas assez vacciner ».

 

Du côté des scientifiques, on se garde bien de se focaliser sur un débat jugé bien trop prématuré. Pas de panique, prévient l’épidémiologiste Antoine Flahault. Vacciner 100 % de la population ne sera de toute façon pas à l’ordre du jour. « Il faudra bien partager le vaccin dans le monde afin que chaque pays puisse y avoir accès, avec une couverture vaccinale autour de 20 %. L’obligation d’une vaccination pour tous ne sera pas la priorité. La question se posera sûrement dans les maisons de retraite, en fonction du règlement intérieur qu’elles imposeront. Peut-être aussi pour nos futurs voyages, si l’OMS en prend la décision à la de mande des États membres, comme c’est déjà le cas pour le vaccin de la fièvre jaune. » Le caractère obligatoire, d’ailleurs, ne s’imposera peut-être pas pour les personnes âgées « qui souffrent terriblement d’isolement et qui attendent avec un grand enthousiasme les perspectives d’un vaccin », constate Antoine Flahault.

Après la pénurie, il faudra gérer la profusion

Le débat pourrait en revanche davantage concerner les personnels des Ehpad et les soignants. Pour le docteur Luc Duquesnel, président du syndicat des généralistes-confédération des syndicats médicaux français, c’est une évidence. « En tant que médecin, ne pas me faire vacciner ferait courir un risque à des gens qui viennent se faire soigner. Depuis trente-trois ans que j’exerce, je me fais vacciner contre la grippe tous les ans. Alors oui, il faut rendre obligatoire le vaccin pour les personnels de santé, les pharmaciens, ceux qui travaillent dans les maisons de retraite. » Selon lui, l’exemple d’un personnel soignant refusant de se faire vacciner ne ferait que renforcer de façon délétère la défiance des Français. Mais l’autoritarisme comporte toujours ses limites. Ne vaudrait-il pas mieux compter sur le civisme de chacun ? Malheureusement, déplore Luc Duquesnel, « nous ne sommes pas dans un pays où la prévention est au cœur du système de santé ».

 

Même triste constat pour Antoine Bristielle. « Dans beaucoup de pays, la question du vaccin a été saisie bien avant nous. En France, ça arrive sur la table la veille de l’annonce d’un vaccin bientôt disponible. Il n’y a pas eu ce temps nécessaire de construction de l’opinion publique. » Toutes les études le démontrent : on fera confiance au médecin traitant qui recommande un vaccin. L’affaire sera bien plus hasardeuse, voire contre-productive, avec des institutions jugées trop lointaines. « En France, il y a un problème de confiance qui n’est pas simplement conjoncturel, c’est structurel », souligne le professeur en sciences sociales. Or, « la question de la confiance est essentielle pour comprendre l’assentiment au vaccin ».

Icon QuoteCertains vaccins seront mieux perçus que d’autres, comme le vaccin chinois ou indien qui sont des vaccins inactivés conçus avec des technologies plus classiques et approuvées.

Il est des vaccins incontournables (variole, tuberculose, tétanos, etc.) d'autres dont on doit se méfier... dans POLITIQUE

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