La loi pour la nationalisation d’ArcelorMittal adoptée pour la deuxième fois par l’Assemblée nationale
Posté par jacques LAUPIES le 12 juin 2026
Malgré l’hostilité de la droite et du centre, la proposition de loi portée par le groupe Gauche Démocrate et Républicaine (GDR) a été adoptée à 106 voix pour, 49 contre.

© SYLVAIN COURROS
Gaëtan Lecocq avait annoncé la couleur : « Si ça passe en 2e lecture, ce soir, c’est la fête », avait lancé le secrétaire général de la CGT d’ArcelorMittal Dunkerque, en s’adressant aux militants réunis pour soutenir la proposition de loi pour la nationalisation du géant de l’acier en parallèle du débat à l’Assemblée.
Mais, malgré l’adoption du texte soutenu par l’ensemble de la gauche avec 106 voix pour, 49 contre et l’abstention du RN, le combat n’est pas terminé. « Aujourd’hui, nous avons franchi un palier, mais nous ne sommes encore qu’au milieu de l’escalier », résume le syndicaliste à l’origine de cette bataille pour reprendre le contrôle du géant de la sidérurgie française racheté, en 2006, par l’indien Mittal. Ému, il regarde néanmoins le chemin parcouru. « C’est une série Netflix notre histoire », lance-t-il, le sourire aux lèvres.
C’est la deuxième fois que l’Assemblée se prononce sur la nationalisation d’ArcelorMittal. La première, couronnée par un vote positif fin novembre 2025, était portée par une proposition de loi LFI. Mais, après un rejet du texte au Sénat en février, le groupe GDR au sein duquel siègent les communistes a repris le flambeau, profitant de sa niche parlementaire, pour présenter un nouveau texte.
« Ceux qui votent contre, on se demande pour qui ils roulent. Le choix est très clair, il s’agit de soutenir soit l’industrie française, soit la famille Mittal », a fustigé Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, venue encourager les militants rassemblés place des Invalides.
Au milieu des drapeaux rouges et des fumigènes, elle a rappelé que, depuis vingt ans, l’homme d’affaires Lakshmi Mittal n’a tenu aucune promesse en matière d’investissement ou de décarbonation, et qu’il préparait au contraire « un plan pour quitter la France d’ici à 2030 ».
« Conserver la maîtrise complète de notre chaîne de production »
L’enjeu va bien au-delà d’Arcelor. « La loi est destinée à garder la sidérurgie dans notre pays pour que d’autres filières ne dépendent pas de l’étranger. Il faut conserver la maîtrise complète de notre chaîne de production. Et sans sidérurgie, pas d’industrie », explique Hervé, crâne dégarni et lunettes sages, réparateur dans une des usines du groupe.
La préservation de la souveraineté nationale était dans toutes les bouches, les syndicalistes fustigeant l’argent drainé par les actionnaires, les délocalisations et les licenciements en masse. « Le gouvernement dit que nationaliser coûtera trop cher, mais nous avons évalué le coût à 3 milliards d’euros. C’est bien peu au regard des 211 milliards que l’État verse tous les ans sans aucune condition aux entreprises », a de son côté dénoncé Stéphane Peu, le président des députés PCF, en prenant la parole aux côtés de sa collègue insoumise Aurélie Trouvé.
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