La loi pour la nationalisation d’ArcelorMittal adoptée pour la deuxième fois par l’Assemblée nationale

Posté par jacques LAUPIES le 12 juin 2026

 

Malgré l’hostilité de la droite et du centre, la proposition de loi portée par le groupe Gauche Démocrate et Républicaine (GDR) a été adoptée à 106 voix pour, 49 contre.

Politique

 

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Publié le 11 juin 2026

 
 
La loi pour la nationalisation d’ArcelorMittal adoptée pour la deuxième fois par l’Assemblée nationale dans POLITIQUE
Gaëtan Lecocq, secrétaire général de la CGT d’ArcelorMittal Dunkerque devant l’Assemblée nationale jeudi 11 juin pour soutenir la proposition de loi pour la nationalisation du géant de l’acier.
© SYLVAIN COURROS

Gaëtan Lecocq avait annoncé la couleur : « Si ça passe en 2e lecture, ce soir, c’est la fête », avait lancé le secrétaire général de la CGT d’ArcelorMittal Dunkerque, en s’adressant aux militants réunis pour soutenir la proposition de loi pour la nationalisation du géant de l’acier en parallèle du débat à l’Assemblée.

Mais, malgré l’adoption du texte soutenu par l’ensemble de la gauche avec 106 voix pour, 49 contre et l’abstention du RN, le combat n’est pas terminé. « Aujourd’hui, nous avons franchi un palier, mais nous ne sommes encore qu’au milieu de l’escalier », résume le syndicaliste à l’origine de cette bataille pour reprendre le contrôle du géant de la sidérurgie française racheté, en 2006, par l’indien Mittal. Ému, il regarde néanmoins le chemin parcouru. « C’est une série Netflix notre histoire », lance-t-il, le sourire aux lèvres.

C’est la deuxième fois que l’Assemblée se prononce sur la nationalisation d’ArcelorMittal. La première, couronnée par un vote positif fin novembre 2025, était portée par une proposition de loi LFI. Mais, après un rejet du texte au Sénat en février, le groupe GDR au sein duquel siègent les communistes a repris le flambeau, profitant de sa niche parlementaire, pour présenter un nouveau texte.

« Ceux qui votent contre, on se demande pour qui ils roulent. Le choix est très clair, il s’agit de soutenir soit l’industrie française, soit la famille Mittal », a fustigé Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, venue encourager les militants rassemblés place des Invalides.

Au milieu des drapeaux rouges et des fumigènes, elle a rappelé que, depuis vingt ans, l’homme d’affaires Lakshmi Mittal n’a tenu aucune promesse en matière d’investissement ou de décarbonation, et qu’il préparait au contraire « un plan pour quitter la France d’ici à 2030 ».

 

« Conserver la maîtrise complète de notre chaîne de production »

L’enjeu va bien au-delà d’Arcelor. « La loi est destinée à garder la sidérurgie dans notre pays pour que d’autres filières ne dépendent pas de l’étranger. Il faut conserver la maîtrise complète de notre chaîne de production. Et sans sidérurgie, pas d’industrie », explique Hervé, crâne dégarni et lunettes sages, réparateur dans une des usines du groupe.

La préservation de la souveraineté nationale était dans toutes les bouches, les syndicalistes fustigeant l’argent drainé par les actionnaires, les délocalisations et les licenciements en masse. « Le gouvernement dit que nationaliser coûtera trop cher, mais nous avons évalué le coût à 3 milliards d’euros. C’est bien peu au regard des 211 milliards que l’État verse tous les ans sans aucune condition aux entreprises », a de son côté dénoncé Stéphane Peu, le président des députés PCF, en prenant la parole aux côtés de sa collègue insoumise Aurélie Trouvé.

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Fabien Roussel, secrétaire national du PCF : « nous demandons une revalorisation immédiate de 5 % pour les salaires et pensions inférieurs à 2 500 euros net »

Posté par jacques LAUPIES le 27 mai 2026

Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, dénonce la faiblesse des mesures annoncées par le premier ministre sur le pouvoir d’achat. Il invite à se mobiliser devant les préfectures et le siège de Total, dont il réclame la nationalisation. Il s’exprime également sur les enjeux du 40e congrès du Parti communiste.

 publié le 21 mai 2026
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Fabien Roussel, secrétaire national du PCF : « nous demandons une revalorisation immédiate de 5 % pour les salaires et pensions inférieurs à 2 500 euros net »
Fabien Roussel appelle à des mobilisations contre la vie chère et réclame la nationalisation de TotalEnergies qu’il accuse de profiter de la crise au Moyen Orient.
© Julien Jaulin/hanslucas

Le PCF tiendra son congrès les 3, 4 et 5 juillet à Lille. Il sera précédé de débats dans les sections et départements. Fabien Roussel, son secrétaire national, invite à avoir un parti « uni et fort » et se dit prêt à consacrer toute son « énergie » à la bataille des élections présidentielles si les militants communistes le désignent candidat par un vote en septembre.

Comment jugez-vous les annonces du gouvernement, jeudi 21 mai, pour faire face à la crise du pouvoir d’achat ?

Les annonces du gouvernement appellent à une mobilisation de nos concitoyens pour obtenir des mesures fortes. La crise est profonde et va s’installer dans la durée. Les mesures prises par le gouvernement sont totalement déconnectées de la réalité vécue par nos concitoyens et de nos entreprises qui ont besoin d’être protégées. Sans mesures fortes pour le pouvoir d’achat, les salaires, les emplois et les entreprises, le risque est grand d’une récession d’ici la fin de l’année. La hausse des prix de l’essence, du gaz et des matières premières affecte toute notre économie. Malheureusement, le gouvernement ne souhaite pas changer de politique et reste très dogmatique.

Bloquer les prix de l’essence, pour les ramener à 1,50 euro, est possible immédiatement. De même, nous demandons au gouvernement de baisser tout de suite le prix de l’électricité de 30 %. C’est possible en sortant du marché spéculatif européen.

L’inflation a été de 20 % en cinq ans. Le Smic a augmenté, mais pas les salaires justes au-dessus. Cela pénalise l’économie et nous enfonce dans une crise majeure. Nous demandons que l’ensemble des salaires soient revalorisés, et qu’ils le soient immédiatement de 5 % pour les salaires et pensions inférieurs à 2 500 euros net. Nous exigeons l’indexation des salaires sur l’inflation.

 

Le PCF prendra-t-il des initiatives de mobilisation ?

Nous organisons un rassemblement devant le siège de Total à La Défense le 29 mai, jour où les actionnaires se rassembleront, pour appeler l’entreprise à baisser ses prix et inviter le gouvernement à nationaliser ce groupe, profiteur de crise et profiteur de guerre.

Entre le 28 mai et le 4 juin, nous appelons les Français à se rassembler devant les préfectures ou tout autre lieu qu’ils jugeraient utile, à l’initiative des communistes, pour interpeller l’État. Celui-ci doit intervenir dans chaque région, contre la vie chère, pour l’emploi.

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+ 2,2 % d’inflation : sur fond de guerre au Moyen-Orient, les ménages modestes en première ligne

Dans toutes les régions, doivent être convoquées une conférence économique et des cellules de crise dans les départements pour lister les menaces de licenciements et les entreprises en risque de faillite, mobiliser les services de l’État pour protéger l’industrie et les emplois. Notre mobilisations sert à dire que les annonces gouvernementales ne sont pas à la hauteur.

Pourquoi mettez-vous en avant la nationalisation de TotalEnergies ?

C’est une réponse à un groupe et un PDG tout-puissants et profiteurs de crise. Monsieur Patrick Pouyanné ose faire du chantage au gouvernement. Il menace de mettre fin au plafonnement des prix si ses profits sont taxés. Il gagne 10 millions d’euros par an.

Chaque fois que les Français vont à la pompe, ils paient et son salaire et les bénéfices : 6 milliards d’euros au premier trimestre. Beaucoup de pays ont fait le choix d’une entreprise d’État.

C’est une question de souveraineté pour leur économie. Une nationalisation doit mettre fin à des politiques d’exploitation de peuples et de salariés. Une entreprise publique nationale permet de nouer des coopérations avec les pays disposant de réserves pétrolières.

Quels sont les enjeux du congrès du PCF, qui se tiendra à Lille les 3, 4 et 5 juillet ?

Ce 40e congrès doit être celui d’une grande ambition pour notre parti, marquant le temps long des quinze-vingt prochaines années tout en répondant aux enjeux plus immédiats des différentes crises auxquelles l’humanité est confrontée.

Nous ferons bien sûr un bilan de l’activité sur les trois dernières années et définirons les orientations pour les trois années à venir.

Nous remettrons au cœur de notre projet pour la France la paix comme condition de l’émancipation des peuples, le travail libéré de la domination du capital, et la République pour l’égalité réelle. Ce sera également le moment d’aborder les échéances électorales, à huit mois de l’élection présidentielle et des législatives.

Quatre textes seront départagés par les militants lors d’un vote les 6 et 7 juin, contre deux lors du dernier congrès. Quel est votre regard sur ces textes ?

Nous sommes un parti démocratique, avec un appétit et une culture du débat. Il y a des critiques. Et c’est tant mieux. Tout cela n’existe pas dans d’autres forces politiques qui aiment nous critiquer. Dans les différents textes, on trouve des propositions, des remarques et des reproches. J’entends tout cela. Il est sain de pouvoir l’écrire, en débattre et corriger ce qui doit l’être.

J’alerte les communistes : il y a, par ailleurs, une offensive forte de la France insoumise, de ses dirigeants, qui appelle à voter contre la base commune du conseil national, contre la direction du PCF, pour faire éclater notre parti et obtenir un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Ne cédons pas aux tentatives de division. Nous avons besoin d’un parti uni et fort.

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Hommage à cookie…

Posté par jacques LAUPIES le 23 mai 2026

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  • J’enrage et je suis triste
  • De ces vies en déroute
  • Dans ce monde ou persiste
  • La loi de ses Jean-Foutre
  • Pour qui la mort n’est rien
  • Qu’un résultat fautif
  • D’avoir pris le chemin
  • Entravé de récif
  •  D’avoir dans l’illusion
  • Privés de vrais gardiens
  • Consommé les opiums
  • Qui détruisent les liens
  •  
  • On l’appelait cookie
  • Ce fut l’enfant radieux
  • Qu’avons-nous fait de lui
  • Un homme dont l’adieu
  • Rappelle les faiblesses
  • De notre pauvre monde
  • Ou règne les richesses
  • Et les tyrans immondes
  •  
  • Depuis nombre de lustres
  • L’humanité combat
  • Pour trouver ses illustres
  • Et vaincre ses renégats
  •  
  • Mais combien connaissent
  • Son immense faiblesse
  • D’avoir perdu le droit
  • Du travail qui fait loi

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Adieu la sécurité sociale…

Posté par jacques LAUPIES le 20 mai 2026

J’apprends ce jour que les hôpitaux publics (Nîmes et Arles)  ne peuvent procurer une attelle nécessaire aux soins d’un patient blessé au poignet en manipulant une tronçonneuse et qui risque ainsi des séquelles graves et irréversibles pouvant entraîner un handicap de la main à vie.

Cela pour la simple raison que cette attelle nécessite le paiement d’avance  d’environ 300 €  à 450 € (?) dont le jeune homme, sans emploi ne dispose pas ni sa famille.  Seul le secteur privé peut dit-on fournir cette attelle. Mais il n’accorde pas le tiers payant pas plus que la mutualité sociale agricole. Le praticien disposant de ce matériel relève du secteur privéet semble avoir l’exclusivité de sa prescription et de sa vente

De plus les services sociaux (msa comprise) refusent  et disent ne pas pouvoir intervenir !

Par ailleurs, « ironie du sort » le père, retraité à minima attend depuis plusieurs mois  de la compagnie des eaux (ACCM-EAU)  qu’elle lui rembourse les frais de saisie indus soit 860 € (vérifie par la banque) ce qui pourrait permettre le financement mais voila cette société se fait tirer les oreilles pour payer.

Decidément dans cette société le citoyen modeste (salarié ou retraité) est considéré par les prestataires  comme la dernière roue de la charrette ! De telles situations sont hélas fréquentes et il serait souhaitable que les élus s’en préoccuppent tout autant que les institutions de santé et de sécurité sociale.

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Je sucre moins mais j’ai mis du temps pour en arriver là avec cependant un bon petit bide qui persiste…

Posté par jacques LAUPIES le 16 mai 2026

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Egoîste consolation : je vois des gros culs pour ne pas dire énormes habiter de plus en plus de jeunes corps parfois même celui des enfants et des adolescents en mal de boissons et d’aliments de toutes sortes ultra sucrés. Et s’il n’y avait que le postérieur abimé par des graisses qui promettent des santé fragilisées ?

L’agression du sucre et même celle du sel devient persistante et comme toujours derrière cela il y a  le profit financier de quelques uns qui  nous vendent des saloperiees. Ne parlons pas de celle des boissons alcoolisées allant du pinard trafiqué jusqu’aux apéritifs et « petites gouttes pour faire descendre »

Il y a évidemment les viandes « rouges » et les fromages  dont même notre secrétaire national pour qui j’ai,le plus grand respect vante les mérites !

Vous me direz faut bien manger et adapter ces « bonnes choses » à  nos budgets retrécis par les mafia de l’agro alimentaire et ses frères ennemis de la distribution lesquels, soit dit en passant, semblent parfois tenir compte des exigences qu’imposent  les consommateurs grincheux dont je suis. Il en va ainsi dans le système capitaliste que nous ferions bien de mettre au pas dans tous les domaines et d’exclure des principaux secteurs ou il n’a rien à faire : santé, éducation, énergie, transports, télécommunication et numérique.

Mais heureusement notre Secrétaire National – encore lui – a compris depuis fort longtemps qu’il faut d’abord compter sur nous , parti des exploités et souvent couillonnés pour que l’on se sucre moins dans les sphères des multinationales et que nous dotions notre action politiques des moyens nécessaires au bien vivre. Cela commence par la reconstruction d’un parti fait pour changer le monde et non l’accompagner avec sa mauvaise bouffe…Ou encore l’abreuver de discours et de démagogies populistes sans fin !

LU DANS L’HUMANITE Comment le sucre ravage le monde ? L’histoire de l’or blanc du capitalisme bâtie sur l’exploitation de millions d’esclaves

On l’associe au plaisir et à la douceur, mais son histoire est intrinsèquement liée à l’expansion de l’esclavage et de la traite transatlantique africaine. Addictif et incontournable, le sucre modèle toujours notre monde capitaliste et cause aujourd’hui encore l’exploitation brutale d’êtres humains.
Social et Économie

 

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Publié le 14 mai 2026

Je sucre moins mais j'ai mis du temps pour en arriver là avec cependant un bon petit bide qui persiste... dans POLITIQUE
La France est toujours de nos jours le premier pays producteur de sucre d’Europe et le 9e mondial en 2025. Ici, intérieur d’un silo de stockage du sucre dans la région Centre-Val de Loire. © J.C.&D. PRATT / PHOTONONSTOP
On les appelait les « dents de Waterloo ». Cette histoire morbide illustre par bien des façons le rapport des sociétés occidentales à cet ingrédient fascinant et addictif qu’est le sucre, à la fois marqueur social et aliment politique. Au début du XIXe siècle, alors qu’il est encore l’apanage des élites aristocratiques et bourgeoises, le sucre produit sur ces dernières ses premiers méfaits : des dents gâtées et des bouches pourries – les premiers touchés avaient déjà été les souverains, Louis XIV comme Élisabeth Ire avaient perdu toute leur dentition avant 40 ans. Mais alors que les hommes meurent en masse sur les champs de bataille napoléoniens, cette haute société a la riche idée d’acheter à prix d’or des chicots prélevés sur les cadavres des soldats afin d’en faire des dentiers. Pour un résultat esthétique abominable. Durant les trois premiers siècles de sa consommation en Occident, le sucre a ôté tout sourire aux gens de la haute… Une des premières conséquences de l’irruption du plus politique des aliments.

12 millions d’Africains déportés pour nourrir l’empire du sucre

Que Parmentier et la pomme de terre nous pardonnent, mais nul ingrédient n’a à ce point bouleversé l’histoire du monde moderne que ce composé chimique nommé saccharose, débité en pain durant plusieurs siècles avant de se voir transformé en poudre ou en carré. Cet or blanc qui s’est invité dans la nourriture des humains, c’est le sucre. Dont le nom dit quelque chose de son universalité : venu de l’Inde et du sanscrit, le mot « sarkara » s’est imposé partout ou presque, depuis les langues indo-européennes jusqu’à l’arabe avec le mot « sukkar ». C’est lors des croisades que les Européens le découvrent, après son importation au Moyen-Orient depuis l’Inde. Mais pour que l’Europe, puis ses extensions coloniales états-uniennes et australiennes, se gavent, il a fallu que les esclaves triment. C’est au prix de la déportation de 12 millions d’Africains, venus prendre la place des peuples amérindiens décimés, d’abord au Brésil, puis dans les îles de la Caraïbe, notamment Cuba, la Jamaïque et Saint-Domingue, pour cultiver la canne sur de nouvelles terres massivement déboisées, que le sucre a été produit et exporté en Occident, conquérant les palais des classes laborieuses après avoir longtemps été réservé à une élite richissime.

 
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Faut-il taxer les produits sucrés ?

« Dès les premiers temps de l’esclavage dans les plantations d’Amérique, le sucre s’est révélé si important, si central, qu’il a fait l’objet de batailles politiques et économiques internationales. Aujourd’hui encore, il demeure un sujet de débat entre les nations et au sein des organisations internationales. Il est au cœur de multiples intérêts entremêlés, de marchandises et de prix, liant producteurs et consommateurs, organisations internationales et accords divers dans un réseau global déterminé par la demande mondiale (…). Comment le monde a-t-il pu se laisser empoisonner par cette marchandise hors du commun ? », interroge James Walvin dans son récent ouvrage Histoire du sucre, histoire du monde (La Découverte, 2022, traduit par Philippe Pignarre). Un livre dont le titre original, How Sugar corrupted the World, From Slavery to Obesity (« De l’esclavage à l’obésité, comment le sucre a corrompu le monde »), donne un aperçu plus précis des velléités de l’auteur. Il n’est pas anodin que la grande majorité des historiens ayant travaillé sur le sucre soient d’abord des spécialistes de la colonisation et de l’esclavage. Pour Frédéric Régent, maître de conférences à la Sorbonne et auteur de nombreux livres sur les sociétés coloniales esclavagistes, ce lien s’explique « tout simplement parce que le sucre devient une denrée commerciale avec un mode de production étroitement lié à l’esclavage, car il faut une main-d’œuvre abondante. Or, dans les espaces coloniaux où la canne pousse, les populations autochtones ont quasiment disparu et les Européens crèvent comme des mouches. La main-d’œuvre la plus résistante est celle des esclaves africains ».

Un produit au cœur des violences coloniales européennes

Une histoire également liée à celle du capitalisme : le sucre nécessite des investissements énormes, et seuls les capitalistes ont les moyens financiers et techniques. À l’époque, on appelle d’ailleurs cela des « manufactures à sucre », rappelle Frédéric Régent. De véritables usines, où le travail physique est harassant et l’espérance de vie des esclaves de sept ans. Mais les profits sont phénoménaux – 100 000 livres investis en rapportent jusqu’au double. La France se taille une place de choix, grâce à Saint-Domingue, premier producteur de sucre au monde à la fin du XVIIIe, lorsque survient la Révolution française puis haïtienne. En Europe, on sait fort bien que le sucre a le goût de sang. En témoigne le célèbre « Nègre de Surinam », mis en scène par Voltaire dans Candide : « Quand nous travaillons aux sucreries et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main, quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe ; je me suis trouvé dans les deux cas. C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. » Ces critiques ne sont pas isolées : après avoir visité l’île Bourbon, La Réunion aujourd’hui, l’écrivain et ingénieur Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre écrit dans son ouvrage paru en 1773 : « Je ne sais pas si le café et le sucre sont nécessaires au bonheur de l’Europe, mais je sais bien que ces deux végétaux ont fait le malheur de deux parties du monde. On a dépeuplé l’Amérique afin d’avoir une terre pour les planter : on dépeuple l’Afrique afin d’avoir une nation pour les cultiver. » De cette histoire subsiste aujourd’hui bien plus qu’un héritage : l’ordre du monde, ses déséquilibres et ses rapports de domination, en sont une conséquence directe. « L’un des héritages, c’est la reproduction d’inégalités sociales, économiques et éducatives. Après l’abolition de l’esclavage, les anciens esclaves n’ont rien eu », analyse Frédéric Sergent. De fait, en Guadeloupe, en Martinique ou dans la nouvelle république noire d’Haïti, la terre est restée la propriété des anciens maîtres, ou de nouvelles élites. « Aujourd’hui, en Martinique, une partie substantielle des plantations de canne appartiennent encore aux descendants des anciens maîtres, les békés », pointe Frédéric Sergent.

La France, grande puissance mondiale du sucre grâce à la betterave

Au début du XIXe, sous la double impulsion de la perte d’Haïti et du blocus continental anglais, Napoléon décide de promouvoir une nouvelle plantation sucrière : la betterave. C’est à cette époque que naissent les grands empires agro-industriels, notamment avec les familles Beghin et Say dans le nord de la France. Ce sont ces entreprises qui font que la France est toujours de nos jours le premier pays producteur d’Europe et le 9e mondial en 2025. Mondialisation oblige, sa culture s’est étendue à l’Asie, et le Moyen-Orient, dont la consommation ne cesse de croître, s’y intéresse de près : les Émirats arabes unis construisent d’immenses raffineries.

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