La petite histoire du jour 13 : Une bonne manière d’aborder le problème du narcotrafic : qui à Tarascon s’y engage ?
Posté par jacques LAUPIES le 5 février 2026
Municipales 2026 : à Marseille « S’attaquer à ceux qui vivent de la drogue demande ambition et courage », assume Amine Kessaci
Figure de la lutte contre le narcotrafic, le militant écologiste marseillais, Amine Kessaci, a perdu deux de ses frères, assassinés, dont l’un en représailles à son militantisme. Il appelle à des réponses globales, au-delà du sécuritaire, notamment autour du logement, de l’emploi et des salaires.

© GABRIEL BOUYS / AFP
Vous avez annoncé votre candidature sur la liste de Benoît Payan pour les municipales et votre intention de créer une association nationale des maires engagés contre le narcotrafic. Pourquoi ?
Je pense que c’est uniquement en ayant une coordination d’action, entre le local et le national, et en apportant une réponse globale, donc pas uniquement portée sur la sécurité, que nous relèverons ce défi. À Marseille, avec Benoît Payan, nous avons fait un panel de dix propositions pour lutter contre le narcotrafic. Avec, notamment, la création d’une charte de relogement des familles de victimes et le doublement des effectifs de la police municipale, pour que la police de proximité fasse son retour.
Nous comptons aussi amener des moyens concrets dans les quartiers pour que les services publics reviennent : dans chaque arrondissement, il doit y avoir une antenne de la police municipale, une maison de la santé et un guichet pour pouvoir mener des démarches administratives et accéder à ses droits. Les écoles doivent être rénovées pour que tous les établissements et tous les élèves aient les mêmes moyens d’instruction.
« La « narcocratie » ne vient pas remplacer l’État, mais elle s’y substitue. »
L’espace public sera aménagé en retirant les poubelles que l’on peut actuellement déplacer dans les rues, car elles permettent aux réseaux de faire des barrages, pour les rendre fixes. Enfin, il faut travailler à un nouveau contrat de sécurité avec l’État pour demander une réorganisation de la lutte contre le narcotrafic en renforçant les politiques de services publics, de transport, de logement, de dignité, d’emploi, de formation et de revenus. Pour en finir avec l’état d’esclavage de la population imposé par le narcotrafic, il faut agir sur tous les leviers possibles.
Il ne faut donc pas abandonner ce sujet aux seules réponses sécuritaires, selon vous ?
Comment peut-on saisir leurs biens et geler leurs avoirs pour financer cette guerre contre la drogue avec leurs moyens ? On ne mène pas une guerre en distribuant des amendes ou en retirant un logement social à une maman d’un enfant de 14 ans embrigadé au pied de son immeuble.


Anthony Cortes