Petite Histoire du jour 12 – On doit toujours espérer !
Posté par jacques LAUPIES le 4 février 2026
Photo d’un truc de Léningrad retrouvée dans mes archives en attenfant d’en trouver de meilleures
mardi 3 février
Sur le plan personnel cette journée, dont le programme prévu a été modifié m’a permis de retrouver une certaine sérénité grace notamment à une rencontre dans la journée que je qualifierai d’apaisante. Mais elle a un caractère trop ersonnel pour que je me livre à sa description.
Pour ce qui est de la soirée devant la télé j’ai fait un effort pour regarder le Théma sur ARTE consacré à l’histoire l’URSS. Le sujet ne m’est évidemment pas indifférent pour avoir vécu la plus grande partie de ma vie (des années 40 aux années 80 soit de l’enfance à la cinquantaine) à l’ombre où à la lumère des évènements qui se sont déroulés dans, comme disait De Gaulle, la Russie soviétique.
Je regarde se type d’émission avec un apriori fondé sur le risque d’y trouver des analyses fantaisistes et orientées. Il n’empêche que les évènements relatés sont parfois inspirés de la réalité et me permettent de mieux comprendre mes propres erreurs d’analyse passées et présentes. Mais qu’on le veuille ou non les sociétés marquées par des gouvernements communistes témoignent des progres considérables qu’elles ont obtenus !
Mon unique voyage en URSS en 1988 m’avait toutefois à la fois surpris et interrogé sur cette société qu’un court séjour d’une semaine ne peut évidemment suffire à décrire. Mais j’y reviendrais !
Cependant et de nombreux voyages, si brefs soient-ils, m’en ont souvent plus appris sur les pays visités que le suivi lointain des évènements qui s’y sont déroulés.
LU DANS L’HUMANITE
Janvier 1946 : la première session de l’Assemblée générale de l’ONU ouvre une nouvelle ère
La première session de l’Assemblée générale des Nations unies (Agnu), ouverte en janvier 1946 à Londres, puis poursuivie et conclue à New York en octobre de la même année, marque un moment fondateur de l’histoire diplomatique contemporaine. Tenue quelques mois à peine après la fin du second conflit mondial, elle incarne à la fois l’optimisme né de la fin de la Seconde Guerre mondiale et les premières tensions idéologiques qui annoncent la guerre froide.
© Photo12/Ann Ronan Picture Library
C’est à la suite de la conférence de San Francisco, fondatrice de l’Organisation des Nations unies, qui s’est conclue en juin 1945, que peut s’ouvrir la première session de la nouvelle instance internationale. À San Francisco, les représentants des 51 pays alliés ont signé sa Charte et officialisent ainsi le remplacement de la Société des Nations (SDN), dissoute après avoir échoué à empêcher la Seconde Guerre mondiale.
Le texte de la Charte de l’ONU est particulièrement progressiste et pacifiste. Le préambule affirme que les États réunis sont « résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances, à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, (…) , dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites, à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect (…) du droit international, à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande, et à ces fins, à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinage, à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales ». Elle entre en vigueur le 24 octobre 1945.
Lorsque les délégués des 51 États fondateurs de l’ONU se réunissent le 10 janvier 1946 à Westminster Central Hall, à Londres, pour la première session de l’Agnu, l’Europe est dévastée, Londres elle-même est en ruines suite aux bombardements intensifs de l’Allemagne nazie, et les rapports entre les anciens Alliés de guerre commencent déjà à se tendre. Les États-Unis et l’URSS, vainqueurs majeurs du conflit, incarnent deux modèles politiques, économiques et idéologiques de plus en plus opposés. Pourtant, l’espoir d’une coopération durable domine encore officiellement les discours.
L’ONU n’est alors qu’une structure naissante. La première Assemblée générale doit en poser les bases institutionnelles, définir ses méthodes de travail et donner un contenu concret aux idéaux proclamés quelques mois plus tôt : paix, sécurité collective, droits de l’homme et coopération internationale.
Une ouverture solennelle à Londres
La session s’ouvre sous la présidence du diplomate belge Paul-Henri Spaak, élu premier président de l’Assemblée générale. Dans son discours inaugural, Spaak insiste sur la responsabilité historique qui incombe aux représentants : il ne s’agit pas seulement de débattre, mais de prouver que les nations peuvent résoudre leurs différends par le dialogue plutôt que par la force. Il rappelle les échecs de la Société des Nations et souligne que l’ONU doit éviter de devenir une simple tribune de paroles sans effets.
Le secrétaire général par intérim, le Norvégien Trygve Lie (qui sera peu après nommé premier secrétaire général de l’ONU), met, lui, l’accent sur la nécessité de construire des mécanismes efficaces pour la prévention des conflits et la reconstruction des pays ravagés par la guerre. Son intervention traduit une volonté pragmatique : l’ONU doit être une organisation opérationnelle, capable d’agir rapidement face aux crises.
Les grandes puissances, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Union soviétique, utilisent la tribune pour affirmer leur vision du monde d’après-guerre. Le représentant soviétique insiste sur la sécurité collective et la lutte contre le retour du fascisme, tout en mettant en garde contre les tentatives d’ingérence dans les affaires intérieures des États. Du côté américain, la délégation souligne l’importance de la coopération économique et du respect des libertés fondamentales.
Des débats fondateurs et des résolutions majeures
L’un des principaux enjeux de cette première session est l’adoption des structures internes de l’ONU. L’Assemblée crée plusieurs commissions permanentes, notamment sur les questions politiques, économiques et sociales, juridiques et budgétaires. Elle établit également le siège permanent de l’organisation à New York, un choix symbolique qui consacre le rôle central des États-Unis dans le nouvel ordre international (alors que les États-Unis n’avaient pas participé à l’ancêtre de l’ONU, la Société des Nations, dans l’entre-deux-guerres).
Parmi les résolutions adoptées figurent celles concernant la mise en place de la Commission de l’énergie atomique, chargée de réfléchir au contrôle international de l’énergie nucléaire, dans un contexte marqué par les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki. Cette initiative illustre à la fois l’espoir d’une régulation collective et la méfiance croissante entre les grandes puissances.
L’Assemblée générale se prononce également sur la question des réfugiés et des personnes déplacées, en soutenant la création d’organismes chargés de leur assistance et de leur réinstallation, comme l’OIR (Organisation internationale pour les réfugiés), une structure temporaire qui va fonctionner de 1946 à 1952 et s’occupera de la réinstallation d’un million de réfugiés et de personnes déplacées par la guerre (avant de céder la place au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en 1952). L’Assemblée générale aborde aussi la question des colonies, qu’il s’agit de mener vers l’indépendance (au moyen du Conseil de tutelle), et adopte des textes affirmant l’engagement de l’ONU en faveur des droits de l’homme, préfigurant la Déclaration universelle qui sera proclamée en 1948.
Le passage à New York : une nouvelle scène diplomatique
À l’automne 1946, les travaux se poursuivent à New York, dans un environnement très différent de celui de Londres. La ville américaine, dynamique et tournée vers l’avenir, symbolise le déplacement du centre de gravité du monde occidental. Les débats y gagnent en intensité, et les divergences idéologiques entre l’Est et l’Ouest deviennent plus visibles.
Les discussions sur l’avenir de l’Europe de l’Est, la situation en Iran (occupée temporairement à la fin de la guerre par l’URSS), le cas de l’Espagne (dictature franquiste), la question du veto, la question du désarmement et le contrôle de l’arme atomique révèlent des lignes de fracture profondes, des désaccords. Les délégués soviétiques accusent les puissances occidentales de chercher à imposer leur influence économique et politique, tandis que les représentants américains et britanniques dénoncent ce qu’ils perçoivent comme une expansion de la sphère d’influence soviétique.
Molotov, ministre soviétique des Affaires étrangères, met en garde : « Nous devons tenir compte de l’existence de deux tendances opposées dans le développement des relations internationales. Il n’est pas difficile de voir que, si la tendance visant à renforcer une collaboration internationale normale, sous toutes les formes de coopération ou de compétition, s’accorde parfaitement avec le principe de l’unanimité des grandes puissances tel qu’il est inscrit dans la Charte des Nations unies (et donc le maintien du droit de veto – NDLR), la tendance contraire vers la domination mondiale, vers l’expansion et l’agression, ne saurait s’accorder avec le maintien de ce principe. Le conflit et le choc de ces deux tendances n’en sont encore qu’au stade initial. Mais cela commence déjà à provoquer la scission au sein de l’Organisation des Nations unies. »
Une atmosphère entre espoir et méfiance
L’atmosphère de cette première session est ainsi marquée par une tension latente. Officiellement, les discours célèbrent la coopération internationale et la promesse d’un monde pacifié. Dans les couloirs et les négociations informelles, cependant, la méfiance s’installe. Les alliances se dessinent, les blocs commencent à se former, et chaque prise de position est interprétée à travers le prisme des rivalités idéologiques.
Pour de nombreux petits et moyens États, l’Assemblée générale représente néanmoins une tribune inédite. Ils peuvent y faire entendre leur voix, défendre leurs intérêts et participer à l’élaboration des normes internationales. Cette dimension démocratique, bien que limitée par le poids des grandes puissances et leur veto, constitue l’une des grandes innovations de l’ONU.




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