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Donald Trump contre « l’Humanité »

Posté par jacques LAUPIES le 10 janvier 2026

 

 

2min

Publié le 8 janvier 2026

 

Voilà une nouvelle leçon de démocratie à la Trump : quand on vous accuse d’ingérence, criez à la désinformation. C’est ce que fait la ministre adjointe des Affaires étrangères américaine, Sarah B. Rogers, qui attaque l’Humanité sur X. Elle affirme que l’information selon laquelle l’administration Trump pourrait sanctionner les juges de Marine Le Pen serait une « fake news ». Une information de nos confrères allemands de Der Spiegel, effectivement relayée par l’Humanité et d’autres journaux français.

C’est la méthode trumpiste habituelle que subit aujourd’hui l’Humanité : tenter de discréditer tout ce qui dérange. Faire un coup d’État au nom de la démocratie ou crier à la désinformation pour masquer un fait d’intérêt public sont des oxymores politiques dont on use et abuse actuellement outre-Atlantique.

Il faut dire qu’une trumpiste qui crie à la désinformation, c’est un peu comme un tueur en série qui dénonce des atteintes aux droits humains… Oui, il est avéré que Donald Trump tente de donner un coup de main à son alliée Marine Le Pen dans sa conquête du pouvoir en France : c’est écrit noir sur blanc dans le document stratégique dévoilé par Washington il y a quelques semaines.

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Procès du RN pour détournement de fonds : le tribunal met en garde contre une « ingérence » américaine après des menaces contre des magistrats

L’information de Der Spiegel, qu’il nous semble essentiel de faire connaître, est d’autant plus crédible que les précédents sont nombreux. Ainsi, 11 juges de la Cour pénale internationale (CPI) se sont vu infliger des sanctions par l’administration Trump. Parmi eux, Nicolas Guillou, un Français, désormais interdit bancaire sur une large partie de la planète.

Son tort ? Avoir « autorisé l’émission par la CPI de mandats d’arrêt contre le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou », selon le département d’État dirigé par Sarah B. Rogers. Il en va de même pour le juge qui a condamné Bolsonaro au Brésil, ou encore pour Thierry Breton, qui a eu le tort de légiférer pour réguler (un peu) les géants du numérique, et pour Anna-Lena von Hodenberg, qui dirige une ONG allemande primée pour son travail contre la haine en ligne.

 

Face à l’autoritarisme de Trump ou du RN, la justice indépendante et la presse libre sont des remparts. Chacun dans son rôle. Malgré les tentatives d’intimidation, nous continuerons à jouer le nôtre.

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Roussel aux 4 vérités

Posté par jacques LAUPIES le 8 janvier 2026

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Grande marche populaire à Caracas Mobilisations populaires partout en soutien au peuple vénézuelien

Posté par jacques LAUPIES le 6 janvier 2026

 

Dimanche 4 janvier 2026, par  pam, popularité : 100%

 

La marche populaire à Caracas pour la victoire et la libération du président Maduro démontre que le peuple révolutionnaire de Caracas soutient son président Nicolás Maduro. Si la puissance militaire US a pu réussir un coup, elle n’a pas fait chuter les institutions bolivariennes. Il faudrait une entrée en guerre pour occuper la capitale et arrêter des milliers de dirigeants, militants, responsables qui sont organisés pour défendre leur pays.

Le peuple a la capacité de faire reculer la puissance militaire US. Le PSUV a organisé ce 4 janvier une visioconférence dont nous publions le compte-rendu ci-dessous, précédé de l’appel ouvert à signature de tous les parlementaires du monde.

Grande marche populaire à Caracas Mobilisations populaires partout en soutien au peuple vénézuelien dans POLITIQUE
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Appel à signature d’une déclaration publique d’élus

Version en espagnol avec formulaire de signature

Pour la défense de la souveraineté de la République bolivarienne du Venezuela, du droit international et de la paix régionale

Les parlementaires d’Amérique latine, des Caraïbes et du monde entier condamnent avec la plus grande fermeté les bombardements perpétrés contre le territoire de la République bolivarienne du Venezuela, qui ont eu des conséquences désastreuses pour la population civile ; l’enlèvement du chef de l’État Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores ; tous ces actes constituent une agression directe contre la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique d’un État membre des Nations Unies.

Nous exprimons notre solidarité avec le peuple vénézuélien touché par cette agression armée. Nous nous associons à l’appel au calme et à la cohésion nationale lancé par les autorités vénézuéliennes et aux déclarations du gouvernement colombien visant à protéger les vies humaines et la stabilité régionale.

Ces actes constituent une violation grave, flagrante et directe du droit international, du droit international humanitaire et des principes fondamentaux du système multilatéral consacrés par la Charte des Nations Unies. Nous rappelons notamment que l’article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations Unies dispose textuellement :

« Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, ou de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. »

L’attaque contre le territoire vénézuélien constitue une violation des mécanismes internationaux, qui doivent être obligatoires pour tous les États sans exception, et par conséquent ces actes de violence ne sauraient être justifiés au regard des règles établies par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Par conséquent, nous exigeons que le gouvernement des États-Unis d’Amérique cesse immédiatement toute action armée contre le Venezuela, respecte pleinement la souveraineté du territoire vénézuélien et libère le chef de l’État Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores ; nous demandons à ce gouvernement d’agir strictement dans le cadre du droit international et des principes fondateurs des Nations Unies.

Nous soutenons la position des gouvernements de Colombie, du Chili, du Brésil, du Mexique et de Cuba, qui ont fermement rejeté l’agression contre la souveraineté du Venezuela et de l’Amérique latine, reconnaissant qu’une ligne rouge a été franchie et que le principe d’autodétermination des peuples a été violé. La Colombie, pour sa part, a demandé la convocation immédiate du Conseil de sécurité des Nations Unies afin d’établir la légalité internationale de ces événements, de déterminer les responsabilités et de prévenir une escalade militaire aux conséquences incalculables pour la région et le monde.

Nous tenons à avertir que cette agression met non seulement le Venezuela en danger, mais menace aussi directement la paix et la stabilité de toute l’Amérique latine et des Caraïbes, une région déclarée zone de paix en 2014 et qui rejette le recours à la force comme mécanisme d’imposition politique.

Nous réaffirmons que les conflits internes des peuples doivent être résolus exclusivement par les peuples eux-mêmes, par le dialogue, la participation démocratique et la souveraineté, principe essentiel du système des Nations Unies et pilier de l’ordre international contemporain.

Les pays d’Amérique latine sont unis par des liens historiques, culturels et politiques profonds, forgés dans les idéaux de liberté, d’indépendance et de dignité de nos peuples. Puisse l’héritage de nos libérateurs, qui ont conçu l’esprit de la Grande Colombie et de l’intégration latino-américaine, triompher de la logique de la guerre, du colonialisme et de l’imposition par la force.

Nous appelons instamment les gouvernements du monde, les organisations multilatérales et les peuples d’Amérique latine, des Caraïbes et du monde entier à s’exprimer fermement pour activer les mécanismes diplomatiques et juridiques internationaux et défendre le droit international comme seul moyen de préserver la paix.

Bilan de la visio-conférence du PSUV (Caracas) – 4/01/2026

La réunion débute à 15 h 25 et dure environ quarante minutes. Une camarade du PSUV prend la parole pour rappeler les faits survenus au Venezuela. Elle indique que la Cour suprême, conformément à la Constitution de la République, a chargé Delcy Rodríguez d’assurer l’intérim du pouvoir en l’absence de Nicolás Maduro, tout en insistant sur le fait que celui-ci demeure le seul président du pays.

Elle revient ensuite sur les déclarations de plusieurs chef·fe·s d’État dénonçant la séquestration de Nicolás Maduro et de son épouse. Elle mentionne également les propos jugés menaçants et préoccupants tenus par Donald Trump lors de la conférence de presse du samedi 3 décembre 2026.

L’intervenante précise que la solidarité internationale est en cours d’activation. Elle se félicite des meetings solidaires organisés le samedi 3 décembre dans plusieurs villes à travers le monde (Paris, Amsterdam, Mexico, etc.) et appelle à poursuivre ces actions partout où cela est possible (mouvements sociaux, parlements, universités, etc.). Elle invite notamment à organiser des initiatives de solidarité le lundi 5 janvier, à l’occasion de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU. Elle encourage également les parlementaires des différents pays à déposer des motions dans leurs assemblées et/ou à organiser des activités en soutien au Venezuela.

Elle rappelle par ailleurs que les 17 derniers rapports de l’ONU indiquent que le Venezuela n’est pas un pays impliqué dans la production et la circulation de drogues. Ces rapports doivent être mis à disposition via un canal Telegram (InfoPSUV Internacional1), créé par le PSUV pour défendre la souveraineté du pays et lutter contre la désinformation.

Enfin, elle annonce l’envoi prochain d’une lettre aux élu·e·s du Congrès des États-Unis afin qu’ils puissent agir contre la détention de Nicolás Maduro (en particulier les élu·e·s démocrates). Il sera demandé aux parlementaires, quel que soit leur pays, de cosigner cette lettre :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSd8oxPGllYbtGDlJ8-YD81dKTo4gh5UM-1-kooXsFppdj9ZDg/viewform

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Ce qu’est le populisme de gauche, antagonique à l’organisation démocratique du prolétariat

Posté par jacques LAUPIES le 5 janvier 2026

 

Jeudi 25 décembre 2025, par  Jean-Paul Legrand, popularité : 13%

 

POURQUOI LA FRANCE INSOUMISE EST UN MOUVEMENT POPULISTE ANTI-COMMUNISTE ?

On ne s’étonne aucunement de l’attitude de La France insoumise à l’occasion des élections municipales, lorsqu’elle présente des listes partout, y compris là où cela risque objectivement de faire battre des maires communistes et à favoriser l’élection de maires de droite ou d’extrême droite.

On ne s’en étonne pas, parce que La France insoumise relève pleinement d’une logique populiste.

Le présent article n’entend donc pas se limiter à une polémique conjoncturelle ou électorale. Il vise à caractériser politiquement et théoriquement ce qu’est le populisme de gauche, en tant que courant structuré, historiquement situé, et fondamentalement antagonique à l’organisation démocratique du prolétariat telle que la conçoivent les marxistes, les communistes.

LE POPULISME DE GAUCHE : UN OBSTACLE À L’AUTONOMIE DU PROLÉTARIAT

Le populisme de gauche constitue le bras gauche alternatif de la domination capitaliste. Il existe non pour abolir cette domination, mais pour empêcher que le prolétariat ne s’organise de manière autonome, consciente et durable en vue d’une transformation socialiste de la société.

À l’inverse, un parti communiste authentique a pour vocation centrale de favoriser l’organisation politique, économique et théorico-stratégique du prolétariat. Cette organisation ne peut être réduite à l’horizon électoral : elle s’inscrit dans la lutte de classes quotidienne, dans la durée, et dans la perspective de la prise du pouvoir d’État, conformément à l’analyse marxiste selon laquelle « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » (Marx, Statuts de l’AIT).

L’ORGANISATION COMMUNISTE : CELLULES, DÉMOCRATIE VIVANTE ET INTELLECTUEL COLLECTIF

Les cellules communistes de quartier et d’entreprise, les réseaux d’échanges sociaux et politiques construits en dehors des intérêts capitalistes constituent le socle irremplaçable d’une démocratie vivante du monde du travail. Elles sont les lieux où s’articulent expérience concrète, formation politique et élaboration collective de la stratégie.

Les directions communistes, à tous les niveaux, n’ont de légitimité que si elles se donnent un objectif clair :
• dynamiser la vie des cellules,
• recruter et former de nouveaux militants,
• confier des responsabilités réelles en fonction des compétences et des aspirations,
• assurer le rajeunissement permanent de l’organisation,
• construire ce que Gramsci appelait un « intellectuel collectif », capable d’unir théorie et pratique.

C’est à cette condition seulement que peut émerger une stratégie démocratique de conquête du pouvoir d’État et de construction du socialisme.

LE POPULISME CONTRE LE MARXISME EN ACTION

Un parti véritablement communiste combat l’opportunisme et le révisionnisme propres au populisme. Ceux-ci vident la théorie marxiste et léniniste de sa puissance critique et opératoire, en la réduisant soit à un corpus figé, soit à un discours moral abstrait.

Le populisme s’oppose au marxisme en action, c’est-à-dire au marxisme pratiqué collectivement par des militants organisés. Il tolère éventuellement Marx dans les livres ou dans la bouche de quelques experts médiatiques, mais il refuse qu’il devienne un outil vivant d’analyse et de transformation sociale porté par le plus grand nombre.

PERSONNALISATION ET CULTE DU CHEF : UNE DÉPOLITISATION DE MASSE

Le populisme favorise systématiquement la personnalisation de la politique. En substituant le chef au collectif, il retire aux prolétaires leur responsabilité historique de s’organiser démocratiquement. Cette logique conduit inévitablement au culte du leader, forme moderne de dépossession politique.

Comme l’écrivait Lénine, sans organisation consciente et disciplinée, il n’y a pas de force révolutionnaire durable. Le populisme, au contraire, dissout la conscience de classe dans une adhésion affective et fluctuante.

UNE FALSIFICATION DE L’HISTOIRE DU MOUVEMENT OUVRIER

Le populisme se réclame volontiers de l’histoire du prolétariat, mais il en extrait uniquement les épisodes glorieux, en occultant les contradictions, les erreurs et les défaites. En refusant toute critique dialectique de cette histoire, il la transforme en récit mythifié.

Ce faisant, il désarme le prolétariat de la connaissance de sa propre expérience historique, pourtant indispensable pour éviter la répétition des impasses passées.

ÉLECTIONS, CONSTITUTION ET ILLUSIONS DÉMOCRATIQUES

Pour le populisme, l’organisation démocratique permanente en parti de lutte est une aberration. Son objectif réel n’est ni la prise du pouvoir d’État, ni la transformation du mode de production, ni la mise en place d’institutions favorisant le monde du travail contre la bureaucratie capitaliste.

Son horizon est la conquête de positions gouvernementales, dans l’illusion qu’une victoire électorale et un changement constitutionnel suffiraient à contraindre la classe capitaliste à renoncer à sa domination.

Or, comme Marx l’a montré, une Constitution ne transforme jamais une société : elle est toujours le produit d’un rapport de force issu de la lutte de classes. Faire d’une Constitution « citoyenne » l’axe central du combat politique, en l’absence d’un prolétariat organisé, formé et conscient, ouvre la voie à de graves régressions démocratiques.
La bourgeoisie, elle, dispose du temps, des moyens, des think tanks et des appareils idéologiques pour peser sur toute procédure constituante.

LE MYTHE D’UN CAPITALISME RÉFORMABLE

Enfin, le populisme de gauche entretient l’illusion fondamentale selon laquelle le capitalisme serait réformable. Or, plus le capitalisme se développe, plus il est contraint d’intensifier la surexploitation du travail, conformément à ses lois internes d’accumulation.

Il ne s’agit donc pas de réformer le capitalisme, mais de le dominer politiquement par une transformation radicale des rapports de propriété, de production et de pouvoir. Cela suppose l’instauration d’un régime politique nouveau, démocratiquement choisi par celles et ceux qui ne vivent que de leur travail, et qui utilise l’appareil d’État pour contraindre la classe capitaliste à se soumettre aux décisions du peuple organisé.

C’est précisément cette perspective que le populisme de gauche redoute et combat avec acharnement , car elle met fin à son rôle historique : canaliser la colère sociale pour préserver l’essentiel de l’ordre existant capitaliste.

Jean-Paul LEGRAND
24/12/2025

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Enlèvement de Nicolás Maduro au Venezuela : Emmanuel Macron s’aligne, la gauche s’indigne

Posté par jacques LAUPIES le 5 janvier 2026

 

Alors que le Quai d’Orsay s’était montré prudent, le chef de l’État s’est rapidement rallié à la position de Washington, sans un mot pour la violation du droit international. Les forces de gauche dénoncent une « honte » pour la France poussant Emmanuel Macron à corriger – modestement – le tir lors du Conseil des ministres de ce lundi 5 janvier.

Monde

 

6min

Publié le 4 janvier 2026Mis à jour le 5 janvier 2026 à 12:40

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Enlèvement de Nicolás Maduro au Venezuela : Emmanuel Macron s’aligne, la gauche s’indigne dans POLITIQUE
« Il n’y a pas de bonne invasion. Macron nous fait honte, il n’est pas la voix de la France », assure quant à lui le leader des insoumis, Jean-Luc Mélenchon, qui exige, comme les communistes, la libération de Maduro.
© Adnan Farzat / NurPhoto via AFP

L’Élysée et le Quai d’Orsay parlent-ils encore la même langue ? Samedi 3 janvier, la première réaction officielle française à l’attaque américaine contre le Venezuela et l’enlèvement de son chef d’État, Nicolás Maduro, est venue du ministre des Affaires étrangères. Dans un communiqué où il accuse d’abord le président vénézuélien d’avoir « confisqué le pouvoir » de son peuple, Jean-Noël Barrot fustige aussi, avec une prudence toute diplomatique, la méthode américaine qui « contrevient au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international ».

« La multiplication des violations de ce principe par des nations investies de la responsabilité principale de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies aura de lourdes conséquences sur la sécurité du monde, qui n’épargneront personne, ajoute le ministre. Instruite par l’histoire, la France s’y prépare, mais ne peut s’y résoudre. »

Pourtant, quelques heures plus tard, Emmanuel Macron n’a pas un mot pour le droit international. Le président de la République se fait au contraire VRP du banditisme trumpien, saluant un Venezuela « débarrassé de la dictature de Maduro » et formulant le souhait que la transition soit opérée par le « président Urrutia, élu en 2024 » – faisant mine d’ignorer qu’à Caracas le régime n’a pas changé, les chavistes étant toujours au pouvoir et l’intérim assuré par la vice-présidente, Delcy Rodriguez.

Le visage guerrier d’une Macronie en fin de règne

Cité par Macron, Edmundo Gonzalez Urrutia avait perdu le scrutin en 2024 face à Nicolás Maduro, dans une élection dont les résultats ont été contestés par l’opposition, plusieurs ONG et les chancelleries européennes. Emmanuel Macron a également annoncé avoir appelé Maria Corina Machado, la contestée prix Nobel de la paix 2025, qui a appelé, depuis son exil espagnol, Urrutia à prendre le pouvoir à Caracas.

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Venezuela : un prix Nobel de la paix pour précipiter la guerre ?

Dans un communiqué aux allures de rupture diplomatique, le Venezuela a dit « rejeter avec force les déclarations injurieuses » du président français, et « prendre les mesures appropriées dans l’évaluation de ses relations avec la France. »

 

Sans doute cette communication élyséenne, ostensiblement alignée sur Washington, vaut correctif de la position du Quai d’Orsay. Elle permet à Emmanuel Macron d’affirmer son autorité sur le pré carré des relations internationales, où il est (un peu) moins embourbé que sur le plan national. Mais aussi de conforter le virage guerrier d’une Macronie en fin de règne.

Le secrétaire national de Renaissance, Gabriel Attal, embraye et appelle la France à être « pragmatique » et ne « pas se contenter d’être la dernière à respecter la Charte des Nations unies ». L’ex-premier ministre pense-t-il à l’état du monde ou à la présidentielle 2027 ?

Ces déclarations ont en tout cas un prix : celui de la décrédibilisation de la France, dont le respect à géographie variable du droit international apparaît à nouveau en plein jour, s’ajoutant à sa faiblesse coupable dans le dossier Israël-Palestine.

« Il n’y a pas de bonne invasion »

Ce que n’a pas manqué de dénoncer la gauche qui, la première, à appeler à condamner l’atteinte évidente au droit international opérée par Washington. De quoi pousser le président à corriger – modestement – le tir lundi 5 janvier. Emmanuel Macron a affirmé en Conseil des ministres que la « méthode utilisée » par les Etats-Unis pour capturer le président vénézuélien, Nicolás Maduro, n’était « ni soutenue ni approuvée » par la France, a rapporté la porte-parole du gouvernement. « Nous défendons le droit international et la liberté des peuples », a-t-il également déclaré, selon le compte-rendu de Maud Bregeon devant la presse. Le tout en réitérant l’argument selon lequel le départ de Maduro est « une bonne nouvelle pour les Vénézuéliens » et affirmant que « si transition il devait y avoir, alors le vainqueur de 2024 devrait jouer un rôle central ».

Samedi, en fin d’après-midi à Paris, plus d’un millier de personnes se sont rassemblées pour condamner la brutalité de l’administration Trump, à l’appel notamment de LFI et du PCF. « La France se rabaisse au rang de 51e État des USA, la honte ultime » , avait dénoncé le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. « Il n’y a pas de bonne invasion. Macron nous fait honte, il n’est pas la voix de la France », assurait quant à lui le leader des insoumis, Jean-Luc Mélenchon, qui exige, comme les communistes, la libération de Maduro. Olivier Faure, numéro un du PS, a lui jugé qu’Emmanuel Macron « réduit la France à l’état de vassal ».

« Je rêve ou le président ne dit rien sur l’illégalité de l’intervention des États-Unis, ni sur les prétextes grotesques de Donald Trump pour couvrir son appétit insatiable de pétrole ? » a ironisé en écho la patronne des Écologistes, Marine Tondelier.

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