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La petite histoire du jour suivi de l’interview de Mikaela Erskog

Posté par jacques LAUPIES le 27 janvier 2026

 

Lundi 26 janvier

Ce qui m’est arrivé aujourd’hui n’est pas sans lien, comme à l’habitude, avec la situation politique nationale et internationale qui se commente avec abondance sur les plateaux des chaînes d’info que j’évoque souvent ici.

En font la démonstration les brefs échanges avec un artisan appelé à réviser l’installation de la clim réversible dont nous disposons dans un appartement récemment acquis. Ce qui révéla un défaut probablement dû à la foudre qui nécessite une autre intervention en lien avec le constructeur. La facture sera probablement plus élevée ce qui atteste que les petits proprios retraités certes ne paie pas de loyer mais subsistent les charges d’entretien souvent lourdes et imprévues. Un sujet que j’évoquerai plus tard non sans lien avec les élections à venir.

Elections municipales évoquées avec mon interlocuteur qui m’indique que la liste sortante s’est peu préoccupée de faire appel aux entreprises locales pour des réalisations coûteuses dont il conteste l’esthétique architecturale. Il s’agit d’une médiathèque, les tarasconnais l’auront deviné !

Pour ce qui me concerne je n’aime pas critiquer ce qui se fait et préfère consacrer mes propos à ce qui ne se fait pas, étant entendu, nous en sommes bien d’accord, qu’en définitive c’est nous qui payons. Mais là encore le désengagement de l’état n’est pas sans conséquence et les bons ou mauvais choix de collectivités locales en souffrent !

Bien entendu vu le contexte nous avons quelques paroles sur les incohérences, pour ne pas dire le pillage auquel se livrent les « grands patrons » et quelques-uns « des voyous » qui nous gouvernent depuis des décades.

En définitive des divergences n’apparaissent pas et je pourrais évoquer comme le fit un congrès, au temps ou Georges Marchais indiquait que la notions de Dictature du Prolétariat était inapproprié dans la marche vers le socialisme pour la France, que le rassemblement avec les classes moyennes (au sens marxiste du terme*) est évidemment naturel et nécessaire. Cependant comme nous le constatons la chose n’est pas facile. Pour preuve le décalage entre l’influence électorale du PCF et la masse de ceux qui auraient tout intérêt à le porter au pouvoir.

Plutôt que de m’étendre sur le sujet ma paresse coutumière me conduit à publier une interview dont je vous recommande la lecture.

LU DANS L’HUMANITE

« Le modèle chinois est une menace pour l’hégémonie des États-Unis », analyse la chercheuse Mikaela Erskog

La violence de Donald Trump reflète la volonté farouche des États-Unis et plus largement des pays du Nord de conserver leur suprématie mondiale. Il s’agit d’endiguer la croissance des pays du Sud global, analyse la chercheuse à l’Institut Tricontinental, Mikaela Erskog, qui travaille sur l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine.

Monde

 

4min

Publié le 26 janvier 2026

La petite histoire du jour suivi de l'interview de Mikaela Erskog dans POLITIQUE Cet hyper-impérialisme vient d’un déclin économique relatif des États-Unis, en plus de leur déclin productif. Ils doivent donc le compenser avec leur seul avantage stratégique, qui est militaire et en ciblant particulièrement la Chine », analyse la chercheuse.
© AFP / China OUT

Avec vos collègues, vous avez produit une étude sur l’hyper-impérialisme. Comment le définissez-vous ?

 dans POLITIQUE

Mikaela Erskog

Chercheuse à l’Institut Tricontinental

Après l’invasion russe en Ukraine, certains de nos collègues ont travaillé sur les dépenses militaires réelles des États. Ils ont constaté qu’elles étaient bien plus hautes qu’attendu, notamment pour celles des États-Unis. Estimées à l’époque à environ 800 milliards de dollars, elles atteignaient en réalité 1 500 milliards, en n’utilisant que les données officielles.

Cela a donc été un signal d’alarme : les États-Unis dépensaient douze fois plus que la moyenne mondiale par habitant, tandis que la Chine était à l’époque à environ 0,8 fois la moyenne mondiale. Pourquoi cette asymétrie, reliée au fait que l’Otan s’étendait en Europe ?

Cet hyper-impérialisme vient d’un déclin économique relatif des États-Unis, en plus de leur déclin productif. Ils doivent donc le compenser avec leur seul avantage stratégique, qui est militaire et en ciblant particulièrement la Chine. Car elle a réussi à briser le monopole néolibéral sur le développement économique et présente un modèle davantage au service des besoins des gens.

J’ai été surprise lorsqu’en 2020, la Chine a annoncé qu’elle avait éradiqué l’extrême pauvreté. Ce genre de phénomène est une menace pour l’hégémonie mondiale des États-Unis. On le voit avec la coercition économique qu’utilise l’administration Trump, des sanctions aux tarifs douaniers en passant par les restrictions sur les exportations technologiques.

 

Comment se positionnent dans ce paysage les pays du Sud global, certes de plus en plus organisés, mais aux objectifs différents, parfois contradictoires ?

Le Nord global fonctionne comme un bloc unifié en termes de cohésion militaire, politique et économique, et l’Europe est subordonnée aux États-Unis. Les différences tiennent aussi à une échelle tout autre : il y a une quarantaine de pays dans le Nord global et plus de 150 dans le Sud global. On ne peut pas mettre les îles Marshall à côté de la Turquie, bien sûr, mais nous les regroupons dans six catégories.

Par exemple, on peut citer les pays qui recherchent ardemment la souveraineté, comme l’Iran, la Russie et l’Alliance des États du Sahel (pacte de défense mutuelle conclu entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, NDLR), les nouveaux non-alignés, comme l’Inde, l’Indonésie et la Turquie, qui ont un peu plus de marge grâce au développement de leur capacité intérieure, etc.

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Lorsque le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar refuse de suivre les directives de l’Otan, ce n’est évidemment pas pour un projet progressiste, mais c’est un geste anti-impérialiste, d’une portée inédite depuis l’indépendance.

Cela vient aussi des options offertes par la montée de la Chine : un gouvernement africain peut maintenant penser obtenir un financement chinois au lieu d’être contraint par les conditions du FMI et de consacrer l’argent des dépenses sociales au remboursement de la dette.

Les pays européens ont récemment haussé le ton face à Washington. Pensez-vous qu’ils puissent remettre en question leur soutien aux États-Unis ?

Les pays d’Europe manquent de leadership politique et d’autonomie, ce qui affecte profondément leur politique intérieure en direction des classes populaires. Il suffit de se rendre en Chine pour se rendre compte des investissements extraordinaires en termes d’infrastructures, de transports et de services publics, avec des trains qui traversent des montagnes et des lacs.

Dans beaucoup de pays du Sud global, nous ne voyons pas cela, mais dans beaucoup de pays européens, ces services sont en déclin ! J’ai été surprise d’aller en Suède et en Allemagne et de faire face aux retards des trains et au manque d’investissement et d’entretien des services publics. Nous l’avons vu au forum de Davos, centré sur les affaires financières : les dirigeants européens n’ont pas de plan de découplage.

Ils ont subordonné beaucoup de leurs intérêts nationaux de développement aux objectifs militaires des États-Unis, via l’Otan. Et les dépenses militaires augmentent partout en termes de parts de PIB. Même s’ils ont répondu pour le Groenland, cela reste une réponse conjoncturelle à un problème bien plus structurel.

 

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