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Manifestations et répression en Iran : Donald Trump a-t-il conclu un « deal » avec Téhéran ?

Posté par jacques LAUPIES le 17 janvier 2026

 

Après avoir menacé Téhéran d’intervention, le président états-unien assure que le pouvoir iranien a mis fin au massacre des manifestants antigouvernementaux sans que rien ne l’atteste. Celui qui s’est employé à démanteler les instances internationales sollicite une réunion du Conseil de sécurité.

Monde

 

7min

Publié le 15 janvier 2026

 
 dans POLITIQUE
Depuis le 14 janvier, le président certifie : « On nous dit que les tueries ont pris fin. Elles ont pris fin », repoussant la perspective d’une intervention militaire états-unienne et l’achèvement de sa mue néo-conservatrice.
© Jim WATSON / AFP

Il temporise, mais ne pouvait pas totalement se dédire. En début de mois, Donald Trump l’assurait : « Si l’Iran tire sur des manifestants pacifiques et les tue violemment, comme à son habitude, les États-Unis d’Amérique viendront à leur secours. » Depuis le 14 janvier, le président certifie : « On nous dit que les tueries ont pris fin. Elles ont pris fin », repoussant la perspective d’une intervention militaire états-unienne et l’achèvement de sa mue néo-conservatrice.

On ne sait si ces informations, qu’il dit tenir « de bonne source », émanent de ses propres services de renseignements ou directement de garanties données par le pouvoir iranien. Dans ce dernier cas, on peut s’interroger sur la nature du « deal » conclu en l’échange de l’arrêt des massacres.

Selon l’ONG Iran Human Rights, au moins 3 428 manifestants auraient été tués depuis le début des manifestations, mais leur nombre pourrait être beaucoup plus élevé. « En une seule nuit, 25 corps ont été dénombrés dans un local administratif. Dehdasht (une petite ville du sud-ouest de l’Iran – NDLR) ressemble à Gaza », témoigne par téléphone, et sous couvert d’anonymat, pour l’Humanité, un habitant de Yassoudj (sud-ouest).

« Tout individu présent dans les rues est considéré comme un criminel »

À l’abri des regards, et des grandes agglomérations, la répression a bel et bien viré au carnage. « Un manifestant, qui avait été blessé par balle ne s’est pas rendu à l’hôpital, par crainte des forces du pouvoir. Il est mort après avoir saigné pendant trois jours », poursuit un autre observateur solidaire du mouvement, joint par notre journal.

Depuis lundi 12 janvier, jour où des centaines de milliers de personnes ont investi les rues, les autorités assurent que les manifestations antigouvernementales perdent en intensité, sans qu’il soit possible de le vérifier du fait de la coupure d’Internet.

C’est d’ailleurs sur la chaîne ouvertement trumpiste Fox News, que le ministre des Affaires étrangères a confirmé : « Désormais (…) le calme règne. Nous avons le contrôle total » de la situation. Dans le même temps, le ministre iranien de la Justice, Amin Hossein Rahimi, a mis en garde ceux qui entendaient poursuivre le mouvement : « Tout individu présent dans les rues depuis le 8 janvier est considéré comme un criminel. »

L’option Reza Pahlavi, loin d’être privilégiée par Donald Trump

Dans ce contexte, Donald Trump vise-t-il une réforme simplement cosmétique du pouvoir qui permettrait de préserver la révolution islamique tout en la persuadant d’être plus conciliante quant aux intérêts états-uniens et au remodelage de la région ?

Moins catégorique qu’avec l’opposante vénézuélienne, Maria Corina Machado, qu’il a définitivement écartée du pouvoir, le locataire de la Maison-Blanche ne rejette aucune option, y compris Reza Pahlavi, le fils du Chah renversé par la révolution de 1979, qui aspire à gouverner.

 

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