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WikiLeaks : Julian Assange sera fixé sur son extradition vers les États-Unis après le 5 mars

Posté par jacques LAUPIES le 22 février 2024

 

 

Ce mercredi, au terme de deux jours d’audience, les deux juges de la haute courte britannique ont entendu les arguments pour et contre l’extradition de Julian Assange vers les États-Unis. Ils doivent décider si le cofondateur de WikiLeaks peut bénéficier d’un véritable procès en appel ou si rien ne contrevient à son extradition. Le verdict ne sera pas annoncé avant le 5 mars.

Monde

 

8min

Mise à jour le 22.02.24 à 09:45

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Une manifestation de soutien à Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, devant la Haute Cour de Londres, le 20 février 2024.
© AFP / Daniel LEAL

Londres (Angleterre), correspondance particulière.

Infatigables et omniprésents. Pendant les deux jours de l’audience administrative du procès de Julian Assange à la Cour royale de justice britannique, plusieurs centaines d’activistes et de supporteurs ont apporté leur soutien au cofondateur de WikiLeaks. Malgré la pluie, le vent et le froid, pancarte à la main, ils ont appelé à « Free Julian Assange » (« Libérez Julian Assange ») de 8 heures du matin, deux heures et demie avant le début des audiences, à la fermeture du tribunal à 17 heures. Ils ont dénoncé la demande d’extradition américaine et la « compromission » du Royaume-Uni.

Pour les motiver, Stella Assange, l’épouse du journaliste australien, son frère Gabriel Shipton, le responsable de WikiLeaks Kristinn Hrafnsson, l’ancien chef du parti travailliste Jeremy Corbyn et bien d’autres se sont adressés à eux depuis une estrade installée à une dizaine de mètres de l’entrée du tribunal. « Julian est un prisonnier politique et sa vie est en danger, a rappelé mardi la mère de ses deux enfants. Ce qui est arrivé à Navalny peut arriver à Julian. Il doit être libéré et cette farce doit prendre fin. »

Avant de tous retourner suivre l’audience dans l’impressionnant bâtiment néogothique achevé en 1882. Impossible de ne pas y ressentir profondément le poids des siècles, la puissance passée du Royaume-Uni et la prééminence de son système judiciaire. Son gigantesque hall principal décoré de statues de souveraines et d’illustres juges et avocats, ses sombres escaliers de pierre et ses salles d’audience quasiment encore dans leur jus victorien, si ce n’était pour l’adoption de microphones et d’écrans de télévision, et bien évidemment ses juges et avocats couverts de leur traditionnelle perruque blanche.

L’équipe judiciaire américaine conteste l’aspect journalistique

Le début de la journée de mercredi a été consacré à l’équipe judiciaire américaine. L’avocate Clair Dobbin a débuté en rappelant que malgré le changement de l’administration et de la direction de la CIA, les accusations à l’encontre de Julian Assange ont été maintenues car elles sont « basées sur la loi et les preuves, pas sur des motivations politiques ».

Car la veille, lors des prises de parole de la défense du plus célèbre des journalistes, l’un des avocats Ed Fitzgerald, avait assuré que « le requérant est poursuivi pour des délits politiques. Les poursuites sont motivées par des considérations politiques. M. Assange a révélé des faits criminels graves. » Cet élément est capital. Les extraditions pour des délits politiques sont en effet interdites par « presque tous les traités internationaux jamais signés par le Royaume-Uni », et notamment par l’article 5 de la Convention européenne des droits de l’Homme.

Clair Dobbin a ensuite tenté de convaincre les juges que le travail de Julian Assange et de WikiLeaks ne pouvait être considéré comme du journalisme. Son responsable a en effet fait bien plus que de « faire un travail de journaliste, c’est-à-dire de collecter des informations », en donnant des conseils au soldat américain Chelsea Manning sur la manière de protéger son identité avant de télécharger les documents classifiés américains, et en l’encourageant à en télécharger d’autres.

Par conséquent, « WikiLeaks ne peut être considéré comme un média ou un éditeur traditionnel » et bénéficier des mêmes protections. Quoi qu’il en soit, les journalistes doivent se comporter de manière « responsable », qu’« ils ne sont pas autorisés à commettre des crimes » et « ne disposent pas d’immunité ».

« Les États-Unisn’ont jamais pu prouver que cela ait concrètement affecté quelqu’un. »

Ed Fidgeral, avocat de Julian Assange

Un des juges l’a alors interrompu. « Si un journaliste de ce pays avait connaissance de crimes importants commis par une agence de renseignement gouvernementale et demandait des informations à un employé de cette agence, cela constituerait-il un délit passible de poursuites ? Acceptez-vous que les journalistes se trouvent dans une situation différente » du reste des citoyens ? Sa réponse : seulement s’ils savaient que leur publication « serait préjudiciable ».

En effet, aux yeux de Washington, cette affaire diffère des autres publications de documents classifiés, car elle a « affecté le travail des équipes du renseignement américain et de l’armée américaine ». Clair Dobbin reprend les arguments américains avançant que certaines des informations contenues dans cette fuite ont été retrouvées dans des sites aux mains de Talibans, d’Al-Qaida dont Oussama ben Laden, des autorités chinoises, mettant en danger la vie d’espions et informateurs employés par les Etats-Unis.

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Mercredi, Ed Fitgerald a rappelé que contrairement aux dires de personnalités américaines, les États-Unis « n’ont jamais pu prouver que cela ait concrètement affecté quelqu’un ». Surtout, « pendant un an, WikiLeaks et ses médias partenaires ont effacé tous les noms contenus dans les documents publiés. Leur fuite postérieure n’était donc pas volontaire » a-t-il rétorqué.

Washington prêt à défendre une extradition politique

Autre élément important à leurs yeux, jamais aucun média ou journaliste n’a été poursuivi pour la publication d’informations classifiées. L’avocat a ainsi donné un exemple qui concerne la France. En 1997, David Shayler, un agent du MI5, l’équivalent britannique de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), fournit des informations classifiées à un quotidien britannique.

Il s’enfuit en France la veille de leur publication. Arrêté à la demande des autorités britanniques, il est pourtant libéré quelques mois plus tard lorsque la justice française estime que la demande d’extradition est politiquement motivée, donc irrecevable. Et surtout, il a rappelé mercredi que « jamais n’a été évoquée la possibilité que le média qui a publié ces informations puissent être poursuivies ».

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Enfin, Clair Dobbin a avancé que lors de la traduction du traité d’extradition entre Londres et Washington dans la loi britannique, les députés de la Chambre des communes « ont volontairement omis » les crimes d’opinion politique de ses exceptions, qui figuraient initialement. Seule cette version doit être utilisée.

Ainsi, même si cette requête américaine devait être reconnue comme « politique », l’extradition ne doit pas être refusée. Une vision fortement contestée par les avocats de l’accusé.

Assange ne bénéficiera pas d’un procès équitable aux États-Unis

Ils ont enfin assuré que Julian Assange ne bénéficiera pas d’un « procès équitable » aux États-Unis, ce qui est contraire à l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’Homme. Les déclarations passées de juges et de politiciens américains l’assurent. Il pourrait même être puni « pour une infraction dont il a été acquitté ou pour laquelle il n’a même pas été inculpé », selon Ed Fitzgerald.

Leurs arguments auront-ils semé le doute dans l’esprit des deux juges ? « Il est apparu évident que les États-Unis présentent de plus en plus le journalisme comme un crime et que le Royaume-Uni ne veut pas offusquer son allié », analyse Stella Assange. Elle perçoit pourtant une note d’espoir : « Contrairement à leurs prédécesseurs, les juges de ces audiences ont posé des questions, ont creusé les différents points présentés. » Le verdict ne sera pas annoncé avant le 5 mars.

 

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