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Excellente analyse mais qui mériterait d’autres développements

Posté par jacques LAUPIES le 14 février 2024

Polyamour, union libre, vie séparée : quel couple aujourd’hui ?

En débat

La Saint-Valentin est célébrée par certains avec dîner aux chandelles et bouquet de fleurs. Elle est moquée par d’autres qui dénoncent une fête de l’amour marketing, voire remettent en cause le modèle de la vie à deux.

 

7min

Mise à jour le 14.02.24 à 10:01

 
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Le renforcement de l’autonomie personnelle, des femmes en particulier dans le cadre de couples hétérosexuels, participe à l’évolution du mode de cohabitation.
© Miguel MEDINA/AFP

Le mythe du couple classique est en train de s’effondrer. L’accès plus courant à l’indépendance n’est plus compatible avec une vie à deux.

 dans POLITIQUE

Marcela Iacub

Juriste et chercheuse au CNRS

Chaque année, à l’approche de la Saint-Valentin, c’est toujours difficile de rappeler que le couple traditionnel, celui qui hante encore la trame des comédies sentimentales et des émissions de la téléréalité, n’est qu’un fantôme d’un autre temps. Et cela, non pas parce que nous ne tombons plus amoureux mais parce que nous formons de moins en moins des couples cohabitants, nous nous séparons de plus en plus et nous sommes de plus en plus nombreux à refuser de renouveler l’expérience. Et parce que le désir, d’ailleurs de plus en plus faible, d’enfanter n’est pas ou n’est plus un frein à cette tendance.

De fait, si l’on analyse avec attention les statistiques démographiques, on peut prédire que la vie en solo et la monoparentalité loin d’être des accidents, des malheurs, des cas sociaux, des situations transitoires deviendront, d’ici quelques années les modèles dominants.

Selon les sociologues, qui, depuis une quinzaine d’années, cherchent à expliquer ce phénomène, c’est le renforcement de l’autonomie personnelle la véritable cause de cette révolution de nos vies privées. Il paraît de plus en plus intolérable de supporter dans l’espace domestique qu’un autre adulte nous impose des restrictions à notre liberté personnelle.

D’autant plus insupportable lorsque ces dernières impliquent des corvées, des sacrifices personnels, des renoncements à des opportunités professionnelles et sociales au motif que l’on vit en couple. Pourtant, ces transformations sont à tel point dérangeantes que les politiques publiques refusent de les prendre au sérieux afin de mettre en place des dispositifs adaptés pour faciliter la vie de leurs protagonistes.

Les politiques de l’habitat, fiscales, urbaines, les dispositifs d’aide aux personnes sont toujours conçus comme si la société civile était composée uniquement par des familles traditionnelles comme c’était le cas il y a quelques décennies. Plus encore. C’est la culture elle-même qui ne semble pas adaptée à nos nouvelles manières de vivre. Et je ne fais pas seulement allusion aux films, aux romans, aux médias, à l’éducation qui continuent à véhiculer les normes amoureuses et familiales d’une société révolue. Ce déni provoque des grandes souffrances chez beaucoup de protagonistes des nouvelles manières de vivre.

S’ils n’arrivent plus à habiter en couple, à créer des familles comme leurs parents ou comme leurs grands-parents, ils l’attribuent au fait d’être des ratés, des névrosés, des inadaptés, ce qui entraîne des souffrances morales profondes. Peu d’entre eux sont en mesure d’admettre à quel point leur situation prétendument malheureuse est pour eux source de satisfaction et de bonheur et que, pour rien au monde, ils ne seraient prêts à la changer.

Mais le jour – que l’on espère proche – viendra où ces prolétaires de l’amour, ces exclus de la famille traditionnelle, ces faux ratés, ces faux névrosés, ces désespérés prendront conscience que c’est avec leurs nouvelles manières de vivre que sera écrite la société à venir.

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Les modèles ouverts, prêchant pour la liberté apparaissent comme moins contraignants que le mariage mais donnent plus un sentiment d’incertitude.

Véronique Kohn

Psychologue, psychothérapeute et formatrice

Aucun modèle n’est idéal, chacun présente des avantages et des limites. Mais tous se fondent sur le mythe romantique qui se loge en amont basé sur l’idée qu’en choisissant le bon modèle qui nous corresponde, on finira par trouver le bonheur, et ce, en couple. Les trois modèles ouverts, polyamour, union libre et vie séparée sont à la fois très riches et très contraignants à cause de leur complexité émotionnelle.

Le polyamour, c’est un modèle très très romantique. Tout le monde s’aime, sans hiérarchie, et plus on aime, plus on est censé recevoir. Le principal souci, c’est la jalousie, même si on aimerait tellement ne pas l’être ! C’est juste un truc de notre cerveau de mammifère qui nous rattrape. Seuls ceux qui ne sont pas jaloux peuvent se maintenir longtemps dans le temps en se clamant polyamoureux heureux.

L’union libre se réfère généralement à une relation dans laquelle un couple choisit de vivre ensemble et de partager leur vie sans être légalement marié. C’est un autre modèle plus allégé que le mariage en apparence, vu qu’on a l’impression que l’on peut se désengager vite fait. Mais, justement, tout est là.

Si l’on peut vite se désengager, on se donne peut-être moins les moyens de se donner une chance de surmonter les crises. Et il y en aura ! Alors, que penser du modèle vie séparée ? Une façon d’envisager la relation de couple en s’imaginant n’y trouver que les bons côtés. Le principe : on vit chacun chez soi et on ne se voit que pour les bons moments. C’est une formule qui défend l’idée que l’on respecte mieux ses rythmes, ses envies de ne pas tout partager ensemble, car on a moins de compromis à faire.

Les femmes s’y retrouvent bien pour ne plus avoir à consacrer du temps sur la logistique couple/famille. Et le principe de ne pas choisir de vivre sous le même toit honore le romantisme des retrouvailles. On peut défendre la thèse inverse, que rien ne vaut les petits gestes du quotidien. Que la profondeur apparaît dès lors que l’on partage plus de temps ensemble. C’est aujourd’hui le plus souvent le modèle plébiscité après le divorce par les cadres moyens.

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Alors quel est l’avenir du couple ? Est-ce que ces trois modèles dits ouverts en comparaison avec celui du mariage dit traditionnel et fermé seront amenés à être choisis par le plus grand nombre ? Non, pas forcément. Il y a dans toute période des bascules de mentalités, on pourrait imaginer que le modèle conservateur va s’essouffler et qu’il sera remplacé par les modèles ouverts, mais je ne crois pas.

Simplement, une fois que notre époque aura fait le tour des inconvénients de ces modèles prometteurs, on en inventera d’autres, mais en y ajoutant les notes d’épanouissement individuel, délesté de cet idéalisme un peu naïf de croire que l’amour est vecteur de liberté dans le polyamour (c’est faire fi de la jalousie), que l’union libre et la vie séparée signifient moins d’engagement (mais donnent plus de sentiment d’incertitude).

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