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Réforme des retraites : pourquoi faut-il un référendum ?

Posté par jacques LAUPIES le 17 octobre 2022

 

Le projet d’Emmanuel Macron vise à un recul du départ à la retraite. C’est une question qui concerne tout le monde. Afin de juger sur pièces, les Français doivent pouvoir se prononcer lors d’un véritable débat public.

Publié le

Dimanche 16 Octobre 2022

 

FABIEN ROUSSEL

Secrétaire national du PCF, député du Nord

La démocratie est toujours la solution. Après avoir envisagé un passage en force pour imposer, via un amendement au PLFSS, un recul à 65 ans de l’âge de départ à la retraite, Emmanuel Macron et son gouvernement viennent d’engager un « cycle de concertations » sur une durée limitée de deux mois. Ils maintiennent un agenda à la hussarde avec un projet de loi – ou un amendement sur un PLFSS rectificatif – en début d’année, pour une mise en œuvre de leur contre-réforme à l’été 2023. Et, surtout, ils ne cessent de dire que le recul de l’âge de départ et l’augmentation de la durée de cotisation sont une fatalité pour « équilibrer le système », pour « faire des économies et financer des politiques publiques », pour « compenser l’allongement de la durée de vie »… Tout cela est faux, et nous en ferons la démonstration dans les prochaines semaines.

Un front syndical uni est constitué pour s’opposer à des mesures d’âge et pour porter des solutions communes sur des dispositifs de carrière longue, de pénibilité et d’usure au travail, d’emploi des seniors, de minimum retraite, de financement du régime et d’égalité femmes-hommes. Une majorité de la population est opposée à un recul de l’âge de départ.

Une telle perspective serait une catastrophe sociale et humaine pour les personnes qui exercent les métiers les plus pénibles, aux carrières les plus hachées, pour les femmes notamment. En France, un salarié sur deux qui liquide ses droits n’est déjà plus en activité. Face à des enjeux vertigineux, qui portent sur le travail, sur une nouvelle création et une nouvelle répartition des richesses, sur un véritable choix de société, un grand débat national, projet contre projet, est un impératif démocratique. Notre peuple en a fait une spectaculaire démonstration en 2005 avec le traité constitutionnel européen. Il sait se saisir de questions jugées complexes. Il sait les instruire dans le cadre d’un débat pluraliste et contradictoire.

Depuis sa réélection, Emmanuel Macron laisse entendre que la méthode aurait changé. Chiche ! alors, qu’il retire son projet en acceptant un véritable débat. Le PCF y apportera sa contribution avec une réforme pour une bonne retraite. Fin août, lors de nos universités d’été, au cours de la rencontre qui réunissait l’ensemble des forces de gauche et écologistes, j’ai proposé que ce débat puisse être conclu par le peuple souverain dans le cadre d’un référendum, proposition relayée par le groupe communiste à l’Assemblée nationale via une motion référendaire. Cet objectif est désormais partagé par tous les groupes de gauche et écologistes.

Je le mesure à l’échelle de ma circonscription, lors de mes déplacements, de mes échanges sur la question du travail et aussi sur les retraites, les Français veulent être consultés, associés à une telle réforme. Le président de la République ne doit pas passer en force, ni ­brutaliser le monde du travail. Il provoquerait une grave rupture démocratique dans le pays. 

Une bonne retraite est possible si le peuple s’en mêle. Il existe un font syndical pour refuser les mesures d’âge. Le monde du travail ne doit pas être brutalisé.

PRISCILLIA LUDOSKY

Co-initiatrice du mouvement des gilets jaunes

 

En France, il n’est pas courant que des milliers de personnes défilent dans les rues pour réclamer une refonte des institutions, une mise à jour de la Constitution ou encore plus de référendums ! C’est pourtant ce qui est arrivé durant le mouvement des gilets jaunes. Très tôt, lors des manifestations, figuraient sur des centaines de pancartes des mesures comme le référendum d’initiative citoyenne (RIC), la reconnaissance du vote blanc ou encore la création d’une assemblée citoyenne suivie d’un référendum.

À l’époque, le gouvernement Macron avait qualifié ces mesures de « danger pour la démocratie représentative ». Elles reflètent pourtant une volonté de contribuer à l’élaboration des politiques publiques, puisque 57 % des Français interrogés sur cette forme de démocratie participative disent qu’il faut généraliser cette manière de débattre de sujets importants et ne pas laisser seulement les représentants politiques décider (Ipsos/Sopra Steria).

Quel danger peut-il y avoir à mettre en œuvre des mécanismes permettant de recueillir les avis et contributions des Français ? Doit-on rappeler quel type de régime politique permet à un seul homme de suivre sa feuille de route contre l’avis de la majorité politique, syndicale et citoyenne ?

Certains répondraient que le président a été « élu » et qu’il tire alors sa légitimité de ces électeurs. Ce qui pourrait s’entendre si celui-ci n’avait pas été élu par défaut, d’une part, et sur un score d’une faiblesse telle que cela ne laisse pas de doute quant à la nécessité de réviser la manière dont est attribué et exercé le pouvoir, puis celle de prendre en compte les volontés de la population.

Le référendum, trop peu utilisé, est un outil qui permet cela. Si Emmanuel Macron est le président de ces électeurs, minoritaires, il est aussi celui de la majorité qui s’abstient. Il est celui de celles et ceux qui, à 66 %, se sont dits « défavorables » à la réforme des retraites et des 48 % qui ont affirmé y être « tout à fait défavorables » (YouGov).

Rappelons qu’en mars 2020, le gouvernement avait déployé l’article 49.3 de la Constitution lors d’un Conseil des ministres organisé en urgence sur la question sanitaire, mais qui a finalement servi à suspendre les débats sur le sujet. À ce moment-là, 60 % des Français réclamaient déjà le retrait total de la réforme (YouGov).

Pourtant, Olivier Dussopt, ministre du Travail, reprend le flambeau et annonce trois cycles de « concertation » avec les syndicats d’ici décembre, afin de préparer le projet de loi de réforme du système de retraite pour une mise en œuvre dès l’été prochain !

Effrayé à l’idée de perdre du pouvoir et malgré une opinion défavorable majoritaire, le roi garde le cap. Il serait bon de nous rappeler que, pour la deuxième année consécutive, la France a été classée « démocratie ­défaillante » par l’Indice de démocratie produit par The Economist Intelligence Unit. 

Le mouvement des gilets jaunes est en phase avec l’attente des Français de démocratie participative. La majorité qui refuse cette réforme doit être entendue.

 

 

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