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Colombie. La gauche de Gustavo Petro aux portes du pouvoir

Posté par jacques LAUPIES le 27 mai 2022

Colombie. La gauche de Gustavo Petro aux portes du pouvoir

La droite, l’une des plus dures d’Amérique latine, a des sueurs froides : pour la première fois de leur histoire, les progressistes sont en capacité d’emporter la présidentielle du 29 mai.

Publié le

Vendredi 27 Mai 2022

Rassemblement à Medellin des partisans du candidat de gauche.JOAQUIN SARMIENTO/AFP

Rassemblement à Medellin des partisans du candidat de gauche.JOAQUIN SARMIENTO/AFP
AFP
 

C’est un clin d’œil de la ville de « l’éternel printemps » au basculement politique qui pourrait advenir, ce 29 mai, en Colombie, à la faveur de l’élection présidentielle où, pour la première fois de son histoire, la gauche est donnée favorite.

Dans un quartier riche de Medellin, une femme en combinaison fluo balaye les rues d’un geste déterminé. Accolée à son chariot, une petite affiche des candidats de l’union, le Pacte historique, soutenu par le Parti communiste colombien et le Parti des communs (ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie), et représenté par Gustavo Petro et sa colistière Francia Marquez. Un habitant interpelle la jeune femme en plein travail, l’agresse même, pour s’insurger contre cet affront. Elle poursuit son labeur, l’ignorant ostensiblement.

La vidéo a été relevée, en fin de campagne, par Gustavo Petro, qui y voit un signe de la « dignité » du peuple face au mépris de classe. L’ancien maire de Bogota (2012-2015) a souvent dit qu’il espérait rompre avec la confiscation du pouvoir par une élite raciste, nostalgique de l’ère coloniale et liée au crime organisé (lire page ci-contre). En Colombie, selon l’OCDE, il faut onze générations pour s’extirper de la pauvreté et 85 % de la population estiment que le pays va dans la mauvaise direction.

Menaces de mort des paramilitaires

« Ce que nous avons proposé, c’est une unité nationale construite sur de nouvelles bases », résumait le candidat à la présidentielle lors de son dernier meeting à Bogota. Candidat pour la troisième fois à la fonction suprême, l’ex-guérillero Gustavo Petro était parvenu, en 2018, à se hisser au second tour avant de s’incliner face à l’ultradroite d’Ivan Duque, dont la victoire enterrait l’espoir d’une réconciliation nationale, malgré l’accord de paix de 2016 avec les Farc. L’ascension du ticket de gauche donne des sueurs froides aux conservateurs. Comme cinq autres candidats avant eux, tués de sang-froid pour avoir défendu la justice et l’égalité, Gustavo Petro et Francia Marquez font face à des menaces de mort des paramilitaires. Jusqu’aux derniers instants de la campagne, personne n’excluait un coup d’État qui douche les espoirs de changement, confirmés par les législatives de mars. Il y a moins de trois mois, le Pacte historique s’est ainsi hissé au rang de première force politique au Sénat, balayant les partis traditionnels.

Les candidats de gauche sont portés par le mouvement social réprimé dans le sang en 2021. Comme d’autres organisations, la Fédération colombienne des travailleurs de l’éducation leur a apporté son soutien afin de faire de l’enseignement « un droit fondamental ». Gustavo Petro a également reçu l’appui de 50 organisations indigènes, « lasses de cette longue nuit qui dure depuis cinq cents ans », selon la sénatrice Martha Peralta (Pacte historique). Artistes, personnel soignant, défenseurs de l’environnement… le mouvement est inédit. La sortie du modèle extractiviste et la démocratisation des institutions font partie des priorités érigées par le Pacte historique. Le secteur minier « n’est important ni en termes de recettes fiscales ni en termes d’emploi. Il pèse peu dans l’économie du pays. Mais il a bénéficié de nombreux avantages fiscaux », relève pour le Centre tricontinental Alvaro Pardo, directeur du centre d’études minières Colombia Punto Medio. Ces dernières années, la population n’a pas manqué d’exprimer son opposition à ce modèle en organisant des consultations avant que la Cour constitutionnelle ne les rende illégales. Le Pacte historique propose, en outre, une réforme agraire qui permette de redistribuer les terres spoliées. En un demi-siècle de conflit armé, plus de 7 millions de paysans ont dû laisser leurs terres derrière eux ou en ont été expulsés.

Une campagne qui réactive la « peur du rouge »

Face à Gustavo Petro, le candidat conservateur Federico Gutierrez a mis l’accent sur l’insécurité pour son dernier meeting de campagne. En référence à l’extradition du narcotrafiquant Otoniel vers les États-Unis, qui avait provoqué le blocage par le Clan du Golfe de la moitié du pays, le candidat de droite joue les matamores : « Quand nous serons à la présidence, pour tout type de problème de ce genre, vous savez que je serai là, j’arrive en cinq minutes et l’on fera face en bombant le torse. » Sa campagne a réactivé la « peur du rouge », dernière carte en sa possession. Comptable du bilan du gouvernement sortant, massivement rejeté par les Colombiens, il bénéficie néanmoins, selon Yann Basset, docteur en sciences politiques de l’Institut des hautes études d’Amérique latine, du soutien de l’armée et d’ « une droite structurée et puissante », déterminée à empêcher le printemps.

 

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