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Législatives. La gauche sera-t-elle unie en juin ?

Posté par jacques LAUPIES le 1 mai 2022

 

Les négociations entre formations pour s’allier aux législatives et bâtir une majorité sont toujours en cours. Les conditions d’un accord ne sont pas encore réunies, mais les partis disent leur volonté d’y parvenir.

Publié le

Jeudi 28 Avril 2022

Des discussions bilatérales ont démarré entre la FI et le PCF sur la stratégie à appliquer pour l’emporter. © Julien Muguet

Des discussions bilatérales ont démarré entre la FI et le PCF sur la stratégie à appliquer pour l’emporter. © Julien Muguet
 

La présidentielle est souvent qualifiée d’« élection reine » dans notre pays. Ce n’est pourtant pas elle qui décide de la politique à mener. Pour exercer le pouvoir, former un gouvernement et conduire des réformes, ce sont les législatives qu’il faut gagner. Une victoire pas impossible, puisque la gauche a engrangé au premier tour de la présidentielle plus d’un million de voix supplémentaires entre 2017 et 2022 et est arrivée en tête dans 131 circonscriptions. Avec la tripolarisation de l’espace politique, elle peut donc espérer jouer sa chance en juin.

Si le bloc de la droite libérale part divisé entre LaREM et LR, si le bloc d’extrême droite reste morcelé entre Le Pen et Zemmour, et si la gauche parvient à se rassembler dans toutes ses composantes, qui sait ce qui pourrait se passer ? Contrairement à 2017, Jean-Luc Mélenchon a ouvert les bras. Arrivé largement en tête à gauche à la présidentielle, il a appelé les Français à l’ « élire premier ministre », soulignant que le rendez-vous électoral de 2022 n’est pas encore terminé. Des discussions bilatérales ont démarré dans la foulée entre la FI, le PCF, EELV et le PS, sur la stratégie à appliquer pour l’emporter, sur la question d’un socle programmatique commun et sur le partage des circonscriptions.

 

« Il est absolument décisif de partir unis pour obtenir une majorité de gauche. D’abord, parce qu’il y a urgence à mettre en échec Macron et sa politique antisociale. Ensuite, parce qu’il y a un fort danger de conquête du RN, qui est bien placé dans plus de 159 circonscriptions où il faudra le battre. Enfin, parce que nos concitoyens attendent des changements concrets pour améliorer leur vie au quotidien », mesure Igor Zamichiei, le coordinateur de l’exécutif national du PCF. En ce sens, les communistes ont proposé un « contrat de législature avec des propositions communes très concrètes, comme l’augmentation des salaires, la retraite à 60 ans, le revenu d’autonomie étudiant, le milliard d’euros pour la lutte contre les violences faites aux femmes ».

Icon QuoteCE QU’IL FAUT VISER C’EST LA VICTOIRE DANS 289 CIRCONSCRIPTIONS. IGOR ZAMICHIEI, LE COORDINATEUR DE L’EXÉCUTIF NATIONAL DUPCF

Les communistes plaident également pour que les forces de gauche se rassemblent « autour des candidats les mieux placés aux législatives »« Nous nous sommes entendus pour soutenir les députés PCF et FI sortants, mais c’est insuffisant. Ce qu’il faut viser, c’est la victoire dans 289 circonscriptions (la majorité sur 577-NDLR). Pour y arriver, il faut prendre en compte les résultats de chacun, mais aussi l’ancrage local et les personnalités installées. Dans la troisième circonscription du Pas-de-Calais par exemple, la meilleure personne pour l’emporter face au RN, c’est évidemment le maire d’Avion », indique Igor Zamichiei, qui dit attendre « des réponses concrètes de la FI » et espère obtenir un accord « d’ici à la fin de la semaine, afin de déployer le plus vite possible les forces communes dans la bataille politique ».

 

Du côté des écologistes, les négociations avec les insoumis sont, en partie, jugées « inquiétantes » par la direction d’EELV. « Il est compliqué de faire en quinze jours ce qui n’a pas été fait en cinq ans. Nous essayons de faire en sorte que nos différences n’empêchent pas une coalition possible et souhaitable », explique Sandra Regol. La secrétaire nationale adjointe assure qu’ « il  faut cette coalition, mais pas à n’importe quel prix : elle peut gagner en juin si l’on sort des logiques hégémoniques ». Pour « débloquer la situation », EELV a convoqué, mercredi, une conférence de presse afin de faire « la transparence totale » sur les négociations, juste après la publication d’un communiqué de la FI qui pointe des désaccords programmatiques et estime que « certains dirigeants d’EELV semblent utiliser nos discussions pour régler des désaccords internes ».

Le problème du partage des circonscriptions

Point par point, les Verts ont ainsi répondu, prenant à témoin l’opinion. « Nous avons acté notre accord sur la retraite à 60 ans et le blocage des prix de l’essence à condition qu’il soit temporaire. Sur la désobéissance aux traités européens, nous avons proposé que ce soit hors de l’accord. Si c’est dedans, il y a une vigilance à avoir car nous ne voulons pas sortir de l’Union européenne », liste Éva Sas. Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, a aussi proposé de changer le nom de la coalition : « Union populaire écologiste » ou « Front populaire écologiste et social ». Reste un problème, celui du partage des circonscriptions. EELV en demandait une trentaine parmi les cent les plus gagnables, les insoumis en proposaient seize. « Aujourd’hui, on en demande 20, et eux en proposent 14. On recule », regrette Julien Bayou. « On ne parle pas le même langage : leurs critères de gagnabilité ne sont pas les nôtres », ajoute Sandra Regol. Mais les bisbilles internes, à quelques mois du congrès des Verts, viennent perturber le jeu. Sur France Inter, Yannick Jadot a d’ailleurs accusé Jean-Luc Mélenchon d’opérer un « détournement des institutions » en présidentialisant les législatives…

Du côté des discussions entre la FI et les socialistes, la situation s’est améliorée. Le 17 avril, la présidente du groupe FI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, déclarait qu’il n’y aurait « pas de discussion avec le PS ». Mais les deux formations ont fini par se parler mercredi. « La rencontre a été positive et constructive. Il n’y a pas entre nous de point de blocage insurmontable », a déclaré Pierre Jouvet, chargé des élections au PS. « Ces discussions ont été sérieuses. Il y a une volonté d’afficher une rupture avec le bilan d’Hollande. On n’a pas l’impression de discuter avec le même PS qu’il y a deux ou trois ans », a apprécié Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon.

Plusieurs voix critiques se sont cependant fait entendre au PS. « On ne nous propose pas une coalition, on nous propose une reddition », a dénoncé l’ancien premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, qui propose une « autodissolution du PS ». Ce à quoi Olivier Faure, l’actuel dirigeant du PS, a ainsi répondu : « Si vous pensez que le PS est mort, qu’il n’y a plus rien à faire, que vous n’appartenez plus à la gauche, alors partez. Rejoignez LaREM. Sinon, restez et battez-vous. » Reste à savoir si, in fine, la gauche parviendra à se rassembler dans toutes ses composantes pour emporter le maximum de députés possibles, voire la majorité à l’Assemblée, ou si elle se fracassera de nouveau en se divisant.

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