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Ce qu’en pense l’Humanité…

Posté par jacques LAUPIES le 23 décembre 2021

Les contrôles de passes sanitaires sont obligatoires à l’entrée du marché de Noël de Strasbourg, depuis son ouverture. Sébastien Bozon/AFP

Les contrôles de passes sanitaires sont obligatoires à l’entrée du marché de Noël de Strasbourg, depuis son ouverture. Sébastien Bozon/AFP

 

Covid. Pourquoi Omicron menace de gâcher les fêtes

Plus transmissible et moins sensible aux vaccins, le nouveau variant devrait devenir majoritaire dans les contaminations au Covid en France, entre Noël et le jour de l’An. Un défi de taille, alors que la souche Delta fait déjà vaciller l’hôpital.

 

«  Raz-de-marée », « tempête », « progression fulgurante »… Les images utilisées pour décrire l’installation du variant Omicron dans les premiers pays touchés ont de quoi faire frémir. La France va pouvoir désormais juger sur pièces. Omicron se développe « 70 % plus rapidement que les variants précédents » et « tous les deux à trois jours, le nombre de cas double », a indiqué le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal . Dans la capitale, il représenterait déjà plus d’une contamination sur trois. Elles seront « majoritaires en France entre Noël et le Nouvel An », a même estimé, de son côté, Olivier Véran. Le ministre de la Santé ajoute que, « d’ici la fin du mois, le nombre de nouvelles contaminations devrait atteindre les 100 000  par jour ». Sa progression est « inéluctable », juge aussi Martin Hirsch, le directeur de l’AP-HP Face à cette souche aux propriétés un peu différentes des précédentes, quelles sont nos armes ? Celles-ci sont-elles assez puissantes pour stopper, ou au moins limiter, son avancée ? Sera-t-on contraint à des restrictions plus fortes dans les jours ou les semaines à venir ? Décryptage.

1. Les vaccins, un outil décisif, mais insuffisant

Alors que la vaccination des 5-11 ans vient d’être ouverte officiellement en France, une note de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée mercredi, confirme la très forte protection conférée par les vaccins aux plus de 50 ans, en particulier après une dose de rappel : 92 % contre les formes symptomatiques et 98 % contre les hospitalisations. Problème : cette étude, basée sur les chiffres des troisième et quatrième vagues, ne portait pas, par définition, sur Omicron. Or, ce variant a semble-t-il montré des risques d’échappement immunitaire (lire notre entretien en page 6), rendant moins efficaces les vaccins, en particulier après deux doses seulement. « La capacité neutralisante du sérum de personnes ayant reçu deux doses de Pfizer est 20 à 40 fois inférieure pour le variant Omicron, comparé aux autres variants », indiquait, par exemple, le dernier avis du Conseil scientifique. Avec une troisième dose de vaccin à ARN, la protection s’améliore nettement, mais on ne sait pas pendant combien de temps.

Pour les chercheurs de l’Institut Pasteur, les personnes ayant reçu une troisième dose de Pfizer restent protégées contre Omicron un mois après l’injection. « Il faut cependant de 5 à 31 fois plus d’anticorps pour neutraliser ce variant, en comparaison avec Delta », mettent-ils en garde. En attendant, le gouvernement veut accélérer la campagne pour la dose de rappel, en autorisant celle-ci dès quatre mois après la dernière injection. Des injections qui continueront de se faire en France avec les vaccins à ARN de Pfizer et Moderna. Même si l’Agence européenne du médicament (EMA) vient d’approuver un nouveau sérum, celui de Novavax, on ignore si celui-ci protège correctement contre Omicron. « Les données sont limitées sur son efficacité contre d’autres variants préoccupants, dont Omicron », a reconnu elle-même l’EMA lundi. Quant aux vaccins spécifiques à ce variant, les labos pharmaceutiques continuent d’y travailler. « Nous devrions être en mesure de livrer nos premiers vaccins adaptés à Omicron en mars, sous réserve de l’approbation des régulateurs », a assuré Ugur Sahin, le PDG de BioNTech, mardi, dans le Monde. Mais la vague Omicron aura alors déjà déferlé sur le pays.

2. L’hôpital tiendra-t-il le choc face à une double vague ?

Avec ce variant, soignants et patients craignent un effondrement du système de santé. Alors que les derniers chiffres faisaient état de 72 832 nouveaux cas en vingt-quatre heures, 16 076 malades étaient hospitalisés, soit une hausse de 10 % en une semaine. Depuis lundi, le seuil de 3 000 personnes en soins critiques a été franchi, du jamais-vu depuis le mois de mai dernier. Et le taux de tension en réanimation dépasse, lui, les 60 %. En face, la pénurie de blouses blanches s’est accélérée depuis cet été. 20 % des lits sont fermés dans les grands centres hospitaliers (5 700 ont disparu rien qu’en 2020).

Un peu partout, les plannings de garde pour les vacances de Noël peinent à être bouclés. Entre les réquisitions et les propositions de primes pour décaler les congés, comme à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), le bricolage est de mise. Le doublement de la rémunération des heures supplémentaires décidé par Olivier Véran ne risque pas non plus de répondre au choc de sous-effectif.

Si la catastrophe n’atteint pas encore le niveau de la première vague, de nombreux CHU sont déjà passés en « plan blanc » avec des déprogrammations d’opérations à la clé. Certains hôpitaux ont rouvert des services spécifiques Covid, grignotés sur les autres spécialités. Quant aux évacuations sanitaires, elles ont repris entre Marseille et la Bretagne. « L’hôpital tient, mais nous devons continuer à l’aider à tenir », a déclaré Gabriel Attal, sans annoncer aucune mesure concrète de soutien supplémentaire.

3. Pour les fêtes, un régime spécial Omicron ?

Cette crainte de voir l’hôpital débordé a d’ores et déjà nourri des réflexions sur la meilleure façon de passer les fêtes. Avec une distinction entre Noël et le jour de l’An. Dans un avis publié le 13 décembre et actualisé samedi, le Conseil scientifique propose ainsi de s’en tenir à de simples recommandations pour les « réunions familiales » des prochains jours, mais pas pour le 31 décembre. « Nos concitoyens auront à cœur de passer cette fête de Noël 2021 en nombre plus limité, de se faire tester avant, et de s’assurer que les plus anciens ont bien reçu leur dose de rappel », écrit le cortège d’experts. Lequel alerte sur la problématique spécifique du 31 décembre, pendant lequel « le comportement des citoyens pourrait être différent, avec une activité festive plus ou moins contrôlée ». « Des mesures de restriction significatives doivent pouvoir être prises par les autorités à l’occasion du réveillon (y compris le cas échéant sous la forme de limitation d’activités collectives ou de couvre-feux), avec la possibilité d’une déclinaison territoriale », suggère le Conseil scientifique.

Vendredi dernier, le premier ministre a déjà demandé aux collectivités locales de renoncer aux concerts et feux d’artifice de la Saint-Sylvestre. Ce que la Mairie de Paris a acté le lendemain en annulant les rassemblements prévus sur les Champs-Élysées le soir du 31. Jean Castex a aussi annoncé que la consommation d’alcool sur la voie publique serait interdite dans toute la France ce soir-là. Le gouvernement ira-t-il plus loin, à l’occasion du Conseil des ministres de lundi, en imposant par exemple un couvre-feu ? « Si nous constatons qu’il y a une reprise très forte liée au variant Omicron et un risque, évidemment qu’on pourra aller au-delà (des mesures déjà prises) », a prévenu Gabriel Attal, mardi.

4. « Trois à quatre jours » de télétravail dès le 3 janvier ?

Parmi les évolutions déjà envisagées, il y a celles liées au télétravail. Pour les salariés dont le poste le permet, la rentrée 2022 se fera ainsi à distance. « Je demande aux entreprises de se préparer dès maintenant à renforcer le télétravail à la rentrée, donc le 3 janvier, avec une cible de trois jours au minimum pour les postes qui le permettent, voire quatre jours quand c’est possible », a détaillé la ministre du Travail, Élisabeth Borne, à la suite d’une rencontre avec les organisations syndicales. Aujourd’hui, le gouvernement recommande aux entreprises d’instaurer deux à trois jours de télétravail, lorsque cela est possible. Si le distanciel est favorisé, il n’est toutefois toujours pas question de contrainte : un employeur refusant d’encourager le recours au télétravail des salariés ne risque aucune sanction.

Les salariés qui se rendront sur leur lieu de travail une fois les fêtes passées devront-ils, par ailleurs, présenter un passe sanitaire ? Cette hypothèse, présentée au patronat et aux organisations syndicales en début de semaine, a été abandonnée par l’exécutif, face aux contestations unanimes dressées par les représentants des salariés. La mesure ne sera donc pas intégrée au projet de loi, présenté lundi, en Conseil des ministres exceptionnel. Mais l’obligation de se vacciner pour les salariés pourrait être introduite par des députés de la majorité, sous forme d’amendement, lors des débats parlementaires. Rappelons que la mesure s’applique déjà à 2,7 millions d’employés travaillant au contact du public.

5. Le passe vaccinal, avant d’autres restrictions ?

Mesure phare de la dernière salve d’annonces, le passe vaccinal devrait bien voir le jour en janvier, après sa présentation en Conseil des ministres, prévue lundi 27 décembre. Un test négatif ne permettra donc plus de se rendre dans des cafés, restaurants, lieux de loisirs et de culture… L’objectif de l’exécutif est de pousser à la vaccination les quelque six millions de Français éligibles qui n’ont reçu aucune dose. Et d’accélérer la campagne pour la troisième dose, puisque, dès le 15 janvier, toute personne devra avoir reçu son rappel, au maximum sept mois après sa dernière injection, afin de valider son passe. Comme à son habitude, Emmanuel Macron et son gouvernement veulent faire adopter leur texte au pas de charge pour une entrée en vigueur au plus tard le 15 janvier. Et ce, malgré la probable saisine du Conseil constitutionnel sur ce texte, notamment au sujet du respect du principe « d’égalité devant la loi ». « Le passe sanitaire peut consister en un dépistage négatif, n’instaurant aucune différence de traitement à l’égard des non-vaccinés », avait estimé l’instance l’été dernier.

Faut-il s’attendre à d’autres mesures de freinage en janvier ? Pour Gabriel Attal, « rien n’est exclu ». L’exécutif attendrait des données britanniques sur les spécificités du variant Omicron, entre le 25 et le 31 décembre, pour convoquer éventuellement un Conseil de défense et prendre de nouvelles décisions (couvre-feu, limitations de déplacements, fermetures d’établissements, confinement…). Le report de la rentrée scolaire, fixée au 3 janvier, ne sera adopté qu’en « ultime recours  ».

 

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