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En Allemagne comme en France, le bourgeois est gagnant ! Le peuple sommeille sur les oreillers des conservateurs, des sociaux démocrates, des libéraux et cela n’augure pas des jours heureux !

Posté par jacques LAUPIES le 27 septembre 2021

Paru dans l’Huma

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Allemagne. Match nul et chancelier sur liste d’attente

Lundi 27 Septembre 2021

Les résultats de l’élection du Bundestag sont si serrés que le social-démocrate Olaf Scholz et le conservateur Armin Laschet peuvent espérer former une coalition gouvernementale et succéder à Angela Merkel. Cette situation augure une longue période de tractations à trois avec les Verts et la droite libérale.

 

Berlin (Allemagne), envoyé spécial.

L’Allemagne aura-t-elle un gouvernement et un chancelier à Noël ? Le résultat de l’élection du Bundestag est si serré que les deux principaux candidats à la chancellerie arrivaient dimanche soir, à l’heure des premières estimations, dans un mouchoir de poche. Le SPD d’Olaf Scholz (autour de 25 %) devancerait légèrement la CDU/CSU d’Armin Laschet (créditée également de 25 %). Soit un progrès de 4,5 % pour le Parti social-démocrate (SPD) et une chute de près de 8 % pour l’Union chrétienne-démocrate (CDU) par rapport au scrutin de 2017.

La CDU enregistre le score le plus bas de toute son histoire. Ce résultat vient ponctuer par un couac redoutable le départ d’Angela Merkel qui présida pendant seize ans aux destinées de l’Allemagne. À l’heure où ces lignes étaient écrites, il était impossible de savoir quel serait le groupe majoritaire au sein du Bundestag. Mais l’écart entre la CDU/CSU et le SPD sera infime. Et pas suffisant à asseoir une légitimité quelconque pour le candidat à la chancellerie dont le parti est arrivé légèrement en tête. Les deux protagonistes, Armin Laschet et Olaf Scholz, pourraient donc lancer, l’un comme l’autre, des négociations pour la formation d’un gouvernement, le chancelier n’étant, selon la Constitution, pas forcément celui qui obtient le plus de voix ou de sièges de députés mais celui qui est capable de fédérer une coalition de partis majoritaires. L’après-Merkel risque ainsi de se traduire par une période très prolongée d’incertitudes.

Arithmétiquement, une petite majorité absolue existerait pour la reconduction d’une grande coalition, à l’endroit (CDU-CSU/SPD) ou à l’envers (SPD/CDU-CSU). Mais rempiler pour une alliance gouvernementale de ce type qui était au bout du rouleau et impopulaire ne semble être dans l’intérêt ni de l’un ni de l’autre des deux ex-partis ultradominateurs du système politique allemand.

Une alliance avec le SPD apparaîtrait bien plus commode

On devrait donc se diriger vers des négociations à trois, comme s’y étaient préparés les états-majors de la CDU/CSU, du SPD et des Verts. Les écologistes, arrivés en troisième position (15 % des voix), enregistrent un résultat très décevant qui correspond à seulement la moitié du potentiel électoral que les sondages leur attribuaient au printemps. Ils vont néanmoins être très courtisés par Scholz et Laschet.

Annalena Baerbock, la candidate des Verts à la chancellerie, n’a pas hésité à se profiler comme ministre des Affaires étrangères, dans une alliance à trois, qu’elle soit avec le SPD ou la CDU/CSU, estimant, dans une interview publiée dans le quotidien Die Welt à la veille du scrutin, que l’Allemagne a besoin de changer de paradigme sur ce terrain de la politique extérieure, autant que sur celui de la lutte contre le réchauffement climatique. Elle prône un net durcissement de Berlin, « trop conciliant », estime-t-elle, à l’égard de la Russie et de la Chine. Une telle orientation parfaitement à l’unisson de la mobilisation de l’Occident contre ses ennemis chinois et russe, chère à Joe Biden, peut rencontrer le meilleur accueil auprès de la CDU/CSU ou de la droite libérale (FDP). Dilemme, il n’en va pas de même des hausses d’impôt réclamées par les Verts pour financer les investissements massifs nécessaires à leurs yeux pour le climat. Sur ce terrain-là une alliance avec le SPD apparaîtrait bien plus commode.

Lindner a placé très haut la barre de ses exigences

Die Linke affiche aussi un résultat très décevant. Une partie de son électorat a été aspirée par un « vote utile » en faveur du SPD, qui a profité d’une présidentialisation marquée du scrutin. « Qui veut Scholz vote SPD », clamaient les affiches social-démocrates. Le parti a frisé l’élimination du Bundestag en se hissant tout juste au-dessus de la barre qualificative des 5 %. Ce qui rend une alliance de gauche SPD/Verts/Die Linke arithmétiquement impossible.

En fait, le grand gagnant du scrutin est la droite libérale (FDP) de Christian Lindner, même si elle ne progresse pas et n’arrive qu’en quatrième position avec environ 11 % des suffrages. Elle est en position de faiseur de roi. Son leader réclamait, avant même l’ouverture des bureaux de vote, le poste de ministre des Finances, quel que soit l’accord de coalition trouvé avec les Verts et la CDU/CSU ou avec les Verts et le SPD. Profitant de sa position de force, Lindner a placé très haut la barre de ses exigences. Il a fait du respect du frein à la dette (Schuldenbremse), c’est-à-dire d’un retour rapide à l’orthodoxie budgétaire, inscrite dans la Constitution depuis 2009, la stricte condition à son ralliement. Armin Laschet apparaît d’autant plus crédible aux yeux des libéraux sur ce dossier qu’il a passé, aux côtés de la chancelière partante, les derniers moments de sa campagne à se prononcer pour un retour de la « schwarze Null » : le zéro noir de l’équilibre budgétaire, fétiche des conservateurs allemands.

Mais Scholz n’est pas dépourvu d’arguments capables de séduire les libéraux. N’a-t-il pas déjà annoncé en tant que ministre des Finances sortant la levée dès 2023 de la suspension du pacte de stabilité dans la zone euro ? Ce qui au passage ne laisse guère augurer, sur le plan européen, la moindre souplesse de Berlin pour prolonger la parenthèse du « quoi qu’il en coûte » de la pandémie. À côté des négociations pour la formation d’une nouvelle coalition, l’épreuve endurée par les participants au marathon de Berlin qui se déroulait hier dans les rues de la capitale allemande risque d’apparaître comme une aimable promenade de santé.

 

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