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Économie. Le (vrai) bilan d’Emmanuel Macron sur le pouvoir d’achat

Posté par jacques LAUPIES le 22 septembre 2021

 

Économie. Le (vrai) bilan d’Emmanuel Macron sur le pouvoir d’achat dans POLITIQUE

 

 

Mercredi 22 Septembre 2021

La majorité présidentielle vante les mérites de sa politique économique en matière de hausse du revenu disponible. Une propagande qui cache mal les effets délétères des baisses d’imposition et oublie le grignotage sur les aides sociales.

 

«  N ous améliorerons le pouvoir d’achat de tous les travailleurs. » La promesse était inscrite noir sur blanc, en 2017, dans le programme d’Emmanuel Macron. Tenue ? Le gouvernement affirme que oui. « Depuis 2017, avec la prime d’activité, la baisse des cotisations sociales, nous avons augmenté les rémunérations. Quand vous mettez bout à bout toutes ces mesures, c’est l’équivalent d’un treizième mois », a assuré Gabriel Attal, son porte-parole, face au secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, à la Fête de l’Humanité. Pour autant, alors qu’est présenté ce 22 septembre en Conseil des ministres l’ultime budget du quinquennat, qui donne le coup d’envoi des derniers « deux cents jours » de Macron avant le premier tour de la présidentielle, un léger vent de panique souffle sur l’exécutif.

La cause ? L’augmentation attendue des prix des matières et de l’énergie, couplée à un léger sursaut du taux d’inflation, conséquence du rebond de la demande post-Covid, va provoquer une hausse des coûts. Les tarifs réglementés de l’électricité pourraient grimper de 10 % d’ici au début 2022, tandis que le gaz subit une série de hausses : 10 % en juillet, 5 % en août et 8,7 % en septembre. Très concrètement, il va être plus difficile pour les foyers les plus fragiles de se chauffer, de se nourrir ou de se déplacer. « Ce sont sur ces pôles de dépenses incompressibles, induits par la structure de notre mode de consommation, que va peser l’augmentation des prix de l’énergie », résume Mireille Bruyère, membre des Économistes atterrés. De quoi donner des bouffées d’angoisse à l’Élysée, où l’on est encore traumatisé par les gilets jaunes, et où l’on veut à tout prix éviter un nouveau mouvement social spontané contre la vie chère, en pleine campagne électorale qui plus est.

Un exercice d’autosatisfaction

Et les sondages ne sont pas là pour rassurer le Palais : selon Opinionway, 56 % des Français estiment que leur « pouvoir d’achat a plutôt diminué » sous la présidence Macron . L’enquête souligne surtout les disparités de perception de la politique économique du chef de l’État. Entre des classes moyennes et populaires insatisfaites (à 64 % et 56 %), et des classes aisées qui le sont bien moins (seulement 19 %), l’image de « Macron, président des riches » persiste.

Alors, pour s’éviter un tel scénario, l’exécutif a débloqué 600 millions d’euros pour distribuer un chèque énergie de 100 euros supplémentaires, à destination des 6 millions de foyers les plus modestes. La mesure s’accompagne d’une grande campagne de communication, articulée autour d’un message : sous Macron, le revenu des Français a été préservé, voire a augmenté, et ce malgré la pandémie et la crise. « Si on est honnête intellectuellement, on peut dire que le “quoi qu’il en coûte” aura été un puissant maintien du pouvoir d’achat, avec les mécanismes de compensation, le chômage partiel à 100 % pour les smicards, les aides aux entreprises, etc., confirme Louis Maurin, président de l’Observatoire des inégalités. Il y a eu un recul de 8 % de l’activité, les revenus auraient dû reculer de 8 %, ce que Macron a su éviter en laissant filer l’argent public. Mais c’est une parenthèse dans son mandat. »

Hors pandémie, les mots d’ordre ont été au contraire : baisse des dépenses publiques et de l’imposition. Le ministère de l’Économie et des Finances s’en félicite d’ailleurs. « Les promesses du président de la République sont tenues : les impôts des Français ont baissé. Sur l’ensemble du quinquennat, c’est plus de 50 milliards d’euros d’impôts qui n’ont pas été prélevés à nos concitoyens. Ce n’était pas arrivé depuis vingt ans ! » s’est ainsi félicité le ministre Bruno Le Maire. Selon Bercy, la suppression de la taxe d’habitation couplée aux baisses d’impôt sur le revenu aura permis d’économiser jusqu’à 4 650 euros d’avril 2017 à avril 2022, pour un couple sans enfant gagnant 40 000 euros par an.

Cet exercice d’autosatisfaction illustre parfaitement l’esprit qui a guidé le quinquennat Macron en matière de pouvoir d’achat. En économie, il n’y a pas 50 leviers pour agir sur le revenu disponible par foyer. Il en existe en réalité trois majeurs : une politique monétaire pour jouer sur les prix, une politique d’augmentation des salaires et/ou des aides, ou bien de la réduction fiscale. Nourrie par la croyance néolibérale qui veut que les Français détestent les impôts, la Macronie a tout misé sur la politique fiscale, au bilan de laquelle Bercy omet d’ajouter la suppression de l’ISF et la création de la « flat tax » sur le capital. Deux décisions qui, n’en déplaise à ceux qui croient à la théorie du ruissellement comme on croit au père Noël, ont surtout « nourri l’épargne des plus aisés », rappelle Louis Maurin. Selon le rapport du comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital de France Stratégie daté d’octobre 2020, les 0,1 % de Français les plus aisés sont un quart de fois plus riches que les mêmes 0,1 % de 2017. Parallèlement, il y a désormais 9,3 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, contre 8,9 millions en début de quinquennat. Et les inégalités augmentent, atteignant leur plus haut niveau en vingt ans (hors crise de 2008), alors que les plus pauvres subissent notamment la baisse des allocations logement (APL).

Quant à la suppression de la taxe d’habitation, elle a certes mécaniquement augmenté le revenu disponible des ménages. Mais « elle a conduit à une dépendance accrue des collectivités locales vis-à-vis de l’État, en asséchant leurs revenus propres. Et surtout, supprimer la taxe d’habitation pour tous ne résout pas la question de mettre en place une imposition plus juste et progressive », souligne Mireille Bruyère.

« La volonté de ne pas réduire les inégalités »

Autre levier dont la Macronie est très fière : l’augmentation de la « rémunération », à défaut d’un rehaussement des salaires. C’est la prime d’activité pour 5 millions de foyers (qui s’élève 236 euros en janvier 2020 pour un smicard), les baisses de cotisations sociales (et donc du salaire socialisé) et la distribution, selon la conjoncture, d’aides de compensation comme les chèques alimentaires, le chèque énergie ou le passe culture. Soit, pour l’essentiel, des aides conditionnées, que ce soit au fait de travailler ou à un type de dépense particulier. La polémique récente sur les allocations de rentrée scolaire en témoigne : quand le gouvernement donne de l’argent aux pauvres, il surveille à quoi ces derniers l’utilisent. Pour les plus riches en revanche, le tapis rouge fiscal est déroulé sans contrepartie, en croisant les doigts pour que cela ruisselle. De plus, les salariés ne cotisent rien sur ces dispositifs qui permettent d’esquiver la question de l’augmentation des salaires, et en premier lieu du Smic. Cela ne fait pas non plus oublier la baisse des APL, qui a touché 39 % des jeunes allocataires, ou encore la future réforme de l’assurance-chômage. Selon l’Unédic, 400 000 chômeurs vont voir leur indemnisation moyenne chuter de 890 à 535 euros par mois, et pour 72 000 chômeurs elle passerait même à 389 euros. Le pouvoir d’achat oui, mais seulement pour ceux qui ont su « traverser la rue ».

« La volonté de ne pas réduire les inégalités, voire au contraire d’assumer de les laisser s’accroître en limitant l’imposition des riches, est la grande erreur du macronisme, conclut le journaliste économique Guillaume Duval (1 ). Au-delà de la question morale, elle empêche toute action conséquente face à la transition écologique. On ne peut la mener de manière effective que si on réduit drastiquement les inégalités, car c’est le mode de vie des riches qui conditionnent les modes de consommation. Tant qu’on ne change pas cela, on ne pourra pas rendre acceptable des efforts pour les plus pauvres : on ne peut pas augmenter le revenu du capital et taxer dans le même temps les plus fragiles.  »

(1) Auteur de l’Impasse. Comment Macron nous mène dans le mur (les Liens qui libèrent).
La cgt réclame un smic à 2 000 euros brut

La CGT a revu en juin dernier ses revendications à la hausse. La confédération syndicale réclame désormais un Smic à 2 000 euros brut. Une évolution justifiée par le contexte à la fois de la crise, mais aussi des bénéfices record réalisés par les grandes entreprises, comme nous l’explique Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT. « On sait qu’on peut financer largement cette hausse à 2 000 euros, on le doit même », assure-t-elle. « Nous demandons l’ouverture de négociations pour la revalorisation de tous les salaires, au moins dans les grandes entreprises, en les accompagnant d’actions collectives », indique la syndicaliste.

 

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