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Manifestations. Des salariés mobilisés contre « le chantage » au passe sanitaire

Posté par jacques LAUPIES le 8 août 2021

 

Manifestation contre le passe sanitaire, samedi 7 août, à Orléans.

Manifestation contre le passe sanitaire, samedi 7 août, à Orléans.
 

 

Samedi 7 Août 2021

Des manifestants ont de nouveau défilé, ce samedi, pour protester contre le dispositif voté par la majorité parlementaire et entériné, jeudi, par le Conseil constitutionnel. Ils étaient près de 240 000, selon le ministère de l’Intérieur, mobilisés dans plus de 150 villes de France. Parmi eux, de nombreux salariés inquiets. Reportage à Orléans.

 

Orléans (Loiret), correspondance.

Difficile de dresser un portrait-robot du manifestant type au fil du défilé qui a rassemblé 2 500 à 3 000 personnes dans les rues d’Orléans, ce samedi 7 août 2021. Ce qui, pour la préfecture du Loiret, constitue un exploit. Peu avant le départ, Nina et Samuel patientent place de la République, un gilet jaune sur le dos. « Nous mettons un gilet pour pouvoir inscrire nos slogans, car nous voulons que le peuple ouvre les yeux », insistent les jeunes gens pour qui il s’agit là d’une première lutte sociale et politique. « Je travaille dans la vente et s’ils décident de m’imposer le passeport sanitaire, je ne l’accepterai pas », tranche Nina, qui se dit prête à changer de branche professionnelle, le cas échéant.

Plus haut dans le cortège qui s’élance peu après 14h30, Maryse, agent de l’État, fait part de ses craintes. « Il y a, dans le fait d’imposer à la population le vaccin et le passe sanitaire, un rapport dominants-dominés. Pour l’heure, mon employeur ne me le demande pas, mais je crains d’être obligée, au final, de m’y plier ». Porteuse d’un drapeau tricolore, comme de nombreux autres manifestants, Maryse exige que les gens en général et les salariés en particulier aient le choix de se vacciner ou non. «  Je pense qu’ils sont en train d’écouler coûte que coûte un stock de vaccins achetés en masse », regrette-t-elle.

Bienveillance pour les blouses blanches

De nombreuses blouses blanches apparaissent également dans le cortège. Elles bénéficient de regards et d’attentions particulièrement bienveillants. Parmi elles, il y a Nathalie, infirmière à l’hôpital. « On nous a demandé des sacrifices de dingues durant le premier confinement, on nous applaudissait à 20 heures, nous devions faire avec les moyens du bord et, aujourd’hui, pour nous remercier, on nous fait du chantage à la vaccination ? C’est indécent, pour ne pas dire dégueulasse. »

Une position que Sylvie Berthuit, secrétaire départementale Santé et action sociale de la CGT, partage totalement. « Certains agents hospitaliers ont déjà démissionné dans notre département. Cette histoire de vaccination obligatoire, ça a été la goutte d’eau », explique-t-elle. « Heures supplémentaires non payées, efforts continus, manque de personnel, manque de matériel… Depuis une dizaine d’années, nous tirons la sonnette d’alarme, et là, le gouvernement laisse planer l’idée que les soignants seraient plus contaminants que les autres, alors même que nous avons quasiment tous été déjà malades du Covid. » La militante syndicale souhaiterait qu’on laisse le temps aux salariés, afin que le vaccin soit accepté par tous.

La solution ne passera pas par la seule mobilisation

Entre autres slogans appelant à « protéger les enfants » du vaccin ou exigeant « la liberté pour tous », certains manifestants brandissent la menace du boycott des magasins réclamant le passe sanitaire. « Ce serait la double peine », réagit Hugo Reis, militant à Sud PTT. « Faire en sorte que les boîtes et les commerces ferment et licencient leurs salariés, ce n’est évidemment pas souhaitable. La solution, ce serait un blocage de l’économie. » Si les manifestants sont motivés, ils sont nombreux à penser que la solution ne passera pas par la seule mobilisation. « Je viens manifester contre Macron pour l’ensemble de son œuvre, mais il va falloir persuader les élus républicains de tout bord de se bouger pour contrer sa politique », résume ainsi Jean-Pierre, retraité et ancien syndicaliste.

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Sur le net, merveilleux outil de communication mais ou se dit n’importe quoi, il faut bien entendu faire le tri comme avec la télé et autres médias…

Posté par jacques LAUPIES le 7 août 2021

Nous vivons une époque d’intense affrontement idéologique où l’on tire dans tous les sens. Le thème fondamental pour comprendre la construction de la société devrait reposer sur l’analyse de l’économie et de l’état des rapports sociaux, de l’information et de l’éducation dispensée. Ceci tant au niveau national qu’européen et mondial où la lutte des classes, dont on sait qu’elle est le moteur de l’histoire avec ses conséquences politiques, sert de moins en moins de référence. S’y substituent de médiocres analyses politiciennes ou l’on spécule et fantasme sur des hommes au pouvoir ou qui prétendent y accéder.

Américain, anglais, français, russe ou chinois et j’en passe, les chefs d’état et autres leaders politiques sont tantôt encensés, tantôt caricaturés à tel point que l’on en oublie qu’ils sont les marionnettes d’un système, parfois dangereuses certes, mais généralement à la merci et au service des catégories dominantes.

Les peuples sont mis en état végétatif et si ce n’est d’aléatoires contacts avec le monde de la science et de la culture, l’endormissement est profond et quelques réveils, par ci par là, sont embués par la pression des idéologies dominantes et le fleurissement des sectarismes.

Pour des milliards de personnes il est évident qu’avec la pauvreté, le sous développement qui la provoque et surtout, l’injustice et les inégalités qui l’accompagnent les réactions peuvent prendre des formes violentes et suivre des oiseaux de mauvaise augure qui se serviront de leur crédulité et (ou) de leur ignorance. Aucun pays n’est exempté des conséquences d’une telle situation planétaire.

Même imparfait seul le recours, aux sciences naturelles autant que sociales est nécessaire pour ceux qui s’inquiètent d’une situation que personne ne peut plus contester. Il est le moyen d’inverser la tendance  à l’auto destruction de l’humanité et de poursuivre sa progression dans des équilibres économiques et sociaux.

Mais voilà dans tous les domaines il y a ces entraves dont souffre cette humanité depuis des temps immémoriaux. Doit- on les classer par ordre d’importance ? Dans la mesure ou notre espèce, préoccupée par son rapport à la nature, par ses rapports sociaux, est victime de la propriété d’une minorité qui exploite à seule fin de profit,  le combat doit-etre mené sur tous les fronts.

Mais il est indéniable que sans des pouvoirs populaires clairvoyants et forts la tâche est difficile et que la suppression de ces entraves, à l’aune des prises de conscience, doit porter avant tout sur des formes de socialisme et de communisme qui transformeront notre monde. L’élimination des formes les plus concentrées du capitalisme (de la production des biens essentiels à nos vies) doit disparaitre au bénéfice de la réappropriation collective, voire universelle.

Si cela nous parait-être de « bon sens » nous devons nous en expliquer car tout le monde se prévaut du bon sens sans pour autant nous fournir  les fondamentaux de sa démarche généralement à courte vue et qui n’est qu’un ramassis de mots empruntés parfois à nous mêmes qui nous opposons à leur populisme, à leur démagogie.

A ce jeu là extreme droite et droite extrême ont toujours été très habiles. Car elles osent les pires révisions de l’histoire : de la référence par exemple à Jaures que leurs ancêtres ont fait assassiner,  à celle d’illustres résistants (Guy Moquet) que leur propre courant de pensée a condamnés au service du fascisme sans omettre le recours à des dirigeants communistes (George parchais à propos de l’immigration) en isolant leurs propos et en falsifiant leur véritable démarche dans un contexte donné.

De l’imposture pour accrocher les nouvelles générations de plus en plus éloignées de l’histoire, de la philiosophie et en dernier lieu de la vraie politique. S’y ajoute un ensemble médiatique qui ne fait pas de concession sur le plan politique, si peu sur le plan documentaire et culturel. A tel point que s’impose un tri parfois impossible devant la profusion de médiocrités que seul l’individu averti peut se permettre d’affronter pour affiner son esprit critique.

 jacques.laupies@orange.fr

 

Guy Môquet
Description de l'image MOQUET Guy portrait Chateaubriant.jpg.
 
Données clés
Nom de naissance Guy Prosper Eustache Môquet
Naissance 26 avril 1924
ParisSeine
Décès 22 octobre 1941 (à 17 ans)
ChâteaubriantLoire-Inférieure
Nationalité Française
Activité principale Lycéen, militant des Jeunesses communistes
Formation Lycée Carnot
Distinctions Chevalier de la Légion d’honneur

 

Croix de guerre 1939-1945

 

Médaille de la Résistance

 

Mort pour la France

Ascendants Prosper Môquet (son père)

 

 

 jacques.laupies@orange.fr

 

 

 

pass sanitaire

conseil constitutionnel«	La loi doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse	», rappellent les juges constitutionnels. C. Hartmann/Reuters

« La loi doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse », rappellent les juges constitutionnels. C. Hartmann/Reuters
 

Covid-19. Les sages disent « oui, mais » au passe sanitaire

Vendredi 6 Août 2021

Le texte de loi de LaREM a été validé dans les grandes lignes et entrera en vigueur le 9 août. Le Conseil constitutionnel a tout de même rejeté deux dispositions majeures : le licenciement des CDD et l’isolement obligatoire.

 

C’est un feu vert, mais avec d’importantes réserves. Le Conseil constitutionnel a donné son avis, jeudi 5 août, sur la conformité avec la Constitution de la nouvelle loi instaurant le passe sanitaire. Les sages ont validé l’essentiel du texte. Ils actent que ce laissez-passer, obtenu par la vaccination, une preuve de contamination récente ou via un dépistage Covid, ne constitue pas une rupture de l’égalité devant la loi. Ils considèrent également que le texte est une « conciliation équilibrée » entre le droit constitutionnel d’aller et venir et l’obligation, également constitutionnelle, de l’État de protéger la santé de tous. « La validation permettra le plein déploiement de la stratégie de lutte contre le Covid-19 », s’est félicité le premier ministre Jean Castex.

En revanche, le Conseil constitutionnel a censuré plusieurs articles, dont celui concernant la rupture des CDD et des contrats d’intérim pour les salariés ne présentant pas de passe (ce qui équivalait à un « licenciement sanitaire »), et l’isolement obligatoire pour les personnes testées positives au Covid. Le Conseil insiste aussi sur la nécessité de recourir à cette mesure uniquement à titre exceptionnel, c’est-à-dire jusqu’au 15 novembre 2021, comme le prévoit la loi. La décision des sages s’impose désormais à l’exécutif, n’en déplaise au ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, visiblement peu au fait de la hiérarchie des normes en droit, qui a déclaré dans la matinée que « le gouvernement tiendrait compte des remarques hypothétiques du Conseil constitutionnel ». Il appartient désormais au gouvernement et à la majorité de réécrire les articles censurés pour les remettre en conformité avec la Constitution ou de les abandonner.

Ce qui est censuré

Tout n’est pas gagné pour les syndicats et les partis politiques opposés à la loi. Loin de là : le Conseil constitutionnel a validé la procédure de suspension du contrat de travail sans rémunération pour les personnes en CDI qui ne présenteraient pas de passe sanitaire. En revanche, la victoire est réelle concernant la rupture avant son terme (soit un « licenciement sanitaire ») d’un CDD ou d’un contrat d’intérim. Les sages ont retoqué cette disposition, jugeant que « le législateur a institué une différence de traitement entre les salariés selon la nature de leur contrat de travail qui est sans lien avec l’objectif poursuivi ». Les juges constitutionnels ont acté que le texte de LaREM allait provoquer une rupture d’égalité et ont donc aligné le régime des CDD sur celui des CDI. « La loi “doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse’’ », soulignent-ils. Une décision qui met en lumière le logiciel antisocial que la Macronie tente de camoufler derrière la pandémie pour attaquer le droit du travail. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, s’est félicité de voir ces mesures censurées : « Tant mieux ! Cela n’avait rien à faire dans un projet de loi relatif à la santé des Français. » « Humour noir : un CDD ne peut être interrompu mais son salaire reste suspendu », a de son côté ironisé Jean-Luc Mélenchon, fustigeant la « très décevante décision du Conseil constitutionnel » qui « ne protège aucune des libertés menacées par le passe sanitaire ».

Autre censure de taille : les sages ont rejeté la disposition qui vise à obliger toute personne testée positive à se placer à l’isolement pendant dix jours dans un lieu fixe. Cette dernière ne prévoyait qu’une seule plage de sortie autorisée – entre 10 heures et midi – et les policiers et gendarmes auraient été chargés de contrôler le respect de ce confinement individuel. « Bien que la personne placée en isolement puisse solliciter a posteriori un aménagement des conditions de son placement », le Conseil constitutionnel affirme que cette disposition n’est pas « nécessaire, adaptée et proportionnée » car, selon l’article 66 de la Constitution, « nul ne peut être arbitrairement détenu ». Elle constitue une mesure privative de liberté « sans décision individuelle fondée sur une appréciation de l’autorité administrative ou judiciaire ». Un test positif aurait alors valu comme une obligation de se confiner. Le premier ministre a indiqué avoir « pris acte » de cette décision : « Les pouvoirs publics s’attacheront à rappeler à toutes les personnes atteintes du Covid-19, y compris sous une forme asymptomatique, la nécessité de respecter scrupuleusement les recommandations médicales en matière d’isolement. »

Ce qui est validé

À l’exception de ces censures non négligeables, le Conseil constitutionnel a validé l’essentiel du texte, y compris les points les plus contestés. Alors que les opposants avancent une rupture d’égalité due au passe, le législateur rétorque que tout le monde y a un libre et égal accès. En effet, celui-ci peut être obtenu par la vaccination, mais aussi par le dépistage, ce qui ne provoque pas, selon les sages, une inégalité fondamentale de circulation entre vaccinés et non-vaccinés.

Sur cette base, le Conseil constitutionnel a avalisé l’extension du passe sanitaire aux cafés, aux restaurants, aux terrasses, aux lieux de culture, mais également à certains centres commerciaux, tant que cela n’entrave pas l’accès aux biens de première nécessité. Le passe est également validé pour les établissements hospitaliers, sous réserve que cela ne limite pas l’accès aux soins d’urgence. L’obligation vaccinale des soignants, qui a suscité une fronde et des grèves dans certains services, a aussi le feu vert.

L’avis de la rue Montpensier ne devrait pas satisfaire le mouvement anti-passe dans son ensemble et sa diversité. Dès la publication de la décision, une manifestation de gilets jaunes s’est tenue devant le Conseil constitutionnel au son du slogan « Macron ton pass, on n’en veut pas ! ». Des mobilisations sont prévues dans toute la France le 7 août, pour le quatrième samedi consécutif. À Paris, il est fort probable que plusieurs cortèges se forment, tous les anti-passe ne désirent pas manifester avec l’élu d’extrême droite et récupérateur des colères en chef Florian Philippot, à la tête de la manifestation qui s’élancera de la place Joffre (7e arrondissement). Ce dernier, qui estime que les sages « ont trahi la Constitution, la France et le peuple », avait par ailleurs annoncé «  un coup de force phénoménal », samedi, si l’avis du législateur n’allait pas dans son sens.

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Passe sanitaire : les 4 points qui peuvent bloquer au Conseil constitutionnel

Posté par jacques LAUPIES le 5 août 2021

 

L’obligation de présenter un QR code sur les terrasses pourrait être jugée superflue eu égard au risque de contamination. C. Sittler/RéA

L’obligation de présenter un QR code sur les terrasses pourrait être jugée superflue eu égard au risque de contamination. C. Sittler/RéA
 

 

Jeudi 5 Août 2021

Le nouveau projet de loi sanitaire est examiné ce jeudi par le Conseil constitutionnel, qui doit rendre son verdict à 18 heures, avant une entrée en vigueur prévue lundi. Certains articles de ce texte peuvent-ils être censurés ? Débuts de réponses.

 

Un ultime obstacle pour le gouvernement et son texte controversé. Le projet de loi intégrant notamment l’extension du passe sanitaire est examiné ce jeudi par le Conseil constitutionnel, qui doit rendre son verdict à 18 heures, avant une entrée en vigueur prévue lundi. L’instance a été saisie par 74 députés de gauche (des groupes Gauche démocratique et républicaine, France insoumise, Socialistes, et Libertés et Territoires) et la droite sénatoriale sur des points précis de la loi, ainsi que par le premier ministre Jean Castex, pour l’ensemble du texte. Si une censure globale paraît peu probable, certains articles pourraient ne pas respecter la Constitution.

1. Une extension beaucoup trop large ?

Le passe sanitaire doit être étendu aux cafés, restaurants, salons professionnels, avions, trains, cars pour les longs trajets et aux centres commerciaux sur décision des préfets, constituant des privations de liberté pour ceux qui ne l’auraient pas en leur possession. « Ces restrictions doivent être jugées proportionnées par rapport à l’objectif d’intérêt général recherché, c’est-à-dire la lutte contre la pandémie, explique Benjamin Morel, maître de conférences en droit public. Pour les lieux concernés, au regard de ses précédentes décisions, le Conseil constitutionnel ne devrait pas constater de disproportion. »

Néanmoins, l’obligation du passe sanitaire en extérieur, notamment dans les terrasses, pourrait être retoquée, puisque le risque de contamination y est beaucoup moins important. Le Conseil constitutionnel devrait aussi s’attarder sur l’exigence du passe à l’hôpital pour les patients ayant des soins pro­grammés, qui pourrait être vu comme une atteinte au droit à la santé trop importante.

2. Un passe mis en place trop rapidement ?

Avec une entrée en vigueur de l’extension du passe sanitaire prévue le 9 août, il ne sera pas possible à toute la population souhaitant se faire vacciner de le faire, étant donné les délais et le nombre de doses disponibles, et ce, même pour la fin du mois. « Cette mesure porte donc atteinte au principe d’égalité », estiment les députés de gauche ayant saisi le Conseil constitutionnel.

Cependant, la possibilité de présenter un test négatif pourrait rétablir ce principe constitutionnel et empêcher l’instance d’exiger un report de l’entrée en vigueur de la loi. Même si, pour cet automne, le gouvernement prévoit de supprimer le remboursement des dépistages – cette décision ne sera examinée que dans plusieurs semaines. Si les sages reconnaissaient toutefois ce jeudi une rupture d’égalité, ils pourraient là encore la considérer comme proportionnée au regard de l’objectif d’intérêt général recherché.

3. Des sanctions contraires au droit du travail ?

Les salariés travaillant dans des lieux ­accueillant du public devront présenter un passe sanitaire à partir du 30 août, sous peine de voir son contrat et son salaire suspendus. Selon les juristes interrogés, si le licenciement de ces employés, voulu par le gouvernement dans son texte initial, aurait probablement été retoqué par le juge constitutionnel, ce ne devrait pas être le cas de cette procédure de suspension.

Mais, par ailleurs, les salariés en CDD ou intérimaires pourront voir leur contrat rompu en cas de non-présentation du passe ­sanitaire au bout de deux semaines. « Il y a là rupture d’égalité et une modification profonde du Code du travail, qui met encore plus en instabilité des publics précaires », considère le député communiste Stéphane Peu, qui espère une censure de cet article.

4. Un isolement liberticide ?

La loi prévoit également un isolement obligatoire de dix jours, dans un lieu fixe, des personnes déclarées positives au Covid, avec une possibilité de sortir uniquement entre 10 heures et midi. Cela n’était possible jusqu’alors que sur décision du préfet après avis du directeur de l’agence régionale de santé. « Cet article prévoit que le simple fait d’être positif à un test vaut obligation d’isolement, ajoute Serge Slama, professeur de droit public. Juridiquement, il est strictement impossible qu’une décision d’un laboratoire ou d’une pharmacie puisse avoir un effet de privation de liberté, qui doit être une décision de l’autorité publique contrôlée par un juge. »

Néanmoins, d’autres juristes ­estiment que les législateurs ont prévu des garde-fous permettant de passer sous les radars : possibilité de sortir, de saisir le préfet pour aménager les horaires d’isolement et de saisir le juge des libertés et de la détention pour faire examiner sa situation. Des ­garanties suffisantes ? Réponse ce jeudi. 

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Laisser à chacun le droit d’apprécier les précautions sanitaires qu’il doit prendre…

Posté par jacques LAUPIES le 4 août 2021

 

 

 

Judith Krivine décrypte les conséquences de la loi sanitaire en 5 points

Mardi 3 Août 2021

Alors que le projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire implique une obligation vaccinale pour certains salariés et un passe sanitaire pour tous, Judith Krivine, avocate en droit du travail, et membre du SAF (syndicat des avocats de France) décrypte pour l’Humanité les lourdes conséquences dans le monde du travail qu’engendrerait une telle loi.

L’avocate du cabinet Dellien Associés, vaccinée et favorable à une vaccination la plus large possible, dénonce avant tout les méthodes disproportionnées de ce projet de loi sanitaire. Elle nous informe également que le syndicat des avocats de France, la CGT, Solidaires et la FSU ont déposé une « contribution extérieure » au conseil constitutionnel en soutien au recours déposé par 74 députés.

Le droit à l’emploi

« Plusieurs organisations dont la CGT, Solidaires, et la FSU ont déposé (mardi) auprès du Conseil constitutionnel une contribution extérieure » sur ce texte, adopté le 25 juillet au Parlement, écrivent les organisations dans un communiqué commun. Elles estiment que la loi, qui prévoit notamment l’extension controversée du passe sanitaire et l’obligation vaccinale pour les soignants, « s’attaque à plusieurs grands principes constitutionnels: le droit à l’emploi, l’égalité et l’interdiction de discrimination, le respect de la vie privée et le droit à la protection sociale et de la santé publique ».

Les syndicats considèrent notamment qu’avec le passe requis pour les personnes fréquentant certains lieux et les salariés y travaillant, « la loi va notamment renforcer la subordination des salariés en octroyant aux employeurs des nouvelles dispositions disciplinaires non encadrées et ne pouvant être contrôlées ni par l’inspection du travail ni par la médecine du travail ».

« Elle va créer ou accentuer anticonstitutionnellement de nouvelles discriminations entre salarié(s), en fonction de la nature de leur contrat de travail, du poste occupé ou de la branche professionnelle et du lieu dans lesquels ils exercent leur profession », poursuivent les syndicats. Faute de passe ou en cas de non respect de l’obligation vaccinale pour les salariés concernés, la loi prévoit notamment une procédure de suspension du contrat de travail sans rémunération, qui prend fin lorsque le salarié produit « les justificatifs requis ».

Décision jeudi 5 août pour le Conseil constitutionnel

Le texte ajoute qu’un CDD pourra être rompu « avant l’échéance du terme », sans dommages et intérêt, les contrats d’intérim pouvant aussi prendre fin prématurément. Aux yeux des syndicats, le Conseil constitutionnel, qui doit rendre sa décision jeudi 5 août, après sa saisine par Matignon et des parlementaires de gauche, « ne peut que déclarer l’inconstitutionnalité de la loi et invalider les dispositions discriminatoires qui portent atteinte (aux) droits fondamentaux ».

« Si la vaccination a fait ses preuves depuis des années, elle ne peut se faire dans n’importe quelles conditions et à n’importe quel prix. C’est par l’information, la pédagogie, le débat que les doutes peuvent être levés et non par la menace et la contrainte », estiment-ils.

Depuis le 21 juillet, le pass – test Covid négatif, attestation de vaccination ou certificat de rétablissement – est déjà obligatoire dans certains lieux de loisirs et de culture (cinémas, musées…). Il doit être étendu le 9 août, notamment aux cafés-restaurants ou aux trains grande ligne.

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Finances. La Bourse en pleine forme, malgré la crise sanitaire

Posté par jacques LAUPIES le 4 août 2021

 

 

Signe des temps, la BCE a décidé de «	ne pas prolonger au-delà de septembre 2021 sa recommandation aux banques de limiter les dividendes	». Hamilton/REA

Signe des temps, la BCE a décidé de « ne pas prolonger au-delà de septembre 2021 sa recommandation aux banques de limiter les dividendes ». Hamilton/REA
 

 

Mercredi 4 Août 2021

Boostés par des résultats inespérés, les indices boursiers s’envolent. Surfant sur la reprise, après avoir sabré l’emploi, les groupes du CAC 40 vendent leurs actions à prix d’or.

 

Le CAC 40, indice phare de la Bourse parisienne, n’en finit plus de grimper. Après avoir retrouvé son niveau d’avant-crise en treize mois, à 6 100 points, il atteignait son plus haut niveau enregistré depuis septembre 2000. Passant la barre des 6 700 points, le CAC 40 se rapproche désormais de plus en plus de son record historique (6 922 points). Et les menaces de quatrième vague ne semblent pas altérer le moral des boursicoteurs, rassurés encore et toujours par l’arsenal massif déployé par les gouvernements et les banques centrales. Fin juillet, la Fed (banque centrale américaine) avait d’ailleurs dissipé les doutes en annonçant le maintien de sa politique monétaire accommodante. Soit la poursuite de son programme de 120 milliards de dollars de rachat d’actifs par mois et le maintien de son taux directeur dans la fourchette de 0 à 0,25 %.

Cette euphorie s’explique par les résultats affichés par les multinationales composant l’indice. En effet, ces publications gonflent le prix des actions puisqu’elles laissent espérer de somptueux dividendes. Le bénéfice net par action (BNPA) des entreprises européennes a bondi de 159 % sur un an au deuxième trimestre. Par ailleurs, la BCE a décidé de « ne pas prolonger au-delà du mois de septembre 2021 sa recommandation aux banques de limiter les dividendes ».

Un bénéfice net de 3,996 milliards d’euros pour l’assureur Axa

La croissance du chiffre d’affaires des 33 entreprises ayant déjà publié leurs résultats est en moyenne de 20 % sur un an, à données comparables. Certes, les entreprises du CAC 40 ne reflètent généralement pas les performances de l’économie nationale. Mais cette évolution à deux chiffres interroge, alors que le rebond de l’économie n’est que de 5 % dans son ensemble, et que le retour à la normale d’avant-crise n’est pas attendu avant le printemps 2022.

Bref, les résultats sont supérieurs aux attentes, faisant oublier les inquiétudes vis-à-vis du variant Delta. Assurances, banques, pharmacies, services mais aussi industries enregistrent des retours en force. Le géant français de l’assurance Axa a même effacé de ses comptes les signes de la crise sanitaire. Avec un bénéfice net de 3,996 milliards d’euros au cours du premier semestre 2021, l’assureur l’a multiplié quasiment par trois par rapport à l’an dernier à la même époque ; mais, surtout, ce dernier a augmenté de 71 % par rapport à la même période en 2019, avant le début de la crise sanitaire. Et ce malgré les litiges entre l’assureur et les restaurateurs qui se sont multipliés depuis le début de la pandémie. Les mesures Covid-19 ont ainsi grevé les comptes de 1,5 milliard d’euros, dont 400 millions pour les restaurateurs.

Des résultats dûs à la reprise et à des restructurations drastiques

Hier, c’était cette fois la Société générale qui affichait un résultat net en hausse de 13,5 %, à 2,65 milliards d’euros, au titre du premier semestre 2021, contre les 10 % attendus par les places financières. De son côté, la BNP, plus grosse banque du Vieux Continent, a gagné 2,9 milliards d’euros au deuxième trimestre, soit le meilleur trimestre de son histoire. De bons résultats qui s’expliquent par la baisse des sommes provisionnées par la banque pour faire face aux risques de défaut de ses emprunteurs.

La reprise de l’activité réussit aussi aux géants de l’industrie. TotalEnergies, ArcelorMittal, Saint-Gobain ou encore Renault et Airbus ont également redressé leurs comptes. Le groupe au losange, qui avait essuyé des pertes record de 8 milliards d’euros en 2020, a renoué avec les bénéfices au premier semestre (368 millions d’euros).

Ces résultats sont le produit de la reprise, mais aussi et surtout de restructurations drastiques. À l’instar du constructeur, dont le nouveau PDG se félicitait de la réussite de son plan « axé sur la rentabilité », qui, d’après lui, « commence à porter ses fruits ». Depuis 2019, Renault a déjà réduit ses « coûts » de 1,8 milliard d’euros. Et envisage de supprimer d’ici à la fin de l’année 14 700 postes, dont 4 700 en France. Idem pour la Société générale, qui fin novembre annonçait la suppression de 640 emplois en France, principalement dans sa banque de financement et d’investissement.

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