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Afghanistan. Quel avenir après la déroute des États-Unis ?

Posté par jacques LAUPIES le 31 août 2021

 

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Mardi 31 Août 2021

Les États-Unis ont achevé leur retrait d’Afghanistan dans la nuit du lundi au mardi 31 août. Ce départ américain, marquant la fin de vingt ans d’occupation, a suscité des tirs victorieux de la part des nouveaux maîtres de Kaboul. Après avoir signé un accord avec les talibans, Washington se retire sans même un regard pour une population traumatisée. Et maintenant ?

 

Débâcle, bourbier, chaos. Ces trois mots revenaient en boucle, ces derniers jours, pour qualifier le départ des troupes américaines d’Afghanistan, qui se termine aujourd’hui. On pourrait y ajouter le terme « déroute ». L’échec de Washington est total. Les chiffres ont été largement cités. 2 000 milliards de dollars (1 700 milliards d’euros) de dépenses. Vingt ans d’occupation masquée sous un mandat de l’ONU obtenu dans la foulée des attentats du World Trade Center, en septembre 2001. Pour, au final, revenir à la case départ, c’est-à-dire le pouvoir des talibans. Un pouvoir qui n’a jamais gêné Washington. L’invasion avait pour but la capture de Ben Laden, instigateur des attentats de New York, réfugié en Afghanistan, que les talibans refusaient de livrer. Ce n’était donc pas le fondement de ce régime islamiste qui était attaqué.

Des moudjahidin soutenus financièrement par la CIA

Dans les années 1980, avant même l’arrivée des Soviétiques appelés en renfort par le président communiste Mohammad Najibullah, les moudjahidin étaient déjà soutenus financièrement par la CIA via les services de renseignements pakistanais, l’ISI. Dans les campagnes afghanes, ces mêmes « combattants de la liberté », ainsi qu’ils étaient présentés dans la presse occidentale, s’en prenaient aux instituteurs coupables d’accueillir les filles dans leurs écoles.

Ces anciens seigneurs de guerre qui avaient combattu les Soviétiques sont revenus au pouvoir en 2001, dans les bagages de l’armée américaine. Ils avaient changé, comme le monde. L’URSS, qui avait fait l’erreur d’intervenir en Afghanistan, avait disparu. Le visage présenté alors par ce nouveau pouvoir se voulait plus moderne, plus ouvert. Ce qui était en partie vrai. Les femmes notamment ont connu une émancipation (principalement à Kaboul et dans les grandes villes) perdue en 1992 avec la chute du régime communiste. Mais en réalité, ce pouvoir était avant tout dépendant des forces étrangères. À l’instar du premier président Hamid Karzai, homme lige des États-Unis. La corruption, rampante au départ, s’est installée dans toutes les strates de la société, ne faisant que renforcer l’influence des talibans, loin d’être éradiqués.

Un déploiement qui n’a jamais empêché l’avancée des talibans

En août 2008, il y avait 70 000 soldats étrangers en Afghanistan, 53 000 pour la Force internationale d’assistance et de sécurité (Fias) et 17 000 pour l’opération « Enduring Freedom » américaine. En 2009, 113 000 soldats étrangers, dont 71 000 Américains, sont déployés dans le pays. En 2012, ils sont 150 000, dont 100 000 Américains, et 87 207, dont 60 000 États-Uniens, en août 2013. Enfin en janvier 2014, date de fin des opérations de la Fias, il restait encore 58 129 soldats, dont 38 000 Américains. Des chiffres qui ne prennent pas en compte les milliers de contractants des sociétés militaires privées, particulièrement britanniques et états-uniennes. Un déploiement qui n’a jamais empêché l’avancée des talibans. Petit à petit, ils ont contrôlé l’ensemble des provinces, jusqu’à la prise de Kaboul, le 15 août. Une conquête facilitée par l’accord passé au début de l’année 2020 avec les États-Unis, qui n’a jamais débouché sur un quelconque règlement politique comme cela était prévu officiellement.

Pour Washington, l’échec est d’autant plus rude qu’il ne s’agit pas seulement d’une humiliation supplémentaire à l’instar de celle vécue au Vietnam en 1975. C’est tout son dispositif régional qui est touché. Joe Biden avait ainsi laissé entendre que ses troupes seraient redéployées dans les pays alentour. La Russie y a mis son veto, allant même jusqu’à organiser des manœuvres militaires dans ces Républiques d’Asie centrale ex-soviétiques. Moscou, Pékin et Téhéran, menacés par la politique internationale des États-Unis, ont senti la faiblesse du pouvoir d’Ashraf Ghani, le président afghan, et ont développé des liens avec les talibans depuis plusieurs mois. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a néanmoins jugé « prématurée » l’idée de retirer les talibans de la liste des organisations classées terroristes. Les Européens, dont la France, se gardent bien de fermer la porte et demandent des garanties avant toute reconnaissance du nouveau pouvoir.

Le pays fonctionne désormais au ralenti

Car la question qui se pose maintenant est de savoir quel sera l’avenir de l’Afghanistan et comment se construira-t-il ? Le gigantesque pont aérien, qui a commencé le 14 août et se termine aujourd’hui, a permis d’exfiltrer plus de 114 000 personnes. Jeudi, un attentat revendiqué par l’« État islamique » au Khorasan (EI-K) a fait plus d’une centaine de morts, dont 13 militaires américains. Les talibans, qui s’efforcent d’afficher une image d’ouverture et de modération, ont promis de mettre en place un gouvernement « inclusif », mais une fois seulement que les troupes américaines et étrangères auront quitté le pays. Les négociations autour de la formation du nouvel exécutif sont toujours en cours. Au quotidien, le pays fonctionne au ralenti. Les banques, les services gouvernementaux et d’autres institutions publiques restent en grande partie fermés. Signe d’inquiétude, si les filles sont autorisées à retourner à l’université, les cours ne seront plus mixtes et un professeur homme ne pourra faire cours à des étudiantes. Le nombre de professeures n’étant pas suffisant, beaucoup de jeunes femmes ne pourront plus assister à des cours.

Lundi, Washington a réuni en visioconférence ses « partenaires clés » (France, Canada, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni, Turquie, Qatar, Union européenne et Otan) afin de discuter « d’une approche alignée » pour la suite. Les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU devaient également se rencontrer. Ce jour d’après ne commence vraiment pas sous les meilleurs auspices.

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