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« Se faire vacciner est un geste politique » selon Fabien Roussel

Posté par jacques LAUPIES le 28 août 2021

 

 

« Se faire vacciner est un geste politique » selon Fabien Roussel dans POLITIQUE 3862576

Fabien Roussel appelle à « envahir les urnes en 2022 ». PHOTO M.E.H.

ENTRETIEN

Fabien Roussel est député du Nord, secrétaire national du PCF et candidat à la présidentielle de 2022.

La Marseillaise : Marseille a été endeuillée par une série de règlements de comptes liés au trafic de drogue. Comment sortir de cette spirale ?

Fabien Roussel : D’abord, je voudrais m’adresser aux familles endeuillées mais aussi à toutes ces familles qui vivent dans la terreur de prendre une balle perdue. Je pense à cet enfant de 8 ans qui a été blessé. Elles ont peur que leurs gamins, demain, pour quelques centaines d’euros, pour s’acheter une paire de baskets, tombent dans les mains de trafiquants. Il faut que chacun mesure ce que c’est, de vivre dans de telles conditions. C’est inacceptable dans notre République. Ensuite, on sait bien qu’assurer la sécurité dans ces quartiers, ça passe par une police nationale de proximité mais ça passe aussi beaucoup par un investissement massif dans tout ce qui nous permet de vivre et grandir ensemble. Il faut donc des moyens pour l’école, l’accès à la culture, au sport, pour les éducateurs, la vie associative… Concernant le trafic de drogue – c’est une question qui me tient à cœur – ce n’est pas en s’attaquant aux petits trafiquants qu’on résoudra le problème. Il faut tarir la source. Il faut s’en prendre aux organisateurs de ce trafic, aux gros bonnets. Il va aussi falloir qu’on hausse le ton à l’égard de dirigeants de pays comme le Maroc. Ils ont décidé au cœur de l’été de légaliser la culture du canabis. Ce sont des centaines de milliers d’hectares où le cannabis pourra être cultivé légalement pour ensuite rentrer illégalement en Espagne, puis en France, puis en Belgique, puis dans toute l’Europe. Allons-nous laisser les balles siffler au-dessus de nos têtes dans ces conditions ? S’attaquer à la mafia du trafic de drogue, c’est s’attaquer aussi au blanchiment d’argent, aux réseaux financiers, aux paradis fiscaux. L’argent sale de la drogue est dans les mêmes coffres-forts que celui de l’évasion fiscale. Il faut aussi assécher les trafics en reprenant le pouvoir sur l’argent.

 

Que retenez-vous de votre tour de France avec la « caravane des Jours heureux » ?

F.R. : Entre Marseille, ville de départ, et Malo-les-Bains, ville d’arrivée, nous avons reçu près de 5 000 personnes sur une cinquantaine d’étapes. C’est beaucoup ! Elles ont rempli des cartes postales avec des revendications à destination du président de la République. Les priorités exprimées, c’est d’abord le pouvoir d’achat et l’emploi, ensuite l’avenir de la jeunesse et enfin les questions de retraites. Cela vient conforter les priorités de ma campagne : emplois, services publics, réindustrialisation, pacte pour la jeunesse et une réforme heureuse des retraites.

 

Le chef de l’État a un tout autre agenda. Il souhaite mettre en œuvre la réforme de l’assurance-chômage et relancer celle des retraites.

F.R. : Emmanuel Macron et son gouvernement sont libéraux jusqu’au bout, en mission au service du Medef, des grandes multinationales qui n’ont de cesse de réclamer des baisses de taxes sur les dividendes, de ne plus payer d’impôts sur les plus-values, de supprimer l’impôt sur la fortune. C’est ce qu’ils ont eu, ils n’en ont jamais assez, ils en réclament encore ! Le gouvernement veut faire croire qu’on réussira à s’attaquer au chômage en s’attaquant aux chômeurs. Sa mission, c’est plutôt de créer des emplois, réindustrialiser le pays, offrir de bonnes formations. Cette réforme doit être retirée a fortiori en période de pandémie. Quant aux retraites, nous voulons une réforme de progrès qui permette de partir dès 60 ans avec une bonne pension pour offrir des opportunités d’emplois aux jeunes. Notre réforme est financée par la mise à contribution des revenus financiers, l’égalité salariale femme-homme et la création d’emplois. Un salarié obligé de travailler jusqu’à 65 ans, c’est un emploi de moins pour un jeune. Nous appelons à participer à la manifestation organisée par la CGT le 5 octobre.

 

La crise sanitaire génère beaucoup de défiance vis-à-vis des pouvoirs publics mais aussi des vaccins. Quelle est votre analyse de la période ?

F.R. : La défiance vis-à-vis de la parole publique, on sait d’où elle vient. Je pense aux Antilles où pendant des dizaines d’années, les ouvriers agricoles qui ont dénoncé l’empoisonnement au chlordécone n’ont jamais été entendus. Les autorités sanitaires leur ont même expliqué par moment qu’il n’y avait aucun danger. Il a fallu qu’apparaissent ces milliers de cancers pour qu’enfin des mesures soient prises. Même chose pour l’amiante en métropole. Tout cela pour protéger des logiques de profit. Il y a besoin de restaurer la confiance dans la parole publique. Concernant le vaccin, nous appelons à la généralisation de la vaccination, c’est le seul moyen pour nous sauver. Je dis même que se vacciner c’est un geste politique pour l’intérêt général. Si un nombre important de personnes ne se vaccinent pas en France comme dans le monde, cela laissera le champ libre à l’apparition de variants. C’est pourquoi nous demandons la levée des brevets et une production sous maîtrise publique car la pandémie ne doit pas être une « opportunité économique » comme le disent les big pharmas. Ces vaccins doivent devenir des biens communs pour toute l’humanité. C’est la meilleure garantie de transparence pour tous les citoyens. Nous faisons confiance à la médecine, aux chercheurs, au progrès.

 

Néanmoins le PCF s’oppose au pass sanitaire. Pour quelle raison ?

F.R. : Il est autoritaire et incohérent. Il est réclamé à l’entrée des TGV mais pas des TER. On peut faire un Lille-Paris sans pass en TER mais pas en TGV. On peut aller dans le métro mais pas au bistrot. Il crée de la discorde inutilement.

 

Vous avez intitulé votre livre « Ma France, heureuse, solidaire et digne ». Il est rare d’entendre parler de bonheur en politique…

F.R. : Dans toutes mes rencontres avec le monde du travail, j’ai voulu expliquer qu’il était possible de mettre en œuvre des changements heureux. Ça fait 40 ans qu’on nous saigne, qu’on nous demande de faire des efforts, de perdre du pouvoir d’achat, de renoncer aux acquis… Notre pays est extrêmement riche. Nous voulons reprendre la main sur les choix économiques. Redonner ces richesses à ceux qui les produisent et leur permettre de décider eux-mêmes de la destination de ces richesses. C’est un choix de société que nous proposons. Un choix de paix aussi à l’échelle internationale, car le PCF est le parti de la paix et de la coopération entre les peuples.

 

Vous êtes candidat tout comme Jean-Luc Mélenchon et prochainement un écologiste, Anne Hidalgo et Arnaud Montebourg. Qu’avez-vous à dire à ceux qui désespèrent de l’unité de la gauche ?

F.R. : Le problème de la gauche, ce n’est pas qu’il y ait plusieurs candidats, c’est que leur somme fasse 20%. Comment gagner quand on pèse 20% additionnés ? Si la gauche a l’ambition de gouverner le pays, elle doit convaincre, peser 45-50% au premier tour comme ce fut le cas chaque fois qu’elle a gagné. À nous d’aller conquérir les cœurs et les têtes. Je souhaite que les électeurs votent largement pour le candidat communiste, je veux contribuer à ce que la gauche redevienne majoritaire dans ce pays.

 

Dans la Région, le second tour des régionales a opposé une liste LR/LREM au RN. Comment éviter ce scénario à l’échelle nationale ?

F.R. : En faisant en sorte que le candidat communiste arrive en tête de la gauche. Il faut parler franchement aux Français : il y en a trop qui s’abstiennent. S’ils ne veulent pas de ce duel, qu’ils envahissent les urnes !

 

Marseille accueille à la rentrée le congrès mondial de la nature alors que le rapport du Giec alerte à nouveau sur le réchauffement climatique. Vous vous définissez comme un écolo-coco. Qu’est-ce que cela signifie ?

F.R. : Ça veut dire que la préservation de la planète doit être une priorité mondiale. Le réchauffement climatique est en partie responsable de la virulence des incendies de forêt dans le Var. Je propose d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Ce qui veut dire investir massivement dans les énergies décarbonées et pilotables que sont le nucléaire et l’hydroélectrique, les énergies renouvelables. Ce qui veut dire aussi une relocalisation industrielle, une rénovation des logements et un changement de notre mode de production.

Entretien réalisé par Léo Purguette

 

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