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Adeptes de produits de seconde main vendus par des associations caritatives comme Emmaus il faut convaincre les plus démunis de faire leurs achats chez ces dernieres pour éviter le piège de la distribution…Il n’y a pas de honte à contourner les arnaqueurs de la grande, moyenne et petite distribution !

Posté par jacques LAUPIES le 22 août 2021

 

La fripe, une tendance durable même en boutique. Le marché du vêtement d’occasion devrait dépasser celui du neuf en 2028. © Jean-Michel Delage / Hans Lucas via AFP

La fripe, une tendance durable même en boutique. Le marché du vêtement d’occasion devrait dépasser celui du neuf en 2028. © Jean-Michel Delage / Hans Lucas via AFP

 

Consommation. « Acheter en seconde main, c’est aussi résister au système conventionnel »

Samedi 21 Août 2021

Fondatrice en 2016 du réseau Alcor, un collectif de recherche sur les nouveaux modes de consommation, Dominique Roux-Bauhain analyse les ressorts du succès phénoménal du marché de l’occasion. ENTRETIEN.

 

Leboncoin vient de fêter ses 15 ans. Que révèle le succès éclatant de ce site ?

Adeptes de produits de seconde main vendus par des associations caritatives comme Emmaus il faut convaincre les plus démunis de faire leurs achats chez ces dernieres pour éviter le piège de la distribution...Il n'y a pas de honte à contourner les arnaqueurs de la grande, moyenne et petite distribution ! dans POLITIQUE

DOMINIQUE ROUX-BAUHAINDéjà, ce n’est pas un succès récent. Même s’il est arrivé dans le paysage relativement tard (en 2006) par rapport à eBay, Leboncoin n’a pas attendu ces derniers mois pour percer. Il profite de deux atouts phares : la gratuité et la proximité, cultivant l’idée de « la bonne affaire au coin de la rue ». Ensuite, ce n’est pas une simple plateforme d’achat-vente, mais aussi d’intermédiation entre particuliers. Les échanges ne concernent pas que des objets, mais aussi des services, des locations de maisons, voire de l’emploi. En cela, Leboncoin court-circuite certains acteurs traditionnels. Or, les gens ont plus confiance dans des échanges directs, entre particuliers, que dans ceux impliquant un acteur privé. Ce qui peut être justifié sur le plan financier, mais aussi risqué, car il y a beaucoup d’arnaques…

Cet essor de la « seconde main » est-il le résultat d’une volonté de consommer mieux ou de consommer plus ?

DOMINIQUE ROUX-BAUHAIN  Probablement un peu des deux. Avec un collègue chercheur, nous avons analysé les motivations de ceux qui achètent d’occasion. Il y en a trois principales : économique, ludique et critique. Économique, pour le prix bien sûr, avec la possibilité d’en avoir plus pour le même budget. Ludique, car, en brocante comme sur Internet, cette forme d’achat tranche avec le côté très normé, prévisible, monotone, de la distribution classique. Les gens y butinent, sans forcément avoir une idée précise de ce qu’ils veulent.

Cela permet également d’acquérir des objets qui ne sont plus fabriqués en neuf, qui ont une histoire, une patine, une rareté, mais aussi de nouer des liens entre acheteur et vendeur. C’est un supplément d’âme. Critique enfin, la seconde main apparaissant comme une forme de résistance du consommateur au système conventionnel, au surcoût lié à la marque, à l’obsolescence programmée… Et, plus les gens sont mordus de cette forme de consommation, plus ils cochent les trois cases.

Icon Quote Les principales motivations sont économique, ludique et critique. Et ce sont plutôt des ménages aux revenus corrects qui cherchent l’achat malin. »

Acheter d’occasion pour acheter moins cher : cette motivation concerne-t-elle d’abord les ménages les plus démunis ?

DOMINIQUE ROUX-BAUHAIN  Non, plutôt des ménages aux revenus très corrects, qui cherchent l’achat malin et peuvent réinvestir les sommes économisées sur d’autres postes, comme les vacances. À l’inverse, les couches les plus défavorisées sont souvent peu intéressées par l’occasion, car ces achats sont vécus comme dévalorisants, voire comme un signe de déclassement social.

Des grandes enseignes de neuf, comme Decathlon, Nike ou Ikea, investissent aussi le marché de l’occasion. Pour gonfler encore leur chiffre d’affaires ? Se donner une bonne conscience écologique ?

DOMINIQUE ROUX-BAUHAIN  Cela a un côté presque comique, car cela fait des années que la recherche économique avait souligné l’ampleur de ce marché potentiel. Mais, à l’époque, ça n’intéressait personne, à l’exception de Decathlon (qui a créé son Trocathlon en 1986) ou de la Fnac, qui vend depuis longtemps des appareils photo d’occasion. Toutes les autres enseignes refusaient de se lancer, sans doute par peur de tarir les ventes de neuf, mais aussi et surtout car l’occasion est un véritable métier : il faut garantir les flux, développer une expertise pour vérifier les produits. Aujourd’hui, ça bouge, mais lentement…

La maison mère de Leboncoin, Adevinta, peu connue des Français, est en train de racheter le service de petites annonces d’eBay pour 8 milliards d’euros. On est loin, avec de telles sommes, de l’économie locale, définanciarisée, raisonnée, voire décroissante, que certains utilisateurs de la plateforme pensent soutenir…

DOMINIQUE ROUX-BAUHAIN  La question à se poser, c’est : s’ils n’achetaient pas via ces sites, les gens consommeraient-ils du neuf ailleurs ? Or, c’est très difficile de répondre. Sur le plan écologique, il est a priori souhaitable que les produits passent de main en main, et soient utilisés plus longtemps. Mais les impacts environnementaux doivent aussi prendre en compte les distances auxquelles on va chercher des objets, ou le coût carbone des livraisons. Si vous faites 300 kilomètres pour aller récupérer une poussette achetée 50 euros d’occasion, le bénéfice écologique sera nul. Cela dépend aussi de la nature des objets : faire durer un vieux frigo qui consomme beaucoup, au lieu d’en acheter un neuf, moins énergivore, ne plaide pas pour l’occasion. Il y a donc une variété de paramètres à prendre en compte. Par ailleurs, l’existence même du marché de l’occasion, qui permet de revendre vite et bien, peut aussi stimuler les achats de neuf, comme dans la mode, y compris quand il s’agit d’industries polluantes, comme celle du jean par exemple. L’équation est donc très complexe.

Ces plateformes se targuent de recréer du lien social. Qu’en est-il réellement ?

DOMINIQUE ROUX-BAUHAIN  D’une manière générale, ce n’est pas tellement vrai, car les liens créés sont souvent peu durables. En revanche, ces sites développent une forme d’initiation à l’économie, et transforment des acheteurs en « consommacteurs » ou en « consommerçants », selon l’expression utilisée par les chercheuses Nathalie Lemaitre et Virginie de Barnier, en les formant à la fixation des prix, à la négociation… Des plateformes de location de voitures entre particuliers, comme Drivy et OuiCar, participent même à la professionnalisation de leurs vendeurs.

Quels seraient les principes d’une consommation responsable ?

DOMINIQUE ROUX-BAUHAIN  Le principe à retenir, c’est la décroissance. De là découle tout le reste : réemploi de ce qui existe déjà, échanges entre particuliers, autoproduction, mobilités douces, volonté de ne plus agir en prédateur sur la nature, de privilégier les circuits courts… Les chercheurs américains appellent ça la simplicité volontaire. Ce sont des pratiques exigeantes, et sans doute plus difficiles à mettre en place pour les urbains que pour les ruraux. Mais, sans être majoritaires, elles progressent, en particulier dans les jeunes générations, ce qui est encourageant.

 

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