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Union européenne. Des millions de salariés laissés sur le bord de la route des vacances

Posté par jacques LAUPIES le 1 août 2021

 

 

Photo AFP/Archives - Pascal GUYOT

Photo AFP/Archives – Pascal GUYOT
 

 

Lundi 2 Août 2021

Dans une enquête publiée en exclusivité par l’Humanité, la Confédération européenne des syndicats évalue à plus de 35 millions le nombre de travailleurs des 27 états membres qui, du fait de salaires trop bas, ne peuvent pas partir en vacances.

 

Menée par la Confédération européenne des syndicats (CES) à partir des statistiques officielles d’Eurostat et dévoilée en exclusivité ce lundi dans l’Humanité, l’étude pourrait bien faire jaser et indigner dans toute l’Union européenne (UE). Selon cette enquête, plus de 35 millions de travailleurs ne peuvent envisager de quitter leur foyer et de s’offrir de vraies vacances en raison de leurs salaires trop faibles. Pour la France, ce sont 3 664 232 salariés qui se trouvent dans l’incapacité financière de partir. Le pays européen le plus dramatiquement touché est, sans surprise après des années sous le joug de l’austérité, la Grèce : 88,9 % des travailleurs rétribués au niveau du seuil de pauvreté, soit 60 % du salaire médian, ne peuvent pas se permettre de passer une partie de leurs congés en dehors de chez eux. En nombre d’individus, on frôle 1,4 million de salariés hellènes. Les chiffres sont particulièrement élevés et accusateurs en Italie (7 millions), en Espagne (4,7 millions) et en Allemagne (4,3 millions).

Ce sont les salaires calés sur des minima parfois inférieurs au seuil de pauvreté qui expliquent ce phénomène touchant des dizaines de millions de travailleurs de toute l’Europe. D’après les statistiques officielles mises en avant par la CES, la situation ne s’arrange pas du tout depuis des années et les inégalités persistent plus que jamais. Elles se sont intensifiées particulièrement en Roumanie, qui enregistre une hausse de 17 points par rapport à 2010, en Slovaquie et en Croatie, avec une augmentation respective de 13 et 14 points. La France ne fait pas exception : les inégalités se sont creusées à hauteur de 1,6 point, alors qu’elles ont eu tendance à s’estomper un peu au Luxembourg, en Estonie et en Allemagne.

Les bénéfices de la croissance économique mal répartis

En France, beaucoup de salariés ne peuvent pas imaginer partir. C’est le cas de Vincent, par exemple, qui travaille comme journaliste localier dans le Sud-Ouest. « Même sans aller à l’autre bout du monde, partir en vacances, ça représente un sacré coût, témoigne-t-il . J’ai un salaire qui me permet de vivre convenablement, mais je ne peux pas prévoir des extras. Et les vacances représentent pour moi un extra. » Même chose pour cette diététicienne travaillant en CDI dans un groupe de restauration collective. « Depuis mes 18 ans, je ne pars pas en vacances car, chaque été, je devais travailler pour mettre de l’argent de côté. Même si aujourd’hui je touche un salaire stable tous les mois, partir en vacances représente toujours un coût important. Même avec deux salaires, c’est compliqué. Mon conjoint a des frais importants qu’il prend en charge, par exemple la pension alimentaire de ses enfants. Nous ess aierons de mettre l’argent de côté cette année pour espérer partir l’été prochain. »

Pour les syndicats européens, afin de permettre à tous les travailleurs de partir en vacances, il faut donc s’assurer qu’ils touchent le salaire indispensable. « Les vacances ne devraient pas être un luxe réservé à quelques privilégiés, veut croire Esther Lynch, secrétaire générale adjointe de la CES. Tandis que de nombreux travailleurs partent profiter de leur temps libre en famille ou entre amis, des millions d’autres ne le peuvent pas en raison de leurs bas salaires. » La syndicaliste irlandaise ajoute : « L’accroissement des inégalités en matière de vacances démontre que les bénéfices de la croissance économique en Europe au cours de la dernière décennie n’ont pas été répartis de manière équitable. »

Un projet de directive visant à définir un « seuil de décence »

Alors que la proportion de travailleurs pauvres dans l’UE est passée de 8,3 % en 2007 à 9,4 % en 2018, la Commission européenne, pressée depuis des années par les organisations syndicales, a mis sur la table à l’automne 2020 un projet de directive visant à définir un « seuil de décence » pour les salaires minimums dans chacun des pays européens. Sans imposer un salaire minimum qui vaudrait à l’échelle de l’UE, il s’agit, tout en tenant compte de plusieurs critères (réalité du pouvoir d’achat, niveau général des salaires et de leur distribution, moyenne des augmentations salariales, productivité du travail, etc.), de fixer un principe de base : les salaires minimums légaux ne doivent en aucun cas être inférieurs à 60 % du revenu médian ou à 50 % du revenu moyen dans chacun des vingt-sept états membres.

« La directive européenne relative aux salaires minimums adéquats doit être renfor cée pour garantir que ceux-ci ne soient jamais bas au point d’exposer les travailleurs au risque de pauvreté et que la négociation collective devienne une composante habituelle en matière d’emploi pour assurer des salaires vraiment équitables pour tous », revendique encore Esther Lynch. D’après une autre étude de la CES, publiée au printemps 2021, si les planchers définis par le « seuil de décence » étaient appliqués au sein de l’UE, cela se traduirait par une augmentation immédiate pour 24 millions de travailleurs sur le continent. Peut-être pas encore de quoi combler le gouffre pour tous les travailleurs privés de vacances, mais de quoi permettre qu’elles ne soient plus un « extra » pour de trop nombreux Européens.

 

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