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Agirc-Arrco. Vers une baisse des retraites complémentaires

Posté par jacques LAUPIES le 23 juillet 2021

© Kenzo Tribouillard/AFP

© Kenzo Tribouillard/AFP
 

 

Vendredi 23 Juillet 2021

Medef en tête, le patronat impose une moindre hausse des pensions. Cette gestion comptable préfigure ce que l’exécutif voudrait imposer au régime général.

 

Pour les organisations syndicales et patronales qui signeront le texte présenté jeudi, il ne s’agit que de quelques euros envolés. Mais ces deux à trois euros par mois de plus que ne versera finalement pas le régime complémentaire Agirc-Arrco afin d’accompagner l’augmentation du coût de la vie ne seront pas superflues pour les petites pensions.

Le texte présenté lors de la troisième réunion de négociation expresse censée assurer l’équilibre futur des régimes des cadres et des salariés du privé n’en donne pas moins un signal, alors que le gouvernement compte toujours s’en prendre au régime général. « Pour les retraités, ce n’est pas une bonne nouvelle, résume Michel Beaugas, négociateur pour FO. Le patronat et une partie des organisations syndicales font porter l’effort du financement des régimes sur les salariés et les pensionnés. Les entreprises, qui ont pourtant été fortement aidées durant cette crise sanitaire, auraient pu participer. Elles ne font plus d’effort depuis dix ans et refusent encore de revoir leurs abattements de cotisation. »

De réels enjeux de pouvoir d’achat

L’affaire est technique mais les enjeux de pouvoir d’achat réels. Revenus à l’équilibre en 2019, les comptes de l’Agirc-Arrco ont replongé l’an dernier. La baisse de l’activité et le recours massif au travail partiel ont tari les cotisations. Résultat : quatre milliards d’euros en moins dans les caisses. Pas de quoi cependant mettre en péril le régime dont dépendent 13 millions de retraités et 18 millions de cotisants. Celui-ci disposera encore en décembre de 62,6 milliards d’euros. Mais l’accord national interprofessionnel (ANI) de 2019, signé par le patronat et les syndicats, sauf la CGT, a imposé une sorte de règle d’or interdisant de voir ces réserves descendre en dessous de l’équivalent de six mois de versement des pensions, ce pour les quinze prochaines années. Le Medef s’est saisi de cette clause pour imposer une discussion éclair, des coupes dans les pensions à la clé.

Des prévisions pessimistes en dépit des réserves

Il n’y avait pourtant pas péril en ces complémentaires. Les 62,6 milliards en caisse représentent neuf mois de réserves et les scénarios optimistes sur quinze ans laissent entrevoir une décennie de « déficits modérés », au moins huit mois de réserves et un excédent prévu après 2031. Le patronat a préféré retenir les prévisions pessimistes, qui envisagent un épuisement des réserves à cause d’une démographie défavorable, d’un chômage qui ne baisse pas et de salaires qui n’augmentent pas.

Le tour de vis en passe d’être imposé est technique. Le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco a la possibilité de moduler de 0,2 point à la hausse ou à la baisse la revalorisation des pensions indexées sur l’inflation. Le projet d’accord change cette modulation en 0,5 point. Puisqu’il s’agit de faire des économies, ce sera – 0,5 point. Autant de ressources en moins par rapport au renchérissement du coût de la vie.

La CGT, FO et la CFE-CGC font barrage

Les organisations patronales, la CFDT et la CFTC ont déjà le stylo en main pour signer le texte. La CGT, FO et la CFE-CGC font barrage. Pour Sandrine Mourey, représentante CGT, « cette manière de gérer préfigure ce que pourrait engendrer un système par points, avec un pilotage automatique des financements qui ne repose que sur les ­salariés et les retraités, où l’on n’adapte plus les ressources en fonction des pensions mais les pensions en fonction des ressources qui n’augmenteront plus ». Exactement ce que compte faire le gouvernement sur le régime général des retraites.

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Passe sanitaire: «N’attendons rien du Conseil constitutionnel» (pas possible, où va-t-on ?)

Posté par jacques LAUPIES le 21 juillet 2021

 

Passe sanitaire: «N’attendons rien du Conseil constitutionnel»

FIGAROVOX/TRIBUNE - Alors que le Conseil constitutionnel pourrait être saisi au sujet du passe sanitaire, l’avocat Dominque Bompoint revient sur les mises au pas des institutions depuis le début de la crise sanitaire, qui remettent selon lui en question l’État de droit.

Par DOMINIQUE BOMPOINT

Publié le 16/07/2021 à 12:59, mis à jour le 17/07/2021 à 10:47
«Par cette décision sans précédent le Conseil constitutionnel a accepté de laisser entrer en vigueur une loi adoptée en violation flagrante de la Constitution.»

 
«Par cette décision sans précédent le Conseil constitutionnel a accepté de laisser entrer en vigueur une loi adoptée en violation flagrante de la Constitution.» Wikimedia Commons

Dominique Bompoint est avocat au barreau de Paris.

 

Cette expérience montre qu’une personne dont l’attention est concentrée sur un objectif précis peut ne pas remarquer un événement flagrant qui survient au même moment dans son champ sensoriel. Le même phénomène s’est produit, mais à l’échelle du pays tout entier, au sujet d’une décision rendue le 26 mars 2020 par le Conseil constitutionnel que, stupéfaits par le premier confinement ordonné le 17 mars 2020, la quasi-totalité des Français n’ont pas remarquée alors qu’elle venait, ni plus ni moins, d’anéantir les fondements de notre démocratie.

Par cette décision sans précédent le Conseil constitutionnel a accepté de laisser entrer en vigueur une loi adoptée en violation flagrante de la Constitution. Cette loi étant à caractère organique, la Constitution imposait d’attendre, même en cas d’engagement de la procédure d’adoption accélérée, un délai de quinze jours entre le dépôt du projet de loi et son premier examen par le Parlement (art. 46, al. 2). En l’occurrence, il ne s’était écoulé que 24 heures. La violation de la Constitution était indéniable, pourtant ses neuf gardiens ont jugé que, «compte tenu des circonstances particulières de l’espèce, il n’y [avait] pas lieu de juger que cette loi organique [avait] été adoptée en violation des règles de procédure prévues à l’article 46 de la Constitution» (décision n° 2020-799).

La loi dont le Conseil constitutionnel a jugé que l’adoption justifiait de piétiner la Constitution visait à dissuader les citoyens, jusqu’au 30 juin 2020, de le saisir de questions prioritaires de constitutionnalité.

Dominique Bompoint

«Règles de procédure», délai de quinze jours, à l’évocation de ces concepts l’observateur insensible à l’importance du respect des formes est spontanément enclin à penser que, si le Conseil constitutionnel a sacrifié ces dispositions techniques c’était parce qu’il n’avait sans doute pas d’autre choix, qu’il devait s’agir d’une loi dont l’adoption était vitale pour la nation dans le contexte de l’explosion épidémique de mars 2020 – par exemple suspendre des élections ou permettre au gouvernement de pallier une difficulté de fonctionnement momentanée. Si seulement.

La loi dont le Conseil constitutionnel a jugé que l’adoption justifiait de piétiner la Constitution visait à dissuader les citoyens, jusqu’au 30 juin 2020, de le saisir de questions prioritaires de constitutionnalité. Ces questions, permises depuis 2008, constituent un dispositif fondamental de protection des droits et libertés individuelles garantis par la Constitution, en permettant à tout justiciable (et plus seulement aux parlementaires) de contester après son adoption (et plus seulement avant) la conformité d’une loi à la Constitution. On lui doit, entre autres, la suppression du traitement inégalitaire subi par les pensionnés ressortissants des pays et territoires autrefois sous souveraineté française (décision n° 2010-1 QPC du 28 mai 2010), l’amélioration des droits des gardés à vue (décision n° 2010-14/22 QPC du 30 juillet 2010) ou plus récemment l’affirmation du principe de fraternité comme garantissant la liberté d’aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national (décision n° 2018-717/718 QPC du 6 juillet 2018).

C’est ainsi que le gardien de la Constitution a prêté main-forte à sa violation, pour écarter le dispositif de protection des droits et des libertés individuelles qu’elle garantit (…)

Dominique Bompoint

L’effet dissuasif recherché par la loi validée le 26 mars 2020 était obtenu en suspendant le délai de trois mois que le Conseil d’État et à la Cour de cassation ont en temps normal pour décider si une question prioritaire de constitutionnalité mérite ou non d’être transmise au Conseil constitutionnel. Ce délai étant impératif, s’il n’est pas respecté la question posée est automatiquement transmise au Conseil constitutionnel. Le suspendre revenait à faire perdre d’intérêt toute question prioritaire de constitutionnalité qui aurait, en particulier, visé les lois sur l’état d’urgence sanitaire, puisque ces lois auraient épuisé leurs effets à la date, devenue indéterminée, à laquelle la question serait éventuellement soumise au Conseil constitutionnel.

C’est ainsi que le gardien de la Constitution a prêté main forte à sa violation, pour écarter le dispositif de protection des droits et des libertés individuelles qu’elle garantit au moment précis où ces droits et libertés allaient être, par le premier confinement, plus gravement remis en cause qu’à aucun autre instant de la Ve république, c’est-à-dire à une période où les citoyens auraient eu, précisément, le plus besoin d’être protégés contre d’éventuels excès.

Le gouvernement n’entendait pas être entravé dans son entreprise de suspension de nos droits et libertés. Avec son projet de loi, il demandait au Conseil constitutionnel de se mettre momentanément hors-jeu ; cela supposait que ce dernier, non seulement accepte de se retirer, mais encore piétine la Constitution ; aussi incroyable que la chose puisse paraître, c’est ce qu’il a fait.

C’est ainsi qu’a pu être adoptée la loi n° 2020-365 du 30 mars 2020 qui, bien qu’intitulée «d’urgence pour faire face à l’épidémie de COVID-19», était en réalité tout le contraire d’une nécessité imposée par l’épidémie. Parti sur cette lancée il n’est pas surprenant que le Conseil constitutionnel ait été fort accommodant avec les lois qui, après le premier confinement, ont été dictées par le gouvernement dans le cadre de la poursuite de l’état d’urgence sanitaire.

Ainsi nos neuf plus hauts magistrats, pourtant capables, en temps normal, de bien des pesées entre des impératifs contradictoires, ne se sentent-ils, devant un fétu de blouses blanches, plus aucune capacité de jugement.

Dominique Bompoint

Ainsi, dans sa décision du 9 juillet 2020 (n° 2020-803) il a validé la loi du même jour dite de sortie de l’état d’urgence sanitaire qui habilitait le Premier ministre à restreindre la liberté d’aller et de venir. Pour l’essentiel, le Conseil constitutionnel s’est satisfait du caractère temporaire de ces mesures – la chose, rétrospectivement, fait amèrement sourire – et s’est déclaré dans l’incapacité d’apprécier les avis du conseil scientifique évoquant un risque important de propagation de l’épidémie, qui avaient inspiré cette loi. Ainsi, nos neuf plus hauts magistrats, pourtant capables, en temps normal, de bien des pesées entre des impératifs contradictoires, ne se sentent-ils, devant un fétu de blouses blanches, plus aucune capacité de jugement.

Bis repetita à propos du passe sanitaire, dans sa version qu’il faut rétrospectivement qualifier de douce, introduite par la loi du 31 mai 2021 dite de gestion de sortie de l’état d’urgence. Dans sa décision n° 2021-819 rendue sur cette loi, le Conseil constitutionnel n’a d’abord pas estimé que l’obligation, pour le gouvernement, avant de déposer un projet de loi, de présenter une étude d’impact (imposée par la loi n° 2009-403 du 15 avril 2009) et de solliciter l’avis du Conseil d’État (imposée par l’article 39 de la constitution), avait été contournée par le fait d’avoir introduit ce dispositif, en ce qu’il devait concerner les «grands» rassemblements, par un amendement gouvernemental déposé cinq jours à peine après le projet de loi. Ces obligations ne s’appliquent pas aux amendements un point c’est tout, a-t-il jugé.

 

La ficelle était grosse, elle a tenu.

Puis, sur le fond, le Conseil constitutionnel a, pour l’essentiel, renvoyé à la motivation de sa décision du 9 juillet 2020 : le passe sanitaire n’est prévu que pour trois mois, la mesure est donc temporaire (on devine aisément, aujourd’hui, ce qu’il en sera) et s’appuie sur un avis du conseil scientifique estimant qu’un risque important de propagation de l’épidémie persiste, avis que le conseil dit ne pas avoir le pouvoir d’apprécier.

Caractère temporaire et soutien du conseil scientifique, voilà l’acide dans lequel nos libertés, dont le principe d’inviolabilité du corps humain qu’on pouvait croire indépassable, se dissolvent.

Dominique Bompoint

À l’approche de la loi qui, six semaines seulement après ce moment de bascule sociétale qu’a constitué l’invention du passe sanitaire, va déjà réformer ce dispositif pour l’étendre en en faisant la condition d’accès à des activités basiques, en durcissant ses conditions au point d’imposer dans les faits une obligation vaccinale qu’il faut être d’une insoutenable hypocrisie pour nier en tant que telle, à 180 degrés des assurances données par le chef de l’État en fin d’année dernière (Tweet d’Emmanuel Macron du 27 décembre 2020 : «Je l’ai dit, je le répète : le vaccin ne sera pas obligatoire. Ayons confiance en nos chercheurs et médecins. Nous sommes le pays des Lumières et de Pasteur, la raison et la science doivent nous guider»), loi qui ira jusqu’à contraindre les parents à faire vacciner leurs enfants bien que ces derniers ne soient pas exposés aux formes graves de la maladie, n’ayons absolument aucune illusion sur la décision que le Conseil constitutionnel rendra si ce texte lui est déféré. Caractère temporaire et soutien du conseil scientifique, voilà l’acide dans lequel nos libertés, dont le principe d’inviolabilité du corps humain qu’on pouvait croire indépassable, se dissolvent.

N’attendons hélas pas davantage du Parlement : tant il est sûr de son adoption, le gouvernement présente l’évolution du passe sanitaire annoncée le 12 juillet dernier comme acquise sur son site internet, avant même d’avoir déposé devant la représentation nationale le projet de loi censé la permettre.

Plus intéressant sera, peut-être, l’avis du Conseil d’État, car le 6 juillet dernier, cette éminente juridiction, dans une procédure de référé limitant son pouvoir d’intervention au constat d’une illégalité manifeste, a rejeté une requête en suspension du passe sanitaire (décision n° 453505, La Quadrature du Net). Il a observé, entre autres, que son usage ne concernait pas «les activités quotidiennes ou l’exercice des libertés de culte, de réunion ou de manifestation». Va-t-il se rendre à l’évidence que désormais c’est la vie de tous les jours qui est réservée aux seuls vaccinés, ou bien inventer un raisonnement soutenant que l’accès aux cafés, restaurants, centres commerciaux, hôpitaux, maisons de retraite et autres établissements médico-sociaux ne relève pas des «activités quotidiennes» ? Nous le saurons sous peu à moins que, cédant à l’incitation que lui donne la décision du Conseil constitutionnel du 31 mai dernier, le gouvernement réitère sa manœuvre d’évitement du Conseil d’État consistant à introduire par voie d’amendement les dispositions les plus discutables de son projet de loi.

À voir aussi - Covid-19: cette «ultra-minorité» qui s’oppose à la vaccination a «de la défiance pour la notion même d’autorité», déplore Olivier Véran

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« Je veux une gauche qui fait briller les yeux, qui fait rêver »

Posté par jacques LAUPIES le 18 juillet 2021

 

« Je veux une gauche qui fait briller les yeux, qui fait rêver »

 « Je veux une gauche qui fait briller les yeux, qui fait rêver » dans POLITIQUE 3614622

« Il faut une volonté politique pour réindustrialiser la France », lance Fabien Roussel. Cette « réindustrialisation » est un des axes forts de sa campagne. PHOTO M.E.H.

ENTRETIEN

Fabien Roussel, le candidat du PCF à la présidentielle veut remobiliser l’électorat populaire. Sa campagne débute au lendemain d’élections régionales et départementales marquées par un taux d’abstention record. « Aller à la rencontre », « donner envie », c’est tout l’enjeu.

La Marseillaise : Comment fait-on pour se lancer dans une campagne de la présidentielle, avec, aux dernières échéances électorales, un taux d’abstention de 65 % ?

Fabien Roussel : On a confiance dans les idées que l’on défend. On s’appuie sur une force militante et d’élus locaux importante. Car ces élus locaux notamment, font la démonstration dans leur commune, dans leur département, leur région, de notre utilité. Et c’est fort de cette confiance-là que l’on se lance dans cette grande bataille, en se disant qu’il n’y a pas de fatalité, le pire serait d’abandonner, de dire « c’est trop compliqué ». Non, il faut ouvrir un espoir, on voudrait pouvoir incarner cet espoir à gauche, il y a besoin de retrouver une gauche qui fait briller les yeux, qui fait rêver, et qui dirait aux Français : « Si demain nous étions au pouvoir, ça changerait fortement pour vous, pour votre pouvoir d’achat, votre salaire, pour vos conditions de travail… » C’est ça l’enjeu. Et on pense à ça et rien d’autre.

 

Justement, on a l’impression à vous voir, à vous écouter, que pour être « candidat » il faut être très chevronné…

F.R. : Ce n’est pas un métier, c’est un engagement ! Je suis moi-même député, depuis quatre ans maintenant, militant depuis de nombreuses années. On a fait le choix d’un engagement et de se mettre au service des autres. J’ai pas l’impression de faire des sacrifices, j’ai l’impression d’exercer ma passion pour mon pays jusqu’au bout ! De la même manière qu’un président d’association ou d’un maire d’une commune, il y consacre ses semaines, ses week-ends, ses nuits parfois. C’est une affaire de cœur, en fait. Il suffit d’y aller avec son cœur !

 

A priori, cette campagne va être complexe, au prorata des candidatures que l’on voit émerger notamment au sein de la gauche.

F.R. : Quand j’ai vu la Une de Libé (1), je me suis dit qu’il faudrait sortir la Une du Figaro, avec les candidats de droite. Cette diversité, à gauche comme à droite, elle fait partie du débat politique, chacun à des idées différentes et les Français doivent pouvoir choisir, justement. Entre une politique libérale, poussée à l’extrême, une gauche réformiste, ou une gauche qui retrouve ses fondamentaux et remet en cause le capitaliste. Cette diversité permet un débat le plus riche possible. Le problème ce n’est pas qu’il y ait plusieurs candidats à gauche ou à droite, le problème, c’est d’intéresser les Français à ça.

 

Pour revenir aux fondamentaux : la réindustrialisation. Comment voulez-vous procéder ? On incite ou on oblige à ?

F.R. : D’abord, si notre pays a été désindustrialisé c’est qu’il y a eu des décisions politiques qui ont ouvert complètement notre marché à l’extérieur et qui ont fait le choix de la concurrence entre les peuples et les pays. Et bien nous disons le contraire. Qu’il y a besoin d’une autre volonté politique, qui fait le choix de la relocalisation de l’activité : pour l’emploi et offrir des perspectives aux jeunes ; pour le climat, c’est le développement des circuits courts à l’échelle d’un pays ; et pour le budget de l’État, pour avoir des recettes fiscales supplémentaires. Cette volonté c’est de dire : « Nous allons mettre de l’argent public au service de cette relocalisation. » Aujourd’hui, l’État, les collectivités, dépensent 140 milliards d’euros d’argent public – c’est le dernier rapport présenté à la commission des finances – sans aucune contrepartie, sans aucun engagement. Prenons l’exemple de l’entreprise MBF de Saint-Claude (2), en tant qu’État je suis actionnaire de Peugeot et de Renault, je décide de verser de l’argent public à ces grands groupes, en échange de faire travailler les entreprises françaises, dont les fonderies de Saint-Claude, de l’Aveyron, de Bretagne et donc de maintenir une activité industrielle ici, et les 254 emplois de Saint-Claude.

 

Nous avons connu, lors de cette crise sanitaire, un fiasco français : absence de masques, de gel, de matériel médical… Et nous n’avons toujours pas de vaccin « made in France », comment analysez-vous cette situation ?

F.R. : En fait, cette crise s’est abattue sur le pays en même temps que les blouses blanches manifestaient pour plus de reconnaissance et plus de moyens… On a bien vu que notre pays n’était pas suffisamment armé pour faire face à une telle pandémie. Et nous n’avions pas les outils industriels et sanitaires pour produire nous-même ce dont nous avions besoin, même pas à l’échelle de l’Europe ! Ces questions doivent se travailler à l’échelle de l’Union européenne. Cela montre que la Santé, qui est une priorité pour nos concitoyens et qui n’a pas de prix, doit être un bien public. Nous devons avoir un pôle public du médicament, avoir la maîtrise des vaccins et d’autres médicaments, le paracétamol, par exemple. On a besoin de ça, sinon nous allons rester un pays dépendant des autres. Nous avons besoin de retrouver une forme de souveraineté sanitaire, qui n’existe plus.

Entretien réalisé par Sylvain Fournier

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Je ne vois pas la nécessité (dans ma situation : 85 ans et sous traitement cardio-vasculaire) de me faire vacciner…

Posté par jacques LAUPIES le 17 juillet 2021

 

Stephane Mahe/ Reuters

Stephane Mahe/ Reuters
 

Covid-19. « Sans les annonces, je ne serai pas venu me faire vacciner »

Samedi 17 Juillet 2021

L’instauration du pass sanitaire pour tous a poussé un certain nombre de personnes, jusque-là réticentes à toute injection, à sauter le pas. Reportage dans le centre de vaccination de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine.

 

« On n’a plus le choix. On ne nous laisse plus le choix », lâche Malek, 55 ans, d’un ton résigné. Un sentiment partagé par la plupart des personnes qui se rendent, ce vendredi 16 juillet, au centre de vaccination du Gymnase Paul Langevin de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Pour le docteur Guirec Loyer, directeur des services de santé et de prévention de la ville, la vaccination est entrée dans une troisième phase, celle « des gens contraints, des “puisqu’il faut le faire” » depuis le début de semaine dernière Plus précisément depuis lundi 12 juillet, quand le Président de la République a annoncé l’obligation vaccinale pour « les personnels soignants et non soignants des hôpitaux, cliniques, maisons de retraite, établissements pour personnes en situation de handicap et pour les professionnels et bénévoles travaillant au contact des personnes fragiles, y compris à domicile » et l’instauration rapide du passe sanitaire pour tous les lieux accueillant du public.

C’est à cause de ces annonces que Malek s’est résolu à se faire vacciner. « Sinon, je ne l’aurais pas fait », assure-t-il. À quelques chaises de là, Morgan et Sabrina, un couple d’une trentaine d’années, ont anticipé l’obligation vaccinale. Ils viennent pour leur seconde injection, en compagnie de leur fille. Elle fait partie du personnel soignant et lui travaille dans la restauration. Depuis les annonces présidentielles, l’un comme l’autre sont contraints de se faire vacciner pour exercer leur métier. « Et pour vivre et voyager », ajoute Morgan. Tout comme David, régisseur, demeurant à Asnières-sur-Seine. « Dans mon métier, cela fait déjà un an que l’on ne peut plus bosser et on sait qu’à la rentrée, on refusera de nous employer si on n’est pas vacciné », raconte-t-il.

De la réticence à la pression familiale

Tous ont sensiblement les mêmes appréhensions envers la vaccination. « Dans un premier temps, j’ai eu un réflexe de réticence envers ces vaccins récents. Je m’interrogeais sur le recul vis-à-vis des effets secondaires », concède Marion, chargée de mission dans le milieu associatif, trentenaire, qui a vécu, lorsqu’elle était au collège, l’affaire du vaccin contre l’hépatite B en 1994, soupçonné alors d’être à l’origine de maladies auto-immunes telles que la sclérose en plaques. « On craint les conséquences du vaccin à long terme », résume Sabrina, qui a l’impression d’être « un mouton ».

Au-delà de l’obligation légale, la pression familiale semble aussi jouer un rôle dans la décision de se faire vacciner. « Mes parents m’ont eux aussi poussé à le faire, reconnaît Morgan. Ils ont peur pour eux. » « J’ai incité mes parents à se faire vacciner donc je le fais aussi. Il faut être cohérent », confie de son côté David. Pour Marion, il s’agit plus d’une responsabilité envers la société. « On a l’impression que c’est le seul outil contre la propagation du virus et les variants. Et si ça peut éviter de reconfiner tout le monde à la rentrée… »

Pas d’effets d’annonces

Lundi soir, après les annonces du chef de l’État annonçant l’obligation du passe sanitaire, les rendez-vous de vaccination sont repartis à la hausse d’un coup. Depuis, certains centres sont pris d’assaut. Ce n’est pas tout à fait le cas à Gennevilliers. « On n’a aucun mal à remplir sur Doctolib, mais c’était déjà le cas avant les annonces présidentielles. En revanche, on voit à nouveau des gens venir en fin de journée, sans rendez-vous, pour savoir s’il y a des doses en plus. Ce n’était plus le cas depuis un mois, un mois et demi », décrit Guirec Loyer. Avec seulement 33 % des habitants ayant reçu une première dose et 21 % de totalement vaccinés, Gennevilliers est la deuxième ville la moins vaccinée des Hauts-de-Seine. Certaines communes du département frôlent en effet les 50 %. « On a une population similaire à celles de villes comme Villeneuve-la-Garenne, Saint-Denis ou Aubervilliers avec des taux de vaccination semblables, commente le responsable du centre. C’est une population précaire, éloignée des soins de santé et encore plus de la prévention, faiblement vaccinée de manière générale. » Chaque jour plus de 300 personnes sont vaccinées à Gennevilliers. Un chiffre qui n’a pas vraiment évolué depuis les annonces du chef de l’État, en raison d’un nombre de doses dépendant des dotations de l’ARS d’Ile-de-France, qui n’ont pour l’instant pas augmenté. Une réunion à ce propos devait avoir lieu vendredi 16 juillet.

D’ici le 16 août, le centre de vaccination passera en horaires restreints pour permettre à l’équipe de prendre des congés et en prévision d’une probable baisse de la fréquentation. « En adaptant les horaires, le centre peut rester ouvert tout l’été lorsque ailleurs, les centres ferment pendant une ou deux semaines. », précise Guirec Loyer. Avec l’objectif, d’ici-là, de passer à 200 personnes vaccinées par demi-journée contre 150 actuellement.

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Appréhender la lecture par le plaisir

Posté par jacques LAUPIES le 16 juillet 2021

 

 
 Appréhender la lecture par le plaisir dans POLITIQUE 3656719

Hormis le mercredi, la bibliothèque vagabonde s’installe deux fois par jour dans le Panier. PHOTO N.K.

Un petit livre imagé dans la main, Djuliann déchiffre les lettres du mot « Maman » une par une. Âgé de 6 ans, il entrera en classe de CP à la rentrée et commencera l’apprentissage de la lecture. « On essaie déjà de lui apprendre un peu, mais ça ne sert à rien de se presser », explique Laetitia, sa mère. Approbateur, Fred Berry lui répond : « L’important c’est qu’il s’habitue à avoir un livre entre les mains, à prendre du plaisir au contact de livres. »

Chaque jour de la semaine, il installe une « bibliothèque vagabonde », composée de tapis, de coussins et de plusieurs dizaines de livres pour enfants, dans des espaces publics du panier.

L’objectif : « accoutumer les gamins aux livres, faire en sorte que ce ne soit pas quelque chose qu’ils rejettent », affirme Fred Berry. « Notre vocation n’est pas de leur apprendre à lire, c’est simplement qu’ils trouvent du plaisir avec les livres », poursuit-il. Membre du Théâtre de la Mer, il a conçu et organisé ces « bibliothèques vagabondes » dès le mois d’avril, dans le cadre du projet plus large « les Aires de lectures ».

Depuis septembre, une comédienne du Théâtre de la Mer se rend une fois par semaine dans deux écoles du Panier pour faire la lecture aux plus petits. Les livres, choisis avec les enseignants, servent de point de départ pédagogique pour les professeurs. « Nous, on offre le côté ludique et l’école le côté apprentissage », observe Fred Berry en ajoutant que « les deux sont complémentaires ». Une approche qui semble porter ses fruits, explique l’intermittent du Théâtre de la Mer : « Les professeurs avec lesquels on travaille affirment remarquer la différence, les gamins à qui on vient faire la lecture développent des capacités supplémentaires, ils apprennent plus facilement. »

 

Éducation populaire

Ce jeudi, hormis le petit Djuliann, en vacances dans le Sud avec sa famille, très peu de monde est venu sur la place Des Moulins pour profiter de la bibliothèque vagabonde. « Quand on organise cela spontanément, c’est en général assez calme. Mais on travaille aussi en partenariat avec des associations. Eux nous amènent directement des groupes d’enfants », raconte Fred Berry.

Avant les vacances scolaires, la bibliothèque vagabonde était installée devant des écoles, à la sortie des cours. Les disparités socio-économiques et la répartition inégale des différents capitaux étaient palpables entre les écoles. À l’école Hozier, située dans le quartier populaire de la Joliette, Fred Berry constate un succès plus nuancé de la bibliothèque vagabonde. Il explique que si dans les quartiers favorisés, les enfants ont l’habitude d’aller dans les bibliothèques, de voir des livres à la maison, ce n’est pas le cas partout. « C’est d’ailleurs là que l’on peut être le plus utile, c’est du travail de longue haleine », commente-t-il. « Même si les gens ne viennent pas forcément, ils sont contents qu’on soit là. La frontière pour inviter les enfants à la lecture est toute fine. C’est à nous de la franchir en leur lisant des histoires. Ensuite, la seconde étape, c’est d’attirer les parents », affirme l’intermittent du spectacle.

En effet, si les organisateurs de la bibliothèque vagabonde lisent pour les enfants, l’idée originale est que ce soient les parents qui fassent la lecture à leur progéniture. Le but étant de créer une continuité entre une « lecture plaisir » dans le cadre du projet et l’espace intérieur, celui de la maison, où les enfants pourraient continuer à nourrir leur goût pour les livres.

En somme, c’est une mission d’éducation populaire que porte la « bibliothèque vagabonde ». « On veut faire en sorte que la lecture devienne facile d’accès aux gamins, qu’ils ne considèrent pas que ce soit réservé à l’élite. Qu’ils se disent moi aussi je peux et j’ai le droit », affirme l’intermittent du spectacle.

Niel Kadereit

« Faire en sorte que les gamins ne considèrent pas la lecture comme réservée à l’élite »

Fred Berry

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