• Admin.du Site

  • Archives

  • Accueil
  • > POLITIQUE
  • > La CGT demeure l’outil principal des luttes sociales. En cela il est nécessaire de la renforcer mais le monde des travailleurs a besoin d’un parti politique porteur d’un projet de transformation de la société ou les entreprises les plus importantes seront sous contrôle public et pour certaines d’entre elles nationalisées…

La CGT demeure l’outil principal des luttes sociales. En cela il est nécessaire de la renforcer mais le monde des travailleurs a besoin d’un parti politique porteur d’un projet de transformation de la société ou les entreprises les plus importantes seront sous contrôle public et pour certaines d’entre elles nationalisées…

Posté par jacques LAUPIES le 8 juillet 2021

 

« Il faut pouvoir contrôler et sanctionner ces entreprises »

La CGT demeure l'outil principal des luttes sociales. En cela il est nécessaire de la renforcer mais le monde des travailleurs a besoin d'un parti politique porteur d'un projet de transformation de la société ou les entreprises les plus importantes seront sous contrôle public et pour certaines d'entre elles nationalisées... dans POLITIQUE 3613177

Après deux mandats à l’OIT pour la CGT, Bernard Thibault a cédé sa place au conseil d’administration à la CFDT Béatrice Lestic, élue par l’instance le 13 juin. PHOTO DR

ENTRETIEN

De 1999 à 2013 secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault vient de quitter l’Organisation internationale du travail où il siégeait depuis sept ans comme délégué des syndicats français.

Après une crise sanitaire qui a creusé le recul des droits sociaux partout dans le monde, l’ex-secrétaire général de la CGT Bernard Thibault vient de quitter son poste au conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail (OIT). Dans cette instance tripartite de l’ONU siègent, pour 186 pays, représentants syndicaux, patronaux et étatiques, chargés d’établir une série de conventions pour améliorer la condition des travailleurs. Il nous livre ses réflexions sur l’institution et les moyens de lutter contre l’emprise de grands groupes sur leurs salariés.

Un mot d’abord sur la lutte des salariés de Carrefour. Quelle analyse faites-vous de ces entreprises qui s’acharnent à prendre des décisions faisant reculer les droits sociaux de leurs travailleurs ?

Bernard Thibault : Lorsqu’on pense reculs sociaux, on a tous en tête une liste d’entreprises, de multinationales… On en recense à peu près 80 000 dans le monde. Or beaucoup ont aujourd’hui une force de frappe économique et financière qui en impose désormais aux États eux-mêmes. Il n’y a qu’à voir comment ceux-là leur dressent souvent un tapis rouge pour obtenir leurs investissements. De ce point de vue-là, nous sommes un peu en décalage à l’OIT puisque dans notre mission, on attend des États qu’ils sanctionnent les entreprises. Or ce sont de plus en plus ces mêmes entreprises qui leur dictent la marche à suivre ! C’est pourquoi j’ai défendu l’idée dans l’instance, et ce serait une petite révolution j’en conviens, de continuer à contrôler l’attitude des États mais d’y ajouter le contrôle de ces multinationales avec la même idée de pouvoir les sanctionner si celles-ci prennent la responsabilité de se mettre en infraction du droit international.

Peut-on rappeler brièvement ce qu’est l’OIT et quel est son rôle ?

B.T. : L’Organisation internationale du travail (OIT) a été créée en 1919, après la Première Guerre mondiale, en considérant qu’une des manières d’éviter la guerre était de promouvoir la justice sociale à travers le monde. Nos moyens sont la production de conventions internationales, en quelque sorte des articles du Code du travail. Il y en a aujourd’hui 200. Sachant qu’une de nos difficultés est que ces conventions ne sont pas d’application automatique : il faut obtenir de chacun des États qu’ils s’engagent à la mettre en œuvre sur leur territoire.

 

Des salariés assignés en justice par Carrefour, récemment à Fos-sur-Mer, la direction d’ArcelorMittal accusée de chantage à l’emploi par la CGT pour stigmatiser des grévistes… Les attaques de ce type contre le droit de grève se sont-elles multipliées ?

B.T. : Oui, la plus flagrante que j’ai vue, c’est la remise en cause en 2012, juste avant mon arrivée à l’OIT, d’une jurisprudence qui avait 60 ans pour considérer que le droit de grève fait naturellement partie des actions syndicales. Donc protégé par la convention qui protège le fait syndical. Or en 2012, les employeurs ont dit « on ne reconnaît le droit syndical que dans les pays où les lois reconnaissent le droit de grève ». Ce n’était donc plus un droit universel pour tous les travailleurs du monde. Ça a été une vraie rupture. Aujourd’hui, vous avez 90 pays qui ont soit une loi, soit une constitution qui reconnaît, organise ou codifie les conditions d’exercice du droit de grève. Sur 187 pays, cela signifie que pour tous les autres il n’y a rien !

Jusqu’à des drames comme celui du 18 juin en Italie où un syndicaliste a été tué alors qu’il se trouvait sur le piquet de grève d’un magasin Lidl, écrasé par un camion que conduisait un briseur de grève…

B.T. : Oui, on continue d’assister à la multiplication de répressions syndicales parfois sanglantes. Il y a des pays où l’on peut obtenir l’élimination d’un syndicaliste pour quelques centaines de dollars. Et sans être poursuivi. Au Guatemala par exemple.

Revenons-en à l’OIT. Sur les sept ans où vous y avez siégé, de quoi êtes-vous le plus fier ou reconnaissant de ce qui a pu y être accompli ?

B.T. : Pour moi, le plus marquant a été l’adoption d’une convention contre les violences en milieu de travail, dont celles à caractère sexuel. Il y avait très longtemps que l’OIT n’avait pas élaboré de nouvelle convention. On a mis cinq ans pour y parvenir. Il faut dire que l’OIT avait identifié le sujet et fait pression en conséquence bien avant que ce thème du harcèlement au travail en général, à caractère sexuel singulièrement, ne fasse l’actualité au travers différentes affaires qui ont défrayé la chronique… Mais ce n’est toujours qu’une partie de la bataille. Reste à faire en sorte que cette convention soit maintenant traduite dans les textes nationaux de chacun des pays. Il est d’ailleurs dommageable que la France ne fasse pas partie des six États l’ayant déjà ratifié. Comme aucun pays européen d’ailleurs. Ce qui est peut être révélateur du retard que prend l’Europe sur les droits sociaux.

Dernière question d’actualité : l’exécutif a reçu les syndicats cette semaine et le sujet d’un nouveau report de l’âge légal de la retraite est revenu sur le tapis… Qu’avez-vous à en dire ?

B.T. : J’évite de commenter l’actualité chaude, je ne veux pas me substituer aux responsables en exercice. Le seul commentaire que je ferai c’est que si Emmanuel Macron ne veut pas être réélu l’année prochaine, il y a une solution, c’est qu’il mette son projet de loi pour reculer l’âge de départ en retraite sur la table, à ce moment-là il est à peu près sûr de ne pas être réélu !

Entretien réalisé par Jolan Zaparty

 

Gabon, Environnement, Touri... |
Site des Jeunes Tassilunois |
Histoire d'Europe |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | RETROVISEUR SANSALVATORIEN
| larurale
| Droit Administratif des Bie...