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Tous (les états colonialistes) veulent bien s’excuser ! Intérêts économiques à la clé sans doute ? beurk, les bourgeoisies européennes n’ont vraiment pas de figure !

Posté par jacques LAUPIES le 29 mai 2021

Des prisonniers namibiens durant la guerre conduite par l’Allemagne entre 1904 et 1908. © National Archives of Namibia/AFP

Des prisonniers namibiens durant la guerre conduite par l’Allemagne entre 1904 et 1908. © National Archives of Namibia/AFP
 

L’Allemagne reconnaît le génocide des Hereros et des Namas de Namibie

Vendredi 28 Mai 2021

L’Allemagne a reconnu vendredi 28 mai sa responsabilité dans le génocide commis il y a cent quinze ans en Namibie. Entre 1904 et 1908, quelque 60 000 Hereros et 10 000 Namas ont été pendus ou fusillés. Berlin versera au pays d’Afrique australe plus d’1 milliard d’euros d’aides au développement. Mais les communautés concernées s’opposent à un arrangement « dénué de sens et bradé ».

 

Quelque cent quinze ans après les massacres des peuples hereros et namas, des représentants de l’Allemagne et de la Namibie sont parvenus à se mettre d’accord samedi 15 mai à Berlin sur un ­document qui établit les responsabilités de la puissance coloniale d’antan.

Le texte, paraphé par le représentant allemand, Ruprecht Polenz (CDU), et son homologue namibien, le diplomate ­Zedekia Ngavirue, a été transmis aux différentes instances et assemblées des deux pays pour une ratification en bonne et due forme.

Puis, le vendredi 28 mai, l’Allemagne a reconnu avoir commis « un génocide » pendant l’ère coloniale et s’est engagé à verser au pays plus d’1 milliard d’euros d’aides au développement.

« L’acceptation de la part de l’Allemagne qu’un génocide a été commis est un premier pas dans la bonne direction », a affirmé à l’AFP Alfredo Hengari, le porte-parole du président namibien Hage Geingob. « C’est la base de la deuxième étape, qui consiste à présenter des excuses, suivies de réparations. »

Un chapitre s’ouvre dans le traitement du colonialisme

Le ministère allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a salué ce vendredi la conclusion d’un « accord » avec la Namibie après plus de cinq ans d’âpres négociations sur les événements survenus dans ce territoire africain colonisé par l’Allemagne entre 1884 et 1915. Le président de la République fédérale, Frank-Walter Steinmeier (SPD), a fait savoir qu’il souhaite se rendre rapidement à Windhoek devant le Parlement namibien pour y prononcer les excuses de l’Allemagne.

 

Un chapitre s’ouvre indiscutablement dans le traitement du colonialisme et des tueries pratiquées en son nom. Au-delà de l’ex-empire allemand, il peut résonner très fort aux oreilles d’autres ex-empires européens, singulièrement français et britannique, qui, s’ils n’ont sans doute pas perpétré de véritable génocide, ont commis eux aussi nombre d’exactions demeurées ­impunies contre les populations soumises à leur joug.

Réparations : des mesures loin du compte

En reconnaissant juridiquement sa responsabilité, Berlin va donc s’engager à verser des réparations à la Namibie et aux descendants des Hereros et des Namas ­exterminés via le paiement de plus d’1 milliard d’euros d’aides au développement. La question du montant des réparations a contribué à étirer les négociations entamées depuis presque dix ans entre Berlin et Windhoek.

Le président namibien organisera dans les semaines à venir des discussions avec les représentants des communautés Herero et Nama sur les « modalités de mise en oeuvre de ce qui a été convenu avec l’Allemagne », a précisé Alfredo Hengari, le porte-parole du président Hage Geingob. « Nous n’accepterons aucun accord conclu entre ces deux gouvernements », a réagi Mutjinde Katjiua, représentant de l’Autorité traditionnelle herero. La semaine dernière, les deux communautés s’étaient déjà opposées dans une déclaration à la préparation d’un arrangement « dénué de sens et bradé ».

Leurs représentants directs avaient fait connaître leurs réticences à voir leurs intérêts représentés par les autorités de Windhoek. Ils soulignent l’ampleur des crimes commis à l’occasion de ce qui fut le premier génocide perpétré au XXe siècle. Et les faits établis par les historiens sont effectivement accablants. Ils renvoient à d’autres récits effroyables qui allaient envahir par la suite les plus sombres ­épisodes de l’histoire de ­l’Allemagne et de l’Europe.

Camps de concentration et expériences pseudo-­scientifiques

Tout commence en 1904. Les Hereros sont chassés de leurs terres, sur lesquelles ils pratiquent l’élevage, par des colons allemands. Ils se révoltent et tuent des paysans allemands. Ils seront rejoints, quelque temps plus tard, par les Namas, une autre population de bergers expulsée. Les représailles de la puissance coloniale seront dantesques. Entre 1904 et 1908, quelque 60 000 Hereros (sur un total ­estimé à 80 000 individus) et 10 000 Namas (sur 20 000) vont être pendus ou fusillés. De façon méthodique et très organisée. Selon des préceptes eugénistes et des procédés qui renvoient aux génocides commis quelques décennies plus tard par les nazis.

Des familles entières de Hereros et de Namas sont regroupées dans des camps de concentration. Ils sont catalogués comme faisant partie d’une « race ­inférieure ». Des expériences pseudo-­scientifiques sont conduites sur certains prisonniers. Près de 300 crânes sont ­envoyés dans la métropole et exposés longtemps au cœur de Berlin dans la ­fameuse « île des musées ».

Objets d’art pillés

En 2018, à la suite d’un premier round de négociations avec Windhoek, l’Allemagne avait remis à la Namibie ce sinistre butin. À cette occasion, une cérémonie solennelle avait été organisée dans une église protestante. « Nous, en tant ­qu’Allemands, reconnaissons aujourd’hui notre responsabilité historico-politique, mais aussi morale et éthique, ainsi que la faute historique commise par nos ­ancêtres », avait alors déclaré Michelle Müntefering, secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères. Un débat de plus en plus virulent s’était alors installé sur le passé colonial et les biens culturels mal acquis par le pays à l’initiative du parti Die Linke, mais aussi d’intellectuels et de nombreuses associations progressistes.

Le musée berlinois intégré au Forum Humboldt, inauguré en ce printemps 2021, qui doit exposer des collections dites « extra-européennes » dans le ­château des Hohenzollern en partie ­reconstitué, en est ébranlé tant la polémique ne faiblit pas sur la jouissance par l’ex-puissance coloniale d’objets d’art pillés et sur le droit à la restitution des pays africains spoliés.

L’exigence de restitutions pour vol comme de réparations pour crime contre l’humanité prend une place de plus en plus importante. Ce passé-là ne saurait plus être refoulé sous les tapis de l’histoire. Comme l’atteste l’accord, même ­imparfait, enfin passé entre Berlin et Windhoek. 

 

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