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Il y a à Tarascon une place Emile Combes

Posté par jacques LAUPIES le 27 mai 2021

Émile Combes (1835-1921). © Albert Harlingue/Roger-Viollet

Émile Combes (1835-1921). © Albert Harlingue/Roger-Viollet
 

Centenaire. Émile Combes, militant de la laïcité

Vendredi 28 Mai 2021

Décédé il y a cent ans, le 25 mai 1921, le professeur de philosophie est un acteur de premier plan de la séparation de l’Église et de l’État. Cette figure de gauche modérée entretiendra une relation forte avec l’Humanité de Jean Jaurès. Portrait.

 

REPÈRES

  • 6 septembre 1835 Naissance d’Émile Combes à Roquecourbe (Tarn). Son père était un modeste tailleur.
  • 1876 Il est élu maire de Pons (Charente-Maritime) et assumera ce mandat électif jusqu’en 1919.
  • 1885 Sénateur radical-socialiste de la Charente-Inférieure, il devient président de la Gauche démocratique.
  • 1902 Il est désigné président du Conseil et mène alors une politique dite du combisme, qui mènera à la loi de 1905.

La vie d’Émile Combes comporte sa part de romanesque (1). Né à Roquecourbe, dans le Tarn, le 6 septembre 1835, fils de tailleur élevé dans un milieu modeste, il réussit à faire des études grâce à un parrain et cousin curé. Docteur en philosophie avec une thèse sur saint Augustin et une autre en latin sur saint Bernard et Abélard, il est nommé professeur dans l’enseignement catholique. Mais il perd la foi et, pour se marier avec son amoureuse, d’un milieu plus aisé, il change de métier, devenant docteur en médecine (1868).

Un homme de dossiers et de réalisations

Il s’épanouit en jeune notable, républicain et franc-maçon, adversaire des bonapartistes, encore dominants localement. Il s’implante aux élections : conseiller municipal de Pons, petite ville charentaise où il réside et exerce, maire (1878), conseiller général, sénateur enfin (1881), président du conseil général.

C’est un homme de dossiers et de réalisations (adduction d’eau, éclairage au gaz…), spécialiste au Sénat de la marine. Il se situe dans l’aile avancée du camp républicain, celle des radicaux, parfois associés au gouvernement. Il est ainsi ministre de l’Instruction publique pendant moins de six mois dans un cabinet Léon Bourgeois (1895-1896).

Une transition prudente

Le temps passe. Combes n’est pas un grand dreyfusard, mais il soutient la « défense républicaine » menée par Waldeck-Rousseau. Celui-ci l’emporte aux élections de 1902, mais, malade, hésitant à poursuivre son action à la tête d’une majorité un peu trop à gauche, il recommande de lui confier le soin de conduire le futur gouvernement.

Président du groupe de la gauche démocratique au Sénat, âgé de 66 ans, Combes paraît apte à assurer une transition prudente avant d’éventuelles recompositions politiques.

Radicaux et modérés laïques

Or, Combes surprend. Son gouvernement reflète sa majorité (radicaux et modérés laïques). Les socialistes n’en sont pas, mais une part d’entre eux, avec Jaurès, Briand et Viviani, siègent dans la délégation des gauches qui organise la majorité parlementaire.

Les socialistes révolutionnaires (Vaillant et les guesdistes) restent dans une opposition capable de procéder à un soutien critique en cas de besoin. Ils soutiennent, par exemple, une politique extérieure pacifique comportant un net rapprochement avec la Grande-Bretagne (Entente cordiale).

Une vigoureuse politique anticléricale

La surprise vient de ce que Combes entreprend d’appliquer intégralement le programme sur lequel la nouvelle majorité a été élue. Il mène une vigoureuse politique anticléricale : fermeture de plusieurs dizaines d’ordres monastiques, voués à l’enseignement ou à la prédication, considérés comme hostiles à la concorde républicaine ; interdiction de l’enseignement aux congrégations religieuses ; laïcisation du personnel hospitalier, des prétoires de justice…

Par ailleurs, à la suite d’un discours de Jaurès, l’affaire Dreyfus est relancée afin de permettre la réhabilitation du capitaine injustement condamné.

Cette politique est populaire. Les comités, les militants l’approuvent, et le gouvernement emporte les élections intermédiaires (municipales, cantonales, sénatoriales). Elle ne vise pas nécessairement à sortir du cadre du Concordat et à instaurer la séparation des Églises et de l’État. Combes apprécie d’avoir des moyens d’action sur l’Église (nomination des évêques, retenues sur salaires, etc.). Mais cette politique a sa logique et tend les relations avec les catholiques.

Le scoop de l’Huma

C’est alors qu’intervient… l’Humanité. Né le 18 avril 1904, soutien actif du Bloc des gauches, le journal réussit un scoop retentissant en publiant, le 17 mai 1904, une note confidentielle du Vatican adressée aux pays étrangers afin de protester contre la visite à Rome du président de la République Émile Loubet. L’information, transmise à Jaurès par le prince Albert de Monaco, débouche sur la rupture des relations diplomatiques entre la France et le Vatican, qui sera effective jusqu’en 1920.

Un nouveau régime de relations entre l’État et les cultes se révèle nécessaire : celui de la séparation. Combes le comprend et lance le projet (discours d’Auxerre, 4 septembre 1904). Son gouvernement n’en verra pas l’aboutissement, obtenu sous son successeur Rouvier par la commission qu’anime Aristide Briand.

Marginalisé par d’anciens rivaux

L’autorité de Combes s’est en effet affaiblie : critiques sur la lenteur des autres réformes, sur des moyens de contrôle parfois irréguliers de l’opposition (affaire des fiches dans l’armée) ou sur certaines pratiques, résumées par la formule : « La justice pour tous, les faveurs pour les amis. » Il choisit de se retirer en janvier 1905 afin de continuer à peser sur la vie publique. Il le fera dans une certaine mesure, mais il est quelque peu marginalisé par des rivaux anciens (Clemenceau) ou nouveaux (Caillaux).

Symbole de la politique anticléricale, son souvenir reste associé à la séparation, fondement de la laïcité républicaine grâce aux infléchissements apportés par Briand et Jaurès.

(1) Émile Combes, de Gabriel Merle, Fayard, 1995.

 

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