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Présidentielle 2022. Réunion de la gauche : une salle, deux ambiances

Posté par jacques LAUPIES le 18 avril 2021

Le 17 avril, à Paris. Une rencontre que certains souhaitent historique à un an d’une présidentielle où l’on prédit une gauche totalement balayée par Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Thomas Samson/AFP

Le 17 avril, à Paris. Une rencontre que certains souhaitent historique à un an d’une présidentielle où l’on prédit une gauche totalement balayée par Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Thomas Samson/AFP
 

Présidentielle 2022. Réunion de la gauche : une salle, deux ambiances

Lundi 19 Avril 2021

Un pacte de « respect mutuel » a été conclu entre les forces progressistes, réunies samedi. Mais l’empressement de l’écologiste Yannick Jadot et du Parti socialiste à avancer sur une candidature commune est venu réveiller les tensions.

 

Droit comme un « i » dans son col roulé bleu et son blazer gris, Yannick ­Jadot savoure son moment. Sur le perron de l’hôtel Holiday Inn, au bord du canal de l’Ourcq ­(Paris 19e), tel un chef d’État lors d’un sommet international, l’eurodéputé EELV accueille d’un « check » du coude la vingtaine de responsables de gauche qu’il a conviés pour un conclave. Entourés d’une foule de journalistes, les socialistes Anne Hidalgo et Olivier Faure, le communiste Ian Brossat, l’insoumis Éric Coquerel et les membres du Pôle écologiste – Julien Bayou, Éric Piolle, Benoît Hamon, Corinne Lepage et Sandrine Rousseau –, ainsi que les ­représentants d’autres partis plus modestes s’engouffrent, tour à tour, dans le bâtiment. En ce samedi 17 avril, c’est le jour du grand rendez-vous des forces de la gauche pour évoquer l’épineuse question du rassemblement, et le maître des horloges s’appelle Yannick Jadot.

« Le début d’un travail en commun, pas une fin »

Autour de la grande table ovale, rendue obligatoire par les restrictions sanitaires, les échanges débutent vers 10 heures. Quelques photos viennent immortaliser cette réunion que certains souhaitent historique, à un an d’une présidentielle où on prédit une gauche totalement balayée par Emmanuel Macron et Marine Le Pen. ­Chacun prend la parole environ quatre minutes, et Laurence Tubiana, ancienne négociatrice de la COP1, anime la discussion. « On s’écoute bien, c’est franchement une très bonne réunion », glisse par SMS l’un des intervenants, heureux de voir que, même si « tout le monde n’est pas d’accord », des « convergences » sont possibles.

Le porte-parole du PCF, Ian Brossat, est venu dire que la gauche « gagnerait collectivement à se concentrer sur les questions qui préoccupent les classes populaires, comme l’emploi ou la désindustrialisation ». Il a également affirmé qu’il faut travailler à « un contrat de mandature basé sur un accord législatif qui ne soit pas conditionné à un accord pour la présidentielle »Le représentant de la FI, Éric Coquerel, a, lui, présenté « des pistes sur le partage des richesses, du temps de travail », promu « l’idée d’une VI République » et le besoin de mener des « mobilisations communes ». Il a même proposé d’organiser la prochaine réunion au siège de son mouvement. Ce que l’audience a rejeté, préférant rester en terrain neutre. Le radical de gauche Guillaume Lacroix a évoqué la question de la laïcité, et Anne Hidalgo a souhaité une trêve sur la question pour s’intéresser davantage aux problématiques sociales. Et, comme attendu, Yannick Jadot a proposé un « contrat de gouvernement », approuvé par Olivier Faure. Bref, chacun a débarqué avec son agenda et a pu l’exposer aux autres.

Devant l’hôtel, les journalistes et les ­curieux se massent. L’attente est longue, d’autant plus que la réunion se prolonge. Elle devait initialement prendre fin à 12 h 30 mais ne s’achève vraiment qu’une grosse demi-heure plus tard, à la faveur d’un « second tour de table informel », explique en temps réel l’un des participants. L’objectif : trouver ce qu’ils vont bien pouvoir dire à la presse en sortant. Lorsque les portes s’ouvrent, ils font quelques mètres ensemble pour les caméras, avant de se disperser pour livrer aux médias la teneur des discussions. « Ce n’était pas inintéressant, il n’y a pas eu un mot plus haut que l’autre », observe Emmanuel Maurel, de la Gauche républicaine et socialiste (GRS). Et le député et candidat écologiste aux régionales en Pays de la Loire, Matthieu Orphelin, d’abonder : « Aujourd’hui est le début d’un travail en commun, pas une fin. » « Ce qui unit les partis de gauche est plus fort que ce qui les désunit », veut croire la députée (ex-LaREM) Émilie Cariou.

Au vu des divergences de fond assumées sur le libéralisme, l’Europe ou la laïcité, on a compris depuis longtemps que cette rencontre ne suffirait pas à tous les réunir derrière une même bannière. « Ce n’est pas ­possible de se mettre d’accord sur un nom en une matinée », explique Benoît Hamon. Évoquer le « qui » avant le « quoi » serait d’ailleurs « la pire manière de commencer », pense Julien Bayou. Il n’y a donc « pas de fumée blanche » à l’issue du huis clos, mais « pas de bras de fer » non plus, résume le secrétaire national d’Europe Écologie-les Verts.

La discussion aura au moins permis un accord sur trois points afin de ne pas laisser à la droite le monopole culturel dans le pays. « On est d’accord pour mener des mobilisations ensemble, souligne Éric Coquerel, qui remplaçait Jean-Luc Mélenchon, absent pour cause de voyage en Amérique latine.  Sur la réforme de l’assurance-chômage, par exemple. » Ensuite, les différents interlocuteurs se sont accordés sur la nécessité de débattre publiquement de leurs divergences idéologiques, plutôt que de s’écharper par réseaux sociaux et médias interposés. « On peut au moins espérer se concentrer sur les vrais sujets qui préoccupent les classes populaires et arrêter les invectives », se réjouit Ian Brossat.

Dans le même ordre d’idées, a été conclu un « pacte de respect mutuel », afin d’adopter une réponse commune en cas d’attaque venue de la droite ou de l’extrême droite. Sur les multiples procès en islamo-gauchisme, par exemple. Tous ont aussi convenu d’une nouvelle réunion « fin mai », intégrant des collectifs citoyens. « La politique est une chose trop sérieuse pour être laissée aux partis », estime Sandrine Rousseau.

Mais l’unité s’est rapidement fissurée. La « photo de famille », censée marquer le coup de la première réunion de la gauche pour 2022, illustre parfaitement ce qui s’est joué en marge de ces trois heures d’échange. Pour cause, elle est incomplète : l’insoumis Éric Coquerel et le communiste Ian Brossat ont préféré se tenir à l’écart. Et une partie de ceux qui y figurent doivent être soulagés de porter le masque pour ne pas avoir à afficher de sourire de façade.

Olivier Faure prend tout le monde de vitesse

Il y a au moins un heureux sur le cliché. Dos au canal, Yannick Jadot prend la pose plein centre, au premier plan, flanqué du premier secrétaire du PS, Olivier Faure, et de la maire socialiste de Paris, Anne ­Hidalgo. Le rassemblement, oui, mais de la grande famille sociale-démocrate, faut-il comprendre. Car, si l’idée d’union a progressé, c’est d’abord et surtout entre l’eurodéputé, suivi par une partie du Pôle écologiste, et les socialistes et leurs alliés, que l’avancée est majeure. La composition de cette table ronde en était déjà le signe : la FI et le PCF n’ont eu qu’un seul représentant chacun, quand le Pôle écologiste a eu le droit à huit ambassadeurs, dont quatre EELV, le Parti socialiste, cinq, et les anciens soutiens de Macron, quatre.

Si les discussions ont été franches et courtoises, selon l’ensemble des partenaires, certains ont affirmé à l’Humanité avoir eu la sensation de s’être fait entourlouper par une manœuvre entre l’hôte écologiste et les socialistes. « Il y avait deux réunions en une », constate l’un eux. Au terme des échanges, Yannick Jadot a en effet déclaré qu’un « processus avec celles et ceux qui veulent s’engager pour une candidature commune, un contrat de gouvernement et un projet » était sur les rails et qu’il devrait aboutir à la fin de l’été. « Nous devons proposer une coalition commune cet automne. Nous avons besoin de construire cette offre politique et nous allons y travailler », abonde Anne Hidalgo.

Jusqu’ici, tout va encore bien. Mais c’était avant qu’Olivier Faure, offensif, ne prenne tout le monde de vitesse en annonçant à FranceInfo : « Dans un an, il y a aura pour les écologistes, les socialistes, les radicaux, Place publique, Nouvelle Donne et Génération.s un candidat et un projet communs. C’est l’engagement que chacun a pris ce matin. Nous allons commencer par un projet commun, que nous finaliserons à la fin de l’été ou au début de l’automne prochain. » Puis viendra le temps du casting, avec plusieurs hypothèses, « une primaire, une convention citoyenne, des sages qui se réuniraient », pour désigner le ou la candidate. « La France insoumise et le Parti communiste auront leur candidat, c’est respectable, mais cela ne doit pas empêcher les autres d’avancer », ajoute le député de la Marne. Et tant pis, donc, si une partie de la gauche, insoumis et communistes en tête, reste en bord de route. « Jadot, Faure et Hidalgo se sont mis d’accord en amont, c’est sympa, mais dans ce cas, ce n’était pas la peine de nous inviter », raille un responsable politique.

Les écologistes ne veulent pas tomber dans le piège de Jadot

« Un, ce n’est pas ce qui sort en commun de cette réunion et, de deux, beaucoup des présents, notamment du Pôle écologiste, ont refusé de s’enfermer avec le PS pour une candidature de centre gauche », rétorque Éric Coquerel au socialiste. « Le problème de la gauche, ce n’est pas tant la candidature commune, c’est qu’elle ne parle qu’à un Français sur quatre, et qu’elle ne parle pas des préoccupations quotidiennes, du pouvoir d’achat, de l’emploi… » s’agace le porte-parole du PCF, Ian Brossat. Avant d’ajouter : « Un ticket PS-EELV, on a déjà vu cela en 2017 et on a vu ce que ça a donné. » Un stratège présent au rendez-vous analyse : « Ni Jadot ni Hidalgo n’envisage de se ranger l’un derrière l’autre. Et si la sortie d’Olivier Faure (dont on sait qu’il aimerait voir Anne Hidalgo porter une alliance socialo-écologiste – NDLR) visait peut-être à piéger Yannick Jadot pour le mettre en difficulté au sein de son parti ? »

Toujours est-il que le résultat est là : les premiers surpris ont été les écologistes eux-mêmes, puisqu’une primaire écologiste, à laquelle Yannick Jadot doit participer mais dont il voudrait bien s’affranchir, est prévue fin septembre. Formellement, l’eurodéputé se veut le chantre du dépassement, mais il souhaite surtout dépasser, par la droite, sa « famille » écologiste, qui risque de ne pas lui confier l’investiture. Chez les autres candidats putatifs, cette tentative de tordre le bras à la direction d’EELV passe mal. « Si on repart sur un mandat Hollande mais verdi, on ne sera pas à la hauteur des enjeux. Je ne vais pas renoncer aujourd’hui si je pense que les dés sont pipés pour des ambitions personnelles plutôt que l’intérêt général », réagit l’écologiste Sandrine Rousseau. Le maire EELV de Grenoble, Éric Piolle, a quant à lui quitté la réunion en avance, officiellement pour prendre un train, et est donc absent du cliché : « Vous rajouterez ma tête », plaisante-t-il avant d’affirmer que la gauche « n’a jamais été aussi proche sur le fond ».

Parmi les cadres, l’ambiance n’est guère meilleure : « À ce stade, on peut dire que le PS ment pour essayer de récupérer la main après une présidence Hollande désastreuse », fustige Jérôme Gleizes, de l’aile gauche d’EELV. Mis sous pression, le secrétaire national, Julien Bayou, tempère : « Tant mieux si Olivier Faure se dit disponible pour discuter. Mais nous n’avons pas acté de candidature commun e. Il y aura une candidature du Pôle écologiste en 2022, et on pense qu’il faut une large coalition. Ce n’est pas incompatible. » Pour lui, lorsque Yannick Jadot prétend qu’il faut un candidat commun à la fin de l’été, « c’est une manière pudique de dire qu’il y aura un candidat écologiste, soutenu par le PS dans le cadre d’une large coalition ».

Mais ce coup d’accélérateur orchestré par Jadot et Faure a surtout confirmé le fait que les partis veulent maintenant reprendre la main en mai pour donner le tempo : ils seront cette fois aux manettes.

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Pourquoi détruire l’ENA ?

Posté par jacques LAUPIES le 17 avril 2021

 

Pourquoi détruire l’ENA ?

Pourquoi détruire l’ENA ? dans POLITIQUE pic

le 14 avril 2021


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L’éditorial de L’Humanité Dimanche du 15 avril 2021 – par Patrick Le Hyaric.

Le projet formulé par le MEDEF il y a quinze ans « de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance » est plus que jamais mis à l’ordre du jour dans les cercles du pouvoir : le saccage des retraites par répartition, les privatisations des secteurs stratégiques et des entreprises publiques indispensables pour assurer l’accès de tous aux biens communs, dont le démembrement d’EDF est le dernier avatar, la destruction du modèle coopératif de distribution de la presse, les attaques contre les cotisations sociales et, partant, contre le financement de la Sécurité sociale sont autant de priorités engagées par le gouvernement, au diapason des sempiternelles exigences patronales. Après une méthodique campagne de dénigrement, voilà l’Ecole nationale d’administration dans le viseur du pouvoir !

Formidable diversion pour détourner les justes colères populaires, dresser l’opinion publique contre les « fonctionnaires », et ainsi dédouaner les choix politiques qui servent d’abord les puissances d’argent, poussent à la précarité, au chômage et à une pauvreté galopante.  La cible est facile : l’ENA comme les grandes écoles ont fait la preuve depuis des décennies de leur recrutement endogamique duquel sont exclues les classes populaires. Cette école est surtout devenue l’antichambre d’une technocratie formatée qui tend à fondre ses intérêts avec ceux du grand capital.

Qu’il faille démocratiser l’ENA et réformer son mode de recrutement est l’évidence même. Mais l’opération de communication du pouvoir autour ce cette institution décriée par ceux-là même qui en sont issus, sert à cacher l’objectif véritable de la contre-réforme : enfoncer un coin décisif dans l’architecture du service public à la française, prélude à la destruction de l’une des plus grosses épines dans le talon de fer du capital : le statut de la fonction publique mis en place puis élargi et renforcé par les ministres communistes Maurice Thorez en 1946 et Anicet Le Pors en 1981, en commençant par le haut du panier.

Le nom donné par M. Macron au successeur de l’ENA prête à sourire : Institut du service public. N’en doutons pas, les mots ne servent ici qu’à maquiller la chose. Car pour tout « services publics », le projet macronien vise à les aligner sur les « services d’intérêts généraux » des traités européens, sortes d’œuvres de charité pour la population la plus pauvre, la puissance publique se limitant ici à financer, coûteusement, ce que le marché se refuse à payer.

Macron a tenu à préciser les contours de son projet. Les futurs diplômés de son « institut » devront faire leurs preuves « sur le terrain » pendant cinq ans. Autrement dit, les diplômés de Science-po et des écoles de commerce iront faire leurs dents dans le secteur privé, la banque et l’assurance, avant de prendre les manettes de la haute administration. Ce projet s’insère d’ailleurs dans la loi dite de transformation de la fonction publique votée en 2019 libéralisant la fonction publique et permettant le recours accru aux contractuels, jusqu’aux postes de directeurs généraux d’administrations.

La haute administration française sera désormais cooptée par affinité, renforçant plus encore les allers-retours des fonctionnaires entre public et privé, dont les cabinets de conseil privés, souvent nord-américains, qui pullulent désormais dans les ministères. Et si des classes moyennes ou populaires intégreront plus facilement le nouvel institut, ce sera au prix d’un formatage accru. Car M. Macron n’entend pas faciliter les évolutions de carrières dans la fonction publique, ni s’attaquer au contenu des formations. Voilà d’ailleurs sabordée la troisième voie mise en place par Anicet Le Pors qui a permis l’accession de syndicalistes, responsables associatifs et élus à la haute administration.

Les atours démagogiques de cette proposition ne doivent pas cacher son véritable dessein : celui de créer un lien organique entre l’Etat et les puissances d’argent. Bref, tout ce contre quoi s‘étaient levés communistes et gaullistes au lendemain de la grande trahison des élites françaises.

 

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Brésil. Annulation des condamnations contre Lula qui se dit « prêt au combat » pour la présidentielle de 2022

Posté par jacques LAUPIES le 16 avril 2021

 

@ FABRICE COFFRINI / AFP

@ FABRICE COFFRINI / AFP
 

Brésil. Annulation des condamnations contre Lula qui se dit « prêt au combat » pour la présidentielle de 2022

Vendredi 16 Avril 2021

C’est un cauchemar pour Jair Bolsonaro. L’ancien président de gauche peut se présenter à la prochaine élection et faire vivre l’espoir des millions de laissés-pour-compte brisés par la misère et tués par une catastrophique gestion de la pandémie.

 

Même dans le pire des cauchemars, Jair Bolsonaro n’osait l’imaginer. La Cour suprême du Brésil a confirmé l’annulation des condamnations pour corruption de Luiz Inacio Lula da Silva, que tout le monde appelle Lula. Par une large majorité de 8 contre 3, les juges réunis en séance plénière ont confirmé la décision du juge Edson Fachin, qui avait estimé début mars que le tribunal de Curitiba (sud) qui l’avait condamné dans deux procès n’était « pas compétent »

« C’est un jour historique »

Une décision dont s’est immédiatement réjouie Gleisi Hoffmann, présidente du Parti des Travailleurs. « La Cour suprême a confirmé les droits (politiques) de Lula. C’est un jour historique. Ça a pris du temps, mais c’est arrivé », a-t-elle tweeté. Les 11 juges devraient aussi ultérieurement décider si le juge Sergio Moro, qui avait condamné Lula à la prison en 2017, était «partial» et avait agi au détriment de l’ex-président. La deuxième chambre de la Cour suprême avait déjà penché dans ce sens le 23 mars.

 

Après avoir été condamné en deuxième instance, en 2018, il avait été emprisonné 18 mois, libéré en novembre 2019 seulement et donc obligé de renoncer à la présidentielle dont il était le grand favori. « C’était un très gros mensonge. Mais mes avocats ont prouvé que c’était une imposture. Le juge a menti, les avocats ont menti, la police fédérale a menti, pour m’éloigner de la campagne électorale. Maintenant je suis prêt pour le combat », a réagi Lula.

Lula n’a pas encore confirmé officiellement qu’il serait candidat, même s’il a déclaré à plusieurs reprises qu’il se tenait prêt à revenir dans l’arène politique le moment venu.

Première conséquence de cette décision judiciaire, celui qui a été président du Brésil de 2003 à 2010, est maintenant en droit de se présenter à l’élection présidentielle de 2022. Âgé de 75 ans, Lula n’a pas encore confirmé officiellement qu’il serait candidat, même s’il a déclaré à plusieurs reprises qu’il se tenait prêt à revenir dans l’arène politique le moment venu.

Il sera candidat «si c’est nécessaire» afin de battre «un fasciste comme Bolsonaro, un génocidaire car responsable du chaos de la pandémie», comme il l’a répété Lula lui-même sur la chaîne de télévision argentine C5N. «Je suis en bonne santé. Mais ce ne doit pas forcément être moi. Nous pouvons choisir quelqu’un qui peut représenter les secteurs progressistes du Brésil», a-t-il précisé.

 

La Cour suprême n’a toutefois pas innocenté Lula. Lors d’une prochaine séance, les juges devront encore décider s’ils ordonnent le transfert du dossier à un tribunal de Brasilia ou Sao Paulo. Ce qui pourrait relancer le dossier contre l’ex-syndicaliste. Mais le fait politique est là et personne ne s’y trompe. Surtout pas Jair Bolsonaro, qui avait souhaité à Lula de « pourrir en prison ».

Bolsonaro s’inquiète

L’actuel président, grossier et d’extrême-droite, coupable d’une gestion chaotique de l’épidémie de coronavirus, qui a fait plus de 365000 morts au Brésil, a du mal à cacher son inquiétude. « Avec cette décision de la Cour suprême, Lula est candidat », a-t-il décrété! « Si Lula revient par le vote, tout va bien. Mais imaginez quel sera l’avenir du Brésil avec le type de personnes qu’il amènera avec lui au gouvernement ».

Dans la bouche de Bolsonaro, le « type de personnes » pouvant tout aussi bien désigner des militants de gauche désireux de s’attaquer au pouvoir politique et financier des oligarques que des représentants des populations indiennes, noires ou métisses. Soit les classes les plus pauvres du pays, qui voient en Lula leur président.

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Démocratie. Le Sénat réclame un vote sur le Ceta

Posté par jacques LAUPIES le 16 avril 2021

Le Ceta comme l’accord avec le Mercosur sont de véritables bombes pour l’agriculture française. Patrick Batard/Abacapress

Le Ceta comme l’accord avec le Mercosur sont de véritables bombes pour l’agriculture française. Patrick Batard/Abacapress
 

Démocratie. Le Sénat réclame un vote sur le Ceta

Vendredi 16 Avril 2021

La proposition des parlementaires PCF de laisser enfin la Chambre haute s’exprimer sur le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada a été votée jeudi. Le gouvernement refuse, par crainte d’un rejet du texte.

 

C’est l’histoire d’un texte non adopté qui est pourtant appliqué depuis trois ans. Cette histoire, c’est celle du Ceta, accord de libre-échange passé entre l’Union européenne et le Canada. En application provisoire depuis 2017, il a été voté en juillet 2019 à l’Assemblée nationale. Et depuis… plus rien. Le texte n’a jamais été transmis au Sénat par le gouvernement. Malgré les appels répétés de sénateurs, qui souhaitent pouvoir remplir leur rôle, l’exécutif rase les murs et fait la sourde oreille. C’est pourquoi Fabien Gay a décidé de réagir. « Nous ne nous résignons pas face à ce déni démocratique constaté et évident. Puisque nous sommes empêchés de débattre par le gouvernement, le groupe CRCE met son espace à disposition du Sénat », a-t-il tonné jeudi dans l’hémicycle. Le sénateur PCF, profitant d’une journée d’initiative parlementaire réservée aux communistes, a ainsi défendu une proposition de résolution invitant le gouvernement à poursuivre la procédure de ratification du Ceta, en soumettant enfin le texte au Sénat.

Trois ans de déni

« Il en va du respect de nos institutions, de la Constitution, du processus démocratique et de la compétence du Sénat qui, je le rappelle, n’est ni optionnelle, ni consultative », insiste-t-il. L’élu de Seine-Saint-Denis rappelle qu’un tel traité ne peut être ratifié « qu’en vertu d’une loi », laquelle doit être votée par les deux Chambres. Le tout dans un délai d’un an, déjà largement dépassé… « Voilà trois ans que le Ceta est entré en vigueur, trois ans que le Sénat attend de pouvoir se prononcer, et trois ans qu’on lui refuse », s’indigne également le sénateur LR Laurent Duplomb, qui réclame lui aussi qu’un vote soit enfin organisé. L’élu de droite tance de plus le contenu de l’accord. « Comment pouvez-vous garantir que les tonnes de viandes canadiennes importées respecteront nos normes sanitaires alors que certaines farines animales interdites en France y sont autorisées et que les contrôles sont différents ? » interroge-t-il, avant de lancer cette accusation au gouvernement : « Vous sacrifiez notre agriculture, voilà la vérité ! »

Une critique partagée par Fabien Gay. Ce traité remet « en cause nos normes sociales et environnementales, nos services publics, et met en place des tribunaux d’arbitrage privés qui permettront à des entreprises d’attaquer des États au nom du profit ! » s’étouffe-t-il. Le sénateur estime que la crise du Covid-19, plutôt que d’importer quantité de denrées disponibles en France et en Europe, invite « à repenser le monde différemment, les échanges, la circulation des marchandises et des capitaux, la relocalisation de nos modes de production, ou encore la question de notre souveraineté alimentaire ». Et c’est sur des questions aussi primordiales que le gouvernement prive le Sénat de son droit à légiférer. Pourquoi ? « Il se chuchote ici ou là que vous auriez peur d’un vote contre. Mais je ne peux imaginer que notre gouvernement ne soumettrait que des textes dont il serait certain d’emporter le vote, et qu’en cas de doute, plutôt que d’affronter le débat, il préférerait éviter l’obstacle. En sport, cela s’appelle un forfait ! » accuse Fabien Gay.

Démonstration par l’absurde

« S’il vous plaît, pas de leçon de démocratie ! » lui a répondu Franck Riester. Le ministre délégué chargé du commerce extérieur s’est même livré à une démonstration par l’absurde. « Quinze états membres de l’Union européenne ont ratifié le Ceta, et douze ne l’ont pas encore fait. Nous ne sommes donc pas en retard, d’ailleurs l’Allemagne n’a pas encore saisi le Parlement sur le Ceta ! » argumente-t-il. Mais pourquoi le gouvernement était-il pressé de faire adopter le texte par l’Assemblée, avant de le laisser en suspens ? « Il est quand même assez curieux que ce traité démarre sans que les Parlements ne soient consultés. Il est ensuite curieux que le Ceta soit adopté dans l’urgence au milieu de l’été 2019 à l’Assemblée, puis que son examen soit suspendu au Sénat », observait l’an dernier Sophie Primas auprès de l’Humanité. La sénatrice LR, nommée rapporteure pour avis sur le Ceta, s’attendait initialement à voir le texte arriver en novembre 2019… Au final, la proposition des élus PCF invitant le gouvernement à soumettre enfin le Ceta au vote a été adoptée par 309 voix pour et 0 contre. La balle est dans son camp.

Un vote tendu à l’assemblée

Le 23 juillet 2019, le Ceta était adopté par 266 voix contre 213 à l’Assemblée nationale, dans une atmosphère électrique. Fait rare, 9 députés LaREM ont voté contre et 52 se sont abstenus, faisant du Ceta le texte ayant le plus clivé la majorité. Le même jour, le gouvernement et les députés LaREM avaient applaudi la militante écologiste Greta Thunberg, en visite au Parlement. Lors d’un échange, la jeune Suédoise avait insisté pour réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Quelques instants plus tard, la Macronie votait un traité particulièrement polluant.

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Message des communistes espagnols à la conférence nationale…

Posté par jacques LAUPIES le 15 avril 2021

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