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Environnement. Les États-Unis se veulent maîtres du jeu climatique

Posté par jacques LAUPIES le 22 avril 2021

 

Janvier 2021, à la Maison-Blanche, à Washington. Le nouvel objectif de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, que Joe Biden doit annoncer, est attendu de pied ferme. Mandel Ngan/AFP

Environnement. Les États-Unis se veulent maîtres du jeu climatique

Jeudi 22 Avril 2021
Convoqués par Joe Biden, 40 dirigeants se réunissent virtuellement, les 22 et 23 avril. Ce sommet doit réveiller la dynamique des négociations internationales. Le président entend, lui, réinvestir la diplomatie verte avec éclat.
 
Climatiquement parlant, ce jour sera le premier du reste de la vie de Joe Biden. Trois mois seulement après son investiture, le président des États-Unis invite 40 dirigeants mondiaux à participer à un sommet climat de deux jours, organisé par Washington. Crise sanitaire oblige, l’événement se tiendra en visioconférence. Il ne s’en veut pas moins exceptionnel. Tous les dirigeants invités ont répondu présent, y compris Xi Jinping, le président chinois. Pour la France, Emmanuel Macron sera au bout du fil. L’opération vise à relancer une dynamique internationale en berne, à l’approche de la prochaine conférence des parties de l’ONU sur le climat, la COP26, programmée en novembre en Écosse (lire ci-après). Mais, pour le nouveau président des États-Unis, il s’agit d’abord de réinvestir une scène diplomatique méprisée par Donald Trump. Tant qu’à revenir, autant le faire avec force – comme Emmanuel Macron a eu ses One Planet Summit et Angela Merkel, son Dialogue de Petersberg (1), il fallait son sommet à Joe Biden. Autant, aussi, y mettre le ton.

Washington se présente comme juge et arbitre

« Si l’Amérique ne mène pas le monde dans la gestion de la crise climatique, il ne restera plus grand-chose de notre planète », déclarait, le 18 avril, Antony Blinken, secrétaire d’État du pays. Ce faisant, les États-Unis ne cherchent pas seulement à faire figure de capitaine, ils se présentent aussi comme juge et arbitre. Les pays qui continueront « d’investir dans de nouvelles centrales à charbon ou de permettre une déforestation massive entendront, de la part des États-Unis et de nos partenaires, à quel point ces actions sont nocives », insistait-il, ciblant sans ambages la Chine et le Brésil. Le deuxième plus gros émetteur mondial de gaz à effet de serre (GES) a toutefois du pain sur la planche avant de convaincre de son leadership (sa domination) climatique. Émoussés par l’ère Trump et sa négation outrancière des enjeux environnementaux, même ses partenaires historiques, tels que le Canada, font mine d’exiger les preuves de son sérieux. « Pour les États-Unis, la pente va être raide à remonter », estime Lola Vallejo, directrice du programme climat de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) de Sciences-Po. « Ils sont le seul pays à avoir quitté l’accord de Paris », rappelle la chercheuse. Mais ce n’est pas tout. « Non seulement ils ne peuvent pas faire comme si rien ne s’était passé durant ces quatre dernières années, insiste François Gemenne, chercheur et spécialiste de la géopolitique de l’environnement, mais ils ne peuvent pas non plus faire comme s’ils étaient bons avant l’arrivée de Trump. » De fait, la puissance nord-américaine se traîne de lourdes casseroles. Historiquement, elle compte au nombre des premiers responsables du réchauffement climatique, quand son développement doit tout aux énergies fossiles, auxquelles elle a voué en retour quelques guerres. De la fameuse sentence prononcée par George Bush père, en 1992, au démarrage des discussions internationales sur le climat – « Le mode de vie des Américains n’est pas négociable » –, au refus, cette fois formulé en 2005 par G. W. Bush, le fils, de signer le protocole de Kyoto, la trace qu’elle laisse dans les registres onusiens n’est pas des plus vaillantes en termes de lutte contre le réchauffement. «  Même sous l’administration Obama, les choses n’ont pas été simples », reprend François Gemenne. « C’est à eux, principalement, que l’on doit que l’accord de Paris n’est pas un traité contraignant », rappelle le chercheur . Poussé par son aile gauche et un mouvement citoyen tonitruant sur les questions de justice climatique, Joe Biden, depuis son élection, n’a de cesse de prouver qu’il est décidé à changer la donne. Signé le 20 janvier, l’ordre exécutif accompagnant sa promesse – tenue aux premières heures de son investiture – de réintégrer l’accord de Paris en offre quelques exemples éloquents.

Le vrai resserrage de vis énergétique continue de se faire attendre

La décision ferme et définitive de révoquer le permis accordé au projet Keystone XL, cet oléoduc géant prévu pour transporter le pétrole issu des sables bitumineux depuis le Canada jusqu’au sud des États-Unis et validé en 2019 par Donald Trump, surligne sa volonté de trancher avec la politique de son prédécesseur. Pareil pour ce qui est du moratoire portant sur toutes les activités du gouvernement fédéral liées aux hydrocarbures dans la réserve nationale de l’Arctique, ou encore de l’ordre transmis aux agences et organismes publics de réexaminer tous les règlements promulgués durant la mandature de Trump et jugés incompatibles avec la transition énergétique. Les mesures, d’ailleurs, alarment suffisamment la droite républicaine pour qu’elle s’organise en riposte. À la suite de l’abandon de Keystone XL, 21 États aux mains des Républicains ont entrepris de poursuivre l’administration fédérale, qualifiant sa décision de surutilisation inconstitutionnelle du pouvoir exécutif. Dans la même veine, en mars, « une coalition de 12 procureurs généraux républicains a intenté une poursuite contre le décret exécutif de M. Biden visant à créer un groupe de travail chargé d’établir une mesure du “coût social du carbone”  », rapporte le magazine en ligne Mother Jones. Reste que, pour l’heure, le vrai resserrage de vis énergétique continue de se faire attendre. Si les énergies renouvelables peuvent espérer bénéficier d’un bonus, le secteur des combustibles fossiles, lui, est laissé rênes sur l’encolure, libre de presque tous ses mouvements (lire entretien page suivante). De fait, Keystone XL ou pas , « les États-Unis n’ont pas renoncé à acheter les hydrocarbures issus des sables bitumineux du Canada », souligne François Gemenne. La gauche états-unienne attend de Joe Biden des actes plus concrets en termes de transition juste et créatrice d’emplois. De même, la communauté internationale lui demande de faire les preuves de sa bonne volonté diplomatique au-delà du retour de son pays dans l’accord de Paris.

Joe Biden proposerait une baisse de 50 % des émissions nationales

Le nouvel objectif de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, que le président doit annoncer a priori dès l’ouverture du sommet, est attendu de pied ferme. « Pour être crédibles, les États-Unis ne peuvent pas faire moins que l’Europe, qui vient de valider in extremis l’objectif de réduire d’au moins 55 % ses émissions d’ici à 2030 et par rapport à 1990 », reprend Lola Vallejo. « Et même cela risque de paraître faible, alors que la Grande-Bretagne promet une baisse de 68 % de ses émissions. » Jusqu’à peu, les échos donnaient à entendre que Biden proposerait une baisse de 50 % des émissions nationales. Sa capacité à mettre en œuvre des mesures immédiates, singulièrement en termes de commerce international, sera elle aussi jaugée. « Ce serait un vrai geste qu’il soutienne la taxe carbone aux frontières de l’Europe, voire décide d’en créer une », reprend François Gemenne. Alors que sept pays européens, dont la France, viennent de s’engager à ne plus soutenir les énergies fossiles à l’export, Joe Biden pourrait être appelé, là encore, à en faire autant. Après quatre années d’abstinence de versement au Fonds vert pour le climat, les États-Unis auront aussi un rattrapage à opérer en termes de coopération internationale (lire ci-contre). « L’annulation de la dette des pays en développement ou l’alignement des banques multilatérales sur les objectifs de développement durable vont être des points de discussion importants, surtout en ces heures où la pandémie exacerbe les inégalités », insiste Lola Vallejo. L’acceptation, enfin, de nouvelles contraintes et de sanctions pour les pays qui ne rempliraient pas tous ces objectifs sera, pour Biden, l’ultime test qui dira comment il marquera l’avenir climatique de son empreinte.

 

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Maintien de l’activité du site Knorr de Duppigheim

Posté par jacques LAUPIES le 21 avril 2021

 

 

Connaissez-vous la marque de soupes Knorr ? Fabriquées en Alsace depuis plus de 70 ans, ces soupes ont régalé plusieurs générations de familles. Mais il y a quelques semaines, la direction du groupe a annoncé la fin de l’activité du site de Duppigheim, dans le Bas-Rhin, où 261 emplois seraient supprimés.
Pour les salarié-es, cette fermeture d’usine pourrait être évitée si le choix était fait de miser sur la qualité et l’humain avant la rentabilité. Rejoignez la mobilisation du CSE One Duppi pour empêcher la fermeture de l’usine et sauver 261 emplois !

 

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Maintien de l’activité du site Knorr de Duppigheim
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BiMpfGePZfjtYvs-48x48-noPad 2 319 personnes ont signé la pétition de cse ONE DUPPI. Prochain objectif : 2 500 !
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Les soupes KNORR sont fabriquées en Alsace depuis 1953, tout d’abord à Illkirch-Graffenstaden puis, depuis 1983, à Duppigheim. Ces soupes font partie du patrimoine culinaire français.

A l’époque notre objectif était de fabriquer des produits de qualité pour les consommateurs.

L’innovation, avec un centre de recherches et développement unique, et sur site, proposait chaque année de nouvelles recettes élaborées à l’usine ce qui permettait une croissance régulière du marché.

En 2000 cette marque florissante devenue un appât est achetée par Unilever, un groupe à vocation financière et à dégager le plus de marge possible pour redistribuer un maximum d’argent à ses actionnaires.

Marche arrière toute, et recherche du profit maximum !!!!! La donne n’est plus la même, l’usine devient une pompe à fric.

Suppression du centre de recherches et développement de Duppigheim, pour une délocalisation en Pologne, modifications des recettes pour encore plus de bénéfices.

Nombreux sont alors les salariés qui disent que nos produits perdent leurs goûts, que nos recettes perdent en qualité.

Réponse immuable de la direction, il faut produire moins cher.

Investissement pour toujours plus de rentabilité, diminution des budgets de publicité pour soutenir la marque. Unilever laisse lentement mais sûrement mourir l’usine.

Le consommateur n’est pas dupe, mais Unilever n’a que faire des consommateurs, l’important c’est la somme que l’on va distribuer aux actionnaires !

Unilever recherche à chaque instant un maximum de rentabilité au détriment de tout….

Dégradation des conditions de travail, le personnel qui quitte l’entreprise n’est pas remplacé !

Explosion du nombre de maladies professionnelles dû à un accroissement de la cadence des lignes et de la charge de travail. Diminution drastique des budgets de maintenance et malgré cela le personnel s’investit et la productivité des lignes augmente. Mais cela a un coût qui est un stress permanent pour les salariés.

Les salariés payent un lourd tribut : certains y laissent la santé, d’autres se trouvent sans emploi, les employés vivent avec la boule au ventre devant la menace de subir un plan social à tout moment.

Nos fabrications sont en partie réparties chez des sous-traitants en Europe pour être distribuées et vendues en France, pour un groupe qui se dit investi dans la défense de l’environnement, Unilever met des centaines de camions sur les routes en Europe pour livrer les différents points de vente.

A Duppigheim, le navire coule petit à petit la stratégie financière prime sur la stratégie industrielle.

L’usine de Duppigheim n’est plus maître de ses volumes car c’est Unilever qui décide où il met ses volumes … et c’est ainsi que Unilever a construit la chute de rentabilité de l’usine !

Après 21 ans sous le giron d’Unilever, en pleine crise Covid, Unilever annonce le 25 mars 2021, la fermeture du site de Duppigheim en laissant 261 familles sur le carreau pour gratifier un peu plus les actionnaires !

Nous disons NON à la fermeture du site ! Ce site est viable à condition de faire des volumes de soupes et sauces ici à Duppigheim et à condition de faire des produits de qualité ! Nous savons faire cela !

Le personnel a un réel savoir-faire et aime son usine !

« Nous sommes KNORR » – « La personne avant la marge » – « NON à la fermeture du site de DUPPIGHEIM »

Merci de soutenir le personnel de l’usine KNORR dans ce combat contre ce grand groupe mondial qu’est UNILEVER.

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Un petit pas en avant, deux grands pas en arrière…N’épargnons pas les écrevisses !!

Posté par jacques LAUPIES le 20 avril 2021

C’est ainsi que se sont terminées pour notre peuple les alliances électorales de 1981 et celle de la gauche plurielle ! L’entreprise de démolition des conquêtes sociales et des réformes structurelles engagées après la libération en 1945 n’ont cessé d’être remises en cause. Cette démolition est à l’aune (mesure) de la perte d’influence du Parti Communiste et de quelques forces politiques de gauche, voire gaulliste, qui ne pouvaient ne pas tenir compte des scores électoraux de ce dernier et surtout des grandes luttes sociales qui ont marqué la deuxième moitié du 20ème siècle.

Nationalisations détruites et désindustrialisation progressive sur le plan économique, Sécurité Sociale remise en cause avec le système de santé, ont accompagné les atteintes à la démocratie politique inaugurée avec une constitution adaptée aux besoins de la bourgeoisie de plus en plus gourmande en profits et qui est entrée dans la libéralisation mondiale.

Dans ce contexte le Parti Communiste s’est trouvé dépassé par le phénomène abstentionniste et la démagogie  de l’extrême droite fondée sur la tromperie, laquelle n’a pas hésité à utiliser la critique gauchisante pour mieux capter divers électorats déboussolés.

Mais il ne serait pas sain de ne pas prendre en compte nos propres erreurs et personnellement je ne pourrai me satisfaire de les éluder dans un soi disant souci de « respect mutuel » de ceux  qui ont, consciemment ou non, alimenté nos reculs ! 

Je n’ai pas envie d’épargner les écrevisses !

 

Relevé dans : https://lepcf.fr/La-puissante-caisse-de-resonance-que-constitue-l-election-presidentielle

Conférence nationale du parti communiste
 Un petit pas en avant, deux grands pas en arrière...N'épargnons pas les écrevisses !! dans POLITIQUELa puissante caisse de résonance que constitue l’élection présidentielle Intervention de Muriel Ternant (Territoire de Belfort)

Mardi 13 avril 2021, par  Muriel Ternant, popularité : 69%

 


  • Camarades,

Je m’exprime depuis le petit territoire de Belfort.

Belfort, les locomotives de TGV et de fret, les turbines et les alternateurs qui équipent tous types de centrales électriques. Des fleurons industriels stratégiques de haute valeur ajoutée, des équipements à la fois gigantesques et de très grande précision, qui requièrent des savoir-faire uniques construits sur le temps long.

Or cet appareil productif indispensable à la transition énergétique, est en voie de liquidation, à la fois par Alstom et par General Electric.

Depuis 2019, les mobilisations de salariés s’intensifient. Rassemblements, interpellations, grandes manifestations populaires, débrayages, piquets de grève ouvriers, constitution de coopératives sous-traitantes. Aujourd’hui ce sont les ingénieurs du nucléaire qui sont en grève.

Avec les ouvriers et les techniciens, ils font le constat de la complicité de l’Etat dans le dépeçage industriel, et ils nous interpellent : y-a-t’il encore dans ce Pays des forces politiques pour défendre vraiment l’industrie de pointe contre les firmes multinationales ?

Les réponses doivent être de très haut niveau.

C’est la question de la propriété de l’outil industriel qui est posée, mais aussi du besoin d’investissement sans les critères de profitabilité, et des nouveaux leviers d’intervention des salariés sur les choix de gestion, un axe qui rencontre les aspirations des mouvements en faveur de l’écologie et contre le consumérisme s’il est associé à l’idée d’une planification démocratique des besoins et de la production.

Or forces socialistes, chevènementistes aujourd’hui associées à la FI, et écologistes, ne sont pas encore prêtes à porter ces grandes propositions. Elles disent non à la nationalisation, comme François Ruffin aux salariés grévistes de Villeurbanne, non aux financements qui ne relèveraient pas des marchés financiers, non aux pouvoirs nouveaux des salariés.

La domination écrasante de la droite avec un sénateur réélu en 2020 avec 70% des voix, et de l’extrême-droite en tête de presque tous les 1er tours, ne fonctionnent pas comme l’électrochoc nécessaire.

C’est notre campagne autonome pour l’industrie et la liste de rassemblement que nous avons initiée dans la foulée pour les municipales de 2020 qui ont permis de gagner localement l’idée qu’il faut sortir de General Electric et construire une stratégie industrielle publique.

Mais si nous voulons être un réel appui aux luttes d’aujourd’hui, il faut aller beaucoup plus loin en faisant émerger nationalement les grandes perspectives que je citais tout à l’heure et des grandes batailles. C’est ce qu’a commencé à faire avec succès Fabien Roussel, avec son tour de France des entreprises, c’est ce qu’il faut amplifier en utilisant la puissante caisse de résonance que constitue l’élection présidentielle : sa candidature et une campagne dynamique, collective, représentative du monde du travail, un parti en mouvement. Ici à Belfort, nous en avons besoin 

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Business. Le football européen au bord de l’implosion

Posté par jacques LAUPIES le 20 avril 2021

Theodore Theodoridis, le secrétaire général de l’UEFA, et Aleksander Ceferin, son président, lundi, à Montreux (Suisse). Richard Juilliart/UEFA/AFP

 

Mardi 20 Avril 2021

Douze gros clubs ont décidé de faire sécession en annonçant la création d’une Super Ligue privée quasi fermée afin d’augmenter leurs revenus et supplanter la Ligue des champions. Une véritable bombe qui menace le football européen et mettrait en danger le mérite sportif.

 

C’est un séisme dont on mesure encore mal les dégâts et dont les répliques s’annoncent nombreuses et violentes. Le football européen est secoué par une crise comme jamais il n’en a vécu en près de soixante-dix ans de compétitions européennes, frappé au cœur même de son organisation pyramidale qui repose sur un système de promotion-relégation et assure à chaque ligue nationale de pouvoir participer à ses compétitions, dont la plus prestigieuse est la lucrative Ligue des champions. Une porosité entre le football d’en haut et celui d’en bas qui a volé en éclats dans la nuit de dimanche à lundi 19 avril avec la décision de douze gros clubs de faire sécession et de créer une Super Ligue privée et quasi fermée. Cette compétition rivale leur permettrait d’accroître encore un peu plus leurs revenus tout en leur assurant une présence définitive à la manière des championnats nord-américains de basket (NBA) ou de foot américain (NFL).

Une véritable déclaration de guerre à l’UEFA

La menace rôdait à nouveau ces derniers mois. Elle a frappé au moment où, paradoxalement, on s’y attendait le moins. Alors que le comité exécutif de l’UEFA avait prévu de se réunir ce lundi pour valider la réforme de la Ligue des champions en collaboration avec l’Association européenne des clubs (ECA), dont font partie tous les mastodontes européens, et ce, afin d’éloigner leurs velléités sécessionnistes, un communiqué officiel est tombé la veille, peu après minuit. « Douze des clubs européens les plus importants annoncent avoir conclu un accord pour la création d’une nouvelle compétition, the “Super League” (Super Ligue en français – NDLR), gouvernée par ses clubs fondateurs. AC Milan, Arsenal, Atlético Madrid, Chelsea FC, FC Barcelone, Inter Milan, Juventus, Liverpool, Manchester City, Manchester United, Real Madrid et Tottenham se sont unis en tant que clu bs fondateurs ». Une véritable déclaration de guerre à l’UEFA, qui depuis une trentaine d’années était toujours parvenue à contrecarrer les projets séparatistes en adaptant son épreuve face aux pressions du G14 (lobby regroupant 14 clubs puissants dans les années 1990) puis l’ECA.

Cette nouvelle compétition est vouée à « générer des ressources supplémentaires pour toute la pyramide du football », écrivent cyniquement les promoteurs, qui ne donnent pas de calendrier précis mais indiquent que « la saison inaugurale (…) démarrera aussi tôt que possible ». Pour commencer, un pactole de 3,5 milliards d’euros serait distribué aux quinze membres fondateurs grâce à un accord avec la banque américaine JP Morgan. Les douze frondeurs, emmenés par le président du Real Madrid, Florentino Perez, sont confiants à l’idée d’attirer trois autres équipes dans leur cercle fermé. Les revenus seraient bien supérieurs à ceux de la Ligue des champions actuelle (2 milliards) et même de l’ensemble des compétitions de clubs organisées par l’UEFA (Ligue des champions, Ligue Europa et Supercoupe d’Europe) qui ont généré 3,2 milliards d’euros de recettes télévisuelles en 2018-2019. À plus long terme, ils pourraient dépasser les « 10 milliards d’euros » sur la période d’engagement des clubs dans la compétition. Ces chiffres restent sujets à caution tant la pandémie a plombé le marché européen des droits sportifs et alors qu’aucun accord de diffusion n’a été évoqué par l’organisation, ni même une date pour un éventuel futur appel d’offres.

Et c’est bien précisément ce contexte économique incertain en raison du Covid-19 et une remise en cause de l’actuel système pyramidal de redistribution des ressources télévisuelles entre la Ligue des champions et les championnats nationaux qui semblent avoir précipité les plans des gros clubs. Alors que l’aléa sportif est l’essence même du football, ces grands clubs ne redoutent rien tant que l’incertitude économique au point d’écarter le principe du mérite sportif. « La croissance des droits télé est sans doute arrivée à saturation au niveau des championnats domestiques, avec à peu près 1 milliard d’euros dans les différents grands championnats européens, souligne Luc Arrondel, économiste du sport et directeur de recherche au CNRS. Même en Angleterre il y a eu une petite baisse lors de la dernière renégociation, qui a été surcompensée par les droits télé internationaux, donc on comprend bien que c’est là que les clubs voient la solution en essayant de vendre leur championnat à l’international. Il y a donc cette idée de maximiser les revenus de leurs clubs à travers une stratégie de mondialisation, de conquête de nouveaux marchés notamment émergents indien et asiatiques. »

Cette nouvelle orientation est rendue possible par l’évolution de l’actionnariat depuis le début du XXIe siècle au sein de nombreuses grosses écuries européennes. « On constate des changements structurels avec l’arrivée de nouveaux investisseurs dans le football comme des fonds d’investissement, des États et des propriétaires américains qui ont une culture différente du sport », explique Luc Arrondel.

La Fifa invite à « un dialogue calme, constructif et équilibré »

Face à cette compétition concurrente vouée à supplanter la Ligue des champions, la réponse de l’UEFA ne s’est pas fait attendre. L’instance faîtière du football européen a adopté ce lundi la réforme de la C1, qui entrera en vigueur à partir de 2024 et permettra d’accroître les recettes de droits télé avec le passage de 32 à 36 clubs et pas moins de 100 nouveaux matchs par saison. Dans un communiqué, cosigné par plusieurs ligues nationales dont celles de France, d’Allemagne ou d’Angleterre, l’UEFA prévient que tout club dissident sera exclu des compétitions nationales et internationales, et que leurs joueurs ne pourront plus évoluer en équipe nationale, par exemple à l’Euro ou à la Coupe du monde. Or les douze clubs frondeurs regorgent d’internationaux au sein de leurs effectifs… Reste à savoir si cette menace est conforme au droit européen de la concurrence. De son côté la Fifa (fédération internationale) a également indiqué « désapprouver une ligue européenne fermée et dissidente » et invité toutes les parties à « un dialogue calme, constructif et équilibré ».

Voyant le coup venir, la Super Ligue a déjà « lancé une procédure devant les juridictions compétentes pour assurer l’instauration et le fonctionnement sans accroc de la compétition », a-t-elle prévenu dans un courrier adressé aux dirigeants de l’UEFA, Aleksander Ceferin, et de la Fifa, Gianni Infantino. « Votre communiqué nous oblige à entreprendre des actions protectrices pour nous sécuriser face à une réaction si défavorable (…) qui serait illégale », explique la nouvelle entité, laissant entendre qu’une longue bataille juridique va avoir lieu.

Une levée de boucliers a eu lieu à travers toute l’Europe

Depuis l’annonce de la création redoutée de cette Super Ligue qui a suscité un véritable tollé, une levée de boucliers a eu lieu à travers toute l’Europe et notamment des responsables politiques. À commencer par l’Élysée, qui a indiqué que « l’État français appuiera toutes les démarches de la LFP, de la FFF, l’UEFA, et de la Fifa pour protéger l’intégrité des compétitions fédérales, qu’elles soient nationales ou européennes ». Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a souligné aussi dans un tweet que ce projet « serait très dommageable pour le football ». De son côté, un haut responsable européen, Margaritis Schinas, commissaire en charge de la promotion du mode de vie européen (culture, education), a jugé la Super Ligue contraire aux valeurs européennes de « diversité » et d’ « inclusion ». Les fans, notamment ultras, ont également pris position à travers Football Supporters Europe, qui rassemble des groupes de supporters de 48 pays du Vieux Continent. « C’est un braquage. Ils font disparaître toute forme d’incertitude sportive », s’est insurgé Ronan Evain, le coordinateur du réseau.

« Si cette Super Ligue devient réelle, ce serait la fin du mérite sportif, déplore Yvan Gastaut, historien du sport. On aurait des clubs indéboulonnables assurés de disputer une lucrative compétition avec comme critère de participation leur histoire passée. Cela marquerait l’entrée du football dans une nouvelle ère encore plus financière et capitaliste où l’argent est la valeur cardinale. »

Super ligue : le projet

Si 12 clubs européens ont officiellement fondé la Super Ligue (lire ci-contre), 3 autres clubs seront amenés à intégrer ce cercle restreint des 15 clubs fondateurs. Pour l’instant, aucun club français ou allemand n’a rejoint ce projet de compétition, le Bayern Munich et le Paris SG n’ayant pas donné suite. Mais « au minimum 2 clubs français » disputeront cette Super Ligue chaque saison, selon une source proche des clubs fondateurs. À ces 15 formations assurées de toujours disputer l’épreuve s’ajouteront chaque saison 5 clubs qualifiés via un système qui reste à préciser. L’une des hypothèses est par exemple que le vainqueur de la Ligue 1 puisse être appelé. Soit un total de 20 clubs engagés par saison, dont la première « démarrera aussitôt que possible », selon la Super Ligue. Chaque saison, les 20 clubs seront répartis en deux groupes de10 et disputeront, à partir d’août, des matchs aller-retour, soit 18 dates pour la première phase. Les 3 premiers de chaque groupe seront qualifiés pour les quarts de finale, les 2 derniers tickets étant distribués aux vainqueurs des barrages entre 4e et 5e de chaque groupe. Comme en Ligue des champions, la phase finale aura lieu en rencontres aller-retour, sauf la finale. Les matchs seraient disputés en semaine, donc en opposition frontale avec les coupes continentales des clubs (C1 et C3) organisées par l’UEFA

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Ce matin sur BFMTV

Posté par jacques LAUPIES le 19 avril 2021

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