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Nombreux sont les équatoriens dans notre region, généralement travaillant dans l’agriculture mais pas que…Je reproduis une interview paru dans l’ Humanité, de leur ancien président, en exil, à l’intention de ces travailleurs

Posté par jacques LAUPIES le 6 février 2021

 

Rafael Correa a été à la tête de l'Équateur de 2007-2017. © Jose Mendez/EFE/SIPA

Rafael Correa a été à la tête de l’Équateur de 2007-2017. © Jose Mendez/EFE/SIPA
 

Entretien avec Rafael Correa, ancien président équatorien : « On ne peut pas tromper longtemps un peuple qui a goûté à la dignité et au bien-vivre »

Vendredi 5 Février 2021

L’ancien chef d’Etat (2007-2017), toujours en exil, se tient aux côtés d’Andrès Arauz dans la campagne que mène son héritier politique. Il a des mots durs pour son successeur rallié au FMI, Lenin Moreno, qu’il qualifie de « traître », et espère tourner la page dès le premier tour de la présidentielle, le 7 février. ENTRETIEN.

 

 

Vous alertez de nouveau sur des risques de suspension du scrutin. Comment est-ce possible, à quelques heures des élections ?

RAFAEL CORREA Légalement, c’est impossible, mais ils font n’importe quoi ! Lundi, un politicien, Álvaro Noboa, a présenté une demande pour arrêter les élections, stopper la fabrication des bulletins de vote. Un juge du Tribunal du contentieux électoral s’est déjà prononcé pour la suspension du processus. Il existe un danger très clair qu’ils puissent arrêter ces élections, même si ça peut paraître incroyable. Ils ont essayé d’empêcher notre participation aux élections. Ils ont essayé d’empêcher la tenue du scrutin. Ils vont tout faire, maintenant, pour essayer d’empêcher notre victoire.

Comment qualifierez-vous la gestion du président sortant, Lenin Moreno ?

RAFAEL CORREA De 1 à 10, je lui donne -5. C’est le pire gouvernement de l’histoire de l’Équateur. Lenin Moreno est le pire président de toute l’Amérique latine. Il a 3 à 4 % de soutien populaire. C’est un gouvernement tout à fait nul, corrompu, incapable.

Vous l’aviez pourtant vous-même désigné comme successeur ; il a été élu sur la base de votre bilan. Comment expliquez-vous son retournement, son brutal ralliement aux logiques néolibérales ?

RAFAEL CORREA Franchement, je crois qu’il est malade. Quelqu’un de normal ne peut pas mentir à ce point et être aussi inconséquent. Il a été élu le 4 mai 2017. Il a pris ses fonctions vingt jours plus tard. Le 30 mai 2017, il négociait déjà avec Paul Manafort, l’ancien chef de campagne de Donald Trump, pour livrer Julian Assange en contrepartie d’un soutien financier. Il était déjà sans principe, sans conviction. Il nous a trompés pendant dix ans. Nous l’avons présenté comme notre candidat, c’est vrai. Mais nous avons présenté un candidat qui promettait, qui jurait de continuer avec le programme politique de la révolution citoyenne. Il répétait alors que j’avais été le meilleur président de l’histoire de l’Équateur, que nous étions un très bon gouvernement. C’est ce candidat-là que nous avons présenté. Et celui qui a gagné, fait effarant, s’est totalement vendu au camp adverse.

Avec des cours des hydrocarbures au plus bas et la crise économique globale aggravée par la pandémie de coronavirus, comment Andres Arauz trouvera-t-il les moyens de rompre avec le FMI, de conduire une politique de relance ?

RAFAEL CORREA La situation est très grave, nous traversons la crise la plus sérieuse de l’histoire de l’Équateur, et les politiques d’austérité dictées par le FMI ont des conséquences destructrices. Mais, même dans ce contexte, on peut faire beaucoup mieux. Des sommes importantes sont aujourd’hui immobilisées à l’étranger, en Suisse. C’est une bêtise, il faut faire rentrer cet argent pour le mettre au service de notre économie. Cela dit, même après quatre années de destruction, le pays est beaucoup plus solide que lorsque j’ai été élu en 2007. Nous n’avions alors ni production électrique, ni réseau routier, ni sécurité, ni institutions. Avec les investissements réalisés par mon gouvernement, l’Équateur s’épargne désormais de lourdes dépenses que nous devions prendre en charge à l’époque. Avec la production hydroélectrique, nous économisons 1 300 millions de dollars ; le renforcement de la raffinerie d’Esmeraldas nous fait épargner 300 millions de dollars ; les champs pétroliers, dont la mise en exploitation nous a fait dépenser beaucoup d’argent sous mon mandat, assurent désormais un revenu de 800 millions de dollars. Voilà 2 400 millions de dollars que je n’avais pas lorsque je suis arrivé à la tête du pays. Bien sûr, les cours des hydrocarbures sont aujourd’hui beaucoup plus bas, mais nous avons d’autres atouts, que nous n’avions pas il y a quinze ans.

Après la grave crise de 1999, le pays a perdu sa monnaie nationale. Quels sont les effets de cette dollarisation ? Comment l’Équateur peut-il retrouver une forme de souveraineté monétaire ?

RAFAEL CORREA Notre situation est terrible et bien plus grave que la crise grecque au sein l’Union européenne. Au moins, les gouverneurs de la Banque centrale européenne savent situer la Grèce sur une carte. Le gouvernement grec a eu son mot à dire. Nous, nous n’avons rien à dire, nous n’avons pas voix au chapitre et si vous demandez à quelqu’un de la Réserve fédérale états-unienne où se trouve l’Équateur, il vous répondra : « En Afrique. » Vous avez en Europe une monnaie unique. Nous avons adopté, en Équateur, une monnaie étrangère, ce qui est une folie, mais nous l’avons fait et il est aujourd’hui très difficile d’en sortir. Si c’était une si bonne idée, pourquoi les autres pays d’Amérique latine n’ont-ils pas adopté, eux aussi, le dollar comme une monnaie nationale ? Sans prise sur le taux de change, nous nous sommes privés d’un instrument de politique monétaire pour faire face aux chocs externes. Mais c’est fait et il est aujourd’hui presque impossible d’en sortir : ce serait un cataclysme politique, social, économique. L’espoir, pour desserrer les contraintes de la dollarisation, c’est l’intégration régionale, et l’horizon d’une monnaie commune.

 

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Vous avez entretenu des relations conflictuelles avec le mouvement indigène, opposé à l’élargissement des activités extractives. Le développement est-il incompatible avec la défense de l’environnement et de la biodiversité, avec la lutte contre le changement climatique ? Pourquoi le projet Yasuni, qui prévoyait de laisser des réserves pétrolières inexploitées en contrepartie de compensations internationales, a-t-il fini par sombrer ?

RAFAEL CORREA Tout le monde dit aimer la nature, tout le monde veut protéger l’environnement, mais lorsqu’il y a des initiatives concrètes comme le projet Yasuni, personne ne veut s’engager. La proposition était logique : la meilleure affaire, pour nous, c’était d’exploiter le pétrole dans le Yasuni. Pour éviter la pollution occasionnée par cette exploitation, nous avons proposé de laisser le pétrole sous terre, en contrepartie d’une compensation correspondant à la moitié des revenus auxquels nous aurions renoncé. Le principal contributeur, dans cet arrangement, c’était l’Équateur. Mais la communauté internationale n’a pas compris, ou n’a pas voulu comprendre ; on nous a soupçonnés de chantage ou que sais-je. C’est absurde : de tels mécanismes existent déjà pour le bois, avec des compensations pour tenter de contenir la déforestation.

 

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Vous évoquez les indigènes. Il y a beaucoup de mythes en Europe. Tous les indigènes ne sont pas des gardiens sourcilleux de la nature. Certains d’entre eux se rendent complices de la déforestation illégale. Il faut faire la différence entre le peuple indigène et les dirigeants des organisations indigènes, qui encouragent une politisation ne mobilisant pas forcément les principes de la gauche. Il y a des indigènes de gauche, de droite, honnêtes, malhonnêtes.

Vous accusez le parti indigène Pachakutik de collusion avec la droite, avec Lenin Moreno. Son candidat, Yaku Pérez, séduit certains secteurs de l’électorat de gauche, avec son agenda écologiste…

RAFAEL CORREA Oui, les électeurs sont trompés. Je ne porte pas d’accusation : il suffit de regarder les votes à l’Assemblée nationale. Pachakutik a soutenu ce gouvernement. Avant le soulèvement indigène d’octobre 2019, ils avaient un ministre dans le cabinet de Lenin Moreno : Humberto Cholango. Les dirigeants indigènes, dans cette révolte partie de la base, ont manœuvré pour sauver Moreno. Alors que notre Constitution prévoit la possibilité d’élections anticipées en cas de commotion sociale, pour éviter la violence, ces dirigeants se sont contentés de conclure un accord sur le prix de l’essence. Par la suite, le pays est entré, en pleine pandémie, dans la pire crise de son histoire, avec le pire gouvernement de son histoire. Et ça, c’est de la faute de Pachakutik et des dirigeants indigènes. Yaku Pérez n’est pas un homme de gauche : sa candidature est là pour diviser le camp progressiste et nous empêcher de gagner dès le premier tour.

Le candidat de droite, Guillermo Lasso, promet d’augmenter le salaire minimum en le portant à 500 dollars. Comment expliquez-vous ce glissement ?

RAFAEL CORREA Il ne manque plus qu’il nous propose de devenir partenaires de la Banque de Guayaquil ! Il était jusque-là opposé au moindre centime d’augmentation du salaire de base. Et le voilà qui propose une hausse de 25 % ! Il suggère aussi d’offrir aux femmes un salaire pour qu’elles restent à domicile, et de tourner vers le sud la Vierge du Panecillo. Il est désespéré…

Vos adversaires accusent Andrès Arauz d’avoir reçu de l’argent d’une guérilla colombienne, l’ELN. À quelle stratégie obéit une telle mise en cause ?

RAFAEL CORREA Voyez la contradiction : ils nous ont accusés d’avoir volé 70 mille millions de dollars. Et l’ELN nous aurait donné 80 000 dollars… C’est tout à fait ridicule. Ils m’ont déjà accusé, dans le passé, d’avoir reçu des financements des Farc. Je ne connais pas même un membre des Farc. Et je suis sûr qu’Andrès Arauz ne connaît aucun élément de l’ELN. Mais il suffit qu’un média publie une calomnie pour qu’elle soit reprise en boucle par les autres, sans la moindre vérification, simplement pour faire peur. Je crois que ça ne marche plus, que ces manipulations produisent même l’effet contraire : un renforcement du soutien populaire à nos candidats.

Andrès Arauz appartient à une nouvelle génération politique. Qu’est ce qui vous différencie ? Quel sera votre rôle en cas de victoire ?

RAFAEL CORREA Il est clair que c’est un saut générationnel : Andrès Arauz pourrait être mon fils. Bien sûr, nous pensons presque la même chose sur les questions sociales, politiques, économiques. Mais il a une autre mentalité, il maîtrise beaucoup mieux les nouvelles technologies, il est plus ouvert à l’innovation, il comprend la jeunesse bien mieux que moi.

Mon rôle ? Je vais rester en Belgique. Une victoire de mon camp aux élections ne signifie pas une résolution miraculeuse de tous mes problèmes judiciaires : j’ai plus de procès que El Chapo, Pinochet et Al Capone réunis. Mon plan de vie, c’est de continuer en Belgique : c’est là que se trouve ma famille, que je peux poursuivre mes activités académiques, finir le livre que je suis en train d’écrire. Andrès répète qu’il veut faire de moi son conseiller. Je peux faire ça à distance.

 

Vous préférez désormais parler de « progressisme », plutôt que de « socialisme » du XXI e siècle. Que signifie ce glissement sémantique ?

RAFAEL CORREA Nous nous référons toujours au socialisme du XXI e siècle, au socialisme du bien-vivre. Il représente le cœur dur de la gauche en Amérique latine. En Bolivie, en Équateur, au Venezuela, nous appartenons à cette école. Pas nécessairement la gauche argentine, ni Lula au Brésil. Parler de progressisme nous permet d’élargir le champ.

Un nouveau cycle politique peut-il s’ouvrir en Amérique latine ?

RAFAEL CORREA Il a déjà commencé en 2019, avec la victoire d’Alberto Fernandez en Argentine. Le premier cycle progressiste s’est clos en 2014, quand un fort changement dans les conditions du marché international a mis en difficulté les économies de l’Amérique latine. Cela a ouvert la voie à une restauration conservatrice. Au Brésil, il y a eu le coup d’État contre Dilma et l’emprisonnement de Lula pour l’empêcher d’être candidat. En Bolivie, Evo Morales a été à son tour la cible d’un coup d’État. Et en Équateur, bien que nous ayons gagné les élections, il y a eu la trahison de Lenin Moreno. Mais cette restauration conservatrice meurt plus vite qu’elle ne s’est déployée : la preuve par la victoire en Bolivie, par les résultats du référendum au Chili, par la victoire que nous verrons dimanche en Équateur. À la différence du néolibéralisme des années 1990, quand le mur de Berlin est tombé, lorsque se sont imposées les idées de la fin de l’histoire, de l’absence d’alternative, aujourd’hui les gens peuvent faire la comparaison. Ils ont vécu une ère de prospérité, de dignité, de justice sociale entre 2004 et 2014, avec les gouvernements progressistes d’Amérique latine. On ne peut pas tromper longtemps les peuples qui ont goûté au bien-vivre avant d’expérimenter la perte de travail, de revenu, d’accès à la santé et à l’éducation.

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Intervention de Frédéric BOCCARA au Conseil National du PCF – 30 janvier 2021 : je souscris pleinement aux orientations qu’il propose.

Posté par jacques LAUPIES le 4 février 2021

Intervention de Frédéric BOCCARA au Conseil National du PCF – 30 janvier 2021

 Intervention de Frédéric BOCCARA au Conseil National du PCF - 30 janvier 2021  : je souscris pleinement aux orientations qu'il propose. dans POLITIQUE image_1385629_20210123_ob_bf0f5a_boccara

 

Situation sanitaire

La colère gronde, mais il s’agit d’aider à identifier les leviers et les responsabilités. La colère gronde sur les vaccins, sur l’organisation, sur l’enfermement dans une fausse alternative du tout ou rien — confinement ou pas, alors qu’il faudrait quelque chose de beaucoup plus fin géographiquement, et organiser des alternances entre travail et non travail, dans une véritable sécurité, développer comme jamais la formation et les recherches, ou du moins les préparer, et donc avec des projets autres qu’une déferlante de chômage lorsque prétendument nous « sortirons de la crise »… !

Colère sur l’hôpital, pour lequel on n’a pas quasiment pas embauché, ni formé, colère sur l’industrie et les plans sociaux, inégalités, pauvreté, misère qui monte, souffrance aigüe de la jeunesse, sans parler de tous les licenciements et pertes d’emploi à bas bruit dans les PME, TPE, les commerces ou l’artisanat.

Alors montent des réclamations pour « plus d’Etat », mais lequel ? Un Etat au service du capital qui prétendrait nous protéger avec des start up financières de vaccination ? « Plus de public », certes, mais comment ? Et pour faire quoi ?

Monte l’exigence de conditionner les aides aux entreprises. Et pas seulement depuis la CGT, mais aussi de la part de FO ou de la CGC.

Monte l’idée de taxer le capital. Mais quoi ? Un peu de répartition et alors le capital en sera quitte pour avoir les mains libres et amplifier son action ?

Comment faire pour que cela ne rende pas simplement un peu supportable, voire réaliste, le même système ? Pour que cela ne soit pas récupéré ?

Notre bataille d’idées

C’est pourquoi nous devons avoir une intervention qui dit plus que cela, pas tant plus en quantité que plus sur le fond : il faut faire plus profond.

Car les responsabilités ne sont pas claires pour les gens. Sinon, nous n’en serions pas là, politiquement. Certains camarades ce matin ont dit « c’est clairement le capitalisme ». Je pense que c’est loin d’être clair pour nos concitoyens, et ce qui est encore moins clair c’est de savoir ce qu’il faudrait faire.

Le débat sur la dette, par exemple, est utilisé pas seulement pour nous menacer d’austérité pour demain. Mais dès à présent pour une austérité « sélective », en quelque sorte. Ainsi F. Bayrou, sur France Inter cette semaine, déclare en substance qu’il ne faut pas en avoir peur de la dette… « si on dépense pour s’attaquer au Covid ». Tout est dans le « si ». On va donc limiter toutes les « autres » dépenses ? C’est ce que réclame le gouverneur de la Banque de France. Mais comment isoler les dépenses « Covid » du reste des dépenses : les embauches à l’hôpital ce ne serait pas Covid ? car elles impliquent des dépenses récurrentes, qui se poursuivraient après la pandémie ! Les dépenses indispensables pour vraiment développer l’école et l’université ne seraient pas Covid ? Les dépenses de chômage partiel devraient durer le temps de la pandémie, puis après il faudrait lâcher la bride aux licenciements ? etc. Ce discours est aussi celui du gouverneur de la banque de France ou celui du président de la Cour des comptes, l’inénarrable P. Moscovici, exigeant de « cantonner la dette ». Ils relaient les marchés financiers, les fonds d’investissements BlackRock and Co et les grandes banques qui se nourrissent de cette dette, passant d’aborod dans leurs mains avant d’être rachetées par la BCE !

La question majeure à poser est l’utilisation de cette dette : pour des dépenses qui développent durablement les services publics, l’emploi et la formation ? Ou pour gonfler le capital ?

Nous avons un projet. Un projet alternatif. Il s’agit de viser un système nouveau, radicalement nouveau, même si c’est pour y aller progressivement. Il combinerait sécurité, mobilité et émancipation. Ses leviers seraient la démocratie, avec de tous nouveaux pouvoirs de la société, et une nouvelle efficacité reposant sur la lutte contre le coût du capital et la mutualisation des coûts pour permettre des dépenses nouvelles d’emploi, de formation et de recherche, en responsabilisant les entreprises et les banques pour l’emploi la formation et pour une transformation productive sociale et écologique. Nous l’appelons une sécurité d’emploi et de formation.

Quelle nouvelle phase pour la campagne emploi ?

S’agit-il de « faire connaître ces principes » en soi ? Je crois plutôt qu’il s’agit de s’engager tout de suite dans ce chemin à partir des chantiers réels, posés par la vie. Nous ne sommes pas pour l’apposition « magique » d’un système tiré de notre chapeau.

En ce sens, la résolution devrait partir des chantiers, comme des fils d’intervention. Je vois au moins 5 « fils », un fil santé, de Sanofi à l’hôpital, en passant par la production d’équipement ou les services publics (médecine scolaire, médecine du travail, CMS, etc.) ; un fil PSE (plans de suppressions d’emploi), nouvelle production, nouvelle industrialisation articulant industrie, services, recherche et territoires ; un fil jeunesse, incluant des pré-recrutements dans les services publics (engagement d’embauche et rémunération par un pré-salaire durant la formation initiale débouchant sur un diplôme), un fil PME/TPE artisans, et un fil éducation allant de l’école jusqu’à l’université et la recherche.

Nous pouvons mettre en cause les institutions existantes avec nos deux propositions, deux leviers complémentaires à visée immédiate : des Conférences permanentes pour l’emploi la formation et la transformation productive + des Fonds régionaux en levier sur les banques et au service des travailleurs et habitants.

Dans une nouvelle phase de la campagne emploi, ne pourrions-nous pas viser à ce que se tienne au moins dans chaque région, ou à des niveaux plus territoriaux encore, un « Forum pour l’emploi, la formation et la transformation productive », rassemblant les acteurs sociaux, les élus à partir des luttes et exigences et posant ces questions ?
Il s’agirait de faire un état des lieux des exigences et des besoins pour porter des batailles sur l’utilisation de l’argent dans un sens nouveau (pour emploi et l’efficacité productive écologique et sociale, pas pour le capital et la rentabilité) avec de nouveaux pouvoirs.

On pourrait imaginer une initiative de « convergence nationale » en octobre, alliant d’une part un aspect rapport de force, lutte, visibilité interpellant des pouvoirs et institutions nationales, et d’autre part un moment de débat, de concertation démocratique entre travailleurs, acteurs sociaux et élus, un moment de réflexion.

Les différents « Etats généraux » que nous avons engagés (énergie, éducation, médicament et santé) peuvent être vus, eux aussi, comme des jalons en ce sens.

Projet et luttes, des régionales aux présidentielles

Ces propositions et initiatives sont au cœur de ce que nous avons adopté cet automne pour les élections régionales. Elles doivent être au cœur du débat avec nos partenaires. Le sont-elles ?

Or, Il semble que l’on se focalise avant tout sur les alliances au détriment des contenus, tournant la page à l’exigence si forte exprimée pourtant par les communistes à l’occasion du 38è congrès.

C’est par exemple le cas pour la consultation proposée aux communistes concernant l’Ile de France. Aucun programme n’est soumis et discuté. Les propositions sont réduites à la notion de « marqueurs » politiques, formule de pur communiquant, pas une formule de candidats prenant des engagements politiques responsables devant des électeurs ! Et certains prétendent refuser le droit aux communistes d’Ile de France de mener le débat sur cette consultation si vite ficelée, quasiment sans information des communistes ? Une consultation ayant lieu dans des délais ahurissant.

C’est faire bien mal à notre parti que d’agir ainsi. Bien entendu qu’il y a un déni de démocratie. Une telle volonté de passer en force, que rien ne justifie dans l’agenda qui est le nôtre, ce n’est pas permettre le rassemblement des communistes. C’est à l’évidence l’agenda d’autres qui semble s’imposer… Et c’est une question dont la portée dépasse largement l’Ile de France. Elle concerne la direction nationale. C’est pourquoi j’ai alerté sur cette question à au moins deux reprises en CEN.

Pour nous les élections régionales peuvent, et doivent, constituer un premier pas dans la bataille d’idées et dans l’action face à la crise si profonde.

Pour nous, il s’agit donc aussi de commencer à planter un paysage. Et nous n’aurons pas trop de temps pour cela.

L’enjeu, c’est de gagner des avancées d’idées et des conquêtes de positions dans les institutions. Ces avancées d’idées sont communes aux élections régionales et présidentielles. Et ce sont ces élections qui vont nous aider à conditionner les élections législatives sur d’autres bases. Chaque chose en son temps.

Mais il ne s’agit pas seulement d’élections. Il s’agit aussi de l’après élections : nous devrions viser, je l’ai écrit, la construction d’un « grand mouvement populaire contre la domination du capital, pour l’emploi et l’émancipation ». De ce point de vue, on voit bien la différence avec l’approche mélenchonienne qui, non seulement n’a rien construit à partir de son score électoral de 2017, mais a même eu tendance à s’en prendre aux organisations syndicales…

L’élection présidentielle

L’élection présidentielle va être un moment de montée du débat politique et d’appropriation d’enjeux, d’une démarche.

Notre état d’esprit, à mon sens, doit être le suivant : la profondeur de la crise et sa violence exige des solutions nouvelles, nos idées nouvelles. Je me permets d’insister, il ne s’agit pas d’y aller à coups de « re » (re-conquérir, re-prendre le pouvoir, etc.). Le monde est nouveau. Ce n’est même pas celui de 1975.

Deuxièmement, notre posture doit allier contestation et construction. Contestation des institutions existantes, et de ce point de vue il y a à faire un gros effort dans notre parole nationale médiatique, et construction d’autres institutions du local au national, mais aussi au niveau européen et à celui du monde.

Alors Pierre Laurent interpelle : « il faut dire dès à présent quelle majorité politique on veut construire » C’est mettre la charrue avant les bœufs ! Pour construire une majorité politique nouvelle, il faut une avancée du projet communiste, du projet du PCF. C’est cela qui est à même de créer les conditions de nouvelles majorités, d’un projet renouvelé à gauche.

La nécessaire candidature communiste à la présidentielle

Cette campagne va demander un grand effort de pédagogie politique, d’éclairage des enjeux. Sans hésiter à se répéter. A sa façon, Jean-Luc Mélenchon a montré la disponibilité qui existe dans notre peuple pour une pédagogie et un éclairage politique de haut niveau.

Par exemple, il va être indispensable d’avancer sur l’utilisation de l’argent, le rôle des banques et de la BCE, face aux idées dominantes reçues qui se focalisent sur le budget et les impôts. Un changement de régime est en train de se cherche sous nos yeux, il va bien falloir en parler, et lui donner un sens. Voyons que cette question des banques est une grande question populaire. Elle taraude toutes les couches de notre peuple. Il va falloir oser la politiser, avec notre contenu de classe moderne.

Sur le fond, notre enjeu c’est de faire reculer durablement Macron, la droite et l’extrême-droite. Les battre peut-être.

Dans cette perspective, un défi est posé à gauche. JL Mélenchon prétend relever ce défi contre le RN et contre les renoncements sociaux-libéraux. … Mais il prétend le faire avec des réponses sociales-démocrates et purement nationales : répartition, demander à l’Etat d’embaucher les chômeurs. Nous avançons une toute autre vision : la conquête de pouvoirs sur les entreprises et les banques y est centrale, l’Etat doit appuyer cette conquête de pouvoirs, par la création de droits, par des moyens financiers nouveaux, par des institutions nouvelles. Une conquête de pouvoirs non pas en soi, mais pour permettre une avancée émancipatrice des vies, avec une nouvelle conception de l’emploi et du travail, de la relation entre le travail et les autres activités, une place majeure donnée à la formation et à la démocratie. Cela exige un autre rôle de l’Etat. Ce qui est bien autre chose qu’un Etat plus fort : au lieu d’une alliance renouvelée Etat-capital, il faut une alliance Etat- société pour une maîtrise des entreprises et des banques afin d’atteindre enfin des avancées de civilisation, sociales et écologiques.

Nous avançons ainsi l’idée d’une cohérence nouvelle entre objectifs, moyens et pouvoirs, opposée à la cohérence, en crise, que veut faire perdurer le capital. Opposée aussi à la cohérence conciliatrice illusoire de la social-démocratie.

Il est donc très important, contrairement à ce que j’ai pu entendre ici ou là, de mener le débat de clarification sur nos différences avec Jean-Luc Mélenchon. On ne peut pas reculer devant l’obstacle et laisser croire que nous aurions le même projet, seule la posture moins individualiste, ou moins clivante, nous différenciant !

C’est dire s’il y a du pain sur la planche ! Mais il y a aussi une demande dans notre peuple.

Dans ces conditions l’appel à candidature pour la présidentielle que nous lancerions aujourd’hui est une très bonne nouvelle. Il s’agit, sans préjuger du choix des communistes, que la conférence nationale nous permette d’en sortir avec une candidature. Même si cela sera déjà tardif. Vous savez mon opinion en faveur d’un candidat communistes à la présidentielle, et ceci déjà en 2017, voire avant.

Nous allons ainsi pouvoir marcher sur deux pieds pour préparer cette conférence nationale : candidature et texte de fond.

Mais, le candidat aura à relever un triple enjeu : (1) porter notre projet novateur de façon à ce qu’il soit identifiable, projet de contestation et de construction, (2) muscler donc notre fond de jeu, (3) travailler de façon beaucoup plus collective, et donner à voir aussi cette dimension collective.

Ces trois questions sont à mon avis cruciales pour la conférence nationale d’avril.

Car il ne s’agit pas d’aller mener une candidature, une campagne, de témoignage ou d’enfermement dans une identité étroite qu’on tenterait de corriger par des affirmations de volonté unitaire pour la gauche. Au contraire, il va s’agir de mener une campagne d’unification populaire des couches sociales dans leur grande diversité face à la domination multiforme du capital et de mise en vie d’un projet communiste qui peut refonder la gauche sur de tout autres base, comme nous avons su le faire à d’autres moments de notre histoire. Et donc de parler à la fois à tout notre peuple et de mener le débat de projet y compris à gauche.

C’est un sacré défi, mais il est porteur d’espoir réaliste, au présent et pour écrire l’avenir.

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Les chinois sont fantastiques

Posté par jacques LAUPIES le 4 février 2021

 

Peut être une illustration

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Faut bien un peu rire…

Posté par jacques LAUPIES le 3 février 2021

 

Peut être un dessin animé

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l’effet papillon

Posté par jacques LAUPIES le 3 février 2021

 

Peut être une image de texte qui dit ’SI LE TERRORISME EST BASÉ SUR LA PEUR ALORS LES PLUS GRANDS TERRORISTES SONT LES MÉDIAS MOUTONS REBELLES’

 

Arte, chaîne télévisée que j’affectionne plus que les autres diffuse très souvent des émissions qui nous éclairent sur la misère du monde. Ce soir son théma du mardi visait à donner une explication des guerres, des révolutions, basée sur sune sorte d’effet papillon (spéculation sur les matières premières) qui provoquait les conflits que l’on connait ou on a connu au Dombaz, au Moyen Orient, en Afrique, etc.

Manquait au commentaire la dénonciation de l’exploitation du travail à l’échelle mondiale, base essentielle du système capitaliste lui même insuffisannment dénoncé. Il y avait dans le documentaire cependant des éléments qui devraient  faire réfléchir sur ce qui nous arrive, y compris sur l’utilisation que font les possédants de ce monde d’une pandémie qui somme toute les arrange bien…

Du moins dans l’immédiat !

 

 

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