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Covid-19. Pourquoi les personnes obèses doivent être vaccinées en priorité

Posté par jacques LAUPIES le 25 janvier 2021

 

 

Covid-19. Pourquoi les personnes obèses doivent être vaccinées en priorité

ENTRETIEN. Agnès Maurin, directrice et cofondatrice de la Ligue contre l’obésité dénonce un calendrier vaccinal qui place les personnes souffrant d’obésité en troisième étape du déroulé, soit au mieux, au mois de juin. Or, 40 % des personnes décédées à l’hôpital sont en situation d’obésité.

 

Quelles sont les conséquences du covid pour les personnes souffrant d’obésité ?

AGNÈS MAURIN Développer une forme grave du virus et décéder. Cela fait un an que l’on explique que les personnes obèses sont davantage vulnérables. D’ailleurs, lorsque nous sommes sortis du premier confinement, les personnes en situation d’obésité faisaient partie des vulnérables et avaient donc accès à l’isolement et au certificat médical. Arrive la rentrée de septembre et l’État décide de remettre tout le monde au travail. Et là, les personnes obèses disparaissent… La ligue contre l’obésité est donc passée devant le Conseil d’État qui avec l’avis des scientifiques et des chercheurs, nous donne raison et réintègre les personnes souffrant d’obésité dans les personnes à protéger et à rester isolées. Le conseil d’État s’est donc prononcé. Et les chiffres sont là : près de la moitié, 47 % des patients en réanimation et 40 % des personnes décédées du covid à l’hôpital sont en situation d’obésité. Le collectif des chercheurs autour de l’obésité (Afero) est clair : l’obésité augmente la mortalité d’un facteur de 2 à 4 en fonction des études. Or, on nous explique aujourd’hui que les personnes obèses pourront être vaccinées en même temps que les personnes de 50 ans et plus, dans la phase 3 prévue en juin. Il faut très rapidement pour des questions d’efficacité et d’éthique vacciner les personnes souffrant d’obésité.

L’Irlande est confrontée d’une façon majeure au variant anglais du covid. Et depuis une semaine, un collectif de médecines irlandais a constaté une augmentation de la gravité de la contagion des personnes souffrant d’obésité et dès le plus jeune âge… On peut craindre la même situation en France, non ?

AGNÈS MAURIN Oui. On a constaté outre-Manche que la variant anglais augmentait la gravité de la maladie dès le plus jeune âge chez les personnes obèses. Et la France ne sera pas épargnée par ce variant.

Comment analysez-vous la stratégie vaccinale du gouvernement ?

AGNÈS MAURIN Aujourd’hui se pose une vraie question pour nous à la fois d’efficacité, tant que l’on n’aura pas vacciné les personnes qui sont obèses, nous n’aurons pas l’efficacité d’empêcher les confinements. Nous ne pourrons pas sortir la population française de l’état dans lequel elle est puisque le critère, ce sont les hôpitaux. Tant qu’ils seront engorgés, nous aurons une économie à l’arrêt. Non seulement ce n’est pas efficace, mais en plus c’est une question d’éthique. Suite à la dernière intervention du premier ministre qui a déclaré que les personnes vulnérables sont les premières concernées et qu’il fallait qu’elles soient très vite vaccinées, le conseil d’orientation de la stratégie vaccinale a pris une partie des vulnérables en les appelant les « ultras vulnérables » avec notamment les insuffisants rénaux et les personnes atteintes d’un cancer. On se demande vraiment aujourd’hui si les pathologies représentaient les associations concernées au sein de ce conseil. Si c’est le cas, est-ce que ça veut dire qu’il faut désormais appartenir à des cénacles parisiens pour obtenir une considération au plus haut niveau de l’État pour être vacciné ? Ça serait gravissime. Si nous sommes à l’heure des choix, ce qui a pu être évité aux services de réanimation ne le sera pas pour la vaccination. C’est impensable d’être obligé de choisir entre vulnérable et vulnérable !

Comment expliquez-vous ce retournement de situation ?

AGNÈS MAURIN On nous explique qu’il va y avoir pénurie de vaccins. Mais comment se fait-il qu’un gouvernement fédéral américain aujourd’hui incite dès maintenant dans sa phase 1A, donc dès aujourd’hui, à vacciner toutes les personnes souffrant d’obésité ? Je rappelle qu’aux États-Unis, ces personnes représentent 42 % de la population, contre 15 % en France. Il faudra que l’on m’explique comment les États-Unis peuvent vacciner 42 % de leur population et que nous, on ne peut pas vacciner 15 % des Français. On vit avec les vaccins ce qu’on a vécu avec les masques. Quand il n’y avait pas de masques, on nous a expliqué que ce n’était pas nécessaire d’en porter. Aujourd’hui on n’a pas de vaccins et plutôt que de l’avouer, on nous dit que la phase 3, c’est suffisant pour les personnes obèses. Les personnes prioritaires en phase 1 (cancers sous traitement, insuffisances rénales) représentent 800 000 personnes. Et les personnes obèses sont 7 millions. Les calculs sont vite faits : s’il y a pénurie de vaccin, on assure à cette grande partie de la population qu’elle ne fait plus partie des personnes avec un risque élevé. On a l’impression que ce gouvernement envoie dos à dos les Français. Ce sont des pratiques inadmissibles.

Quels sont vos moyens d’action ?

AGNÈS MAURIN Nous parlons dans la presse, nous rédigeons des tribunes. Nous avons monté des collectifs, écrit au Premier ministre, à celui de la Santé… Nous avons eu une réponse très laconique : les personnes obèses sont en phase 3. Sans explication

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Cet article a été publié le Lundi 25 janvier 2021 à 01:27 et est catégorisé sous POLITIQUE. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le fil Flux des commentaires. Les commentaires et trackbacks sont fermés pour cet article.

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