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« Chacun son métier et les vaches seront bien gardées ».

Posté par jacques LAUPIES le 14 janvier 2021

C’est un peu ce dicton qui m’a guidé lorsque tout jeune militant un franc-maçon m’avait suggéré de rejoindre la francmaçonnerie.

J’ai toujours considéré qu’en tant que communiste adhérent à un parti, il n’était pas de bon aloi de se disperser dans d’autres organisations lesquelles sont philosphiquement ou d’un point de vue religieux en décalage avec la vision que Marx, Engels, Lénine et bien d’autres ont du parti révolutionnaire. Mais évidemment il ne me vient pas à l’idée aujourd’hui d’exiger des autres membres de mon parti d’appliquer cette « discipline ».

Car d’autres comme moi, en des domaines divers, ont leur propre sensibilité qui les détermine dans la sphère de la vie privée qui ne regarde aucunement  l’expression de leur choix  politique et de l’action qui en découle. Certains diront que c’est là une prime à  hypocrisie. Une hypocrisie sans doute mais bien malin celui qui prétend la dévoiler au risque du ridicule par manque de savoir, de connaissance de la diversité humaine tout autant d’ailleurs que de ce qui en fait l’unité…

L’affaire, qui frappe une personnalité politique en ces jours où la société en crise nous révèle plus que d’habitude ses contradictions, nous démontre que l’amalgame règne et que se substitue à la justice une horde d’analyste qui s’érigent en juges ou, pour le moins, en pseudos spécialistes qui offrent ainsi la bonne parole.. La méthode fait des ravages en politique, en économie, dans le domaine social. Elle conditionne les masses tout simplement ! 

 

 

 

 

 
 

Communisme et franc-maçonnerie, histoire d’une rupture politique

Mercredi 13 Janvier 2021

Tout commence avec une discrète vingt-deuxième condition à l’adhésion à la III e Internationale… Dans un essai remarquablement fourni, Denis Lefebvre relate l’histoire d’une dissension qui fera date au sein du mouvement communiste.

 

En 1920, le congrès de Tours entérine la scission de la SFIO et consacre la naissance du PCF. Vingt et une conditions à l’adhésion à la III e Internationale sont rendues nécessaires par Moscou.

Mais, très vite, une vingt-deuxième condition fait son apparition de manière plus discrète ; elle concerne l’impossibilité d’être tout à la fois franc-maçon et communiste. Or, si cette 22 e condition n’est jamais évoquée officiellement – Léon Blum y fait tout de même référence dans un article publié le 27 octobre 1920 dans l’Humanité –, celle-ci a bel et bien existé et fut même adoptée au troisième congrès de l’Internationale communiste, en juin 1920. Néanmoins, Moscou n’insiste pas, conscient du poids que représentent les communistes francs-maçons en France.

Trotski lance la charge

C’est deux ans plus tard, au cours du quatrième congrès de l’Internationale (fin 1922), que la question refait surface de manière tonitruante. Léon Trotski est alors tout désigné pour lancer la charge. Fin connaisseur de l’univers maçonnique, il proclame l’incompatibilité absolue entre communisme et franc-maçonnerie. Intérêts antagonistes, dévoiement de la lutte des classes, jeu de la respectabilité et de la démocratie bourgeoise, son propos lapidaire est dédié à la situation française. Trotski estime que certains camarades, en particulier élus, jouent les idiots utiles de la social-démocratie, en incarnant l’aile gauche d’un régime parlementaire réformiste qui s’accommode de leur présence, tout en renforçant le poids des obédiences au sein des institutions de la III e République.

1923, l’heure de la rupture

Au fond, les dirigeants de l’Internationale en sont convaincus : la double appartenance est une entrave à l’avènement de la révolution. Les communistes francs-maçons – dont l’auteur et historien Denis Lefebvre nous dit qu’il est très difficile d’en déterminer le nombre – sont sommés de rendre publique, avant le 1 er janvier 1923, leur rupture avec la franc-maçonnerie sous peine d’exclusion. Cette confession publique ne vaut pas pour autant réhabilitation. Les anciens francs-maçons devront attendre deux ans avant de pouvoir exercer une responsabilité au sein du parti.

Entre les tissus de la raison et du cœur

Confrontés aux réactions parfois un peu abruptes des obédiences desquelles ils sont membres, les camarades francs-maçons se retrouvent enchevêtrés entre les tissus de la raison et du cœur. Certains communistes, tel André Marty, optent pour le parti, quand, dans le même temps, Antonio Coen, membre de la loge Jean Jaurès à la Grande Loge de France, refuse de se plier aux décisions de l’Internationale. La SFIO – y compris les guesdistes, hostiles au principe de la double appartenance – devient alors un parti d’accueil pour ces frères et sœurs qui avaient choisi le Parti communiste quelques années plus tôt.

Quelles valeurs partagées ?

Dans un travail remarquablement fourni, Denis Lefebvre relate l’histoire d’une rupture politique qui fera date au sein du mouvement communiste. Il nous permet de nous interroger sur ce qui constitue l’engagement, partisan ou maçonnique. Il pose la question de l’antagonisme réel et supposé entre deux idéaux. Près de cent ans après l’analyse développée par Trotski, doit-on considérer que celle-ci est encore pertinente au regard des bouleversements historiques et politiques ? Quelles sont les valeurs partagées par le communisme du XXIe siècle et la franc-maçonnerie ? Autant de questions qui sont posées au terme d’une lecture passionnante. 

« Communisme et franc-maçonnerie ou la 22 e condition… », de Denis Lefebvre. Conform Édition, 94 pages, 10 euros.

 dans POLITIQUE
 

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