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Un coup les vieux, un coup les jeunes, un coup les commerçants, bref les coupables sont, selon les médias, partout dans le développement de la pandémie…La pauvreté s’installe ça c’est sur : c’est la généralisation de la mendicité pendant que s’installe une répression sournoise ! Résistez, respirez, ne vous laisser pas endormir par le grand bourgeois, le moyen et le petit, par le prolétaire moutonnier. Soyez grand !

Posté par jacques LAUPIES le 14 novembre 2020

 

Supporter des amphis ultrabondés en début d'année, puis s'adapter à des cours en semi-présentiel, puis passer au distanciel... suivre un cursus universitaire s'apparente à un parcours du combattant. © Lilian Cazabet/Hans Lucas

Supporter des amphis ultrabondés en début d’année, puis s’adapter à des cours en semi-présentiel, puis passer au distanciel… suivre un cursus universitaire s’apparente à un parcours du combattant. © Lilian Cazabet/Hans Lucas
 

Ils témoignent : Génération Covid, une jeunesse sacrifiée ?

Samedi 14 Novembre 2020

Ils ont 20 ans, l’âge auquel on construit sa vie étudiante, professionnelle, amicale, amoureuse, parfois – souvent – tout cela à la fois. Leur présent et leur avenir, déjà obscurcis par la crise sociale et écologique, se dessinent, depuis le premier confinement, plus noirs encore. Et comme si cela ne suffisait pas, ils ont été accusés de diffuser le Covid. « Il est difficile aujourd’hui d’avoir 20 ans », reconnaissait Macron. Dont acte ? TÉMOIGNAGES.

 

Il devait fêter ça comme il se doit. Vingt ans, ce n’est pas rien, hein ? Et puis le Covid est passé par là. Avec lui, son lot de mesures sanitaires chaque fois plus restrictives. Les masques, la distanciation physique ? On s’adaptera. Le couvre-feu ? Pas grave, la fête aura lieu plus tôt. Le nouveau confinement ? L’affaire devenait décidément de plus en plus compliquée. Finalement, c’est à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), dans un cercle familial des plus restreints, que Martin Jamet devait passer le cap d’une autre décennie, ce mercredi 4 novembre. « Je crois que je vais regarder l’élection présidentielle américaine à la télé », dit-il, le ton un poil désabusé. « Vingt ans, c’est symbolique ! Ça devrait être festif. Mais loin de mes amis, ça devient morne, une vraie déchirure… »

 

Surtout, le jeune homme redoute de devoir passer ses belles années entre vagues épidémiques, confinements à répétition, masques et distanciation. Un comble, pour l’étudiant en licence 3 de cinéma à Paris-Dauphine. Car sa vraie vie, à 20 ans, il la voyait en train de discuter ferme avec ses camarades du Michel-Ange, le dernier film de Konchalovsky. Ou en usant les vieux fauteuils du ciné-club de son université. Avant la crise, celui qui aspire au métier de scénariste savait déjà qu’il s’engageait dans un secteur précaire, difficile. Mais là, ce sont les stages, les festivals qui se ferment à lui. Autant d’opportunités envolées, pourtant incontournables afin de se forger un précieux réseau. « J’avoue ne plus avoir de perspectives. La visibilité est hyperréduite. Personne aujourd’hui ne peut se projeter au-delà de ne serait-ce que quinze jours, alors dans un an ! » soupire-t-il.

« Se serrer les coudes »

Si le Covid bouleverse le monde entier, il secoue plus particulièrement la jeune génération. Cette crise sanitaire, vite devenue une crise économique et sociale, est en bonne voie pour brouiller durablement la vie des jeunes. Emmanuel Macron l’a dit le 14 octobre dernier : « C’est dur d’avoir 20 ans en 2020. » Mais le constat présidentiel reste bien pauvre d’actions. Car, comme le souligne la sociologue Anne Lambert, « ce dont ont besoin les jeunes, c’est de se projeter dans un horizon collectif qui leur fait une place sur le marché du travail ».

 

Avant le Covid déjà, le taux de chômage des jeunes actifs (25 %) était de deux et demi à trois fois plus élevé que celui du reste de la population. Au début des années 1980, environ 12 % de ces jeunes actifs étaient en emploi précaire. Ils sont 35 % aujourd’hui. Et l’âge moyen d’accès du premier CDI est proche de 29 ans. « Je suis sceptique pour l’avenir mais, dans le fond, on est tous dans la même merde. On va se serrer les coudes entre jeunes et trouver de nouvelles solutions pour l’emploi. Enfin je l’espère. » Antoine Meulenyser, 21 ans, est en première année d’un BTS commerce en alternance. Or, trouver une entreprise qui accepte un apprenti relève aujourd’hui du miracle. Problème : un contrat avec une entreprise, c’est la condition indispensable pour la poursuite des études. « Immobilier, concession automobile, banque… J’ai frappé aux portes de toutes les entreprises de mon département, dans les Yvelines. Un bon tiers de ma classe est dans le même cas que moi, sans entreprise. Nous avons jusqu’à janvier pour en trouver une. Mais avec le confinement, les boîtes ne prennent même pas la peine de répondre aux mails. C’est mort… »

« Quelque chose qui cloche »

Théo Legendarme, 21 ans, pensait avoir eu plus de chance. Son alternance, après une recherche acharnée, il l’avait enfin décrochée. Pourtant, rien n’était joué. En deuxième et dernière année d’une école parisienne d’audiovisuel, il devait chercher dans un secteur très affecté par la crise du Covid. « Finalement, une entreprise de production audiovisuelle m’a pris à l’essai. Au début, tout allait bien, se souvient-il. En juillet, l’État avait proposé de payer la totalité de la formation. Le problème, c’est que l’entreprise n’a pas pu bénéficier de cette aide. J’étais payé 980 euros. Je leur coûtais trop cher. » Théo avait 45 jours de mise à l’essai. Au 44e jour, on l’informe qu’il ne continuera pas. « Ils m’ont fait passer pour quelqu’un de pas sérieux auprès de mon école. Ils ont signé ensemble une rupture de contrat dans mon dos », tempête-t-il. Quand il se présente à son école, on lui signifie que, sans alternance, il ne peut plus suivre les cours. « Aujourd’hui, j’ai du mal à me projeter dans un an, deux ans, avec le Covid, et vivre toujours comme ça. S’il n’y a pas d’alternative, je rentrerai dans la police ou la gendarmerie. Au moins, là, il y a du boulot. »

 

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Cassandre Sagan peut voir l’avenir plus sereinement. Un privilège en ces temps de vache maigre. La jeune femme de 21 ans, qui vit chez ses parents dans la périphérie de Poitiers, en est consciente : « Beaucoup d’apprentis ont perdu leur alternance. » En BTS opticien-lunetier, elle a trouvé un opticien à Neuville-de-Poitou qui entendait bien former un jeune pour l’embaucher plus tard. Aujourd’hui, la jeune femme, malade du Covid, récupère chez elle. De quoi cogiter. Car cette crise, dit-elle, l’a poussée à réfléchir davantage. « Je me sentais protégée contre pas mal de maladies, avec un système de santé que je pensais performant. Et puis l’engorgement des hôpitaux a remis beaucoup de choses en question. Au départ, je voulais être infirmière ou sage-femme. Mais les études sont extrêmement élitistes. Je n’ai pas été admise en deuxième année. Pourtant, j’aurais été capable de le faire, j’en suis convaincue. Et le besoin en personnels soignants est énorme. Alors je me dis qu’il y a quelque chose qui cloche. Que ce n’est pas normal. »

Les voyages form(ai)ent la jeunesse

Pour Crescent Duplessy, à 22 ans, l’école est finie. Fort de son diplôme de l’école parisienne du Conservatoire libre du cinéma français, il imaginait avoir son autonomie, trouver un travail et vivre, pourquoi pas, avec sa copine. Tout ça, c’était avant. Avant que le Covid ne frappe de plein fouet le monde de la culture. Toutes ses candidatures en tant que monteur sont restées lettres mortes. « C’est un secteur qui va avoir du mal à se renouveler. Il aura du mal à recruter des gens comme moi », craint-il. Crescent rêvait de courts métrages. Ses projets sont à l’arrêt.

 

« Je vis un épisode très particulier de ma vie, comme tous ceux de ma génération. La crise sanitaire nous coupe tout espoir. Je me suis inscrite à Pôle emploi… » L’espoir de Natacha Scandella, étudiante en 4e année aux beaux-arts de Besançon, c’était un séjour Erasmus, quasi obligatoire pour valider l’année. Naples, en Italie, avait donné son feu vert. Mais, très vite, c’est le flou total. Plus question avec la montée du Covid de partir le premier semestre. Le second semestre ? Peut-être. Mais rien de sûr. « J’avoue que je ne sais plus rien. Je suis déroutée. Mes plans sur le long terme ont été chamboulés du jour au lendemain », se désole la jeune femme de 22 ans. Elle trouve un stage dans un collectif d’artistes à Bruxelles. Mais, là aussi, les frontières se ferment. « J’ai reçu un mail la semaine dernière qui m’annonçait l’annulation du projet. » Confinée en colocation à Besançon, elle se dit désorientée, avec un rythme complètement perturbé et sa promotion divisée. « Je vais commencer un mémoire sans méthodologie, sans repère. Je suis perdue. » Pourtant, Natacha assure ne pas être au fond du trou. Et se trouve même privilégiée, avec des parents qui lui assurent une sécurité financière. « Car là, les jobs étudiants, c’est mort. »

Dans le quartier du Franc-Moisin, à Saint-Denis, véritable ville dans la ville avec ses 8000 habitants, 47 % des moins de 25 ans sont au chômage.

Logements précaires, jeunes obligés de retourner chez leurs parents, jobs étudiants en berne, enseignement à distance et décrochage… depuis mars, le Covid a décuplé les inégalités parmi les jeunes, alors que les classes dites populaires forment à elles seules, selon l’Insee, la moitié de la population active. Ces jeunes vivent aussi bien dans les cités qu’à la campagne ou dans des zones périurbaines. Ils se retrouvent moins bien armés que les autres face à la saturation du marché de l’emploi.

 

Dans le quartier du Franc-Moisin, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), véritable ville dans la ville avec ses 8 000 habitants, 47 % des moins de 25 ans sont au chômage. Djibril Fahim, 22 ans, est sorti de la fac avec une licence de comptabilité. Depuis presque un an, il cherche un emploi. « Je connais quelqu’un qui a été pris à un des postes auxquels je postulais. Il a moins d’expérience que moi. Mais lui, il habite dans les Hauts-de-Seine et il ne s’appelle pas Djibril », dit-il l’air fataliste. Le Covid lui a soufflé le peu d’espoir qu’il lui restait de trouver un emploi qui correspondrait à ses diplômes. Et même un emploi tout court. Pour ajouter à la morosité ambiante, les rencontres avec les potes deviennent quasi impossibles depuis le nouveau confinement, dans cette cité où les patrouilles de police représentent le lot quotidien.

Drôle d’endroit pour une rencontre

Dans le pavillon familial des Yvelines, Antoine est branché sur les réseaux sociaux. Une bien maigre compensation. « C’est mieux que rien, souffle-t-il. Et c’est là où l’on s’aperçoit de la valeur des relations sociales. » Pour une éventuelle relation amoureuse, il faudra attendre encore, sourit-il. Théo n’a pas eu cette patience. Il s’inscrit sur Tinder, un site de rencontres. « J’ai rencontré quelqu’un mais on ne peut pas se voir. Elle habite à Paris et moi dans le Val-d’Oise. C’est frustrant. Et j’imagine notre première rencontre avec des masques sur le visage. C’est bizarre, non ? »

Natacha explique que le Covid l’a fait sortir brutalement de l’insouciance. Et avoue qu’être confinée dans un tout petit appartement avec un colocataire peut devenir pesant. Mais cette situation hors normes lui a aussi permis de se retrouver elle-même. « Lorsque tu revois les gens, tu te sens plus authentique et tu ne t’encombres plus avec une posture sociale. »

Un coup les vieux, un coup les jeunes, un coup les commerçants, bref les coupables sont, selon les médias, partout dans le développement de la pandémie...La pauvreté s'installe ça c'est sur : c'est la généralisation de la mendicité pendant que s'installe une répression sournoise ! Résistez, respirez, ne vous laisser pas endormir par le grand bourgeois, le moyen et le petit, par le prolétaire moutonnier. Soyez grand ! dans POLITIQUE
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