Fabien Roussel s’adresse au Premier Ministre

Posté par jacques LAUPIES le 10 novembre 2020

 

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Crise sanitaire/confinement 

Fabien Roussel interpelle le Premier ministre

86 852 nouveaux cas positifs à la Covid-19 pour la seule journée du 7 novembre : jour après jour, les sombres records de contaminations ne cessent d’être battus. Il en est malheureusement de même pour le nombre de patients hospitalisés et celui, plus tragique encore, des décès.

La seconde vague prend ainsi la forme d’un véritable tsunami qui déferle sur nos hôpitaux.
Médecins, infirmiers, aides-soignants, toutes les professions de santé rapportent que la situation sanitaire se dégrade à un rythme extrêmement préoccupant. Cette situation est d’autant plus alarmante que les capacités de soin, notamment en réanimation, demeurent beaucoup trop restreintes.

Dans les Hauts-de-France, le nombre de patients en réanimation a dépassé aujourd’hui le pic atteint lors de la première vague. Huit mois après, la situation est donc plus grave !

Dans l’arrondissement de Valenciennes (Nord), des premiers patients ont été évacués vers des hôpitaux allemands. Si notre voisin d’outre-Rhin dispose de 28 678 lits de soins intensifs et de réanimation, soit près de 5 fois plus que nos propres capacités, l’Allemagne, elle-même confrontée à une deuxième vague importante, indique déjà qu’elle ne pourra pas accueillir autant de malades français qu’au printemps dernier.

Personne ne pourra admettre que des médecins, submergés par le nombre de patients, soient amenés à faire des choix insupportables au plan éthique et à prioriser certains patients au détriment des plus fragiles. 

Dès lors, vous ne pouvez pas tout faire reposer sur les Français, les salariés, celles et ceux obligés d’aller travailler aujourd’hui. Votre ministre de la Santé a ainsi déclaré, jeudi dernier lors de sa conférence de presse : « Si les Français ne respectent pas le confinement, dans 8 jours la situation sera désespérée dans nos hôpitaux ! ». Ce serait donc de notre faute ! C’est une culpabilisation insupportable de nos concitoyens.

Comment peut-il dire aux lycéens, aux collégiens et aux personnels des établissements scolaires que ce sera de leur faute s’ils attrapent ce virus quand ils sont obligés de s’entasser dans des couloirs, à la cantine, ou quand la moitié des personnels d’entretien sont malades et non remplacés ?

Comment peut-il faire porter la responsabilité aux ouvriers, tels ceux de Toyota que j’ai rencontrés et qui sont 3 500 à travailler à Onnaing, à se croiser dans les vestiaires, à la cantine, avec leur pause de 20 minutes pour manger ? Un tiers des clusters se situe dans les entreprises.

Comment peut-il faire porter la responsabilité à toutes celles et ceux obligés d’aller travailler et de prendre le métro, le RER ou le TER et à s’entasser dans ces transports collectifs, comme si le virus n’y circulait pas ?

Lors de la première vague, le confinement strict de l’économie durant le mois de mars avait permis de faire baisser le taux de contamination de 77 % en 4 semaines ! Je crains fort que ce confinement allégé ne parvienne à ce résultat.

Pour que les Français respectent les règles, il faut des consignes claires, cohérentes, les mêmes pour tous, et à la hauteur de la menace qui pèse sur notre pays. Surtout, nos concitoyens ont besoin de règles admises et décidées ensemble, en y associant autant le Parlement que les représentants du monde du travail. La démocratie n’est pas un problème, c’est même une grande partie de la solution pour prendre les meilleures décisions, même quand elles sont difficiles.

L’heure n’est plus aux demi-mesures. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, le confinement que vous avez mis en place n’enraye pas la courbe des contaminations et des patients en réanimation. De plus, il suscite de la colère car il oppose ceux qui peuvent poursuivre leur activité et ceux qui ne le peuvent pas.

La santé des Français doit primer sur toute autre considération, y compris économique. Et pour faire face aux conséquences d’un nouvel arrêt de notre économie, il serait temps de faire jouer la solidarité, quitte à ce que les pouvoirs publics l’imposent quand les plus fortunés, les banques et les assurances, les Gafa refusent de mettre la main à la poche. Ce n’est quand même pas à l’État, et donc aux contribuables, de tout prendre en charge quand certains s’enrichissent pendant cette crise ! 

Face à la gravité de la situation, je vous appelle solennellement à prendre ces mesures fortes indispensables pour notre pays, pour nos concitoyens.

Je reste à votre disposition pour en parler de vive voix.
Je vous prie de croire, Monsieur le Premier ministre, en l’expression de ma haute considération.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord

Fabien Roussel s'adresse au Premier Ministre dans POLITIQUE
 

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