L’Amérique n’est pas la France ? Pas si sur !

Posté par jacques LAUPIES le 3 novembre 2020

Je me souviens lors d’un bref séjour aux Etats Unis avoir rencontré des personnes qui incarneraient aujourd’hui ces deux Amériques qui s’affrontent ! Tel par exemple ces consommateurs de bière dans un bar qui nous avaient marqué un certain mépris parce que visiblement nous étions des touristes français et tel autre professeur dans l’enseignement qui connaissait les grands noms de la littérature français qu’il appréciait hautement. 
Je ne sais pas  s’ils votaient « démocrate » ou « républicain » l’un ou l’autre  mais leur image m’avait rappelé cette diversité  qui appelle  à voir la société américaine telle qu’elle est, parfois bien ressemblante à la nôtre. Partout ou je suis allé j’ai pu percevoir ces contrastes qui m’ont toujours ramené à essayer de comprendre le pourquoi des affrontements idéologiques  parmi lesquels les couches populaires ont bien de la difficulté à se retrouver.
Cela mériterait d’être examiné de plus près en un temps ou on ne retrouve plus, y compris en France, parmi ces couches catégories ou classes les identités politiques conforme à leurs intérêts…
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L'Amérique  n'est pas la France ? Pas si sur ! dans POLITIQUE

 
 

États-unis. De la vague bleue au chaos : quatre scénarios pour un scrutin

Mardi 3 Novembre 2020

Alors que 160 millions de votes sont attendus, Joe Biden est le favori, mais les chances de Donald Trump demeurent. L’Amérique va sans doute connaître l’élection la plus civique de son histoire et peut-être la plus surprenante, voire incontrôlable.

 

C’est presque acquis : cette élection entrera dans les livres d’histoire. Tout y contribue. L’enjeu : faire du « premier président blanc » (la formule est du journaliste écrivain africain-américain Ta-Nehisi Coates) l’homme d’un seul mandat. Le contexte sanitaire : la pandémie, qui en est à son troisième pic, a frappé 9 millions de personnes et en a abattu 230 000. La méthode : alors que les bureaux de vote ouvrent ce mardi matin, comme il est de tradition le premier mardi qui suit le premier lundi de novembre, on s’apprête à vivre l’élection présidentielle la plus civique depuis les années soixante. Demeure cette inconnue : par quelle porte entrera-t-elle dans ce grand panthéon des événements ?

1. La vague bleue

Personne ne s’attend à vivre un moment électoral « normal », avec le puzzle des États qui s’assemble au fil de la nuit américaine et le nom de l’élu connu au petit matin. Les raisons en sont multiples : refus de Donald Trump de s’engager à accepter les résultats du vote ; participation historique qui va engorger un système électoral désuet ; processus de comptage d’un nombre historiquement élevé de bulletins envoyés par correspondance. Un seul scénario peut déjouer la perspective d’une interminable attente : un résultat tellement clair et massif qu’il ne peut être contestable. En l’occurrence, et en l’état des derniers sondages comme des analyses des votes anticipés, il ne peut clairement pas s’agir d’une déferlante en faveur de Donald Trump. Seule une vague démocrate peut clore le chapitre de l’élection de 2020, quelques heures seulement après la fermeture des derniers bureaux de la Côte Ouest. Quelle forme peut-elle prendre ? Tout d’abord, une avance nette dans le vote populaire, même si, au final, celui-ci n’est d’aucune importance : disons, entre 5 et 10 % (la dernière moyenne des sondages indiquait 7,5 %), soit de 7 à 15 millions de voix d’avance. Elle serait alors de même ampleur que la dernière « vague bleue » en date, celle des élections législatives de mi-mandat : 10 millions de voix et 8,5 % d’avance.

Ce landslide (raz de marée) national doit, pour ne souffrir aucune contestation, se matérialiser dans les États clés. Hypothèse : Joe Biden remporte largement les trois du Midwest (Pennsylvanie, Michigan et Wisconsin), perdus par Hillary Clinton en 2016, et empoche, en supplément, l’Arizona et la Caroline du Nord avec une marge confortable, soit un total de 304 grands électeurs (majorité à 270). Si la Floride, voire la Géorgie s’ajoutent à la liste, c’est banco pour le parti de l’âne. À l’unisson, les républicains perdent leur majorité au Sénat et les démocrates maintiennent la leur à la Chambre des représentants. Grand chelem pour les démocrates, qui peuvent rapidement se lancer dans la transition et dans les premières mesures marquantes du mandat. C’était le scénario rêvé des stratèges démocrates, jusqu’à la résurgence de craintes avec d’ultimes sondages un tantinet moins favorables.

2. Le chaos

Sans « vague bleue », c’est la boîte de Pandore. Joe Biden remporte le vote populaire par une marge plus étroite que celle indiquée par les sondages depuis des mois. Dans nombre de Swing States, les résultats seront suffisamment serrés pour que Donald Trump n’y reconnaisse pas sa défaite (si tel est le cas) et fasse envoyer l’armée d’avocats, à pied d’œuvre depuis de nombreux mois. Coup de tonnerre, même : en fin de soirée, le président sortant annonce que son avance est telle en Pennsylvanie qu’il ne peut plus être rattrapé, sauf fraudes massives. Sur les écrans, les chiffres qui s’actualisent lui accordent une forme de véracité : il devance largement Joe Biden. Mais ce sont les votes effectués en personne, le jour même (mode privilégié par les républicains), qui s’affichent. Le résultat du vote par correspondance, utilisé majoritairement par les démocrates, n’apparaît pas encore. Il reste des millions de bulletins à compter : ils ont été enregistrés par les autorités, et on peut suivre en direct sur Internet le volume restant à dépouiller. Peu importe, Trump crée la confusion. Des groupes armés font leur apparition autour de bureaux où sont centralisés les bulletins. Trump persiste et revendique la victoire en Floride et en Caroline du Nord, alors que les opérations de comptage ne sont pas terminées. Avec le Texas et la Géorgie qui tombent dans son escarcelle, il twitte : « SECOND MANDAT. MERCI L’AMÉRIQUE. » Les avocats des deux candidats ont lancé des dizaines de recours devant des tribunaux.

Les décisions de juges fédéraux sont contradictoires, tandis que la contestation des totalisations est revendiquée, ici par un camp, là par un autre. En Pennsylvanie, on s’écharpe pour savoir si les signatures sur chaque enveloppe reçue sont bien concordantes avec celles figurant sur les listes électorales. Au Texas, les démocrates font appel d’une décision judiciaire qui annule le vote de 120 000 citoyens effectué à Houston en drive-through (bulletin déposé à un comptoir au volant de sa voiture.) En Géorgie, les associations de défense des droits civiques constatent que des dizaines de milliers d’Africains-Américains n’ont pas pu voter alors qu’ils étaient dûment inscrits. En Floride, les machines censées comptabiliser les bulletins multiplient défaillances et pannes. Les comtés les moins aisés – notamment autour de Miami, où réside une forte population africaine-américaine – en sont les principales victimes. Bref, la situation de 2000 en Floride est de retour, mais démultipliée à l’échelle de plusieurs États. Dans les rues, rassemblements et manifestations se multiplient, avec parfois accrochages et affrontements. Ensuite ? C’est le principe de la boîte de Pandore : on ne sait ce que l’on y trouve en l’ouvrant.

3. 2016, le remake

Autre scénario possible : Joe Biden recueille 49,95 % des voix, soit 80 millions de voix. Donald Trump : 46,1 %, et 73,8 millions de voix. Comme annoncé par le politologue Michael McDonald, le taux de participation est historique : 67 % (bien plus que les 63,8 % de Kennedy-Nixon en 1960 et que les 61,6 % d’Obama-McCain en 2008). Avec 6,2 millions de voix de plus que Donald Trump, Joe Biden double l’avance de Hillary Clinton. Pourtant, il subit le même destin et ne prêtera pas serment le 20 janvier 2021. Donald Trump dispose de 279 grands électeurs, contre 259 à l’ancien vice-président de Barack Obama. Au bout des comptes, recomptes et décisions de justice, les résultats validés sont sans appel. Le président sortant a remporté la Floride avec 65 000 voix d’avance. Il a surtout réédité son exploit de 2016 en Pennsylvanie (18 000 voix d’avance), exploitant au mieux, dans cet État qui profite du boom du gaz de schiste et du gaz naturel, de la « gaffe » de Biden appelant à sortir de l’ère des énergies fossiles. Et réalisé un come-back dans l’Arizona, État historiquement conservateur dont les changements démographiques laissaient augurer un virage vers les démocrates, pour devancer de 8 000 voix Joe Biden. Jamais, depuis la fondation du pays, la distorsion entre le « vote populaire » et le collège électoral n’a été de cette ampleur. L’Amérique antitrumpiste descend dans la rue pour demander une réforme du système, par ailleurs souhaitée par une majorité d’Américains. La réponse des républicains est claire : NO. En vingt ans, ce système leur a permis de remporter la présidence, tout en étant minoritaires en voix. Des appels à la sécession montent dans le Vermont, à New York et en Californie.

4. Le hold-up

Dernière possibilité, cette bonne vieille démocratie américaine n’a pas réussi à organiser une élection juste et équitable au résultat incontestable. Le collège électoral est censé se réunir, État par État, le 14 décembre, afin que les grands électeurs – qui ne sont tenus par aucun mandat, dans un tiers des États – désignent le président. Problème : aucune issue n’a été trouvée dans un certain nombre d’États. Pire : en Caroline du Nord et en Pennsylvanie, deux « certifications ont été envoyées » à Washington, l’une par le gouverneur démocrate, l’autre par les assemblées à majorité républicaine. À partir de là, deux versions sont envisageables. Saisie, la Cour suprême exige que le vote ait lieu en temps et en heure. En l’absence des délégués de plusieurs États, aucune majorité ne se dégage. Ce qui renvoie la décision à la Chambre des représentants. Astuce de la Constitution : on n’y vote pas par député mais par délégation. La Californie et ses 53 députés comptent autant que le Wyoming et son unique député. Même si le parti de Joe Biden et Nancy Pelosi a renforcé sa majorité de quelques unités, le 3 novembre, 27 États ont une majorité de députés républicains, contre 23 à majorité démocrate. Donald Trump est réélu président des États-Unis. Ou alors, par un moyen ou par un autre, une majorité des neuf juges de la plus haute instance judiciaire du pays accordent sur le tapis vert le plomb d’une défaite en or d’une victoire. La juge Amy Coney Barrett, nommée au pas de charge par les républicains du Sénat, apporte la voix décisive. Donald Trump n’avait pas caché son intention de faire trancher une Cour suprême au complet. Le (mauvais) tour est joué.

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