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Retour sur le dernier encyclique Fratelli tutti (tous frères)

Posté par jacques LAUPIES le 15 octobre 2020

 

J’invite les catholiques de ma ville à prendre connaissance de certains éléments de ce texte qui devrait conforter les convergences de luttes, l’union et pourquoi pas l’adhésion  au PCF pour en finir avec les dérives libérales et construire une société plus juste.

Nous allons organiser des séances pour informer et débattre sur le thème « Pourquoi l’éducation et l’action politique  des communistes deviennent indispensable à tous et particulièrement à la jeunesse »

Ces séances seront ouvertes aux jeunes communistes et à tous ceux qui  souhaitent s’informer sur les fondements, le fonctionnement de ce parti et de la vie politique en général.

 

https://www.pcf.fr/encyclique_fratelli_tutti_des_bases_de_rassemblements_possibles?utm_campaign=communistes_831&utm_medium=email&utm_source=pcf

le 14/10/2020 par PCF

Encyclique Fratelli tutti : des bases de rassemblements possibles

Fratelli tutti (Tous frères) est la seconde encyclique signée du pape François après Laudato Si qui évoquait la crise écologique.

Impossible évidemment de résumer les 90 pages qui constituent ce document. On y retrouve la conception du pape (confronté à de fortes oppositions internes) concernant la fraternité et l’amitié sociale déclinée autour de thèmes tels que l’immigration, le populisme, le libéralisme, les guerres, le rôle des religions, etc…

Retour sur le dernier encyclique Fratelli tutti (tous frères)  dans POLITIQUE

Pour les militant·e·s communistes, il est intéressant d’y pointer les convergences du vues sur le constat des évolutions du monde.

Cet article effectue un zoom sur quelques aspects. Il attire l’attention sur les bases possibles de rassemblements.

Il n’épuise pas les sujets de dialogue, voire de controverses sur d’autres aspects.

Voyons comment le pape lui même explicite sa démarche.

« Les questions liées à la fraternité et à l’amitié sociale ont toujours été parmi mes préoccupations.

« Quand je rédigeais cette lettre, a soudainement éclaté la pandémie de la Covid-19 qui a mis à nu nos fausses certitudes. Au-delà des diverses réponses qu’ont apportées les différents pays, l’incapacité d’agir ensemble a été dévoilée. Bien que les pays soient très connectés, on a observé une fragmentation ayant rendu plus difficile la résolution des problèmes qui nous touchent tous. Si quelqu’un croit qu’il ne s’agirait que d’assurer un meilleur fonctionnement de ce que nous faisions auparavant, ou que le seul message que nous devrions améliorer les systèmes et les règles actuelles, celui-là est dans le déni. »

L’obsession de la réduction des coûts du travail

Revenons à quelques constats développés par François à travers quelques extraits.

« L’avancée de cette tendance de globalisation favorise en principe l’identité des plus forts qui se protègent, mais tend à dissoudre les identités des régions plus fragiles et plus pauvres, en les rendant plus vulnérables et dépendantes. La politique est ainsi davantage fragilisée vis-à-vis des puissances économiques transnationales qui appliquent le ‘‘diviser pour régner’’. »

« Protéger le monde qui nous entoure et nous contient, c’est prendre soin de nous-mêmes. Mais il nous faut constituer un ‘‘nous’’ qui habite la Maison commune. Cette protection n’intéresse pas les pouvoirs économiques qui ont besoin d’un revenu rapide. »

« Ce rejet se manifeste de multiples façons, comme par exemple dans l’obsession de réduire les coûts du travail sans prendre en compte les graves conséquences que cela entraîne, car le chômage qui en est la résultante directe élargit les frontières de la pauvreté. »

« De nombreuses formes d’injustice persistent aujourd’hui dans le monde, alimentées par des visions anthropologiques réductrices et par un modèle économique fondé sur le profit, qui n’hésite pas à exploiter, à exclure et même à tuer l’homme. »

Le droit à la propriété privée n’est pas intouchable

« Certains naissent dans des familles aisées (…) Ceux-là n’auront sûrement pas besoin d’un État actif et ne revendiqueront que la liberté. Mais évidemment, la même règle ne vaut pas pour une personne porteuse de handicap, pour quelqu’un qui est né dans une famille très pauvre, pour celui qui a bénéficié d’une éducation de qualité inférieure et de ressources limitées en vue de soigner convenablement ses maladies. Si la société est régie principalement par les critères de liberté du marché et d’efficacité, il n’y a pas de place pour eux et la fraternité est une expression romantique de plus. »

« La tradition chrétienne n’a jamais reconnu comme absolu ou intouchable le droit à la propriété privée, et elle a souligné la fonction sociale de toute forme de propriété privée. Le principe de l’usage commun des biens créés pour tous est le « premier principe de tout l’ordre éthico-social » ; c’est un droit naturel, originaire et prioritaire. Tous les autres droits concernant les biens nécessaires à l’épanouissement intégral des personnes, y compris celui de la propriété privée et tout autre droit « n’en doivent donc pas entraver, mais bien au contraire faciliter la réalisation », comme l’affirmait saint Paul VI. Le droit à la propriété privée ne peut être considéré que comme un droit naturel secondaire et dérivé du principe de la destination universelle des biens créés. »

Sur la notion de « ruissellement »

« Le marché à lui seul ne résout pas tout, même si, une fois encore, l’on veut nous faire croire à ce dogme de foi néolibéral. Il s’agit là d’une pensée pauvre, répétitive, qui propose toujours les mêmes recettes face à tous les défis qui se présentent. Le néolibéralisme ne fait que se reproduire lui-même, en recourant aux notions magiques de “ruissellement” ou de “retombées” – sans les nommer – comme les seuls moyens de résoudre les problèmes sociaux. Il ne se rend pas compte que le prétendu ruissellement ne résorbe pas l’inégalité, qu’il est la source de nouvelles formes de violence qui menacent le tissu social. »

« Je me permets de répéter que « la crise financière de 2007-2008 était une occasion pour le développement d’une nouvelle économie plus attentive aux principes éthiques, et pour une nouvelle régulation de l’activité financière spéculative et de la richesse fictive. Mais il n’y a pas eu de réaction qui aurait conduit à repenser les critères obsolètes qui continuent à régir le monde ». [147] Pire, les réelles stratégies, développées ultérieurement dans le monde, semblent avoir visé plus d’individualisme, plus de désintégration, plus de liberté pour les vrais puissants qui trouvent toujours la manière de s’en sortir indemnes. »

« Celui qui subit une injustice doit défendre avec force ses droits et ceux de sa famille, précisément parce qu’il doit préserver la dignité qui lui a été donnée, une dignité que Dieu aime. »

Patrick Coulon

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Celui qui croit au ciel et celui qui n’y croit pas ! Lequel des deux ?

Posté par jacques LAUPIES le 14 octobre 2020

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Quand l’exemple vient « d’en haut

 

Un de mes amis m’indiquait que le rapprochement avec les croyants (il est catholique converti depuis peu) ne peut se faire car il ya incompatibilité entre les fondements du christianisme reposant sur l’existence de Dieu et ceux du communisme reposant sur le matérialisme qui en est la négation. Un tel raisonnement est triste et inquiétant à la fois. Il renvoie à un débat philosophique séculaire et qui n’est pas près de s’arrêter et qui ne devrait en aucun cas entraver la marche de l’humanité.

Fort heureusement il y a dans l’église de cet ami, à commencer par le pape, des hommes qui en critiquant le système capitaliste démontrent que croyant ou non l’on peut aspirer à une autre société  que celle qui actuellement, sous influence libérale, ne nous met pas à l’abri de conflits armés et met au grand jour les  injustices sociales  existantes les plus criantes. En substance j’appellerai cela une position politique d’ouverture !

Certes ce discours là ne marque pas une adhésion  à l’analyse globale marxiste qui pour l’essentiel prone concrètement la fin de l’aliénation du produit de la force de travail donc la suppression de la propriété privée des moyens de production (du moins celle qui aboutit à des concentrations gigantesques  dessaisissant les peuples de tout contrôle sur l’économique et le politique)

Cependant ce discours permet d’évacuer l’instrumentalisation de la religion au bénéfice des possédants et peut inciter les croyants à s’inscrire dans  une politique fondée sur  l’exploitation  du travail dans un cadre mondial, par le truchement  des marchés financiers, avec la mise en concurrence des forces de travail que permet le développement inégal des économies, des droits sociaux dans le monde. En même temps il permet de rejeter les tentatives de les orienter vers les « théories populistes et nationalistes » qui en stigmatisant  certaines catégories de travailleurs (notamment les immigrés)  conduisent à cultiver les différences d’origine, à favoriser ainsi l’éclosion du racisme.

Qu’au sein de l’église catholique, comme cela se passe  au sein de l’islam et d’autres religions, des minorités préconisent que  les états fondent leur gouvernance sur des préceptes religieux n’est pas nouveau mais il est de plus en plus évident que les peuples rejettent  cette conception au bénéfice de celle recourant à la laïcité. Contraints ou forcés, notamment lorsque les pluralismes religieux  menacent les religions dominantes trop de mouvements jouent avec cette vision désastreuse des rapports humains. De l’extrême droite aux démocrates chrétiens  on peut déceler cette démarche de défense de la laïcité dont on peut douter qu’elle soit sincère.

C’est pour cela que je souhaite à mon ami qu’il prennent enfin conscience que  l’élément moteur du progrès social  ne peut se résoudre que dans les affrontements de classe  et non les affrontements religieux qui n’aboutissent que tres exceptionnellement à des avancées  historiques positives pour  l’humanité !

 

 

https://lepcf.fr/Le-pape-Francois-affirme-que-la-pandemie-a-demontre-que-les-theories-magiques

Le pape François affirme que la pandémie a démontré que les « théories magiques » du capitalisme ont échoué

Vendredi 9 octobre 2020, par  auteurs à lire, popularité : 74%

 

 

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Cette encyclique a fait l’effet d’une bombe de la part d’un pape jésuite venu d’Amérique latine. Tout est à craindre pour celui-ci qui affronte une bonne part de son clergé et propose une véritable révolution à l’église. Le dialogue avec les catholiques est plus que jamais nécessaire. Cela dit pour avoir écouté le discours de Jean-Paul II à la Havane sur la place de la Révolution, je sais combien il y a loin entre les discours et les choix politiques de l’église catholique. Mais quand ce pape entame un dialogue politique avec la Chine et refuse les mises en garde de Pompeo, nous sommes dans un autre registre (note et traduction de Danielle Bleitrach).


Le pontife a réitéré sa critique du système économique mondial « pervers », affirmant qu’il maintient les pauvres en marge tout en enrichissant une minorité.

Le pape François a déclaré dimanche que la pandémie de coronavirus a montré que les « théories magiques » du capitalisme de marché ont échoué et que le monde a besoin d’un nouveau type de politique qui encourage le dialogue et la solidarité, et rejette la guerre à tout prix.

François a exposé sa vision d’un monde post-covid-19 en réunissant les éléments clés de ses enseignements sociaux dans une nouvelle encyclique, « Fratelli Tutti » (« Tous frères »), publiée le jour de la fête du saint dont il tire son nom, le saint pacifiste François d’Assise.

Dans le texte, il a même rejeté la doctrine de l’Église catholique qui justifiait la guerre comme moyen de légitime défense, déclarant qu’elle était appliquée trop largement depuis des siècles et qu’elle n’était plus viable.

« Aujourd’hui, il est très difficile d’invoquer les critères rationnels élaborés au cours des siècles passés pour parler de la possibilité d’une « guerre juste » », écrivait le pontife dans la partie la plus controversée de la nouvelle encyclique.

Incapacité des pays à travailler ensemble

François avait commencé à écrire l’encyclique, la troisième de son pontificat, avant que la pandémie de coronavirus n’éclate, perturbant la vie quotidienne de l’économie mondiale. Cependant, il a noté que la pandémie avait confirmé sa conviction que les institutions économiques et politiques actuelles devaient être réformées pour répondre aux besoins légitimes des personnes les plus touchées par la pandémie.

« Indépendamment des différentes manières dont les différents pays ont répondu à la crise, leur incapacité à travailler ensemble est devenue tout à fait évidente », a déclaré Francisco.

D’autre part, le pape a condamné la politique populiste qui tente de diaboliser et d’isoler, et a appelé à une « culture de la rencontre » qui favorise le dialogue, la solidarité et un effort sincère pour rechercher le bien commun.

En ce sens, Francisco a réitéré ses critiques du système économique mondial « pervers », affirmant qu’il maintient les pauvres en marge tout en enrichissant une minorité. De même, il a de nouveau rejeté la théorie économique de « l’effet de ruissellement », comme il l’a fait en 2013 dans « Evangelii Gaudium » (La joie de l’Évangile), déclarant qu’elle n’a pas l’effet qu’elle prétend avoir.

« Le néolibéralisme se reproduit simplement en recourant à des théories magiques du « déversement » ou du « filet », sans utiliser ce nom, comme seule solution aux problèmes de société. […] On accorde peu d’attention au fait que le soi-disant « déversement » ne résout pas les inégalités qui donnent lieu à de nouvelles formes de violence qui menacent le tissu de la société », a écrit le pape.

Avec les informations d’AP

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Revenir aux fondamentaux sur la question de l’intervention de la France au Mali !

Posté par jacques LAUPIES le 13 octobre 2020

La question n’est certes pas simple car par delà la défense d’intérêts économiques liés à l’exploitation des ressources minières  dont s’approvisionne la France, les prétentions américaines, chinoises ou autres, à exercer la défense de leurs intérêts dans cette Afrique dont l’importance géopolitique est extrêmement déterminante , l’influence française et donc ses intérêts se trouvent menacés.

La logique de nos gouvernants successifs qui consiste à prendre en compte les intérêts relevant du public (énergie nucléaire, armée, régulation des échanges commerciaux, etc.) dans une système dominé par le libéralisme économique, cette logique aboutit à l’utilisation de la force et de la pression politique à l’encontre des états africains qui pratiquent la corruption au service des classes dominantes de ces pays et à l’encontre des peuples.

Tant que nos dirigeants, voire certains de leurs opposants, s’inscriront dans cette coopération avec les pays d’Afrique dans le cadre  d’un tel système, qui nie l’intérêt des populations victimes de cette forme de néocolonialisme, le débouché sur des interventions militaires ne sera pas évitable et l’échec sera certain.

La solution de la défense des intérêts de la France ne peut-être que dans une coopération équitable fondée sur des aides au développement économique et social de ces pays. De la seulement nous pouvons espérer des retours préservant la satisfaction de nos besoins en matière d’échanges. Cela passe par l’information et la mobilisation du peuple de France et de ceux des pays concernés.

Mais le risque est grand chaque jour qui passe de rendre cette solution inopérante.

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Pas un soldat français en Afrique ! Intervention de Caroline Andréani

Samedi 10 octobre 2020, par  Caroline Andréani, popularité : 36%

 


Je vais commencer mon intervention par une anecdote révélatrice de la position du PCF sur l’intervention française [1] au Mali.

En 2013 ou 2014, lors d’une conférence fédérale où nous discutions du énième texte de congrès, la question de l’intervention française au Mali est venue dans la discussion. Je pensais, un peu naïvement certainement, qu’une intervention militaire dans une ancienne colonie française provoquerait un tollé. Ce ne fut pas le cas : un des responsables de la fédération du PCF, Jean-Charles Nègre, est monté au créneau pour expliquer que les Maliens se félicitaient de l’intervention militaire contre les groupes « djihadistes » et que le Parti communiste ne pouvait pas condamner une intervention visant à éradiquer des terroristes. Sa position n’a pas suscité beaucoup de réactions. Parmi les dizaines de communistes présents, nous n’avons pas été nombreux à protester. Nous avons invoqué la tradition d’opposition du PCF aux guerres coloniales et au néo-colonialisme mais nous sommes restés très minoritaires, la seule évocation des groupes djihadistes suffisant à empêcher toute réflexion.
Peut-on résumer la position du PCF sur l’intervention militaire française au Mali à cette seule anecdote ? Malheureusement, l’analyse du PCF sur les questions internationales est indigente. Elle reflète l’état de l’opinion publique qui se satisfait des explications simplistes.

Le PCF s’est longtemps réfugié derrière cette dialectique simpliste : les islamistes sont des terroristes ; les terroristes doivent être combattus ; si la France envoie des militaires pour combattre les terroristes, alors ne soyons pas trop regardants : les « gens » ne comprendraient pas notre position. Surtout quand François Hollande, un socialiste, est l’initiative de cette intervention militaire.

Le ton a changé avec le temps : les différents rapports sur la situation militaire au Sahel et ses conséquences sur les populations civiles ont fait évoluer la position du PCF qui émet maintenant quelques réserves et se prononce pour une solution politique. Il serait temps.

L’intervention militaire de la France dans les pays du Sahel a-t-elle pour justification le rétablissement de la paix dans la région ? On peut légitimement en douter. Depuis le renversement de Khadafi en Libye, des armes de guerre circulent dans tout le Sahel. Le renversement du régime a renvoyé des centaines de combattants Touaregs dans leurs pays d’origine, et des milliers de mercenaires de tous horizons ont débarqué dans la région. Le tout contribue à entretenir un chaos d’une ampleur jusque-là inconnue.

La France défend-elle ses intérêts économiques et commerciaux dans la région ? Certains observateurs en doutent, car le poids économique de l’ancienne puissance coloniale ne pèse guère face à la Chine ou aux États-Unis. Cependant, la France a intérêt à se maintenir dans la région :
- 1- elle sécurise son approvisionnement en uranium au Niger
- 2- elle fait la démonstration grandeur nature de la puissance de son armement, ce qui lui permet de démarcher de potentiels acheteurs d’armes. Ce n’est pas pour rien que notre pays est le 3e exportateur d’armement au niveau mondial, et que sa balance commerciale engrange chaque année environ 20 milliards d’euros
- 3- et enfin, alors que son emprise économique est en recul, la France maintient, avec la bienveillance des États-Unis, son rôle géostratégique dans la région en jouant le gendarme régional.

Bien entendu, les conflits au Sahel pré-existaient à l’intervention militaire française de 2013 : on peut les dater de la fin des années 1990 avec la dispersion des combattants du GIA algérien au Sahel. Les Touaregs entretenaient également un climat de violence et des activités de prédation antérieures à 2013. Mais ces conflits restaient du domaine des escarmouches et des affrontements locaux. Ils faisaient des morts, mais il ne s’agissait pas décimer la population de villages entiers. Même avec difficulté, ils étaient jugulés localement.

La déstabilisation actuelle de la région crée une situation toute autre. D’abord, parce que les groupes armés et les milices détiennent aujourd’hui un arsenal de guerre techniquement bien supérieur aux armes qui circulaient auparavant. Cet arsenal est plus destructeur et les dégâts bien supérieurs.

Le Sahel est devenu une plaque tournante de trafics en tous genres : narcotrafic, trafic d’armes, trafics d’êtres humains, qui permettent aux groupes terroristes de se financer.

Enfin la présence française a accéléré la recomposition de ces groupes incorrectement qualifiés de djihadistes. Elle a également augmenté leurs capacités de recrutement car les civils victimes des exactions de l’armée française et des armées du G5 Sahel rejoignent naturellement ces groupes dans une logique de résistance et de vengeance. Année après année, les Nations Unies recensent une augmentation des événements violents provoquant la mort de civils.

Par ailleurs les groupes islamistes ne sont plus perçus par les civils comme une menace, mais au contraire comme un rempart face aux exactions de l’État malien. Ils se substituent aux autorités locales corrompues, lèvent les impôts, exercent la justice. Ils apportent ainsi aux éleveurs et aux agriculteurs une forme d’ordre et de sécurité que l’État n’est pas capable de leur apporter.

Si l’on ne peut pas tenir la France pour seule responsable de la situation au Sahel, on ne peut pas non plus l’exonérer de ses responsabilités. La décision d’envoyer l’armée française au Mali, puis d’augmenter son périmètre d’intervention au Burkina-Faso, au Niger, au Tchad, en Mauritanie à partir de 2014 avec l’opération Barkhane, était une erreur manifeste. Non seulement l’armée française n’a pas réussi à « éradiquer » les groupes « terroristes », mais ces derniers se sont adaptés, évitant tout affrontement militaire direct, se dispersant dans l’immense désert sahélien, passant les frontières pour se cacher parmi les populations civiles.

Cette violence a bouleversé l’équilibre qui existait entre agriculteurs, éleveurs et pêcheurs dans le centre du Mali comme en témoignent les massacres de villages entiers. Le cycle de représailles que cela a amorcé, les dégâts considérables à l’encontre des civils sont la conséquence directe de l’intervention militaire française.

La France laisse la direction des opérations aux militaires. Les gouvernements successifs les incitent à mener des assassinats soi-disant ciblés qui exacerbent les tensions. Le politique couvre bavures et exactions, sans jamais rendre de compte au Parlement et encore moins à l’opinion publique française [2]. La rhétorique guerrière est agitée à chaque fois qu’un soldat français meure. Le gouvernement invoque non plus la « mission civilisatrice » de la France mais le juste combat contre les djihadistes, et le nécessaire appui à l’armée malienne pour restaurer la la paix ! Jusqu’à quand ?
L’armée française, maintenant qu’elle a contribué à déstabiliser la région, argue que son départ serait catastrophique.

Contrairement à d’autres interventions militaires par le passé, quand le contingent était mobilisé, la présence française au Mali intéresse peu l’opinion publique. Les militaires envoyés au Mali sont des militaires de carrière. Leur disparition impacte finalement peu de monde.

Mais ne faudrait-il pas informer nos concitoyens qu’en plus du coût humain de cette intervention, qui se chiffre chaque année en dizaines de victimes civiles, l’intervention française au Sahel coûte un million d’euros par jour ? Combien d’universités et d’hôpitaux aurait-on pu construire avec de telles sommes ?

L’opinion publique malienne quant à elle, réclame depuis des mois déjà, le départ de l’armée française. Et de plus en plus d’intellectuels français font le constat de l’impasse dans laquelle se trouve l’armée française. Car contrairement aux propos guerriers tenus par des Jean-Yves Le Drian et consorts, la France s’enlise dans un conflit qui n’a pas de solution militaire.

La France entretient une sale guerre pour de sales raisons. Plus que jamais nous devons informer l’opinion française, faire comprendre les enjeux et exiger que l’armée française quitte le Mali. Plus que jamais, nous devons affirmer que cette intervention est une grossière erreur, aux conséquences terribles et inhumaines.

[1] Serval (janvier 2013) puis Barkhane (août 2014) – Barkhane, ce sont 5.100 hommes, 200 véhicules logistiques, 200 blindés, 8 avions de combat, 10 avions de transport, 20 hélicoptères et 5 drones.

[2] L’opération Serval a été menée sans bilan, sans prisonniers et sans images… et on estime à une centaine de morts par mois les « terroristes » éliminés par l’armée française ces derniers mois.

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La question numéro un ?

Posté par jacques LAUPIES le 13 octobre 2020

 La question numéro un est bien comment procéder à une meilleure répartition des richesses entre la rémunération du capital et celle du travail. Elle demeure ! Nous ne cessons de la rabâcher car elle seule peut résoudre les gabegies auxquelles nous assistons : production anarchique, incitation à une consommation manipulée des pauvres comme des moins pauvres maintenus en état de sous rémunération, privés même pour certains de ressources. Le reste n’est que littérature ou fantasme journalistique et sous-intellectualisme 

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, fait un joli cadeau aux plus grosses entreprises.

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, fait un joli cadeau aux plus grosses entreprises.
 

Révélation. Impôts de production : 281 entreprises vont toucher le gros lot

Lundi 12 Octobre 2020

Qui va bénéficier à plein de la baisse des impôts de production ? L’Humanité a mis la main sur des estimations faites par le gouvernement, qui confirment le caractère très inégalitaire de ce nouveau cadeau fiscal.

 

Le gouvernement a décidé de signer un nouveau chèque aux entreprises, à travers la baisse des impôts de production. Il s’agit de différents prélèvements (Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, ou CVAE ; taxe foncière sur les propriétés bâties, etc.), qui se trouvent dans le collimateur du patronat depuis des années. Montant total de la baisse : 10 milliards d’euros par an. Selon des estimations transmises par le gouvernement aux députés, que nous nous sommes procurées, cette nouvelle obole est très inégalement répartie : les 281 plus grandes entreprises du pays (au moins 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires) vont se partager à elles seules 2,5 milliards d’euros… soit, en moyenne, un chèque de 9 millions d’euros par entreprise ! À l’autre bout du spectre, 323 291 TPE vont percevoir 304 millions d’euros, soit un chèque de 940 euros. Les PME vont quant à elles toucher 2,9 milliards d’euros, soit 13 300 euros par tête de pipe en moyenne. Enfin les ETI (entreprises de taille intermédiaire) vont toucher quelque 4 milliards d’euros, soit 456 300 par entreprise environ.

Cette inégale répartition n’a rien d’étonnant, compte tenu de la nature des impôts ciblés. La CVAE, par exemple, ne concerne que les entreprises réalisant plus de 500 000 euros de chiffre d’affaires… donc pas les plus petites. De quoi faire enrager Samuel Cette, responsable de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) pour la Haute-Garonne : « Les impôts de production ne concernent que les grosses boîtes. Encore une fois, les PME sont totalement exclues du dispositif, alors qu’elles se retrouvent en grosses difficultés. »

Économiste à l’OFCE, Eric Heyer souligne lui aussi les limites de la politique du gouvernement : «  Il aurait fallu des aides spécifiques, ciblées pour les entreprises qui en ont le plus besoin. Par exemple, en annulant un certain nombre de reports de charges (les entreprises ont pu décaler dans le temps le paiement de cotisations sociales, N.D.L.R.) ou en transformant en fonds propres les prêts garantis par l’État (PGE). À l’OFCE, nous avons calculé qu’il faudrait injecter 15 milliards d’euros en 2021 pour éviter la vague de faillites qui menace. Les 10 milliards d’euros de baisse d’impôts de production ne suffiront pas, d’autant que de nombreuses PME en difficultés ne toucheront que des sommes ridicules. »

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Posté par jacques LAUPIES le 12 octobre 2020

 

"Réclamons partout et par tous les moyens la gratuité des masques. Il en va de l’intérêt public", Patrick Le Hyaric. @ Bertrand Guay / AFP

« Réclamons partout et par tous les moyens la gratuité des masques. Il en va de l’intérêt public », Patrick Le Hyaric. @ Bertrand Guay / AFP
 

Pétition. Des masques pour tous, gratuits : l’appel lancé par l’Humanité

Mercredi 6 Mai 2020

L’affaire des masques de protection devient le sparadrap rouge collant aux basques du pouvoir. Pour une famille, le budget peut atteindre plus de 200 euros par mois. Exigeons leur gratuité.

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité

Une pétition à signer en suivant ce lien. 

 

ll y eut d’abord ces mensonges en série sur leur inutilité pour camoufler une pénurie qui n’a rien de naturelle. Celle-ci découle d’une part de la destruction de nos industries textiles considérées comme dépassées par les grands penseurs du libéralisme et leurs serviteurs au pouvoir depuis des décennies, et d’autre part des choix de réduction des crédits publics poussant au « zéro stock », également présenté comme le nec plus ultra de la modernité. Cette pénurie a mis en danger soignants comme patients. Elle est sans doute responsable de nombreuses contaminations et décès.

Puis, au fil des semaines, le masque est devenu utile, indispensable même, alors que les soignants continuaient d’en manquer. Et le pouvoir souhaite désormais le rendre obligatoire dans les transports publics.

Depuis quelques jours, ce qui n’existait pas tombe par paquets de millions, mais sur les étals des supermarchés, comme produit d’appel pour attirer le chaland qui devra demain reprendre les transports en commun. Le scandale est encore plus gros quand on sait que cette opération a été annoncée tambour battant il y a huit jours dans un communiqué commun de la Fédération du commerce et de la distribution et du secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, et présentée comme un haut fait d’armes. De qui se moque-t-on ? Une commission d’enquête parlementaire doit rapidement faire la clarté la plus nette sur une affaire qui a plus à voir avec le mercantilisme qu’avec la santé publique.

Les masques ne peuvent être des marchandises étalées aux caisses des supermarchés pour grossir le ticket de caisse, attirer et fidéliser les clients. Ils sont un moyen de protection civile et collective, et un outil de santé publique. À ce titre, ils devraient être assurés, en lien avec les collectivités, par les services de la Sécurité civile. Si les travailleurs contraints de reprendre leur activité venaient à contracter le virus faute d’avoir pu accéder à des masques de protection, l’État serait comptable d’une mise en danger délibérée de la vie d’autrui. Et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen nous rappelle que « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ». Et, l’article 11 du préambule de la Constitution confirme bien ce « droit à la protection ». En conséquence, les masques doivent être gratuits.

Certains pays européens l’ont décidé. Des collectivités locales également. Pourquoi le gouvernement de la sixième puissance mondiale ne le pourrait-il pas ? Ce pays ou l’argent des dividendes continue de couler à flots, ce pays où l’on peut en une nuit débloquer des milliards pour consolider des entreprises dont la trésorerie est loin d’être à sec. Pourquoi une famille de quatre personnes qui a déjà du mal à joindre les deux bouts doit encore alourdir ses dépenses du mois de 80 à 150 euros pour assurer sa santé et celle des autres ? On nous dit que les prix des masques seront bloqués en deçà de 1 euro, soit peu ou prou leur prix de revient. Pourtant, plusieurs témoignages indiquent que non seulement ce prix est pour l’instant fictif, mais qu’en plus on trouvait en janvier des masques à seulement 8 centimes. Une prise en main par l’État imposant la gratuité couperait court à toute tentative de spéculation.

Réclamons partout et par tous les moyens la gratuité des masques. Il en va de l’intérêt public. Et, pour une fois, appuyons-nous sur cette déclaration de Mme Agnès Buzyn le 29 janvier dernier : « Si un jour nous devions proposer à telle ou telle population ou personne à risque de porter des masques, les autorités sanitaires distribueraient ces masques aux personnes qui en auront besoin. » C’était certes pour cacher la pénurie. Mais, aux actes maintenant ! Lançons un grand mouvement pluraliste pour la gratuité des masques !

Signez ici la pétition : https://www.change.org/p/gouvernement-l-appel-du-journal-l-humanité-pour-la-gratuité-des-masques
 

Pour le budget masque d’une famille il faut compter 200 euros par mois, estime Alain Bazot

Tout le monde ne pourra pas s’offrir le masque arboré, mardi, par Emmanuel Macron dans une école des Yvelines. Fabriqué par la bonneterie Chanteclair, dans l’Aube, cette protection en tissu lavable est facturée 4,92 euros pièce. Très au-dessus du prix des masques chirurgicaux, plafonné à 95 centimes l’unité. Sauf que ces derniers ne sont pas réutilisables. « Avec un masque chirurgical, disons à 60 centimes d’euro, le budget pour une famille de quatre personnes peut s’élever à plus de 200 euros par mois », estime le président de l’UFC-Que choisir, Alain Bazot, qui réclame « une mise à disposition gratuite ou à vil prix » de ces masques dans les services publics, les écoles et les transports.

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