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Un candidat communiste à la présidentielle ? Bien sur que oui !

Posté par jacques LAUPIES le 20 octobre 2020

 

Pour sortir du piège présidentiel et reconstruire l’espoir populaire, il faut une candidature communiste en 2022 !

Lundi 19 octobre 2020, par  pam, popularité : 100%

 

Alors que la crise frappe durement le monde du travail, que la pauvreté explose, les médias entament la précampagne des futures présidentielles. Des candidats potentiels font semblant de ne pas se déclarer, les suppositions sur les intentions des uns et des autres se succèdent, et tout converge vers le même piège politicien devenu le coeur des présidentielles : Le Pen repoussoir pour imposer un vote qu’une majorité ne veut pas. On apprend que Macron parle à Sarkozy. Après avoir capté l’électorat de gauche en 2017, il pourrait cette fois capter celui de droite, ce qu’il a commencé aux européennes, mais qu’il n’a pas su traduire aux municipales.

Il s’agit bien sûr pour les élites et leurs médias d’interdire que la colère sociale conduise à une critique du système économique et de ses institutions pour se traduire en projet politique alternatif. C’est la question directement posée à toutes les forces « de gauche ». Comment construire une alternative politique ? Comment se sortir de ce piège d’une fausse compétition Macron-Le Pen ? Comment reconstruire un espoir populaire d’autre chose, et plus qu’un espoir, une force ?

Les écologistes résument la question à pour ou contre l’écologie. Les socialistes sont émiettés et peu lisibles, entre élus associés à LREM ou derrière EELV. Les insoumis ont cru à la victoire décisive en 2017, mais leur mouvement « gazeux » n’a pas tenu le choc des batailles politiques. Les communistes avaient depuis 20 ans une stratégie d’union à tout prix, quitte à disparaitre derrière les autres, notamment aux présidentielles qu’ils n’ont pas affrontées depuis le terrible échec de Marie-Georges Buffet. La gauche apparaît ainsi incapable d’ouvrir une issue politique.

Pourtant, la crise sanitaire a accéléré la crise politique et sa manifestation la plus forte, le niveau d’abstention record aux dernières élections locales de 2020. C’est le défi le plus difficile de ces élections présidentielles ; pourquoi voter ? quelle utilité au vote pour le monde du travail, les quartiers populaires ? Laisser croire que l’élection permettra de « changer la vie », c’est mentir au peuple. Il ne le croira plus. Pourtant la présidentielle est le moment clé de la légitimité politique du pouvoir, du lien entre le peuple et la politique.

Comment faire des présidentielles, du vote populaire aux présidentielles, un acte qui porte la colère, les révoltes, l’exigence d’un autre système politique, d’une autre société ? Il faut évidemment autre chose que ce qui a raté depuis des décennies, il faut sortir à la fois du piège Macron-LePen, mais aussi du piège présidentiel lui-même qui conduit le peuple tous les 5 ans, à chercher une solution politique qu’il n’a pas construit lui-même.

A leur dernier congrès, les communistes, tirant les leçons des stratégies d’union à gauche, ont affirmé que Le Parti doit travailler à créer les conditions d’une candidature communiste à l’élection présidentielle de 2022. N’est-il pas temps de mettre en oeuvre cette orientation et d’affirmer que pour sortir du piège présidentiel, pour reconstruire un espoir populaire, il faut une candidature communiste en 2022 ?

Il faut alors affronter franchement des questions difficiles pour ne pas en rester à une candidature de principe ! Au contraire, une candidature communiste doit faire événement. Pour cela, elle ne peut pas être un simple outil électoral dans la logique présidentielle du 2ème tour. Elle doit sortir du piège présidentiel. Elle doit être l’outil de mobilisations populaires, de rencontres avec le monde du travail, de repolitisation des quartiers populaires comme des mouvements sociaux dans les entreprises. Cette candidature doit permettre de reconstruire un parti communiste de notre temps, capable d’affronter la crise d’un capitalisme mortifère, de recréer les conditions politiques de l’unité populaire, et donc du rassemblement et de l’union à gauche.

1/ Pourquoi voter aux élections présidentielles ?

Le niveau d’abstention record de 2020 n’est pas seulement un effet du coronavirus, mais illustre la rupture politique entre l’immense majorité des citoyens et le système politique qui a produit successivement Mitterrand pour changer la vie, Chirac contre la fracture sociale, Sarkozy pour gagner plus, Hollande contre la finance, Macron pour un nouveau monde. Dans les catégories populaires, personne ne croit plus que ce système politique serve l’intérêt général, les conditions de vie du plus grand nombre, la tranquillité et la sécurité publique, encore moins notre système de santé dont la crise sanitaire a éclairé l’affaiblissement organisé.

Pourtant, tout sera fait pour pousser des millions d’électeurs à croire une nouvelle fois à un vote providentiel, un nouveau discours pour « changer ». Les communistes ne peuvent pas laisser croire que ce système présidentiel peut être l’outil du changement. Au contraire, il est temps de mener la bataille contre ce régime présidentiel dans l’élection présidentielle elle-même.

« Vous vous êtes fait avoir en 2007, en 2012, en 2017… Ça suffit ! »

Il faut sortir de cette présidentialisation qui vous donne l’illusion d’un choix tous les cinq ans pour imposer les mêmes politiques ensuite, toujours au profit des mêmes, les grands oligarchies qui dirigent l’économie, le système financier, comme les médias et les institutions.

Non, notre candidat communiste n’a pas de recette miracle pour transformer nos institutions. Ce n’est pas à vous de lui faire confiance ! C’est lui qui fait appel à vous pour sortir du piège présidentiel, pour mesurer votre force, votre détermination à bousculer ce système du bon coté, du coté de ceux qui travaillent, du coté populaire !

Non, notre candidat communiste n’est pas là pour jouer comme les autres au jeu de cette présidentielle qui efface toutes les autres élections. Il ne vous promet pas de « changer la vie » depuis l’Elysée ! Il n’est utile que pour organiser un mouvement politique qui conteste cette république des premiers de cordées, cette république des inégalités et des injustices. Il n’est utile que pour mettre au premier plan des propositions politiques fortes de rupture avec ce capitalisme prédateur que vous devrez vous-mêmes faire porter à l’assemblée nationale, que vous devrez vous-mêmes faire vivre dans nos entreprises et nos quartiers.

Nous n’appelons pas les millions d’abstentionnistes à voter pour « changer de président » qui pourrait « changer la vie » mais à s’organiser pour transformer la colère contre le système en action collective pour imposer une autre organisation de la société. Nous ne les appelons pas à voter pour se débarrasser du problème, mais pour initier un immense mouvement populaire de contestation du système, de construction d’une autre démocratie, de changement de société, un mouvement à la dimension des dates qui ont fait les conquêtes sociales françaises, le Front Populaire, le conseil national de la résistance, mai 68…

Il n’est pas de sauveur suprême ! Le vote communiste n’est pas un vote pour un homme providentiel, c’est un vote pour un projet de rupture, un vote pour un parti capable d’organiser le changement de société

2/ Peut-on faire autre chose que voter pour éviter le pire ?

Beaucoup de militants nous diront que c’est trop dur. Depuis des années, nous avons essayé de résister. Nous avons été des millions dans la rue contre la loi travail, contre la réforme des retraites, contre les casses de nos statuts à EDF, à la SNCF, dans la fonction publique. Et pourtant, toutes les réformes brutales contre nous ont été imposées. Et c’est finalement le coronavirus qui en a suspendu certaines.

De moins en moins d’électeurs croient qu’un candidat pourrait apporter quelques pansements sociaux pour « adoucir » la dureté du capitalisme. C’était la promesse de la social-démocratie et l’histoire en a montré l’impasse. La promesse d’accompagnement social du capitalisme, de contrepoids social s’est transformé en accompagnement politique de la violence du capitalisme.

Il faut se parler avec franchise. Nous connaissons ces difficultés. Les militants communistes qui se sont totalement investis dans toutes ces luttes sociales sont bien conscients du rapport de force défavorable depuis des années. Mais justement, pourquoi est-ce si difficile ? Les communistes ont des éléments de réponse et c’est un des enjeux du débat présidentiel.
- nous nous heurtons à un mur parce-que le capitalisme est en crise profonde, systémique, qu’il n’a plus de marges de manœuvres pour passer des compromis. La suraccumulation de capitaux cherchant leur rentabilité exacerbe les exigences des plus riches dans un monde à faible croissance qui ne peut plus les satisfaire. Les USA pensaient diriger le monde après la chute du mur, leur domination militaire est en échec sur le terrain, et il faut le pire des violences dont ce pays est capable pour déstabiliser ses opposants. Cette « superpuissance » a perdu la concurrence avec la Chine jusqu’à devoir organiser une guerre géopolitique déclarée sans autre justification que son propre intérêt, dans le retour à un nationalisme violent porteur de racisme et de guerres.
- nous nous heurtons aussi à un mur parce qu’aucun mouvement social n’est parvenu à créer un rassemblement majoritaire de notre peuple, à surmonter ses divisions géographiques, sociales, religieuses. Toutes nos luttes sont restées très loin des niveaux de mobilisation de 68, qui sont ceux où le pouvoir doit réellement négocier. Et ce niveau de mobilisation insuffisant est directement lié à l’absence d’espoir en une autre société, en un monde meilleur. Si nous n’avons pas d’autre choix que d’accepter la pauvreté, les inégalités, alors, à quoi sert de lutter ? Ce sera là aussi un des enjeux de la bataille de 2022. Les communistes ont un projet de société radicalement différente, ils doivent le faire connaitre et lui donner le seul nom qui oblige à en discuter franchement, le socialisme
- nous nous heurtons aussi à un mur parce-que notre peuple s’est fait piéger depuis longtemps dans une illusion électoraliste. Dès 1983, les mobilisations populaires pour « tenir le cap à gauche » ont été en échec, la majorité de notre peuple espérant que le changement viendrait d’en haut. Cette tendance s’est renforcée au fil des élections, les militants les plus déterminés étant affaiblis par les échecs. Elle est devenue déterminante dans le vote populaire pour Chirac, puis pour Sarkozy, puis pour Hollande, et même dans une moindre mesure pour Macron.

Ce sont ces questions que la bataille de 2022 doit commencer à inverser
- rien ne se fera sans un grand mouvement populaire du niveau de mai 68, et nous présentons un candidat pour porter cette exigence.
- rien ne se fera sans engager résolument la contestation du pouvoir capitaliste et sans construire une autre société, fondée sur une démocratie réelle, un pouvoir reposant d’abord sur ceux qui travaillent, notre candidat porte un projet qu’il faut nommer comme un socialisme à la française du XXIème siècle.

Rien ne se fera dans l’illusion électorale. L’élection n’est qu’un moment de la lutte, et ce n’est pas nécessairement le moment le plus déterminant. Le vote n’est pas l’aboutissement d’une campagne, il doit être le début d’une reconstruction, ce qui donne la force de transformer la campagne électorale en mouvement social, en mouvement révolutionnaire !

3/ Mais alors, pourquoi pas Mélenchon ?

Pour une part, Jean-Luc Mélenchon pouvait sembler correspondre à plusieurs critères, l’affirmation de la rupture, d’un président s’engageant à un processus constituant, un projet se présentant comme une autre société.

De plus, il est un excellent orateur, un tribun populaire capable de créer la mobilisation, un intellectuel avec une connaissance profonde de l’histoire de France, sans oublier un écrivain d’une qualité rare dans le monde politique [1]

Mais Jean-Luc Mélenchon s’est toujours contredit lui-même au coeur de son discours, appelant à la révolution citoyenne, mais jouant le jeu de la médiatisation présidentielle, appelant le peuple à s’organiser mais lui refusant la forme parti qui est justement la forme organisée de l’engagement politique, appelant à la révolution en refusant toute filiation avec l’histoire communiste !

Car il ne le cache pas, il est de la famille socialiste, une branche turbulente et qui s’est battu contre les courants droitiers qui auraient selon lui pousser Mitterrand à droite, mais qui reste du coté qui a refusé le choix communiste en 1920 ! Comme si Mitterrand n’avait pas toujours été le même, un président qui n’a jamais eu l’intention de sortir du capitalisme, de construire une autre société, un président qui dénonçait le « coup d’état permanent » de la 5eme république pour s’en servir jusqu’aux pires bassesses de la France Afrique, un président socialiste à l’opposé d’un Allende !

Jean-Luc Mélenchon est ainsi une impasse, une des plus terribles car il semble porter ce qui permettrait de sortir du piège présidentiel, alors même qu’il nous y enferme. Ses choix de médiatisation l’empêche de contribuer à l’unité populaire. Il est le candidat à gauche d’une famille socialiste qui ne peut plus ouvrir d’espoir populaire

4/ Mais à quoi sert de voter communiste sans aucune chance d’avoir un président communiste ?

Il est toujours difficile d’appeler à la mobilisation quand le rapport de forces n’est pas favorable. Il faut être sincère, on sait que la lutte peut mal finir, mais tous les militants connaissent cette maxime de Brecht « quand on lutte, on n’est pas sûr de gagner, mais si on ne lutte pas, on est sûr de perdre »

La bataille des présidentielles sera un moment politique majeur. Les bourgeoisies, y compris étrangères, y porteront la plus grande attention. Toutes les forces attachées au système dominant seront mobilisées pour veiller à ce que rien ne change pour elles. Donc, tout sera fait pour qu’une candidature communiste ne soit pas possible, pour qu’elle soit marginalisée dans la campagne et pour que son résultat final interdise tout espoir de renverser la tendance à l’effacement communiste.

Et alors ? Si nous voulons vraiment révolutionner notre pays, son système politique, si nous voulons vraiment changer de société, comment faire autrement que d’affronter ces immenses forces réactionnaires qui défendront leur domination par tous les moyens ?

A l’inverse, on ne se pose cette question du résultat que quand on espère encore d’un président qu’il puisse faire la révolution à lui tout seul, ou tant qu’on espère seulement qu’il sera plus gentil que le précédent, moins brutal contre nos droits, ou encore tant qu’on se fout du président pourvu qu’on sanctionne le sortant ! Dans tous ces cas de figures le vote communiste est inutile. Mais dans tous ces cas de figures, c’est le même système qui continue, et donc parce-qu’il ne peut plus accepter de compromis, la même violence contre le travail, contre l’immense majorité de notre peuple.

Autrement dit, il n’y a aucun vote utile pour avoir un « bon président ». le seul événement qui viendrait mettre un grain de sable dans le système, ce serait justement qu’on vote non pas pour un président sauveur suprême, mais contre la présidentialisation, contre le système, pour un projet de changement de société, pour un parti proposant d’unir le peuple, de l’organiser pour ce changement de société.

Le vote communiste est le seul vote utile au monde du travail, aux quartiers populaires, le seul vote pour bouger le rapport de forces, pour faire grandir les luttes, pour s’organiser ! Il est utile au monde du travail parce-qu’il est le seul contribuant à la reconstruction d’un grand parti communiste !

5/ Mais alors, que devient la gauche ?

Mais de quoi parle-t-on quand on parle de la gauche ? Celle qui avait promis de changer la vie avec Mitterrand ? celle de Jospin qui a avoué ne pouvoir rien faire contre la fermeture de Vilvorde ? Celle de Hollande qui avait promis d’être le candidat contre la finance ? Qui peut croire que la « gauche » va faire reculer massivement le chômage, la précarité, la pauvreté, les inégalités, les violences, l’insécurité ?

La gauche a représenté politiquement au 20ème siècle une longue histoire de luttes, mais il faut reconnaître qu’elle est aujourd’hui d’abord une longue histoire de gouvernements impopulaires, de trahisons des promesses, de compromissions avec les puissances de l’argent !

Comment faire croire que la gauche peut avoir un sens aujourd’hui sans d’abord reconstruire la perspective révolutionnaire, donc le parti communiste ? La gauche du 19ème siècle a été confrontée à cette question dans les violences de la première guerre mondiale. Et c’est parce qu’une partie de la « gauche » s’était corrompue dans la guerre capitaliste qu’il a fallu faire un choix, celui du congrès de Tours, celui qui a fait naitre le mouvement communiste.

La situation actuelle est assez proche. La gauche s’est corrompue dans une mondialisation capitaliste contre les peuples, elle a accepté la dictature du capitalisme financier, elle a accepté l’aggravation des inégalités, elle a organisé la remise en cause des droits sociaux ! Les militants de 2020 sont finalement confrontés à un choix proche de celui de Tours, accepter le réformisme donc le capitalisme, ou choisir la voie difficile de la rupture avec le capitalisme, choisir la voie révolutionnaire du changement de société, celle d’un socialisme à la Française du XXIème siècle.

La gauche ne peut se reconstruire si ce choix communiste n’est pas revivifié, réactualisé dans la situation actuelle qui n’est plus celle de 1914. Malgré les défaites, le XXème siècle a fait progressé des alternatives au capitalisme, dans leur diversité, leurs difficultés et leurs contradictions. Nous ne sommes plus à l’ère du partage du monde entre les grandes bourgeoisies. Des peuples du Sud se sont levés, ils défendent leur souveraineté et imposent un monde multi-polaire.

La gauche ne retrouvera une légitimité populaire qu’avec un parti communiste qui reconstruise la légitimité politique du monde du travail à tenir tête au capital, à lui contester son hégémonie sur la société.

6/ Quelques éléments de programme

Ce choix stratégique d’une candidature communiste ne peut être présenté aux citoyens de manière théorique, comme une décision d’histoire. Il doit être incarné dans des propositions politiques sur tout ce qui préoccupe les Français, l’emploi, la sécurité, la souveraineté, des propositions qui sortent du ronron médiatique bienpensant. Quelques exemples :

- Eradiquer le chômage en organisant l’action publique pour l’emploi
C’est l’enjeu décisif, sans lequel aucune discussion sur la solidarité, l’insécurité ou la souveraineté ne peut avoir de sens. Oui ou non, sommes-nous capables d’organiser l’action publique pour éradiquer rapidement le chômage ?

Ce ne sont pas les idées communistes qui manquent. La proposition de sécurité-emploi-formation portée par la commission économique met le maintien du salaire entre emploi et formation au coeur d’un nouveau statut du travailleur, et le débat public sur les investissements au coeur d’un nouveau modèle économique où la puissance publique oriente les capitaux vers la création d’emploi pour des productions utiles. La proposition de cotisation économique de Bernard Friot propose une approche parallèle sur le moyen de mobiliser les richesses du travail directement par une cotisation sans passer par le système financier. Il y a parfois des querelles d’écoles entre ces propositions. Elles sont inutiles quand l’urgence est d’affirmer des objectifs politiques concrets que porterait un candidat communiste : Par exemple,
- Un million de salariés en formation longue avec salaire pour accompagner les transformations technologiques,
- Intégration de tous les demandeurs d’emploi dans une entreprise de rattachement, à charge pour l’entreprise de chercher la valorisation de leurs compétences, pole emploi devenant un service public de l’emploi et de la formation.
- Organisation de conférences régionales pour l’emploi avec élection d’un délégué dans chaque bassin d’emploi ou grande entreprise, avec le pilotage des pôles de compétitivité et des financements de la BPI
- Organisation par bassin d’emploi de commission de transparence de l’usage des fonds publics et des investissements

On doit affirmer l’éradication du chômage dans un délai court, qu’il faudrait définir pour en faire un objectif politique majeur de la campagne.

Construire la tranquillité publique en affirmant les droits et les devoirs de tous !
C’est le deuxième défi pour un projet communiste. Comment organiser la solidarité dans la société si la peur de l’autre se répand, si la concurrence de tous contre tous est la règle de vie de milliers de familles, notamment dans les quartiers populaires, si les réseaux mafieux de l’économie parallèle semblent tout puissant ?

De fait, les trafics sont une forme primitive, violente du capitalisme, et une des manières dont il s’impose dans les couches populaires, développant les mythes de l’argent facile, de la richesse.

La réponse policière actuelle montre son impasse, condamnant toujours plus de trafiquants sans jamais réduire l’impact du trafic sur les quartiers. Il faut affirmer résolument quatre exigences liées
- une action résolue de santé publique pour faire reculer les consommations de stupéfiants, pour faire reculer toutes les addictions
- une action internationale déterminée contre les trafics, y compris en rétablissant les contrôles aux frontières nécessaires, en condamnant les régimes qui développent l’économie de la drogue, le plus souvent avec le soutien de l’armée US.
- une action résolue contre les réseaux de trafics, en organisant pour tous les jeunes pris par les trafics, une issue de rééducation par un métier, pour ne laisser personne dans la violence de la rue.
- une politique de la ville avec des moyens décuplés de travail social dans les cités, avec la présence massive des services publics, de véritables moyens des bailleurs pour le quotidien et la proximité

Recréer les conditions d’une politique souveraine de la France

Personne ne croira possible de changer de politique en France si on n’explique pas comment c’est possible dans le monde dominé par des institutions capitalistes, par les multinationales.

Personne ne croira possible de changer de politique en France sans dire comment on peut décider de ne pas appliquer les directives européennes qui sont contradictoires avec les nouvelles politiques publiques que nous voulons conduire.

Sur ces questions, le 38eme congrès n ’est pas allé au bout de la réflexion. Un candidat communiste porte un programme pour qu’il soit compris du plus grand nombre, notamment dans le monde du travail et les quartiers populaires. Le monde du travail connait bien la mondialisation, par la concurrence économique qui conditionne ’emploi, mais aussi par l’immigration qui a créé des liens nombreux dans notre peuple avec de nombreux pays du monde. On ne peut penser au changement politique en France sans décrire le changement politique dans le monde. Et tout le monde connait les termes du débat, rester dans une alliance occidentale contre les pays du Sud ? ou rompre avec l’OTAN et engager un partenariat gagnant-gagnant avec les pays du Sud, en premier lieu avec la Chine ?

C’est un chantier politique essentiel à ouvrir, mais on peut être sûr d’une chose. Personne ne nous croira sur une autre politique économique si on ne répond pas à des questions claires. Pouvons-nous dire « non » à la commission européenne ? Pouvons-nous dire « non » à l’OTAN ? Pouvons-nous répondre à l’agressivité US dans la défense de nos technologies, de nos entreprises, de nos coopérations internationales ?

Conclusion : Retour sur le 38ème congrès

Le texte du 38ème congrès est à la fois clair en affirmant qu’il faut « créer les conditions d’une candidature communiste à l’élection présidentielle de 2022 » et insuffisamment précis justement sur les conditions qu’il faut créer…

5.4 Une union populaire et politique agissante

Au regard des défis contemporains et de l’état des forces de gauche, c’est sur une nouvelle méthode, tirant les leçons du passé, qu’il entend dorénavant conduire son action pour l’union : travailler au rassemblement le plus large de toutes les couches salariales et populaires, développer la conscience des contenus et conditions des changements nécessaires, appeler en permanence à l’intervention populaire, mener une bataille de tous les instants sur les contenus, prendre des initiatives autonomes du PCF politisant les luttes, avec la constante ouverture au débat d’idées, et dans le même temps formuler une proposition stratégique à toute la gauche.

Le débat doit s’ouvrir rapidement pour que les communistes travaillent à créer les conditions de cette candidature, et pour cela, il faut qu’ils affrontent la question décisive de l’abstention et de l’utilité du vote dans une telle élection. Ce sera un des enjeux du prochain congrès, mais le débat doit s’ouvrir sans attente. Le bilan de la longue période électorale de 2020 peut justement nous aider à préciser ces conditions, autour de quelques idées fortes
- Un candidat communiste doit porter l’ambition de construire une autre démocratie, une autre république, il doit porter la colère des abstentionnistes contre un système institutionnel dépassé
- Un candidat communiste doit porter des propositions politiques fortes de rupture sur l’emploi, la sécurité, la souveraineté
- Un candidat communiste doit incarner l’espoir d’un changement de société, et pour le porter, il a besoin de lui donner son nom, le socialisme à la française du XXème siècle ».
- Un candidat communiste doit relever le défi de refuser le piège de la présidentialisation et construire les raisons d’un vote qui ne soit pas une délégation de pouvoir, qui sorte du jeu présidentiel et engage la reconstruction du parti communiste du XXIème siècle esquissé par le 38ème congrès.

Un candidat communiste à la présidentielle ? Bien sur que oui ! dans POLITIQUE

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Cette Amérique du sud qui bouge !

Posté par jacques LAUPIES le 20 octobre 2020

 

 

Dimanche soir, Luis Arce (au centre) s’est dit décidé à «	gouverner pour tous les Boliviens	», à «	construire l’unité du pays	». Stringer/Efe/Sipa

Dimanche soir, Luis Arce (au centre) s’est dit décidé à « gouverner pour tous les Boliviens », à « construire l’unité du pays ». Stringer/Efe/Sipa
 

Bolivie. Un an après le putsch, la gauche revient par les urnes

Mardi 20 Octobre 2020

À l’issue d’un vote sous étroite surveillance des policiers et des militaires, les Boliviens ont donné une large victoire au Mouvement vers le socialisme. Luis Arce, son candidat à la présidentielle, dépasse les 50 % dès le premier tour.

 

La Paz (Bolivie), envoyée spéciale.

C’est un résultat ample, clair, sans contestation possible. Tard dans la nuit de dimanche à lundi, Luis Arce Catacora, le candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS), a revendiqué la victoire au premier tour de l’élection présidentielle en Bolivie. Succès aussitôt reconnu, 363 jours après le coup d’État, par l’autoproclamée présidente par intérim Jeanine Añez, marionnette des putschistes. « Maintenant que les résultats sont connus, nous voulons remercier le peuple bolivien, remercier tous nos militants. Nous avons passé un cap important, nous avons récupéré la démocratie et l’espoir », s’est réjoui le nouveau président socialiste, qui, selon les premières estimations, l’emporte largement, avec plus de 52 % des voix, contre 31,5 % à son adversaire de droite Carlos Mesa.

L’inquiétude, la peur avaient pourtant plané, auparavant, sur une longue soirée d’incertitude, après la brutale décision du Tribunal suprême électoral de suspendre, douze heures avant l’ouverture du scrutin, le système de compilation des résultats préliminaires, au nom de défaillances « techniques ». Même les sondages sortis des urnes ont d’abord été retenus : comme si le gouvernement de facto et ses séides avaient hésité sur la marche à suivre. Il faut dire que, jusqu’au bout, les manœuvres les plus tortueuses ont été déployées pour tenter d’enrayer ou de confisquer la victoire du MAS. Les candidats de gauche ont été persécutés tout au long de la campagne et Luis Arce lui-même nous racontait, après son meeting la semaine dernière à Sacaba, dans le département de Cochabamba, avoir été régulièrement molesté par des nervis d’extrême droite ou même des policiers en civil. Après avoir tenté sans succès de faire invalider sa candidature, puis de le salir par des accusations de corruption montées de toutes pièces, ses adversaires ont finalement échoué, peu avant la tenue des élections, à faire suspendre la personnalité juridique du MAS, ce qui l’aurait purement et simplement exclu du scrutin.

Dans la dernière ligne droite, les putschistes ont abattu leurs ultimes cartes : pressions, menaces, intimidations, visant jusqu’à certains observateurs étrangers dûment accrédités par le Tribunal suprême électoral (voir ci-après). Le ministre de l’Intérieur, Arturo Murillo, gonflé d’arrogance par sa visite, au début du mois d’octobre, à Washington, a multiplié ces derniers jours provocations et rodomontades, jurant de ne jamais reconnaître une victoire du MAS, promettant d’expulser ou d’incarcérer les observateurs ou journalistes étrangers jugés trop critiques.

« La droite nous insulte, nous traite de terroristes »

Dimanche, les Boliviens sont allés aux urnes dans la peur mais avec l’irrépressible désir de retrouver le chemin de la paix, de la démocratie, de la stabilité, dans un pays profondément divisé. À El Alto, banlieue populaire de La Paz perchée à 4 000 mètres d’altitude, de longues files d’attente se sont formées dès les premières heures de la journée. Dans ce bastion du MAS, les électeurs affichaient leur détermination à ne pas laisser se reproduire le scénario de l’an dernier, qui s’était soldé par l’exil forcé du président socialiste Evo Morales, empêché de voter en Argentine où il a trouvé refuge. Venues de leur village de la province de Los Andes pour surveiller les opérations de vote dans le collège Santa Maria de Los Angeles, un centre de vote à l’entrée gardée par des soldats de l’armée de l’air, deux paysannes aymaras, Antonia Rodriguez et Ernestina Quispe, racontaient, en mastiquant des feuilles de coca, la vie qui a radicalement changé dans les zones rurales sous les mandats d’Evo Morales. « La droite, elle, n’a jamais rien fait pour nous. Ils nous discriminent, nous insultent, nous traitent de terroristes, nous, qui cultivons des pommes de terre ! » s’indignait l’une, tandis que l’autre disait l’abandon, durant la pandémie de Covid-19, des villages, où « pas un masque n’est arrivé ».

« Tout est fait pour entraver l’expression démocratique »

Partout, les Boliviens ont voté sous l’étroite surveillance de policiers et de militaires taciturnes, qu’Arturo Murillo avait fait défiler, la veille, dans les rues de La Paz, dans une démonstration de force en forme d’avertissement. Aux portes de certains bureaux de vote, des policiers n’hésitaient pas à rabrouer des électeurs pourtant inscrits et habilités à voter, vérification faite auprès des agents du Tribunal électoral. Au collège technologique Ayacucho, au pied de la station Inalmama de la ligne orange du téléphérique, elle aussi transformée en centre de vote, des soldats en tenue de combat, casque, gilet pare-balles et arme à la ceinture patrouillaient jusque dans les salles de classe où étaient disposées les tables de vote. « Cette présence militaire est destinée à faire peur. Certains policiers se permettent des commentaires déplacés. Tout est fait pour tenter d’entraver l’expression démocratique. Certains bureaux ont été déplacés à la dernière minute sans que les électeurs en soient avisés », nous a expliqué Angela Muñoz, une observatrice bolivienne chargée de relever les atteintes aux droits humains pendant le scrutin.

La « démocratie » revendiquée par une oligarchie et une droite bolivienne peu civiles a pris, dimanche, des couleurs kaki. Sauf dans les quartiers de la zone sud où dominent les « pititas », comme se surnomment les partisans du coup d’État, en référence aux cordelettes avec lesquelles ils défilaient l’an dernier pour exiger le départ d’Evo Morales. Au collège 6 de Junio, dans le quartier d’Alto Obrajes, pas un uniforme militaire en vue, et le filtrage policier se faisait plutôt lâche pour accueillir des électeurs issus des classes moyennes ou aisées, majoritairement acquis au candidat de droite Carlos Mesa. Les ­déléguées de son parti, Comunidad Ciudadana, plutôt des femmes d’une cinquantaine d’années, y affichaient une arrogance de classe décomplexée, donnant des ordres aux assesseurs, prenant des libertés avec le protocole électoral au moment du dépouillement, toisant les rares électrices venues voter en tenue de chola, habit jadis imposé aux domestiques par les colons espagnols, aujourd’hui porté avec fierté par les femmes indigènes dans une démarche d’affirmation culturelle.

« C’est un processus de changement que nous défendons »

Les résultats de ces élections reflètent, sans surprise, les clivages sociaux, politiques, identitaires qui travaillent le pays en profondeur. « Nous sommes les enfants des peuples originaires. Nous sommes dans la lutte depuis longtemps, une lutte pour la vie. Nous ne défendons pas un homme, ni un parti : nous défendons notre droit de vivre en paix, dans la dignité. C’est un processus de changement que nous défendons », résume la poétesse et militante féministe Julieta Paredes. Pour le MAS, cette échéance, après l’épreuve du coup d’État, a été l’occasion de cimenter un mouvement traversé par des courants et sensibilités très divers, et surtout de renouer avec les mouvements sociaux à l’origine de la dynamique politique qu’incarne cette formation. Certains choix économiques préservant des orientations extractivistes avaient nourri de graves conflits et, surtout, la décision d’Evo Morales de se présenter à un quatrième mandat, option pourtant rejetée à l’issue du référendum de 2016, avait laissé un goût amer dans des secteurs de la gauche qui l’avaient soutenu sans faille jusque-là. D’où le net recul électoral enregistré en 2019, qui a ouvert la voie au coup d’État.

Dimanche soir, Luis Arce s’est dit décidé à «  gouverner pour tous les Boliviens », à « construire l’unité du pays », à « relever l’économie ». « Nous allons reconduire notre processus de changement, sans haine, en apprenant de nos erreurs et en les surmontant », a-t-il assuré. Avec la certitude qu’une sombre page se tourne en Bolivie.

Morales salue « la révolution démocratique »

Depuis son exil argentin, l’ancien président socialiste Evo Morales a salué la victoire de son ex-ministre de l’Économie, Luis Arce, et le retour rapide de l’ordre constitutionnel, comparativement aux autres États latino-américains ayant connu des putschs institutionnels. « Le grand triomphe du peuple est historique, sans précédent et unique au monde : un an après le coup d’État, nous reprenons démocratiquement le pouvoir politique grâce à la conscience et à la patience du peuple. Nous sommes la révolution démocratique et culturelle pour la transformation nationale », a-t-il twitté après s’être inquiété du retard pris dans la publication des premiers sondages de sortie des urnes. Alors que le ministre de l’Intérieur, Arturo Murillo, n’avait pas hésité à utiliser les forces de police à des fins politiques et de harcèlement des observateurs internationaux (lire ci-contre), l’ancien chef de l’État exhortait, plus tôt dans la journée de dimanche, les forces armées et la police bolivienne à « s’acquitter fidèlement de leur rôle institutionnel et constitutionnel très important ». En connaissance de cause : il y a un an, après les manifestations orchestrées par la droite afin de destituer Evo Morales, des unités de police avaient fait sédition dans plusieurs villes.

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Comment cela se peut ?

Posté par jacques LAUPIES le 19 octobre 2020

 

 

«	Je suis Samuel	», «	je suis enseignant	»... Partout en France, des hommages ont été rendus à Samuel Paty, tué vendredi dans les Yvelines. Christophe Simon/AFP

« Je suis Samuel », « je suis enseignant »… Partout en France, des hommages ont été rendus à Samuel Paty, tué vendredi dans les Yvelines. Christophe Simon/AFP
 

Terrorisme. Entre tristesse et colère, la République se rassemble

Lundi 19 Octobre 2020

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont envahi, dimanche après-midi, la grande place parisienne, deux jours après l’assassinat de Samuel Paty, professeur de collège à Conflans-Sainte-Honorine. Beaucoup d’enseignants rechignent à se ranger derrière une « union sacrée » avec le gouvernement.

 

Plus la foule se masse, moins le brouhaha s’installe. Les longues salves d’applaudissements qui, à intervalles réguliers, partent d’un côté à l’autre de la place de la République, à Paris, ce dimanche après-midi, deux jours après l’assassinat de Samuel Paty, enseignant d’histoire-géo au collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), découpent un manteau de silence pour le temps du rassemblement. Un silence qui va bien au-delà de la minute officielle, déclenchée depuis la tribune par Dominique Sopo, le président de SOS Racisme, co-­organisateur de la manifestation avec les syndicats d’enseignants. Même la Marseillaise, entonnée dans la foulée, paraîtra murmurée, avec cet effet de canon entre les chœurs multiples sur la place… Quelques instants plus tôt, quand, d’un cortège de voitures officielles, débarquent le premier ministre et le ministre de l’Éducation nationale, une prof les repère et se met à les huer, elle est vite rabrouée par ses collègues : « Non, non, faut pas faire ça, on l’ignore, Blanquer, on va se le faire une autre fois ! » Un peu plus loin, des militants des Stylos rouges, un collectif d’enseignants en colère né dans le sillage des gilets jaunes, fustigent un « sinistre qui détruit l’école », mais choisissent ostensiblement de l’ignorer, eux aussi.

« L’école pleure, mais n’a pas peur »

Sur la place de la République, les enseignants sont très nombreux. Beaucoup se tiennent un peu à l’écart du parvis où Bernard-Henri Lévy, Raphaël Enthoven ou encore Manuel Valls jouent des coudes pour poser aux côtés d’une partie de la rédaction de Charlie Hebdo. Sur leurs pancartes, les adjectifs se bousculent : « Triste », « atterré(e) », « en colère ». Et cette autre, encore, qui proclame : « L’école pleure, mais n’a pas peur. » « Cela fait froid dans le dos, confie toutefois Valentin, 23 ans, qui commence tout juste cette année sa carrière de prof de sciences de la vie et de la Terre (SVT). Cette fois, c’est un prof d’histoire-géo, une matière dans laquelle on aborde des sujets parfois compliqués. Mais en SVT, je me dirais que ça aurait pu m’arriver à moi aussi. En cours, on parle de sexualité, de contraception… » Enseignantes à Sarcelles (Val-d’Oise), respectivement depuis 30 et 11 ans, Nathalie et Morgane abondent : « Les parents qui viennent râler en fonction des enseignements, c’est une grosse pression sur les profs. On a eu droit à Charlie et au débat sur les caricatures, à l’éducation sexuelle, aux délires sur l’enseignement de la masturbation en école maternelle… »

Prof de musique dans un établissement de la banlieue parisienne, Virginie va beaucoup plus loin, au diapason d’une partie des manifestants. « Je suis venue pour revendiquer les valeurs de la République, liberté, égalité, fraternité, laïcité, explique-t-elle. La haine engendre la haine. Nous avons le droit à la défense, de nous battre avec nos valeurs… Il faut en finir avec la bien-pensance pour n’offusquer personne. » Retraitée après avoir été longtemps prof de lettres, se revendiquant à la fois de Jeanne d’Arc et de Louise Michel, Claire s’inscrit dans le combat contre « l’escroquerie de l’islamophobie », dénoncée par Charb : « La gauche française doit se réveiller, estime-t-elle. La vraie laïcité, ce n’est pas la liberté religieuse, c’est la neutralité de l’État. Il nous faut une police des cultes pour contrôler le pouvoir des religions. À gauche, il ne faut plus accepter certaines alliances.  » Même inspiration pour Guillaume, un informaticien de 43 ans, qui manifeste, comme beaucoup d’autres, avec une une de Charlie Hebdo à la main : « J’attends des actes forts, plus d’intransigeance à l’égard des communautarismes et des séparatismes, glisse-t-il. Et cette affaire pose aussi la question des réseaux sociaux. On ne peut pas décider d’attaquer les gens comme ça, caché derrière des pseudos. Il faut être aussi moins angélique à l’égard de certaines communautés, mais affirmer notre solidarité lorsqu’il y a des violences contre les musulmans. »

« Ne rien céder aux appels visant à répondre à la haine par la haine »

À la tribune, après que Dominique Sopo a, lui, appelé à « ne rien céder aux appels visant à répondre à la haine par la haine », Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, se lance dans un plaidoyer sous des applaudissements nourris. « À la colère, la tristesse, le désarroi ou la sidération dans lesquels est désormais plongée toute la communauté éducative, nous proposons une réponse qui doit être la cohésion autour des professeurs, autour de la mission d’émancipation de l’école. Nous affirmons également notre soutien à nos compatriotes musulmans sur qui nous pouvons compter dans ce combat. » Dans la foule, une maman promène un carton avec les mots de Léa, sa fille de 6 ans : « Quand on n’aime pas un dessin, on ne tue pas les gens, on en fait un plus joli. » En matière de sagesse républicaine et de refus de la haine, cette enfant a sans doute de l’avance…

L’Humanité a recueilli quelques témoignages, place de la République à Paris :

 

Plus de 120 rassemblements partout en france

Devant les établissements scolaires ou sur les places publiques, les hommages à Samuel Paty se sont déclinés, ce dimanche à 15 heures, sur tout le territoire, rassemblant des centaines de milliers de personnes. À Paris, ils étaient des « dizaines de milliers » place de la République, solidaires face à l’indicible. À Toulouse, la place du Capitole, noire de monde, a accueilli 5 000 personnes. Selon les chiffres du syndicat Snes-FSU, qui appelait aux rassemblements, on dénombrait 12 000 personnes à Lyon, 5 000 à Nantes, 4 000 à Caen, plus de 1 000 à Lille, Angers et Albi, 2 000 à Lorient, 500 à Castres, Bastia, Dunkerque et Nice. Prises au Havre, à Marseille, à Gap, à Épinal, à Dijon, à Poitiers comme à Rodez, les images de ces recueillements combatifs ont défilé sur les réseaux sociaux.

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Renforcer le PCF et rajeunir ses effectifs

Posté par jacques LAUPIES le 18 octobre 2020

Bien que résumée l’histoire du PCF  est relatée dans « wikipedia » et permet aux nouveaux adhérents une certaine compréhension  de la vie de ce parti.

Bien entendu il est indispensable d’avoir une action de formation et de discussion dans la durée et ce en liaison avec l’analyse de la situation politique, sociale et culturelle dans notre pays dans le moment présent !

C’est ce que nous proposons aux jeunes de notre ville.

Nous allons organiser des séances d’information tous les vendredi de 17 h à 20 h au siège 35 rue Monge à Tarascon  

https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_fran%C3%A7ais

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Au lieu de se donner les moyens de résister à la Covid, de soigner comme il se doit les malades – et hélas pas que du virus – on laisse perdurer une situation de sous équipement en matériel et personnel hospitalier ! Certes l’héritage des précédents gouvernements en matière de financement de la santé est aussi en cause ! Preuve qu’il faut donner de la voix aux communistes et à tous ceux qui préconisent une autre logique que celle d’un libéralisme économique qui privilégie le capital au détriment du social.

Posté par jacques LAUPIES le 16 octobre 2020

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Le gouvernement n’a tiré aucune leçon de la première vague

Covid-19 -

 Par / 14 octobre 2020

Le gouvernement n’a tiré aucune leçon de la première vague

Ma question s’adresse à M. le ministre des solidarités et de la santé. Monsieur le ministre, en cette période de rebond de pandémie de la covid-19, notre système de santé est à nouveau sous tension. Tous les voyants sont au rouge. Vous assurez maîtriser la situation. Le Président de la République va faire des annonces ce soir, orientées visiblement vers de nouvelles restrictions de libertés, mais ce n’est pas la solution. Vous n’avez pas tiré les leçons de la première vague, et de nouveau les hôpitaux sont saturés. Les personnels soignants crient leur inquiétude et leur colère. Ils sont épuisés, démunis, sous-payés, avec des directions de plus en plus autoritaires, et on leur demande de faire face de nouveau. Cette fois, la pandémie se répand partout sur le territoire ; cette fois, il n’y aura pas de renforts de personnels pour aller au secours de telle ou telle région débordée. Et l’hôpital n’a toujours pas les moyens nécessaires pour faire face de nouveau à un manque insupportable de lits et de personnels. Quant à la médecine de ville, elle est aussi en difficulté. Aussi, ma question est simple, monsieur le ministre : que dites-vous aux personnels hospitaliers qui seront dans la rue demain pour dire que le Ségur ne fait pas le compte ? Que dites-vous à toutes celles et à tous ceux qui démissionnent, des chefs de service – je pense notamment au docteur Maurice Raphaël, chef des urgences de l’hôpital Bicêtre depuis dix ans –, jusqu’aux infirmières et aux aides-soignantes ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE.) M. le président. La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé. M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Madame la sénatrice, voici ce que je dis, comme ministre des solidarités et de la santé, aux soignants : « Tenez bon, on est avec vous, merci pour votre action, on y arrivera ! » (Protestations sur les travées des groupes CRCE et Les Républicains.) Madame la sénatrice, à entendre le début de votre question, je me suis presque demandé si l’on parlait bien d’une épidémie causée par un virus circulant en France, en Europe et dans le reste du monde, qui a mis à plat les trois quarts de la planète pendant des mois durant… À entendre votre question, je me suis demandé si, finalement, vous ne pointiez pas, dans la situation sanitaire que nous connaissons, une responsabilité qui ne serait pas d’origine virale ou naturelle. Tel n’était évidemment pas le cas, madame la sénatrice, mais je tenais tout de même à vous le faire préciser. Madame la sénatrice, dans quelques jours, dans quelques semaines, vous voterez – je l’espère – un projet de loi de financement de la sécurité sociale qui porte en lui-même le renouveau de l’hôpital public : création de 4 000 lits – alors que, jusqu’à présent, on en fermait des milliers tous les ans –, embauche de 15 000 soignants à l’hôpital – alors que cela fait des années que la masse salariale n’était plus adaptée à la charge de travail –, sortie de la tarification à l’activité pour aller vers une dotation populationnelle, changements des règles de gouvernance internes aux établissements de santé, pour permettre une meilleure représentativité des professionnels de santé en leur sein, enfin – j’allais oublier, pardon ! – quelque 8,8 milliards d’euros de revalorisation annuelle des salaires pour 1,6 million de salariés du soin à l’hôpital et en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, dont 85 % sont des femmes. (Mme Patricia Schillinger applaudit.) Madame la sénatrice, vous allez ainsi avoir la possibilité de voter – j’espère que vous le ferez – la plus forte réduction en une seule fois de l’écart salarial entre les hommes et les femmes dans l’histoire de notre pays – 8,8 milliards d’euros ! Madame la sénatrice, tous les personnels soignants de l’hôpital, et même les personnels non soignants, ont déjà touché 90 euros net par mois de plus, ce qui n’est pas rien. Dans quelques mois, en mars au plus tard, ils percevront 93 euros net de plus par mois. Grâce à un travail sur les grilles salariales, ils toucheront également en moyenne 35 euros de plus par mois. Au travers de l’engagement collectif de ses membres, l’aide-soignante, au sein d’une équipe, bénéficiera d’une revalorisation identique, relativement, à celle du médecin. Madame la sénatrice, je respecte profondément le dialogue social dans notre pays. Vous avez indiqué que des syndicats appelaient à la grève. Dont acte ! Mais, sans vous faire affront, je vous rappellerai qu’une majorité de ces syndicats a signé les accords du Ségur – je tiens la liste à votre disposition – et en assure la promotion, parce que ces accords sont bons et apportent au problème de l’attractivité de l’hôpital une solution non pas instantanée, mais durable, nécessaire, efficace et qui était devenue urgente. Encore une fois, je remercie les soignants et je leur dis de tenir bon. Je crois que, de notre part, c’est aussi cela qu’ils ont envie d’entendre. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – M. Loïc Hervé applaudit également.) M. le président. La parole est à Mme Laurence Cohen, pour la réplique. Mme Laurence Cohen. Rassurez-vous, monsieur le ministre, nous n’avons pas oublié qu’il y avait un virus, qui représente un défi important ! Mais vous continuez à ne pas entendre les personnels. Effectivement, ils se sont battus et ils ont obtenu des augmentations de salaire. Mais ce qu’ils demandent, c’est 300 euros par mois. M. Olivier Véran, ministre. Ils les ont eus ! Mme Laurence Cohen. Aujourd’hui, des soignants continuent à démissionner parce qu’ils ne sont pas respectés. Il ne suffit pas de leur dire « tenez bon » ; il faut en finir avec les cadences infernales à l’hôpital, avec le travail sans discontinuer. « On manque de personnels, on manque de lits ! » : voilà ce que nous disent les personnels, et vous ne voulez pas les entendre. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 prévoit encore près de 1 milliard d’euros d’économies. Vous continuez à faire des choix qui étranglent l’hôpital et qui mettent à genoux la médecine de ville. Ce n’est pas ce qu’attendent les personnels. Effectivement, monsieur le ministre, si vous ne voulez pas les entendre dans la rue (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.), si vous ne voulez pas nous entendre, nous, membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste,… M. le président. Il faut conclure ! Mme Laurence Cohen. … vous vous exposerez à répondre de l’accusation de non-assistance à personnels en danger ! (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE, ainsi que sur des travées des groupes SER et Les Républicains.) M. Olivier Véran, ministre. Tout en finesse…
Au lieu de se donner les moyens de résister à la Covid, de soigner comme il se doit les malades - et hélas pas que du virus - on laisse perdurer une situation de sous équipement en matériel et personnel hospitalier ! Certes l'héritage des précédents gouvernements en matière de financement de la santé est aussi en cause ! Preuve qu'il faut donner de la voix aux communistes et à tous ceux qui préconisent une autre logique que celle d'un libéralisme économique qui privilégie le capital au détriment du social. dans POLITIQUE
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