Comment cela se peut ?

Posté par jacques LAUPIES le 19 octobre 2020

 

 

«	Je suis Samuel	», «	je suis enseignant	»... Partout en France, des hommages ont été rendus à Samuel Paty, tué vendredi dans les Yvelines. Christophe Simon/AFP

« Je suis Samuel », « je suis enseignant »… Partout en France, des hommages ont été rendus à Samuel Paty, tué vendredi dans les Yvelines. Christophe Simon/AFP
 

Terrorisme. Entre tristesse et colère, la République se rassemble

Lundi 19 Octobre 2020

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont envahi, dimanche après-midi, la grande place parisienne, deux jours après l’assassinat de Samuel Paty, professeur de collège à Conflans-Sainte-Honorine. Beaucoup d’enseignants rechignent à se ranger derrière une « union sacrée » avec le gouvernement.

 

Plus la foule se masse, moins le brouhaha s’installe. Les longues salves d’applaudissements qui, à intervalles réguliers, partent d’un côté à l’autre de la place de la République, à Paris, ce dimanche après-midi, deux jours après l’assassinat de Samuel Paty, enseignant d’histoire-géo au collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), découpent un manteau de silence pour le temps du rassemblement. Un silence qui va bien au-delà de la minute officielle, déclenchée depuis la tribune par Dominique Sopo, le président de SOS Racisme, co-­organisateur de la manifestation avec les syndicats d’enseignants. Même la Marseillaise, entonnée dans la foulée, paraîtra murmurée, avec cet effet de canon entre les chœurs multiples sur la place… Quelques instants plus tôt, quand, d’un cortège de voitures officielles, débarquent le premier ministre et le ministre de l’Éducation nationale, une prof les repère et se met à les huer, elle est vite rabrouée par ses collègues : « Non, non, faut pas faire ça, on l’ignore, Blanquer, on va se le faire une autre fois ! » Un peu plus loin, des militants des Stylos rouges, un collectif d’enseignants en colère né dans le sillage des gilets jaunes, fustigent un « sinistre qui détruit l’école », mais choisissent ostensiblement de l’ignorer, eux aussi.

« L’école pleure, mais n’a pas peur »

Sur la place de la République, les enseignants sont très nombreux. Beaucoup se tiennent un peu à l’écart du parvis où Bernard-Henri Lévy, Raphaël Enthoven ou encore Manuel Valls jouent des coudes pour poser aux côtés d’une partie de la rédaction de Charlie Hebdo. Sur leurs pancartes, les adjectifs se bousculent : « Triste », « atterré(e) », « en colère ». Et cette autre, encore, qui proclame : « L’école pleure, mais n’a pas peur. » « Cela fait froid dans le dos, confie toutefois Valentin, 23 ans, qui commence tout juste cette année sa carrière de prof de sciences de la vie et de la Terre (SVT). Cette fois, c’est un prof d’histoire-géo, une matière dans laquelle on aborde des sujets parfois compliqués. Mais en SVT, je me dirais que ça aurait pu m’arriver à moi aussi. En cours, on parle de sexualité, de contraception… » Enseignantes à Sarcelles (Val-d’Oise), respectivement depuis 30 et 11 ans, Nathalie et Morgane abondent : « Les parents qui viennent râler en fonction des enseignements, c’est une grosse pression sur les profs. On a eu droit à Charlie et au débat sur les caricatures, à l’éducation sexuelle, aux délires sur l’enseignement de la masturbation en école maternelle… »

Prof de musique dans un établissement de la banlieue parisienne, Virginie va beaucoup plus loin, au diapason d’une partie des manifestants. « Je suis venue pour revendiquer les valeurs de la République, liberté, égalité, fraternité, laïcité, explique-t-elle. La haine engendre la haine. Nous avons le droit à la défense, de nous battre avec nos valeurs… Il faut en finir avec la bien-pensance pour n’offusquer personne. » Retraitée après avoir été longtemps prof de lettres, se revendiquant à la fois de Jeanne d’Arc et de Louise Michel, Claire s’inscrit dans le combat contre « l’escroquerie de l’islamophobie », dénoncée par Charb : « La gauche française doit se réveiller, estime-t-elle. La vraie laïcité, ce n’est pas la liberté religieuse, c’est la neutralité de l’État. Il nous faut une police des cultes pour contrôler le pouvoir des religions. À gauche, il ne faut plus accepter certaines alliances.  » Même inspiration pour Guillaume, un informaticien de 43 ans, qui manifeste, comme beaucoup d’autres, avec une une de Charlie Hebdo à la main : « J’attends des actes forts, plus d’intransigeance à l’égard des communautarismes et des séparatismes, glisse-t-il. Et cette affaire pose aussi la question des réseaux sociaux. On ne peut pas décider d’attaquer les gens comme ça, caché derrière des pseudos. Il faut être aussi moins angélique à l’égard de certaines communautés, mais affirmer notre solidarité lorsqu’il y a des violences contre les musulmans. »

« Ne rien céder aux appels visant à répondre à la haine par la haine »

À la tribune, après que Dominique Sopo a, lui, appelé à « ne rien céder aux appels visant à répondre à la haine par la haine », Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, se lance dans un plaidoyer sous des applaudissements nourris. « À la colère, la tristesse, le désarroi ou la sidération dans lesquels est désormais plongée toute la communauté éducative, nous proposons une réponse qui doit être la cohésion autour des professeurs, autour de la mission d’émancipation de l’école. Nous affirmons également notre soutien à nos compatriotes musulmans sur qui nous pouvons compter dans ce combat. » Dans la foule, une maman promène un carton avec les mots de Léa, sa fille de 6 ans : « Quand on n’aime pas un dessin, on ne tue pas les gens, on en fait un plus joli. » En matière de sagesse républicaine et de refus de la haine, cette enfant a sans doute de l’avance…

L’Humanité a recueilli quelques témoignages, place de la République à Paris :

 

Plus de 120 rassemblements partout en france

Devant les établissements scolaires ou sur les places publiques, les hommages à Samuel Paty se sont déclinés, ce dimanche à 15 heures, sur tout le territoire, rassemblant des centaines de milliers de personnes. À Paris, ils étaient des « dizaines de milliers » place de la République, solidaires face à l’indicible. À Toulouse, la place du Capitole, noire de monde, a accueilli 5 000 personnes. Selon les chiffres du syndicat Snes-FSU, qui appelait aux rassemblements, on dénombrait 12 000 personnes à Lyon, 5 000 à Nantes, 4 000 à Caen, plus de 1 000 à Lille, Angers et Albi, 2 000 à Lorient, 500 à Castres, Bastia, Dunkerque et Nice. Prises au Havre, à Marseille, à Gap, à Épinal, à Dijon, à Poitiers comme à Rodez, les images de ces recueillements combatifs ont défilé sur les réseaux sociaux.

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