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Je suis allé deux fois à Cuba. Je regrette de n’avoir pu y retourner et y séjourner beaucoup plus longtemps car deux séjours touristiques en organisateur de voyages sont bien insuffisants pour connaitre cette île dont la population doit se battre pour conserver son indépendance face aux impérialismes américains et autres. Il est souhaitable et bon que s’exprime notre solidarité avec ce peuple et un système qui s’il n’est pas parfait lui apporte cependant beaucoup pour l’essentiel : santé, éducation entre autres…

Posté par jacques LAUPIES le 12 août 2020

 

 

Je suis allé deux fois à Cuba. Je regrette de n'avoir pu y retourner et y séjourner beaucoup plus longtemps car deux séjours touristiques en organisateur de voyages sont bien insuffisants pour connaitre cette île dont la population doit se battre pour conserver son indépendance face aux impérialismes américains et autres. Il est souhaitable et bon que s'exprime notre solidarité avec ce peuple et un système qui s'il n'est pas parfait lui apporte cependant beaucoup pour l'essentiel : santé, éducation entre autres... dans POLITIQUELa CGT cheminots a renoué avec Cuba Par Laurent Brun

Dimanche 9 août 2020, par  Laurent Brun, popularité : 100%

 

 

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La Fédération CGT des cheminots a renoué des liens avec la CTC (Centrale des Travailleurs de Cuba) depuis 2017. Comme souvent avec les cubains, ils ont souhaité que ces nouvelles relations soient officialisées politiquement. Une delegation s’est donc rendue dans l’ile rebelle en mai 2019 (nous devions le faire en 2018, mais le conflit social contre la réforme ferroviaire a bousculé les calendriers).

Même si ce n’est pas l’objet du texte, je veux tout de même dire quelques mots sur ce voyage, et ce qui m’a frappé chez les cubains. On ne peut évidemment pas prétendre connaitre un pays après seulement 8 jours, mais certaines choses sautent aux yeux :

Tout d’abord, il y a la résilience des cubains. Ils ont des dizaines de projets pour améliorer la vie du peuple. Mais avec le blocus, presque rien ne peut être mené à son terme normalement. A chaque foi, il manque peu de chose mais le projet s’en trouve bloqué. Qu’à cela ne tienne, ils s’adaptent, changent d’angle, lancent un nouveau plan… bref, là où certains baisseraient les bras, eux ne se découragent pas. C’est une qualité admirable, qui force le respect.

La transparence est une seconde caractéristique étonnante. En tant que délégation officielle, nous sommes plutôt habitués à ce qu’on nous montre des « villages Potemkine ». C’est d’ailleurs une démarche naturelle qu’un syndicat montre plutôt ce qui marche et taise ses difficultés. Pourtant, à Cuba, aucun interlocuteur n’a refusé de parler des difficultés, y compris des conflits qui peuvent exister sur les salaires ou l’affectation des ressources, et la manière de les régler. Pas non plus d’hésitation à évoquer des erreurs commises ou des contradictions. Les cubains considèrent qu’ils sont forts justement parce qu’ils sont lucides. Ils veulent améliorer le réel et pour cela il faut le mesurer précisément. C’est une grande leçon.

La culture des cubains est impressionnante et elle est visible partout. Que ce soit l’omniprésence des musées, galeries, théâtres, ou les discussions au hasard du marché avec un peintre qui connait mieux les grands maîtres français que nous, ou avec une étudiante qui nous questionne sur des romanciers français que nous ne connaissons même pas… C’est sans nulle doute un acquis de la Révolution et une situation que je n’avais jamais rencontré dans un autre pays.

La fête des travailleurs est également un moment marquant. Dans nos pays capitalistes, les médias suggéreraient que les mobilisations sont mises en scène. Pourtant, certains signes ne trompent pas. Le retentissement des klaxons dans les rues jusqu’à 2 ou 3h du matin la veille du 1er mai, l’ambiance festive où que l’on aille, les efforts de gens qui se déplacent à pied sur des kilomètres pour assister au défilé à La Havane, et la petite rivalité joyeuse entre chaque hopital, école ou entreprise qui défile et qui fait le plus de bruit possible au moment où le speaker les cite quand ils passent devant la tribune… C’est vraiment la fête et elle “appartient” aux travailleurs.

Ce premier voyage donne donc envie d’en voir et d’en découvrir plus. Mais nous y étions avant tout pour les rencontres syndicales et politiques.

Les premières discussions ont abordé rapidement les espoirs économiques du pays, les objectifs en matière de tourisme, la volonté de faire de la zone portuaire de Mariel un hub pour les marchandises des Caraïbes, le recherche de partenaires pour exporter les molécules médicales issue de la recherche scientifique cubaine, etc…

Dans ce cadre, un grand plan de remise en état et de développement du réseau ferroviaire a été lancé (les cubains ont en effet jugé que les ressources nécessaires étaient moins importantes pour le rail que pour la route). Des projets sont en cours sur la signalisation avec les russes, des voitures voyageurs chinoises toute neuves devaient être livrées, et un partenariat avec la SNCF devait être signé pour la réfection d’un atelier d’entretien des locomotives avec du transfert de technologie.
La première étape consistait à fournir assez de trains pour amener les travailleurs de La Havane à Mariel et nous avons pu visiter la nouvelle gare et la voie totalement refaite.

Mais évidemment, ces plans se sont heurté au durcissement délirant du blocus par Donald Trump. Déjà l’arrivé au pouvoir de Bolsonaro au Brésil avait privé les cubains de partenaires commerciaux (le président d’extrême-droite a immédiatement stoppé les exportations de poulet en direction de Cuba par exemple).
Mais la veille du 1er mai 2019, Trump annonçait l’entrée en vigueur de l’article 4 de la loi Helms-Burton. Par la suite il a engagé des mesures supplémentaires pour empêcher le tourisme, les investissements ou encore l’envoi d’argent à Cuba par la diaspora… Si bien que l’ensemble du peuple cubain est littéralement étouffé. Aux dernières nouvelles, la faim de la période spéciale n’est pas encore présente mais les files d’attente pour se procurer les éléments essentiels à la vie quotidienne sont réapparues.

Dans les mois qui ont suivi, la Direction SNCF a annoncé l’abandon du projet de partenariat alors qu’il devait être signé, qu’il était financé par l’Agence Française de Développement, et que toutes les difficultés juridiques avaient théoriquement été levées. Mais comme dans le cas de l’Iran, le gouvernement français s’est couché devant les menaces étasuniennes.

La Fédération des cheminots a dénoncé par courrier cette situation, auprès de l’ambassadeur US et du Président de la République (sans qu’aucun des deux ne daigne répondre !). Mais nous ne pouvions pas en rester là. Notre conception de l’internationalisme ne s’arrête pas à ce que nous appelons « la solidarité de papier » (motions, courriers…). Nous voulons agir concrètement. C’est d’ailleurs un point commun que nous nous sommes trouvé avec les cubains qui, lors de notre séjours, nous disaient « nous préférons des actes modestes à de longs discours pleins de promesses jamais réalisées ». C’est donc dans cet esprit que nous sommes revenus de Cuba.

Depuis 2018, nous avions déjà mis en œuvre un projet concret : les cubains nous ont ouvert leurs campismo et grâce à cela nous envoyons 200 enfants de cheminots français en colo à Cuba chaque année.
En 2019, nous avons développé l’initiative en faisant amener à chaque enfant du matériel scolaire pour le donner à des écoles cubaines. Mais tout cela restait largement des initiatives de la Direction fédérale.
Or pour être efficace, une démarche doit être diffusé chez les militants pour qu’ils en deviennent eux mêmes les relais.
Fin 2019, nous avons fait réaliser un tee-shirt pour que les syndicats le vendent et dont le bénéfice alimenterait une initiative à venir. Cela permettait d’afficher sur soi une dénonciation du blocus et cela représentait aussi une contribution financière à la solidarité internationale. Près de 10.000 € ont ainsi été collectés.

Avec le confinement, et le blocus américain imposé y compris sur les matériels médicaux, la situation économique ne s’est pas améliorée. Nous avons donc décidé que notre collecte devait être utilisée immédiatement.

Grâce à un contact sur place, nous avons appris que les CDR (Comité de Défense de la Révolution) étaient mobilisés dans un effort national pour l’autosuffisance alimentaire. Des centaines de jardins de quartier ont été créés. Cette initiative à d’ailleurs attirée les critiques et les railleries de la mafia de Miami, ce qui fait dire aux cubains que leur mobilisation est efficace. Après discussions avec les responsables cubains, ils nous ont proposé que notre argent soit utilisé pour l’irrigation de jardins collectifs.

Notre collecte est partie, non sans difficulté car une seule banque française accepte encore de faire des virements à Cuba ! Là encore la loi étasunienne s’impose sans que notre gouvernement n’y fasse quoi que ce soit.

Le 28 septembre, à l’occasion des 60 ans de la création des CDR par Fidel, un premier bilan sera fait concernant les jardins.
Espérons que la mobilisation du peuple puisse atténuer un peu la violence du blocus.
Dans tous les cas, nous devons mobiliser nos propres organisations pour multiplier les gestes de solidarité car les cubains subissent une injustice terrible.

La Fédération des cheminots proposera de nouvelles initiatives (politiques et financières) en ce sens dès la rentrée.

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