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LES COUPLES RÉVOLUTIONNAIRES 1/5. FRIEDRICH ENGELS ET MARY BURNS. LE MUR DE CLASSE VOLE EN ÉCLATS

Posté par jacques LAUPIES le 9 août 2020

 

Friedrich Engels (Stefan Konarske) et Mary Burns (Hannah Steele) dans le film de Raoul Peck, «Le Jeune Karl Marx», sorti en 2016.© Kris Dewitte

Friedrich Engels (Stefan Konarske) et Mary Burns (Hannah Steele) dans le film de Raoul Peck, «Le Jeune Karl Marx», sorti en 2016.© Kris Dewitte
Dimanche, 9 Août, 2020

LES COUPLES RÉVOLUTIONNAIRES 1/5. FRIEDRICH ENGELS ET MARY BURNS. LE MUR DE CLASSE VOLE EN ÉCLATS

Amants franchissant, par ses deux côtés opposés, la ligne rouge de la ségrégation sociale de la société bourgeoise, ils firent ensemble un rêve qui allait bouleverser le monde.

 

Ils révèrent un rêve où l’acier brillant trempé dans le feu abattait le monde comme un vieil arbre mort. Né en 1820 dans la famille d’un industriel allemand possédant des usines textiles en Rhénanie prussienne et en Angleterre, Friedrich Engels a 23 ans quand il rencontre Mary Burns. Née à Salford, la Dirty Old Town de la chanson d’après-guerre d’Ewan MacColl, chantée plus tard par les Dubliners et les Pogues, elle en a 22. Son père et sa mère, immigrés irlandais originaires de Tipperary, vivent dans la « Petite Irlande » de Manchester, le quartier populaire et prolétaire de la ville devenue un grand centre industriel depuis une trentaine d’années. Engels, jeune bourgeois pétri d’idéalisme libéral, a commencé à découvrir l’envers du décor de la société capitaliste. Influencé par l’esprit de la Jeune Allemagne et des Jeunes hégéliens – la gauche intellectuelle de l’époque outre-Rhin – ainsi que par les idéaux révolutionnaires de l’après-1830, il découvre le mouvement ouvrier anglais par l’intermédiaire de Mary qui, cinq ans après Promenades dans Londres, de Flora Tristan, lui sert de guide dans le « slum » victorien.

Un bouleversement de la pensée

Cette découverte est l’occasion d’un bouleversement capital de sa pensée qui, convergeant avec les découvertes de Marx, avec qui il se liera bientôt, allait changer le monde. Engels raconte l’événement dans son article « Quelques mots sur l’histoire de la Ligue des communistes » (1) deux ans après la mort de son ami : « À Manchester, je m’étais rendu compte, de la façon la plus nette, que les faits économiques (…) constituent, du moins dans le monde moderne, une force historique décisive ; qu’ils forment le fondement sur lequel s’élèvent les actuels antagonismes de classe. »

Mis en contact avec la condition ouvrière de manière privilégiée par Mary, avec laquelle il vivra jusqu’à la mort prématurée de cette dernière en 1865, témoigne la Situation de la classe laborieuse en Angleterre (1), publié en 1845.

Dans la préface de cet ouvrage, Engels, s’adressant au travailleur qu’il veut pour lecteur, écrit : « (…) ce n’est pas seulement une connaissance abstraite de mon sujet qui m’importait, je voulais vous voir dans vos demeures, vous observer dans votre existence quotidienne, parler avec vous de vos conditions de vie et de vos souffrances, être témoin de vos luttes contre le pouvoir social et politique de vos oppresseurs. Voici comment j’ai procédé : j’ai renoncé à la société et aux banquets, au porto et au champagne de la classe moyenne, et j’ai consacré mes heures de loisir presque exclusivement à la fréquentation de simples ouvriers ; je suis à la fois heureux et fier d’avoir agi de la sorte. Heureux, parce que j’ai vécu de cette manière bien des heures joyeuses, tout en apprenant à connaître votre véritable existence – bien des heures qui sinon auraient été gaspillées en bavardages conventionnels et en cérémonies réglées par une ennuyeuse étiquette ; fier, parce que j’ai eu ainsi l’occasion de rendre justice à une classe opprimée et calomniée à laquelle, malgré toutes ses fautes et tous les désavantages de sa situation, seul quelqu’un qui aurait l’âme d’un mercanti anglais pourrait refuser son estime ».

Le fondateur de la II e Internationale

Un bonheur et une fierté partagés avec Mary Burns, jeune ouvrière alerte et joyeuse, une stout (bière brassée) à la main, qui lui fit découvrir une nouvelle terra incognita. Si la vie et l’intimité de Mary – imaginée de manière si sensible par Raoul Peck dans le Jeune Karl Marx (2) – sont peu connues de nous, elle renvoie la naissance du couple qu’elle forma avec le fondateur de la II e Internationale à l’image du premier couplet de la chanson d’EwanMacColl où les amants de la révolution prolétarienne s’embrassent, cœur à cœur, contre un mur de briques du Manchester ouvrier.

(1) Écrits de jeunesse, volume 2, Manchester, 1842-1844, de Friedrich Engels. Les Éditions sociales, Paris, 2018. (2) Le Jeune Karl Marx, de Raoul Peck, avec August Diehl, Stephen Hogan, Vicky Krieps, Olivier Gourmet. DVD, 2018.

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Demain Vladimir Maïakovski et Lili Brik L’Amour, la Poésie, la Révolution.

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