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ACCUSATIONS D’ESPIONNAGE : LES RAISONS DU NOUVEL ÉPISODE DE TENSION ENTRE WASHINGTON ET PÉKIN Rosa Moussaoui

Posté par jacques LAUPIES le 24 juillet 2020

Pékin a répliqué aux accusations du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo. ASHLEY LANDIS / POOL / AFP

Pékin a répliqué aux accusations du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo. ASHLEY LANDIS / POOL / AFP
Vendredi, 24 Juillet, 2020

ACCUSATIONS D’ESPIONNAGE : LES RAISONS DU NOUVEL ÉPISODE DE TENSION ENTRE WASHINGTON ET PÉKIN

La Chine ordonne la fermeture du consulat américain de Chengdu, après la mise en cause de sa représentation diplomatique à Houston, qualifiée par Washington de plaque tournante de « l’espionnage » et du « vol de propriété intellectuelle ».

 

L’ultimatum est sans appel : la Chine donne 72 heures au consulat américain de Chengdu, dans le sud-ouest de la Chine, pour fermer. Mesure de rétorsion, trois jours après la brutale demande de fermeture du consulat général de Chine à Houston, une mesure qualifiée par Pékin de « grave violation du droit international » propre à « nuire gravement aux relations bilatérales ». Le ton est monté jeudi, lorsque le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a comparé la représentation diplomatique chinoise dans la ville texane à une plaque tournante de « l’espionnage » et du « vol de propriété intellectuelle », après l’annonce de l’inculpation de deux ressortissants chinois accusés de piratage informatique. Ils sont soupçonnés d’avoir voulu torpiller des recherches américaines portant sur un vaccin contre le Covid-19.

« Le monde libre »de Pompéo

Ce nouvel incident diplomatique vient alourdir un climat déjà dégradé par les contentieux commerciaux entre les deux pays, les accusations mutuelles sur l’origine du nouveau coronavirus, les critiques américaines de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong – relevant pour Pékin de l’ingérence -, et enfin par les sanctions réciproques au sujet du Xinjiang, où la Chine est accusée de violations des droits de l’Homme à l’encontre des musulmans ouïgours. « La situation présente des relations sino-américaines ne correspond pas aux souhaits de la Chine et les États-Unis en sont entièrement responsables », dénonce Pékin, appelant Washington à « créer les conditions nécessaires pour que les relations bilatérales retournent à la normale ». En lançant ses accusations, jeudi, Pompeo, lui, avait exhorté « le monde libre » à « triompher » de la « nouvelle tyrannie » chinoise.

L’éternelle gradation des tensions

Ce n’est pas la première fois que les deux grandes puissances s’affrontent à propos d’accusations d’espionnage. En 2013, Pékin avait sommé Washington de s’expliquer après la divulgation par le lanceur d’alerte Edward Snowden d’une carte situant des sites d’espionnage américain dans le monde : le consulat de Chengdu y figurait. Mais la crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19 attise la défiance : au mois de mai, déjà, le FBI et l’Agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures avaient accusé la Chine de vouloir espionner les chercheurs américains travaillant sur les vaccins, les traitements et les tests de dépistage. « Calomnie », avaient répondu les Chinois. Plus tôt, le 28 janvier, le FBI avait arrêté deux chercheurs chinois et un américain, Charles Lieber, pionnier mondial dans le domaine des nanotechnologies et chef du département chimie et biochimie de l’université de Harvard. Ce chercheur, en contrat avec l’Université technologique de Wuhan, était accusé d’avoir menti sur ses liens avec la Chine en omettant de déclarer des fonds qu’il aurait perçus dans le cadre du programme « Thousand Talents » créé en 2008 par le gouvernement chinois pour attirer les scientifiques étrangers – un outil d’espionnage industriel, selon Washington.

Des accusations d’espionnage comme cache-misère ?

Cité par le très officiel « Global Times », Lü Xiang, chercheur à l’Académie chinoise des sciences sociales de Pékin, estime que la fermeture du consulat de Chine à Houston tient surtout à des considérations internes, pour « détourner l’attention du public de l’aggravation de la situation épidémique au Texas, un « État rouge » traditionnel, que le Parti républicain ne peut se permettre de perdre ». L’administration Trump a-t-elle intérêt, dans le contexte présent, à l’escalade ? « Si les États-Unis continuent leurs manœuvres folles, la Chine peut jouer une autre carte pour riposter, en expulsant ces soi-disant diplomates qui sont en fait des agents de la CIA situés en Chine, en particulier à Hong Kong, prédit Lü. Le réseau de renseignement en Chine, qu’ils ont mis des décennies à essayer de construire, sera fermé ».  Soupçons, menaces et scénarios dignes de la guerre froide.

Rosa Moussaoui
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