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LA MAJORITÉ SIGNE UN CHÈQUE EN BLANC AUX POLLUEURS !

Posté par jacques LAUPIES le 12 juillet 2020

Le texte examiné depuis le 25 juin, prévoit 18 milliards d’euros pour le tourisme, 15 milliards pour l’aéronautique et 8 milliards pour le plan automobile.Tous les amendements communistes, socialistes ou insoumis qui conditionnaient les aides de l’État ont été rejetés( AFP / FRANCOIS GUILLOT )

Le texte examiné depuis le 25 juin, prévoit 18 milliards d’euros pour le tourisme, 15 milliards pour l’aéronautique et 8 milliards pour le plan automobile.Tous les amendements communistes, socialistes ou insoumis qui conditionnaient les aides de l’État ont été rejetés( AFP / FRANCOIS GUILLOT )
Vendredi, 10 Juillet, 2020

L’Assemblée nationale a adopté le troisième budget rectificatif, le 9 juillet. Près de 15 milliards d’euros vont être déversés sur l’aviation, 8 sur l’automobile. Mais sans aucunes contreparties, toutes rejetées par la majorité.

 

L’opération verte de l’exécutif est en train d’exploser en vol… Tout avait pourtant si bien commencé. Le 29 juin, dans les jardins de l’Élysée, devant les 150 citoyens tirés au sort de convention citoyenne pour le climat, Emmanuel Macron assurait que « le temps est venu de faire ». Enfin ! Une semaine plus tard, au lendemain de la « vague verte » des municipales, son tout nouveau premier ministre, Jean Castex, proclamait que « l’écologie n’est pas une option ». À l’Assemblée nationale, le 9 juillet, elle en est brusquement redevenue une… Ce jour-là, les députés ont adopté le 3e projet de loi de finances rectificatif, un budget de crise alors que le gouvernement table sur une récession historique de 11 % du produit intérieur brut (PIB) en 2020 et s’attend à « 800 000 suppressions d’emplois au minimum » d’ici la fin de l’année.

45 milliards d’euros au total, sans condition… jackpot !

Dans le détail, le texte examiné depuis le 25 juin, prévoit 18 milliards d’euros pour le tourisme, 15 milliards pour l’aéronautique et 8 milliards pour le plan automobile. Les sommes en jeu sont colossales. 45 milliards d’euros au total, il y a là de quoi largement modeler le « monde d’après ». Et les députés LaREM ont consciencieusement écarté toutes contreparties.

La vieille du vote pourtant, le rapport annuel du Haut Conseil pour le climat sur la stratégie nationale bas carbone taclait encore le gouvernement sur sa politique climatique. La France ne va pas assez vite en matière de réduction des gaz à effet de serre. La climatologue Corinne Le Quéré, présidente du HCC, prévenait : « Il ne faut pas « d’un côté des annonces, et de l’autre, des mesures qui ne vont pas dans le sens de la transition ». Si une seule mesure était à retenir, « elle serait de bannir tout soutien aux secteurs carbonés du plan de reprise et de l’orienter le plus possible sur des mesures efficaces pour la baisse des émissions de gaz à effets de serre », écrivent les experts de cette instance indépendante et consultative. Le HCC rappelle aussi que transition écologique ne rime pas nécessairement avec casse sociale.

Exit tous les amendements qui conditionnaient les aides de l’État

Dès le début de l’examen du projet de loi, les députés LaREM n’ont cessé de jouer le climat contre l’emploi. « Si aujourd’hui, on demande aux entreprises d’avoir des critères de réduction de CO2, on est en conflit avec le maintien de l’emploi », lâchait dès le 25 juin, le rapporteur du texte, Laurent Saint-Martin en guise de rappel. Exit donc tous les amendements communistes, socialistes ou insoumis qui conditionnaient les aides de l’État. Ils sont tous tombés les uns après les autres : que ce soit sur la réduction d’émission de CO2, le zéro filial dans des paradis fiscaux, le non-versement de dividendes, le respect de l’accord de Paris ou encore l’établissement d’un plan de vigilance afin de prévenir les atteintes aux droits humains et les risques d’écocide du fait de leur production ou de celle de leurs sous-traitants ou de leurs filiales – une obligation légale depuis 2017 pour les entreprises de plus de 5 000 salariés mais non respecté par près de 70 d’entre elles selon l’ONG Sherpa.

À la place un amendement fantoche signée par 300 députés LaREM. Il affiche vouloir « des engagements écologiques forts des grandes entreprises » – mais s’en remet surtout à leur bon vouloir. Limité aux entreprises de plus de 500 millions d’euros de chiffres d’affaires, il n’intègre aucune nouvelle contrainte, ni sanctions. Les firmes fixeront elles-mêmes leur trajectoire de baisse des GES. Le texte inscrit bien une sanction de 375 000 euros, mais absolument pas dissuasive. « cela revient à une pénalité de… 0, 075 %, au mieux, de leur chiffre d’affaires », a calculé Greenpeace.

Pour les ONG environnementales, c’est tout simplement « un chèque en blanc aux pollueurs ». « Le refus obstiné d’inscrire dans la loi toute mesure contraignante pour fixer une trajectoire de réduction d’émissions de gaz à effet de serre aux grandes entreprises polluantes, démontre que la boussole d’Emmanuel Macron continue d’indiquer fermement le monde d’avant. La nouvelle ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, avait pourtant proposé une telle mesure lors de l’examen du texte en commission des finances, lorsqu’elle était encore députée. Elle assume désormais un cap tout à l’opposé, plus proche de l’impasse climatique que du nouveau chemin promis », dénonce Clément Sénéchal, chargé des campagnes climat de Greenpeace. Et après eux, le déluge ?

Pia de Quatrebarbes
LA MAJORITÉ SIGNE UN CHÈQUE EN BLANC AUX POLLUEURS ! dans POLITIQUE

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